Quand le politicien a la trouille

La scène était un peu surréaliste: le Directeur général des élections (DGE) du Canada faisait face à un barrage de questions et d’invectives de la part de députés de tous les partis réunis et il se contentait de répondre toujours à peu près la même chose: la loi est la loi et il se contente actuellement de l’appliquer, puisque son mandat n’est pas de choisir entre quel droit « fondamental » appliquer entre le droit de vote et la liberté de religion. Et il a raison.

Car malgré tous les beaux discours des députés, réclamant l’utilisation du « pouvoir exceptionnel » du DGE pour adapter la loi, une chose crève les yeux: les députés ont beau chiâler et lancer de haut-cris, en étant soi-disant le relais des intérêts de la population, ils ont peur de réellement soumettre un projet de loi et de le voter. Il faut le dire, c’est facile de critiquer quand le pouvoir est en d’autres mains. Mais c’est un peu plus troublant quand on réalise qu’on possède soi-même ce pouvoir mais qu’on craint de l’utiliser.

Stephen Harper craint-il de proposer un projet de loi?

Le risque, si on devait voter une telle loi, serait de voir un dérapage dans le Rest of Canada (ROC), beaucoup moins sensible aux questions d’accomodements raisonnables que le Québec. On risque d’aviver le clivage entre le Québec et le ROC et dans un contexte de gouvernement minoritaire où chaque parti craint plus que toute chose de perdre des appuis, cette situation serait potentiellement très risquée.

Alors, que fait-on? On se cache derrière le coin du mur et on lance des balles de neige. Et après, on va voir la maîtresse d’école en pleurant.

Le député conservateur Pierre Poilièvre dit que le DGE devrait écouter les élus, qui représentent les citoyens. Mais ces élus devraient peut-être se regarder eux-mêmes dans le miroir et cesser de se défiler devant leurs responsabilités: c’est à eux d’avoir le courage politique de voter une loi pour obliger tous les électeurs à montrer leur visage quand ils vont voter.

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2 Réponses

  1. Je suis plutôt d’accord avec toi Louis.

    Cet accomodement vient surtout de la charte des droits et libertés du Canada, et le DGEC n’a fait que la suivre. Il a présenter cette loi au députés qui n’ont rien dit, et quand la loi a passé, on a tous crier contre ça.

    Ce qu’il faut savoir, c’est que quand Trudeau a présenter la charte canadienne, il n’a jamais penser que des musulmans viendraient un jour vivre et qu’ils voteraient habillé d’une burqua ou d’un nikab.

    Il faudrait plus, selon moi, modifier la charte pour qu’elle soit plus représentative de notre époque. Et essayer de voir plus loin que 5 ans dans le futur si on la modifie.

  2. merci a toi pour ceette image 😉

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