Immigration: les incohérences de Mario Dumont

Le débat lancé par Mario Dumont quant à savoir s’il y a assez d’immigrants au Québec est d’une importance capitale: c’est du destin de la nation québécoise francophone dont il est question. Dumont marque des points sur deux tableaux, mais en ce faisant il expose ses propres contradictions.

D’abord, il a entièrement raison de dire que le Québec accueille trop d’immigrants dans les conditions actuelles. Il n’y a qu’à aller se promener un peu à Ville Saint-Laurent ou dans Parc Extension pour le constater: il y a des gens qui arrivent ici et qui ne ressentent pas le besoin de s’intégrer. Augmenter le nombre d’immigrants dans ces conditions serait suicidaire.

Ensuite, Dumont vise juste également en affirmant qu’il faut d’abord trouver une meilleure façon de les intégrer avant de penser à augmenter le nombre de nouveaux arrivants. Et il a raison de blâmer le PLQ pour son inaction à cet effet.

Ceci dit, c’est bien beau dénoncer les autres – et Dieu sait que Mario Dumont est bon pour faire cela – mais il faut aussi proposer des choses. Et malheureusement, le programme adéquiste et son idéologie sous-jacente sont entièrement en contradiction avec la volonté affichée du chef de trouver comment mieux intégrer les immigrants.

Au fond, où s’intègre un immigrant quand il arrive dans un nouveau pays? Il s’intègre avant tout dans deux catégories de lieux: au travail et dans des lieux publics. C’est au travail qu’il doit apprendre le français, qu’il essaie de communiquer et d’assimiler les valeurs de sa société d’accueil; c’est à la bibliothèque publique, à l’école (publique) et aux fêtes de quartiers qu’il cotoient ses voisins et a envie d’apprendre un peu à vivre comme eux.

Dans le premier des deux lieux, le programme adéquiste favorise la libre-entreprise et les forces du marché à tout cran. Bref, il s’oppose à toute forme de réglementation (de la maudite paperasse de maudits fonctionnaires dirait sûrement Dumont) limitant la concurrence entre les entreprises. Dans ce jeu du tout-capital, on peut donc logiquement affirmer que l’ADQ, en voulant réduire les contrôles étatiques et en se retenant de contrôler les entreprises, les laisse libres d’agir à leur guise, et donc les incite très certainement, par son inaction, à fonctionner en anglais puisque c’est la langue des affaires.

Et puis, en voulant réduire la taille de l’État et couper dans des services publics jugés « non-essentiels », l’ADQ risque d’amoindrir la capacité d’assimilation et d’intégration d’immigrants qui, souvent sans le sou, peuvent en ce moment profiter de lieux publics gratuits. Exit les programmes sociaux, et bienvenue le repli sur soi des immigrants! Comment peut-on sérieusement penser que la meilleure façon de favoriser l’intégration de groupes particulièrement pauvres est d’imposer l’idéologie néolibérale, alors que celle-ci augmente précisément les écarts entre riches et pauvres?

Le gros problème avec l’ADQ de Mario Dumont, encore une fois, c’est que derrière un masque d’homme droit et intègre se cache un individu rempli de contradictions et qui mise sur le manque de politisation général de la population pour faire passer ses idées et surfer sur la vague qu’il a lui-même créée.

Et au lieu d’admettre ses incohérences et de chercher à éliminer ses contradictions, il mise sur son charisme et son franc-parler pour camoufler la minceur de ses idées et l’insoutenabilité de ses positions.

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20 Réponses

  1. Personnellement,j’aimerais savoir quand quelqu’un dit qu’un immigrant refuse de s’intégrer ou tout simplement savoir plus exactement c’est quoi l’intégration pour eux. Avoir la bédène de bière avec la bière à la main en parlant de la partie de hockey d’hier ou côtoyer ses voisins pure laine en respect et même lui donné un cadeau de Noël même si se n’est pas dans sa culture ou religion tout en pourtant le voile, fêtant ces fêtes religieuse.

    En plus, je trouve dangereux cette histoire d’intégration et qu’on pourrait vite tomber dans l’assimilation(Utilisé dans ce texte). Je ne vois pas un peuple assimiler d’autre peuple alors que celui-ci se bat depuis des années contre cela.

    — ———–

    Réplique stupide: OUINS, Mais ce n’est pas leur pays!

    Je commence par un ouin pis.
    Ensuite, par un nous non plus (Québécois)(au dernière nouvelle).

