Une dépolitisation payante pour l’ADQ

On apprend ce matin qu’une enquête sur les résultats des élections du 26 mars dernier, menée par le PQ, démontre que l’ADQ a obtenu une large majorité des circonscriptions de 75% et plus de francophones où les jeunes sont en nombre plus important. Parallèlement, le PQ a mieux performé dans les circonscriptions où il y a davantage de personnes âgées.

Plusieurs jeunes sont sensibles au discours réactionnaire de l'ADQ.

Première critique de cette enquête: on exclue totalement Montréal, où il y a moins de 75% de francophones, mais dont plusieurs comtés comptant beaucoup de jeunes ont voté PQ ou PLQ. Bref, appelons tout de go cette enquête pour ce qu’elle est: une analyse du vote des RÉGIONS (et des banlieues).

Voilà tout de même un résultat qui plaira à Mario Dumont, lui qui aime se décrire comme un politicien à l’écoute de la génération montante, qui s’oppose aux « vieux partis », lui qui pourtant s’appuie idéologiquement sur des idées très à droite et datant souvent de plus de cinquante ans. En ce sens, il n’est guère différent d’autres politiciens de centre-droit qui ont tous en commun le charisme, le rejet de la social-démocratie et l’appui quasi-indéfectible des milieux d’affaires à leur cause… Mais surtout: l’appui de jeunes qui, malheureusement, ont souvent une culture politique déficiente et une éducation politique empreinte de préjugés.

En effet, c’est peut-être ça qui est le plus triste dans cette enquête. On voit enfin poindre les résultats d’une dépolitisation de la population à l’oeuvre depuis quelques décennies: plusieurs jeunes en sont rendus à appuyer le parti de Mario Dumont même si c’est le plus souvent contre leur propre intérêt. Ces jeunes, souvent plus pauvres que leurs aînés, ont « décidé » (ou ont été influencés) de voter pour un parti qui est le parti d’une élite et qui propose le désengagement de l’État (qui se fait toujours à l’encontre des plus pauvres). Bref, ces jeunes ont voté contre eux-mêmes.

Qui faut-il blâmer pour cette dépolitisation? Je n’hésite pas à blâmer les médias, et ces éditorialistes de pacotilles comme Mario Roy, André Pratte ou Alain Dubuc, tous au service des intérêts financiers de leur patron de chez Power Corporation. Ces gens sont à l’oeuvre depuis des années à blâmer la social-démocratie et à proposer des « solutions » néolibérales dès qu’ils en ont la chance.

Cependant, je crois qu’il faut aussi blâmer le PQ. En adoptant lui aussi le néolibéralisme (d’abord en 1982, avec la désassurance des soins dentaires, puis plus violemment sous le règne de Bouchard et se son sombre culte du déficit zéro) et en utilisant le vocabulaire de la droite pour faire le combat politique, il s’est condamné à perdre du terrain car il ne pourrait jamais rivaliser avec les vrais partis d’une droite plus franche et assumée que sont le PLQ et l’ADQ. Bref, pour l’expliquer simplement, entre trois partis ayant une argumentation de droite et acceptant le néolibéralisme, les gens ont peut-être préféré voter pour une ADQ qui assume pleinement son idéologie.

En somme, les médias et le PQ ont été à la source de ces malheurs et de l’incapacité de ce dernier de rejoindre les jeunes francophones des régions. Face à une clientèle moins éduquée (on me blâmera de le dire, mais malheureusement c’est bel et bien la réalité; ce n’est pas un jugement de ma part mais une constatation) et plus vulnérable à la désinformation de médias corporatistes ayant beaucoup à gagner du désengagement de l’État proposé par l’ADQ, le PQ a manqué à son devoir de se positionner clairement sur l’échiquier politique et d’élaborer un discours simple et précis étant en mesure de rallier ces jeunes à son programme.