    ————-

    Autre réplique stupide: OUINS, MAIS IL FAUT SE PLIER À LA MAJORITÉ!

    Réponse:
    Et la majorité Anglophone!

    ————-
    À cogité: Le Québec un immense ghetto?

  2. Attention MY24, on ne peut pas comparer le Québec à un ghetto. Un ghetto, c’est un lieu ayant perdu ses racines, un endroit où sont placés des gens qui ont une histoire ailleurs, un passé ailleurs, et bien souvent qui espèrent avoir un futur ailleurs (si on leur donne les moyens d’y aller à ce ailleurs).

    Le Québec, au contraire, a son passé ici, son histoire ici, et il vit et prospère ici, et les gens veulent vivre ici.

    On ne peut absolument pas comparer un ghetto de minorités culturelles paupérisées à un Québec où nous vivons depuis des générations.

  3. Très bonne analyse Louis. L’ADQ est incohérente. Je l’ai déjà évoqué en 2002 dans un article à La Presse. C’est un parti démagogique, car il ferait tout pour s’accaparer du pouvoir en flattant le peuple dans le bon sens du poil, si l’on peut dire, et en parlant de sujets chauds qui font vibrer les cordes sensibles des québécois. Mais jouer à ce petit jeu, mène inévitablement à des contradictions…

  4. Bon texte, jusqu’au moment où tu accuses le manque de politisation.

    Même si tu le pense, c’est pas une raison pour le dire. Ça serait même pas mentir. Et bon j’imagine que ça insulte 2-3 personnes au passage.

  5. @Honorius: Il y a un manque de politisation général de la population. Pourquoi le cacherais-je à moi-même et à mes lecteurs?

    Je discutais avec une Argentaine d’origine (mais qui a adopté le Québec depuis 25 ans) et qui me racontait ne pas en revenir à quel point les Québécois ne connaissent rien sur le monde. Elle s’est fait demandé si ils avaient l’électricité et des hôpitaux en Argentine, et des trucs du genre. Les gens ne savent rien.

    Ce que tu considères une insulte ou du mépris, pour moi ce n’est qu’une explication RATIONNELLE du succès d’un parti incohérent comme l’ADQ.

    Oui, les Québécois en général manque de culture politique. Et c’est normal: il y a 2-3 générations nous avions une éducation catholique qui nous éloignait de ces choses-là.

    Ne pas reconnaître ce fait, c’est se mettre la tête dans le sable, à mon avis.

    @Jimmy: C’est bien ce qui risque de finir par le couler. À force de dire et faire des choses incohérentes, il finira par s’aliéner une grande partie de la population. Le problème, c’est la quantité de dommages qu’il pourrait causer entre-temps…

  6. Très bonne analyse Louis. Mais vous devriez enlever les mots suivants:

    « en voulant réduire la taille de l’État »

    L’ADQ est un parti étatiste COMME LES AUTRES, sauf qu’il souhaite répartir les sommes d’argent autrement pour favoriser l’idéologie néo-libérale. L’ADQ SEMBLE VOULOIR RÉDUIRE la taille de l’État mais les premiers mois de ce parti dans l’Opposition Officielle démontrent clairement que ce n’est pas le cas.

    AUCUN PARTI POLITIQUE AU QUÉBEC NE SOUHAITE RÉÉLLEMENT LA RÉDUCTION DE LA TAILLE DE L’ÉTAT!

    Au moins, le PQ veut nous débarrasser du Canada. C’est un pas dans la bonne direction.

    Pour le reste, je suis entièrement d’accord avec vous. Je vous rappelle qu’en 1999, l’ADQ était beaucoup plus favorable aux accomodements raisonnables!

    Lisez bien ce ceci:

    Samedi le 20 janvier 2007, Antoine Robitaille, Le Devoir

    Québec En plein coeur du débat sur la déconfessionnalisation du système d’éducation, à l’automne 1999, l’Action démocratique du Québec (ADQ) prônait les «accommodements raisonnables» tous azimuts à l’école, et ce, pour toutes les religions.

    L’ADQ, qui s’opposait à la déconfessionnalisation des écoles, avait présenté un mémoire de 18 pages lors de la consultation sur la place de la religion à l’école organisée par la commission permanente de l’Éducation. La formation politique y avait défendu une position qui semble trancher avec celle que le chef du parti, Mario Dumont, a adoptée. Rappelons qu’en novembre dernier, après la médiatisation de quelques cas d’accommodement pour des minorités religieuses, M. Dumont avait fait une sortie remarquée contre les «accommodements raisonnables», disant que c’en était «assez». À son sens, ces gestes relevaient d’un «à-plat-ventrisme» de la majorité «qui ne mène nulle part». Ces propos ont été qualifiés de démagogiques jeudi, à la fois par le premier ministre et par le chef péquiste.

    En 1999, dans le mémoire de l’ADQ, que des libéraux manifestement fiers de leur trouvaille ont distribué hier à plusieurs médias, on affirmait que, «comme toute organisation, l’école québécoise est tenu [sic] à une obligation d’accommodement raisonnable». Plusieurs pratiques qui se veulent «neutres», notait l’ADQ, sont susceptibles de «créer de la discrimination à l’égard de certains élèves». On illustrait la chose par divers exemples: le calendrier scolaire «entrant en conflit avec les fêtes religieuses juives, musulmanes ou autres» et des règles vestimentaires qui interdisent le port de certains vêtements religieux ou «imposent le port de vêtements considérés comme impudiques».

    Les principes défendus dans le mémoire de l’ADQ de 1999 auraient ouvert tout grand les portes des écoles québécoises aux religieux. «Là où le nombre le justifie», plaidait-on, un cours d’enseignement confessionnel devait être «élaboré pour chaque confession». Le mémoire soulignait même que dans la région de Montréal, «on pourrait envisager de regrouper les élèves de différentes écoles afin de constituer des groupes suffisamment nombreux pour justifier un enseignement confessionnel conforme à leurs convictions [ou à celles de leurs parents]». L’ADQ allait jusqu’à dire qu’en «l’absence de ressources professorales compétentes relativement à une confession en particulier, les écoles devraient également pouvoir faire appel à des personnes issues de cette confession religieuse». En 1999, pour l’ADQ, les règles syndicales des établissements scolaires devaient même s’effacer pour faire place aux accommodements en question: «Puisque les convictions en matière de religion relève [sic] des droits et libertés de la personne, les conventions collectives devraient s’adapter aux besoins exprimés par les parents et leurs enfants et non l’inverse.» L’ADQ évoquait les impératifs de la «souplesse» et de la «flexibilité» afin de s’adapter aux besoins particuliers des élèves.

    Malaise

    Le rappel de ce texte de l’ADQ a suscité un certain malaise au sein de la formation politique. Mario Dumont a rejeté toute demande d’entrevue. «Il n’y a aucune contradiction [entre les positions de 1999 et de 2007]. M. Dumont n’a jamais dit qu’il était contre les accommodements raisonnables en soi mais contre les accommodements déraisonnables», a soutenu son attachée de presse, Élodie Girardin-Lajoie. Elle a tenu à souligner que dans son mémoire, l’ADQ insistait «comme aujourd’hui» sur des valeurs comme l’égalité entre les hommes et les femmes.

    Joint à Lachine, le coauteur du mémoire, Cédrick Pautel, à l’époque président du comité sur l’éducation de la commission politique de l’ADQ, a sèchement refusé de répondre aux questions du Devoir sur l’évolution des positions de l’ADQ. «On va en rester là», a dit en raccrochant celui qui a été secrétaire général de la Fédération des associations d’étudiants de l’Université de Montréal au début des années 90.

  7. Je crois que les immigrants viennent ici pour 2 raisons. Soit pour les programmes sociaux interessants (payés par ceux qui ont les moyens de les payés, et pas par les immigrants « souvent dans le sous ») ou pour les opportunités d’ouvrir une entreprise et en extraire un profit (example: les dépanneurs, mais y’a surement d’autre examples aussi).

    On a même pas besoin d’analyser si la première option est la bonne ou mauvaise, la question sur celle-ci serait; comment c’est supposé continuer et est-ce soutenable?

    Surtout que de la population du tier monde, y’en a à éponger quasi indéfiniment.

  8. hmm.. je voulais citer « sans le sou »

    PS: C’est bizarre, j’ai déja pu corriger un commentaire ici, mais pas cette fois ci … ???

  9. Par Ghetto, je voulais seulement signifier les ressemblances entre le Québec et les Ghettos.

    Dans les deux, ces habitants recherches une certaine façon de vie, sa langue, sa culture, ses traditions dans un milieu avec des gens partageant ceux-ci.

    Il y a bien sûr des différences, une très importante est que le Québec est un état, il a contrôle de ses lois, etc.

  10. deux secondes… Hahahahahahahaha!