La vraie question, maintenant, est de savoir si le PQ peut reprendre le leadership, réorienter son programme vers la gauche et s’assurer d’être mieux compris de cette population vulnérable au discours de la droite. Car le rôle des aînés dans notre société n’est-il pas d’aider la jeunesse et de l’empêcher de commettre les mêmes erreurs du passé?

Malheureusement, avec Pauline Marois à sa tête, c’est loin d’être gagné. Et le nivelage vers le bas de l’ADQ et de ses collèges idéologiques de Power Corporation risque de se poursuivre.

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22 Réponses

  1. Peut-être que les jeunes en ont juste ras-le-bol de voir les vieux tirer la couverture du pouvoir de leur côté, et vont voter pour n’importe qui qui va promettre de réduire la taille et l’influence de l’état sur leurs vies.

    Je sais que tu crois que l’état est la meilleure invention des 500 dernières années, mais je crois que l’évolution va se charger d’éloigner les gens de ce concept.

    Je ne suis pas naïf au point de croire que l’ADQ n’est pas un parti étatiste comme les autres qui va renier ses promesses une fois au pouvoir, mais je peux comprendre ce qui plaisait aux gens dans leurs discours. Les gens ont soif de liberté sociale et économique.

    J’étais péquiste et même souverrainiste avant… puis j’ai découvert la philosophie libertarienne, et j’ai vu que tous les partis politiques jouaient sur les faiblesses et les sentiments des gens, qu’un système qui ne fonctionne pas tout faire pour rester en place, et que le Québec était loin d’être un modèle. J’étais même souverrainiste jusqu’à ce que je vois que le PQ avait le projet d’inscrire la social-démocratie à même la Constitution du Québec.

  2. « Malheureusement, avec Pauline Marois à sa tête, c’est loin d’être gagné. »(Louis)

    L’excellente carricature que tu as affichée s’applique pareillement au PQ.

    La différence est qu’au PQ la scène se passe dans le couloir.

  3. C est dommage de lire tout ca…

    et la responsabilite individuelle on en fait quoi?

  4. Le texte au complet est à propos de la responsabilité individuel.

  5. Et Si, je dis bien SI, les jeunes, comme tu dis étaient justement hautement politisés mais qu’ils rejettent la souverainté et/ou l’indépendance et que pour eux, voter PQ=souverainté/indépendance ?

    Peut-être aussi qu’on devient une société plus individualiste qui accepte une baisse de services contre une baisse d’impôt ?

    Il y a tellement de Si et de PEUT-ÊTRE dans ton billet, que je me permets d’en rajouter un autre: peut-être que vous n’acceptez pas la défaite du PQ et que vous cherchez encore des raisons pour l’expliquer.

  6. Les raisons de la réussite de la droite, on pourrait en parler longtemps…
    Les raisons de l’échec de la gauche, elle, sont assez évidentes et elles sont toutes présentes dans ton billet.
    Non, mais ! Votes-tu, Louis, pour des gens qui te prennent pour un idiot ? Je ne croirais pas… Les gens qui ont voté pour l’ADQ ne sont pas vraiment différents de toi alors…
    L’ADQ a eu au moins le mérite de parler pendant la campagne de questions qui touchent les gens, ce que les autres partis n’ont pas daigné faire. « Whouah.. les accommodements raisonnables… Quel dangereux populisme, yark ! » Tsé, toi pis moi, on peut bien tripper sur la construction d’un Québec progressiste et écologique, mais les gens, eux, ils se posent des questions bien concrètes sur comment ils vont faire pour arriver et comment ils vont obtenir une quantité de service qui, à leurs yeux, est proportionnel à ce qu’ils payent en impôt, ce qu’il ne croit présentement.
    Les gens rejettent les idéologies. Ils ne se demandent pas : « Hmmm… Qu’est-ce Marx aurait pensé de la promesse de l’ADQ d’envoyer un chèque aux familles ? » Ils veulent du concrèt. Et si, adopter le langage des gens, aux yeux de la gauche, c’est « adopter le vocabulaire de la droite », je suis rassuré quand aux garaties de l’échec électoral perpétuel de Québec Solidaire…
    En outre, blâmer les médias pour nos défaites, moi, je suis plus capable. André Pratte et Power Corp préféraient vraiment avoir l’ADQ autonomiste au pouvoir que les libéraux de Jean Charest ? Franchement ! C’est la « avec nous ou contre nous » de W. Bush à l’envers ça ! Il y a nous (les intelectuels, ceux qui savent, la gauche, le monde monde intelligent là…) et eux (les pleins, les riches, les puissants, les cons). Surtout que l’étude que tu cites démontrent que l’ADQ a beaucoup plus grugé sur les libéraux que sur le PQ. Cites une étude, si tu veux, mais prends là dans son ensemble.
    Désolé Louis, mon commentaire est sévère, mais je trouve que tu l’échappes vraiment là-dessus.
    À la limite, ce serait pas grave. Mais quand la gauche se campe dans des positions aussi mesquines et aussi déconnectées de la population que celles que tu défends, c’est le jeu de la droite qu’elle joue.

  7. non le texte ne parle aucunement de responsabilite individuelle…

    Le texte dit a quel point les gens (jeunes) sont devenus depolitises et il met la faute sur les medias et sur les partis qui n ont pas ete capable de se faire entendre(PQ).

    Les individus sont responsables de leurs actes et de leur votes. Aussi ils sont responsables de s’informer sur le parti qu ils pensent preferer, de s informer sur leur programme, de s informer sur qui est dans ce parti, ce qu il a fait avant de vouloir etre depute, de lire les differants medias, differants editorialistes…

    Bref c est de ca que je parle quand je parle de responsabilite individuelle.

    On peut bien blamer les medias ou le manque de coherence de votre parti prefere, ce sont les gens qu il faut blamer. Non pas les blamer parce qu ils hesitent entre une remise a l achat d une maison (PQ) ou un cheque de 100$ par semaine pour garder soi meme son enfant (ADQ) mais bien parce qu ils n hesitent QUE pour cela.

    Ce n est pas qu une question d education… je vous rappelle que la generation qui nous precede etait de loin moins scolarisee que nous mais qu elle s interressait a la societe comme un ensemble, ce qui la rendait plus politisee.

  8. R.David,

    je suis peut-être négatif, mais je ne crois pas que les gens « ont soif de liberté sociale ». Économique oui, mais pas sociale étant donné qu’elle implique de la responsabilité.

    Le manque de civisme des gens est probant et illustre bien le problème actuel. S’il n’y a pas de respect dans nos rapports sociaux avec les inconnus, j’ai de la misère à croire que la liberté donnera de bons résultats pour l’instant…

  9. Et j’oubliais, la responsabilité économique ne peut exister sans des règles alors…

  10. « Économique oui, mais pas sociale étant donné qu’elle implique de la responsabilité. »

    Est-ce que la majorité de la population veut imposer le catholicisme? Est-ce que la majorité des gens pensent encore que ceux qui fument de la marijuana ou qui ont des rapports homosexuels devraient être mis en prison? Non (ou de moins en moins) alors va vers plus de liberté sociale.

    « Et j’oubliais, la responsabilité économique ne peut exister sans des règles alors… »

    Des règles genre « respecte la vie, la liberté et la propriété des autres » ou du genre « pour ouvrir un restaurant il faut avoir 5 permis de la ville et 2 du gouvernement provincial, avoir un échangeur d’air de 5000w, ouvrir seulement dans les heures permises, tu n’as pas le droit de décider si tes clients peuvent fumer sur ta propriété privée, et des milliers de réglementation afin de ne pas être brutalisé par l’état »

    Parce que c’est justement le genre de règlementation que les entreprises déjà établies aiment obtenir des gouvernements pour empêcher d’avoir de la nouvelle compétition.

    C’est d’ailleurs la seule façon que la réglementation du marché est utilisée.