    L’immigration des « sans le sou », elle est bonne! Pour immigrer au Québec, il faut passer par une foule de tâches administratives et correspondre à des facteurs précis. Il y a plusieurs catégories d’immigrants:

    Ceux qui « s’achètent » une citoyenneté, en promettant d’investir une somme importante (au-delà de 100 000$) dans l’économie du pays – ils sont très rares.

    Les réfugiés politiques (Maudits BS, qu’ils retournent se faire tuer dans leur pays!) ^^.

    Les familles de citoyens canadiens (encore faut-il répondre à d’autres exigences pour faire partie de ce groupe).

    Par contre, la majorité des immigrants au Québec et au Canada vient d’un autre groupe. Les demandeurs de citoyenneté classique sont choisis parce qu’on juge qu’ils apportent quelque chose au pays. Ils veulent soit fonder une entreprise, ont un diplôme reconnu par le gouvernement du Québec (miracle!) dans un domaine en forte demande (une de mes amies de France a fait un degré en ressources humaines à Dublin et serait admise sur-le-champ au Québec, car son domaine est en demande). Avoir des enfants est un gros +, d’ailleurs. Certains doivent faire des équivalents avant de pouvoir exercer leur métier ici, par contre.

    Où je veux en venir? Cette majorité d’immigrants, elle est mieux scolarisée que nous. Et on les accepte habituellement pour ce qu’ils apportent à notre société, pas pour qu’ils aient de l’assurance-maladie et un chèque de BS. Même les réfugiés politiques et leur famille tentent de travailler dans notre société afin de la faire prospérer, et par le fait même, qu’eux aussi prospèrent.

    P.S. Au Québec, on a environ 9% de la population qui est immigrante. En France, c’est 12%. La moyenne canadienne est d’environ 24%. Et on a atteint la capacité maximale d’immigration? Je sais que le Québec a un statut particulier, mais encore une fois, Mario Dumont me fait bien marer ^^.

  11. @ David

    L’ADQ est un parti étatiste COMME LES AUTRES, sauf qu’il souhaite répartir les sommes d’argent autrement pour favoriser l’idéologie néo-libérale. L’ADQ SEMBLE VOULOIR RÉDUIRE la taille de l’État mais les premiers mois de ce parti dans l’Opposition Officielle démontrent clairement que ce n’est pas le cas.

    Là-dessus je te réfère au programme de l’ADQ:

    L’ADQ s’engage à :
    » MODERNISER L’ÉTAT PAR UNE RÉVISION COMPLÈTE DE
    L’APPAREIL BUREAUCRATIQUE. Réduire concrètement la
    taille et le nombre de structures bureaucratiques et éliminer
    tout organisme qui ne saurait justifier son existence
    sur la base d’un réel service à rendre à la population.
    (…)
    » APPLIQUER LA MARGE DE MANOEOEUVRE SUR DES MOTEURS
    DE CRÉATION DE RICHESSE. Toute marge de manoeuvre
    sera utilisée pour diminuer les impôts, rénover les
    infrastructures publiques et diminuer la dette publique.
    (…)
    » ABOLIR LES CONSEILS D’AGGLOMÉRATION ET LA TAXE
    D’AGGLOMÉRATION. L’ADQ abolira les conseils
    d’agglomération créés par le gouvernement Charest
    et rétablira le principe d’un compte de taxe unique.

    Toutes ces mesures ne sont pas sans un certain attrait pour les libertairiens. Mais il est vrai que Mario Dumont ne veut certainement pas abolir l’état.

    Ce qui fait surtout l’incohérence de l’ADQ est que Mario Dumont essaie d’être tout pour tout le monde, et ce faisant, génère des contradictions.

    Un autre blogueur m’a déjà dit ceci au sujet de l’ADQ et je crois qu’il vise juste:

    Moi j’ai identifié mon problème avec l’ADQ. Ils sont à droite là où je suis à gauche et à gauche là où je suis à droite…
    -David Gagnon, Antagoniste.net

    (Je sais que vous l’aimez pas, mais bon)

  12. Un article de Simon Boivin du Soleil:

    Le ministre Sam Hamad croit qu’il faut avant tout s’occuper des immigrants déjà au Québec et rejette les craintes de ghettoïsation soulevées par l’ADQ.

    Dans une lettre aux médias, disponible au http://www.lesoleil.com, le ministre d’origine syrienne fait valoir l’importance de l’immigration pour la croissance économique du Québec et de la région de la Capitale-Nationale en particulier.

    En entrevue au Soleil, le détenteur du portefeuille de l’Emploi et de la Solidarité sociale se dit notamment préoccupé par le sort des 60 000 immigrants prestataires d’aide sociale au Québec.