  11. Bon encore la même rengaine de Louis: c’est le « virage à droite » de Bouchard qui a tué le PQ. Alors je dois sortir de mon silence pour réaffirmer encore ma propre rengaine: le PQ, même sous Bouchard, n’était pas à droite, mais au centre. Ce sont les dinosaures du PQ et leurs jeunes et trop fidèles disciples qui n’ont pas accepté Bouchard et ses politiques alors que celui-ci amenait le Québec dans la bonne direction. Le PQ était déjà dans le trouble quand Bouchard est arrivé en sauveur et Bouchard a bien fait de réaliser le déficit zéro, c’était urgent. La manière qu’il l’a fait est discutable, mais il devait le faire.

    Sans oublier que la tendance à droite est mondiale depuis la chute du Mur de Berlin, au Québec, s’il y a eu un mouvement vers la droite ces dernières années, c’est que la gauche ne s’est pas renouvellée et qu’elle a continué de se moquer des préoccupations des gens qu’elle qualifiait elle-même de droite en se pinçant le nez. Un peu comme le dit V, ces gens simplement préoccuppés ne se disaient alors même pas à droite! C’est la gauche par son immobilisme, son dogmatisme, qui a poussé les gens à se dire de droite jusqu’à en être même fiers. C’est bien beau avoir un discours de solidarité, mais quand dans les faits ça favorise toujours les mêmes, ça finit non seulement par sonner creux, mais ça finit par écoeurer de tout ce qui vient de la gauche, même le bon et le fondé.

    Les babybooomers qui ont fondé le PQ ont, par leurs choix et leur attitude, continué de se dire solidaires alors qu’en réalité ils protégeaient leurs fesses. En plus il ont eu et ont encore le culot de reprocher aux « morons de droite » leur manque de solidarité et leur individualisme. C’est pas comme ça que tu te fais des amis, que tu t’attires des électeurs.

    L’ADQ, parti de l’élite? Mais voyons donc! C’est tout le contraire! C’est le parti anti-élites, un parti populiste. Le parti de l’élite du milieu des affaires, c’est le PLQ. Le parti de l’élite intellectuelle et de ceux payés par l’État, c’est le PQ. Tous les autres, ceux qui travaillent dans un dépanneur pour nourrir leur famille, ceux qui n’ont pas pu aller à l’Université, ceux-là étaient complètements oubliés par l’un et l’autre parti.

    La thèse du complot des médias corporatistes est bien typique de la gauche, mais c’est complètement farfelu. Combien de voteurs adéquistes lisent La Presse ou même Le Soleil? Je gagerais qu’ils sont surtout des lecteurs du Journal de Québec s’ils ne préférent pas écouter la radio. La radio de Québec, Arthur en tête, elle, elle a fait des ravages!

    C’est pas compliqué: le PQ, comme le PLQ, est le parti d’une génération. Faut pas oublier que le PLQ faisait le plein du vote des ainés, ceux qui se disaient d’abord Canadiens-français plutôt que Québécois. C’est une loi de la politique: on vote pour ceux qui semblent nous représenter le mieux et ça se décide généralement et principalement en fonction des générations. Le PQ se devait de faire le pont entre les générations et il a manqué sa dernière chance avec Boisclair, même si les signaux étaient là depuis la création même de l’ADQ.

  12. R.David,

    ta façon de pensée est très réactionnaire. Et moi je ne suis pas extrémiste. Il y a beaucoup de bon dans ce que tu dis, mais ça dépasse à mon avis l’équilibre qui soutiendrait, idéalement, une société pluraliste où les extrêmes sont et seront toujours présents.

    Puisque tu es libertarien, un néo-libertarianisme devrait adoucir sa position sur les libertés individuelles et, de ce fait, sa position sur l’État, être plus démocrate.

    Mais revenons donc au sujet principal, les partis politiques québécois qui ont le plus de chance de nous gouverner. Je pense que nous sommes d’accord que la liberté individuelle ne pourrait se voir privilégiée avec l’aide de l’État, dans les conditions où nous en sommes. Mais quel serait le premier pas à faire pour changer ça?