    « Moi, je pense que la priorité est de s’occuper des immigrants qui sont au Québec en premier, puis après ça aussi aller combler en même temps par des gens de l’extérieur », a indiqué M. Hamad.

    Le Canada étant « le plus beau pays du monde », le ministre estime que le Québec a le luxe de « choisir les meilleurs » pour répondre aux pénuries de main-d’œuvre. En cette matière, il invite à s’inspirer de nos voisins du sud.

    « Eux autres, les Américains, ils ont réussi à aller chercher avec le rêve américain les meilleurs au monde pour aller chez eux, note Sam Hamad. Et, présentement, je pense que le Canada est encore mieux placé pour attirer des immigrants. »

    La clé de l’intégration est dans l’emploi, poursuit-il. « Je regarde les besoins des entreprises. Si on prend tous les chômeurs et les personnes à l’aide sociale
    aptes à travailler (dans la région de Québec), ils ne répondront pas aux perspectives du marché du travail. Il en manque 30 000. Le besoin est criant. »

    En début de semaine, le chef de l’Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a plaidé à La Presse que, même si cela peut répondre aux besoins d’entreprises, une « immigration accélérée » crée des ghettos et nuit à l’intégration des nouveaux arrivants.

    « Ce n’est pas vrai que ça crée des ghettos, rétorque le ministre Hamad. Les ghettos, c’est quand les gens ne travaillent pas et restent chez eux. C’est ça la définition d’un ghetto. Il n’y a pas de ghetto à Québec. Et, à Montréal, ceux qui travaillent, ils ne sont pas dans un ghetto. »

    D’après le ministre, Mario Dumont joue avec le feu dans ses commentaires sur l’immigration. « C’est ça qui est dangereux dans ses interventions, dit le ministre Hamad. Il vient de diviser les Québécois. Il peut y en avoir un qui est contre l’immigration et il va l’alimenter pour diviser les Québécois au lieu de rassembler et regarder vers l’avenir. »

  13. Sam Hamad, c’est pas la gars qui a chiâlé contre les bénéficiaires de l’aide sociale et qui a ainsi contribué à la division des Québécois? 😛

    @Philippe: Citer David Gagnon, come on. Sérieux, come on! Autant citer le père Fouettard ou la fée des dents. 🙂

    @Manx: À mes yeux la situation est différente de la France ou du reste du Canada. Puisque nous sommes une culture minoritaire, nous avons donc forcément plus de difficulté à intégrer les immigrants. Donc, comparer nos chiffres à ceux de sociétés majoritaires où la langue n’est pas fragilisée, ça ne me semble pas pertinent.

    Que nous accueuillions 9-10 ou 20% d’immigrants ne change rien. Le problème, c’est que nous n’arrivons pas à les intégrer, et dans ce contexte, à moins d’un changement majeur, je crois qu’il serait suicidaire d’en accueillir davantage DANS LES CONDITIONS ACTUELLES.

  14. Je sais pas pour Sam Hamad et les BS. Ça ne s’est pas rendu jusqu’à mes oreilles. J’imagine qu’en tant que Ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, il a une opinion sur le sujet… Et j’imagine son opinion en tant que Libéral.

    Je suis d’accord avec lui pour dire que Dumont joue avec le feu: c’est ce que je disais en novembre de l’an passé. Je suis aussi d’accord avec Hamad: il n’y pas ghettoïsation.

    Je suis aussi d’accord avec lui pour dire que Dumont divise les Québécois. Mais pas juste sur cette question. Ceci dit, cette affirmation de Hamad va aussi dans le sens de ce que dénonçait David: les Libéraux voudraient bien étiquetter les adéquistes comme racistes.

  15. Je ne sais pas, mais je vois plusieurs personnes parfaitement « intégrées » dns mon milieu. Je travaille dans le Day’s Hotel de Montréal, où plusieurs haïtiens et italiens travaillent. Je remplace ma soeur dans ma job de sauveteur de l’an passé, dans un bloc appartement avec des marocains et des péruviens. Je n’ai pas vu de problème d’intégration, si par là tu veux parler de l’adoption de moeurs plus ou moins « québécoises ». On ne peut pas reprocher à ces gens d’aller à la Mosquée ou de se tenir avec leur communauté; quand on immigre, on cherche d’abord à se rapprocher d’une communauté proche de la nôtre, et c’est habituellement d’anciens immigrants de notre propre pays d’origine.

    Et ouep, je sais très bien que l’on est une culture minoritaire dans un continent majoritairement anglophone. Pour l’instant, par contre, je vois peu d’immigrants ou d’enfants d’immigrants qui ne parlent pas français. Quand il y en a, ce sont eux les perdants et ils déménagent à Toronto dans les mois qui suivent. Les immigrants qui arrivent au Québec arrivent très bien à s’intégrer à leur monde Québécois au fil des années. On peut pas s’attendre qu’ils arrivent ici avec un tatouage fleur-de-lysé sur le chest.

  16. @ Louis

    Citer David Gagnon, come on. Sérieux, come on! Autant citer le père Fouettard ou la fée des dents.

    Je ne sais pas trop pourquoi, mais je savais que tu me dirais quelque chose comme ça 🙂

    Crois-le ou non, je dirais quand même qu’en ce qui concerne l’ADQ, vous vous rejoignez un peu quand même. David ne les aime pas non plus. N’empêche que son commentaire m’avait fait sourire…

    Pour le reste, vous restez diamétralement opposés, ne t’en fais pas… 😀

  17. @Philippe

    Effectivement, certains élements du programme adéquiste sont attrayants pour les libertariens mais leur comportement en tant qu’Opposition Officielle me font douter de leur crédibilité.

    N’oubliez pas que l’ADQ était le seul parti contre les baisses d’impôts lors du dernier budget. De plus, l’ADQ voudrait que tous les films soient traduits au Québec, ce que même les « méchants socialistes » du PQ n’ont jamais proposé.

    De plus, je vous rappelle que Dumont a déjà déposé un projet de loi en faveur du revenu de citoyenneté. Maintenant, il veut garder les programmes tels quels mais en appauvrissant les bénéficiaires par des baisses de prestations pour « investir » (sic) encore plus en subventions aux entreprises et en organismes d’insécurité publique.

    En ce qui concerne les fusions municipales l’ADQ n’a pas de leçon à donner à personne. Le PQ est pour les fusions forcées, le PLQ est pour mais a fait semblant d’être contre, et l’ADQ était pour au début et est contre maintenant.

    Ne me dites pas que l’ADQ désire démanteler l’État! Et je ne suis pas le seul à le penser!

    ( http://www.leblogueduql.org/2007/03/mario_dumont_lh.html )

  18. « Les BS qui n’ont pas de contraintes sévères à l’emploi ne sont pas intéressés à aller travailler actuellement. Ils ont tout: les soins dentaires, les médicaments, la garderie… »

    – Sam Hamad

    C’est une généralisation méprisante de la part de Monsieur Hamad. Comme si tous les BS étaient des parasites!

    Bien sûr, il y a certains BS qui sont des bougons parasites, mais ils constituent une faible minorité. La plupart de ces soi-disant parasites sont des travailleurs au noir, donc ceux-là travaillent quand même!

    Voilà le dommage social que provoque l’acharnement anti-BS qui rapporte beaucoup en cotes d’écoute et en commandites dans les radio-poubelles!

  19. @Martin

    Il semble que le débat sur l’immigration est déplacé ici. Voici ma dernière réponse concernant la commission montréalaise sur les accomodements.

    « À Québec, il y a des étudiants haïtiens à l’Université Laval, un petit quartier chinois en basse-ville et quelques milliers d’immigrants. »

    Un peu simpliste, il y a beaucoup d’autres nationalités représentées à l’Université Laval.

    « Si ces villes ont des Facultés de sciences sociales (si ça s’appelle encore de même), ça ne veut pas dire qu’ils ont une expertise en immigration. »

    Comme s’ils en connaissaient moins sur LEUR PROPRE RÉGION que les experts montréalais.

    « Je dis simplement qu’il y a plus de chances de trouver des spécialites de la question là où l’immigration est importante et observable. »

    C’est vrai mais ce n’est pas une raison pour que 15 experts sur 15 proviennent de Montréal!

    Votre lien concernant la région de Québec est intéressant mais j’y vois plus un problème d’accès à l’emploi chez les JEUNES, INCLUANT LES CITOYENS DE CETTE RÉGION (possible que je quitte bientôt cette région pour la même raison), en raison du corporatisme syndicalo-professionel. De plus, on y illustre aussi une inadéquation entre les diplômes des immigrants et les besoins en emploi. A-t-on vraiment besoin de diplômés étrangers supplémentaires en sociologie alors que les diplômés québécois en sociologie croulent dans la pauvreté?