  13. Et pour faire le lien avec le titre…

    Oui, il y a eu une certaine dépolitisation des jeunes. Pour être précis, ils boudent plus la politique traditionnelle et vont moins voter. Mais il y a toute une panoplies de tendances citoyennes liées à l’environnement, par exemple, qui les interpellent. Les jeunes sont peut-être plus informés que jamais, plus critiques, moins manipulables et naïfs.

    Non, tous les jeunes ne sont pas devenus de droite ou fédéralistes. Beaucoup de ceux qui sont plus à gauche ne vont pas voter, justement parce qu’ils sont critiques. Les moins cyniques d’entre eux votent pour des partis marginaux n’ayant aucune chance d’être élus.

    Alors, si je ne suis pas d’accord avec le texte de Louis et son analyse, je suis assez d’accord avec le titre de son billet.

  14. Ce billet ne doit pas nous étonner, venant de quelqu’un qui écrivait au lendemain des dernières élections que «il apparaît de plus en plus que Montréal et quelques comtés en région sont un îlot de lumière au centre d’une grande noirceur.»

    Que de mépris, que d’arrogance dans cette posture d’une personne qui voit dans les gens qui n’osent pas penser comme elle une espèce de maladie mentale ou le résultat d’une ‘dépolitisation’ quelquonque. Il ne vous ariverait jamais à l’esprit qu les gens peuvent au contraire voter à droite et être très politisés ?

    Bien sûr que non, voyons ! La gauche a le monopole de la vérité, on le sait bien.

    C’est évidemment ainsi que la gauche s’est peu à peu isolée elle-même partout dans le monde: en regardant les gens de haut et avec mépris.

  15. […] et grenouille sur la blogosphère politique québécoise, des dessous de la politique à l’homme en colère, s’affaire à tirer les conclusions les plus tranchées et les plus définitives sur une […]

  16. […] Ben: Ce billet ne doit pas nous étonner, venant de quelqu’un qui écrivait au lendemain des dernières élections que «il apparaît de plus en plus que Montréal et quelques comtés en région sont un îlot de lumière au centre d’une grande… […]

  17. Un autre bloggeur semble avoir déjà fait ce constat en avril dernier:
    http://www.antagoniste.net/?p=726
    Il parvient sensiblement au même résultat en incluant les données relative à Montréal.

    Personnellement, je ne trouve pas que les jeunes soient dépolitisés, au contraire, je crois qu’ils sont très curieux et vont chercher beaucoup plus d’information que leurs ainés grâce à internet. Je remarque également que de plus en plus d’entre eux se posent des questions lorsqu’ils se retrouvent sur le marché du travail et vivent l’inéquité intergénérationnelle.

    De plus, si je suis bien votre pensée, les extraits suivants:

    « Qui faut-il blâmer pour cette dépolitisation? (…) André Pratte ou Alain Dubuc, tous au service des intérêts financiers de leur patron de chez Power Corporation »

    « En somme, les médias et le PQ ont été à la source de ces malheurs et de l’incapacité de ce dernier de rejoindre les jeunes francophones des régions. Face à une clientèle moins éduquée (…) et plus vulnérable à la désinformation de médias corporatistes ayant beaucoup à gagner du désengagement de l’État proposé par l’ADQ,(…) »

    semblent suggérer que si les jeunes sont dépolitisés (donc ont voté pour l’ADQ), c’est qu’ils ne sont soit pas capable de penser par eux-même, car manipulés par les médias ou soit « moins éduqués », donc vulnérables et, par conséquent, également manipulés par les médias, ou encore, que le PQ n’a pas pu les « rejoindre ». Ceci me semble être une position méprisante envers la jeunesse. En effet, cette position est reprise en fin de texte:

    « (…) et s’assurer d’être mieux compris de cette population vulnérable au discours de la droite. Car le rôle des aînés dans notre société n’est-il pas d’aider la jeunesse et de l’empêcher de commettre les mêmes erreurs du passé? »

    En clair: les jeunes, sont vulnérables (au discours de droite; la droite est une erreur du passé). Les jeunes n’ont pas compris. Les aînés (baby-boomers de gauche) détiennent la vérité et peuvent les guider s’ils s’y prennent correctement pour les rejoindre.