    « Et de quels accomodements déraisonnables parles-tu? De la dizaine de cas publicisés en longs et en large dans tous les médias? Es-tu demeuré au moins quelques jours à Montréal pour être si sûr de ton point? »

    C »est vrai que les accomodements déraisonnables sont un problème amplifié par les médias.

    « Je demeure depuis un peu plus de sept ans dans la Petite-Italie, presque à la limite entre l’Est et l’Ouest de Montréal qu’est la Rue Saint-Laurent. Des Italiens, des Vietnamiens, des Haïtiens, des latinos salvadoriens, mexicains et de bons vieux Québécois bien blancs demeurent en harmonie. Je vais au dépanneur du coin, les jeunes caissières parlent au moins deux langues et le plus souvent trois, mais elles me parlent en français, sans problème. Le parc d’à côté sert au soccer l’été et au hockey l’hiver. Avec les mêmes jeunes de toutes sortes de couleurs hiver comme été, les mêmes qui parlent français. Pas un français approximatif. Un français avec l’accent québécois. Laisse-moi te dire que si l’avenir du Québec devait être comme ce que je vois dans ma rue, dans mon quartier, je serais bien content, rassuré sur l’avenir de ma culture canadienne-française. Montréal c’est pas un ensemble de ghettos dégénérés dominés par les gangs de rue. Je pense que c’est une des grandes villes où l’intégration se fait le mieux. »

    Tout cela grâce à la loi 101 qui sera mis en péril par cette commission.

    « Bien sûr, quand je vais dans l’Ouest, là ça parle anglais. Là, si l’avenir du Québec ressemble à ça, ça craint. Quoique les anglophones parlent plus français que jamais, surtout si on insiste pour parler français, ce que je fais. »

    Ça, c’est le rêve de l’intelligensia mutlticulturaleuse.

    « Dire que la vision multiculturaleuse montréalaise prône l’anglais est assez méprisant pour au moins la moitié de l’île, pour tous ces francophones qui vivent dans leur langue dans une certaine harmonie, pour ne pas dire dans une harmonie certaine, avec différentes ethnies. »

    Cette moitié de l’ile n’a pas adhéré au mouvement multiculturaleux, ce qui ne fait pas l’affaire des leurs intellectuels.

    « C’est méprisant pour tous ceux qui votent Bloc Québécois et PQ dans l’espoir de faire la souveraineté et d’affirmer le fait français mais qui se revirent de bord pour constater que les régions leur chient dans les mains. »

    Les régions ne ressentent pas de la même façon la menace anglaise qu’à Montréal et c’est pour cela que certaines régions ont voté ADQ. Je serai d’accord avec si vous me dites que les régions devraient être plus méfiants, mais le fait demeure que cette vision est différente de celle de Montréal et qu’il faut en tenir compte. De plus, ce sont les régions BIEN NANTIES et SÉPARATISTES qui ont voté pour l’ADQ (j’ai voté pour le PQ). Les régions PAUVRES et SÉPARATISTES ont voté massivement pour le PQ.

    « Mais peut-être réalisera-t-elle, si ce n’est déjà fait, que la laïcité est le meilleur garant du respect des pratiques religieuses? »

    Effectivement, la laïcité est le meilleur garant des libertés religieuses. Mais croyez-vous réellement qu’un fervant croyant catholique puisse en arriver à une telle conclusion?

    « Contrairement au christ de mythe développé dans la région de Québec, il n’y a pas UNE pensée montréalaise. »

    Vous avez raison, il y a la vision multiculturaleuse anglaise et la vision intégratrice séparatiste francophone. Le problème, c’est que les intellectuels montréalais ne proposent que leur vision multiculturaleuse.

    « De là à croire que la Loi 101 va en sortir affaiblie, je ne vois pourquoi ça irait dans ce sens là! »

    Parce que les libéraux veulent que ça soit ainsi!

    « Et probable que le rapport final sera un charabia inutile. »

    Pas complètment vrai. Le rapport sera un charabia mais la conclusion principale sera très claire: IL FAUT IMPOSER SANS RÉSERVE LE MULTICULTURALISME À TOUT LE QUÉBEC.

    « Je pense encore qu’une telle commission menée par de bonnes têtes est préférable à une autre organisée par TQS avec Richard Desmarais et André Arthur à leur tête, avec comme associés un archevêque, un animateur de radio poubelle, ma grand-tante raciste de Nicolet et le Maire d’Hérouxville. »

    Ça, c’est sûr! On est au moins d’accord sur ce point! Mais il ne faut pas faire la même erreur que monsieur Bouchard, i.e. de croire que tout le monde ou presque est raciste dans les régions.