    Le seul point que où je suis en accord avec le texte est celui sur Pauline Marois. En effet, il me semble aussi que « c’est loin d’être gagné »…

  18. Pour faire écho à FrancisD dans l’autre billet,

    « Je ne suis pas celui qui dit comment l’esclavagisme sera aboli ou comment les esclaves pourront se relever. Je suis simplement celui qui dit qu’il est immoral et devrait être aboli. »

    Si pour toi c’est extrémiste de ma part de ne pas faire de concessions sur les principes de respect des droits des autres (en particulier pour le gouvernement), est-ce que ça veut dire que si je volais ou tuais une personne sur deux ça ferait de moi un « modéré »?

    Non le respect des droits des autres n’est pas de l’extrémisme, c’est un principe dirigeur, nous vivons majoritairement en suivant ce principe, et il devrait être le premier principe d’un gouvernement légitime.

    Si on ne peut pas avoir de gouvernement qui ne viole pas ce qu’il prétend protéger, c’est dommage mais ça veut dire que l’idée de gouvernement ne fonctionne pas (ou bien c’est une ruse, exprès pour nous contrôler et nous traire comme du bétail).

  19. Je crois qu’il ne faut pas chercher à trop vouloir expliquer le vote des dernières élections : beaucoup d’électeurs étaient déçus du gouvernement Charest et n’étaient visiblement pas prêt à porter André Boisclair au pouvoir. Ils se sont tournés vers la seule alternative valable à leurs yeux : l’ADQ. Les jeunes l’auraient fait davantage que les autres groupes d’âges ? Pourquoi pas ? N’est-il pas normal qu’ils votent plus pour le changement que leurs aînés ?

    Maintenant, que faire ? Défendre nos convictions sur la place publique et appuyer le parti qui nous rejoint le plus. Pour ma part, je crois que la gauche devrait délaisser le PQ et appuyer Québec solidaire. De toute façon, la question de la souveraineté ne se posera pas avant que la voie proposée par les autonomistes ne se révèle un cul-de-sac. Pourquoi alors sacrifier ses convictions de gauche sur l’autel d’un parti politique, le PQ, qui a visiblement choisi de se déplacer vers le centre ? Québec solidaire a peut-être des défauts, il n’a certainement pas celui de proposer une solidarité au conditionnel.

  20. Non effectivement, pour eux la solidarité doit être extraite de force des gens par des lois.

  21. Je crois que plusieurs oublient de noter le schisme présent au sein de la gauche occidentale moderne : la gauche sécuritaire (syndicats, ect) et la gauche égalitaire (gogauche).

    Les baby-boomers de gauche se retrouvent majoritairement dans le premier groupe. Même un Gilles Duceppe, par exemple, qui fut jadis communiste s’indentifit davantage au premier groupe.

    Le second groupe, dont QS en est une grossière carricature, regroupe les jeunes idéalistes enchaînés dans la mentalité de cégépien(ou UQAM). Pour la plupart, ils croient détenir le monopole de la vertue et souffrent de certains relants de leur crise d’adolescence en remettant en question les valeurs de leurs parents ainsi que l’autorité en place.

    Cette division à gauche a exposé au grand jour l’incapacité du PQ à former justement un pont. Non pas entre les générations, même s’il y a une certaine corrélation, mais plutôt entre les schimes présentés ci-haut. Pour bien comprendre la distinction entre les deux gauches, je vous réfère à l’ouvrage de R. Inglehart sur le post-matérialisme. Le premier groupe correspond à la gauche dite « matérialiste » et le second à cette gauche « post-matérialiste ».

  22. […] Élodie G. Gagnon, cela signifierait que j’aurais eu tort d’affirmer que c’est une dépolitisation générale qui explique les succès de […]

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