  20. J’avais lu, j’avais lu, David! Mais on est rendu dans les nuances de nuances.

    Je sais que l’Université Laval n’accueille pas que des Haïtiens comme étudiants étrangers. Je sais que l’immigration à Québec se fait un peu plus depuis que j’ai quitté la ville, il y a huit ans.

    Je ne crois pas qu’on aie besoin d’intellectuels représentant officiellement les régions, sinon pour projetter une bonne image et paraître plus convaincant parce que je ne crois pas que les intellectuels de Montréal soient bien différents des intellectuels d’ailleurs. Je crois que les gens des régions peuvent aussi bien exprimer leurs craintes et leur connaissance de leur coin de pays. En quoi un « spécialiste de la Gaspésie » serait nécessaire? Par contre, des spécialistes en immigration, on en avait besoin à la commission.

    Et je ne vois pas comment on pourrait se servir du prétexte de la Commission sur les accomodements raisonnables pour attaquer la Loi 101 et encore moins comment on pourrait « imposer le multiculturalisme » aux régions sans qu’elles accueillent du même coup des dizaines de milliers d’immigrants supplémentaires.

    C’est drôle parce que mon paragraphe avec TQS et André Arthur, je l’avais écrit avant que je ne lise le point de vue similaire de Bouchard sur « ceux qui écoutent TVA et TQS ». Je doit être snob, mais je crois comme lui que ceux qui gueulent le plus contre les accomodements raisonnables n’ont aucune christ d’idée de ce qui se passe ici pour vrai à Montréal. Ils se font crinquer par toutes ces grandes gueules qui, comme des mouches attendant la merde, sautent sur chaque occasion pour lancer des tribunes téléphoniques où le bon peuple libère son fiel et montre son ignorance crasse.

    Je crois que tous les gens, y compris moi, les membres de la commission et les Haïtiens, sont racistes à divers degrés et qu’on l’est généralement plus en région. D’abord, on y rencontre à peu près pas d’immigrants alors on s’imagine toute sortes de trucs à partir d’une nouvelle ou d’une autre venant de Montréal. De plus, si les plus jeunes quittent pour la ville, les plus vieux restent dans leur village en continuant à aller à l’Église, à craindre les Chinois et à haïr les Juïfs comme dans le bon vieux temps. Maintenant, depuis les événements de septembre 2001 et parce qu’en même temps les seuils d’immigration francophone ont été élevés à la demande expresse du Québec, on ajoute à ça la peur des Arabes.

    Je crois que le racisme est une conséquence de la tendance naturelle de notre esprit humain à généraliser et qu’il faut s’éduquer pour ne plus l’être, raciste. Je crois qu’il faut surtout être exposé à la diversité pour s’y éduquer. Alors je comprend que Bouchard et sa commission soient en mission pour calmer les gens, qu’ils veulent « éduquer » le peuple. Ça paraît présomptueux de leur part, mais si on croit au progrès, on doit croire qu’il y a des gens en retard.

    Je ne suis pas plus fin qu’un autre. Le port du voile m’agresse, d’autant plus que j’ai été élevé dans le féminisme. Mais je vois aussi la mysogénie ailleurs dans notre propre culture nord-américaine, dans le hip-hop par exemple. Surtout, je sais que nos grands-mères devaient porter le chapeau à l’Église pour demeurer décentes. Avant que Bush ne fasse entrer Dieu à la Maison Blanche, j’osais encore me dire croyant. Depuis, je suis devenu un laïc radical qui voudrait voir toute trace de religion disparaître de nos institutions publiques, sauf quelques exceptions culturelles issues de notre histoire et auxquelles je suis égoïstement attaché, comme les Fêtes de Noël. Mais je serais peut-être prêt à les faire revenir à ce qu’elles étaient avant que la religion chrétienne se les accapare, Noël redevenant une fête du solstice d’hiver. Je ne serai jamais du même camp que ceux qui demandent que le Crucifix revienne à l’Assemblée Nationale.

    Plus j’y pense, moins je vois en quoi cette commission donnera quelque chose. Et moi aussi j’aurais préféré qu’elle compte plus de représentants des régions, si ce n’est que pour calmer le jeu, ce qui me semble encore son but premier. J’en veux à Charest de ne pas asvoir quoi faire, j’en veux à Dumont de faire semblant de savoir quoi faire et j’en veux à Marois de même pas tenter de faire quoi que ce soit.

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