Le copain des milliardaires

Nicolas Sarkozy, le copain des milliardairesLes Français le savaient lorsqu’ils ont choisi de voter pour Sarkozy: leur nouveau président aime la joyeuse compagnie des milliardaires. Et il ne rechigne pas à se faire offrir de généreux cadeaux, des vacances, des soupers dispendieux. Et le retour d’ascenseur? Faut surtout pas en parler!

Les vacances de Sarkozy à Wolfeboro, ville nommée en l’honneur du général James Wolfe, victorieux de la célèbre bataille des plaines d’Abraham, coûtent selon certaines sources jusqu’à 30 000$ U.S. par semaine. Et Sarkozy refuse de dire qui les paient.

Cet événement n’est pas sans rappeler la polémique entourant ses autres vacances sur le yacht d’un ami milliardaire ou sa petite fête de la victoire au restaurant Le Fouquet’s, où les deux seuls invités non-français étaient Albert Frère et Paul Desmarais, les deux principaux actionnaires de Total, la cinquième compagnie pétrolière du monde.

C’est justement au domaine des Desmarais que Sarkozy poursuivra ses richissimes vacances. Mais que va-t-il faire pour remercier le patron de Power Corporation (et de La Presse) de tant de sollicitudes? Comme le souligne Pierre Dubuc, dans son éditorial du 17 mai 2006,

« Sarkozy pourrait faciliter la fusion, déjà annoncée, du Groupe Suez avec la société d’état Gaz de France, le plus important distributeur de gaz naturel en Europe. Au cas où cette transaction ne pourrait voir le jour, les conseillers économiques de Sarkozy ont évoqué l’idée d’une fusion entre Gaz de France et Total.

Une autre idée qui circule, selon le journaliste Konrad Yakabuski du Globe and Mail, serait de fusionner Total avec Areva, la société d’état nucléaire française. Les pétrolières s’intéressent de plus en plus au nucléaire et Areva a déjà des réacteurs nucléaires en opération en Ontario. »

D’autant plus qu’idéologiquement Sarkozy adopte allègrement le discours néolibéral. Alors qu’est-ce qui l’empêcherait de remercier ses amis milliardaires en leur donnant une patrie du patrimoine collectif français?

On dit que Sarkozy est télégénique et qu’il a de l’entregens. « Il sait bien se vendre ». Oui, c’est un bon vendeur, sauf que le produit n’est pas seulement lui-même, mais le patrimoine collectif français.

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5 Réponses

  1. Je vois déjà les scandales de ces fameux retours d’ascenseurs poindre au loin. Tout le monde verra clairement que Sarkozy est un opportuniste. Ses vacances avec ses copains milliardaires n’en est qu’un aperçu.

  2. J’ai hâte de voir la suite moi aussi.  J’ai peine à croire que les Français, si violemment opposés à un George W. Bush au service des intérêts des plus grosses corporations, vont laisser Sarkozy devenir le même ploutocrate à la tête de l’État. C’est à suivre.  J’ai hâte de voir quelles seront les premières privatisations et à qui il décidera de dilapider les ressources de la collectivité.Je m’attendais à davantage de réactions face à ce texte.  Peut-être qu’au fond la majorité des gens s’en foutent de Sarkozy, puisque c’est toujours du pareil au même avec les politiciens de droite…

  3. La gauche française critique constamment Sarko et ses goûts, disons-le extravagants. Je me demande juste quel sera le prix à payer en retour? Les réformes qu’il propose?Sa petite crise envers les journalistes m’a bien fait rire! Aux news le soir, on ne parle que de Sarko. C’est fou comme il prend de la place dans les médias français. Il faut croire que l’été, il n’y a pas bcp de sujets intéressants.

  4. On dit que les Suisses sont neutres et sans opinions. Voici un éditorial au sujet des vancances de Sarko…http://www.tdg.ch/pages/home/tribune_de_geneve/l_actu/opinions__1/opinions_detail/(contenu)/116031

  5. Ce qui me surprend dans la récidive de Sarko de partir en vacances aux frais de potes milliardaires, c’est son mépris évident de ce que peuvent en penser les français. Ou s’agit-il d’une stratégie délibérée ?

    Comme vous le soulignez dans votre article, il est vraisemblable qu’une contrepartie soit donnée aux gens d’influence qui hébergent notre roi. Auparavant, il y avait le lobbying à l’anglaise, désormais chez nous, les patrons payent des vacances dorées au Président. C’est plus risible. Verra-t-on ainsi fleurir dans les grandes industries de l’hexagone des « agences de voyage » capables de proposer des séjours de rêve à nos chers représentants politiques ? On imagine des tour operators arpentant les ministères ou l’Assemblée, proposant à qui mieux mieux des billets pour des destinations exotiques tous services compris auprès des parlementaires et autres secrétaires d’état.

    Alors oui, la Sarkonarchie est une vraie innovation : la compromission des politiques par les businessmen se fait à présent au grand jour.
    Pour l’anecdote, cela fait trois ans que le bruit court chez Areva d’un possible rachat par une autre entreprise (on parle de Bouygues ou de Total), le tout chapeauté par Sarko himself. Il n’y a donc pas de surprise a une telle annonce. Reste toujours à savoir qui se payera la plus grosse part du gateau !

    Derrière tout ça, on retrouve l’hyper-activité nauséabonde de notre cher Sarko-empereur, et son hyper-médiatisation dangereuse. Je ne reviendrais pas là-dessus si le gouvernement de Fillon l’invisible ne prenait pas des décisions en fonction de l’actualité. A agir dans l’urgence, sans recul, à chaud, il y a un risque d’obéir à des objectifs à court terme. Cette façon de gouverner favorise l’émergence de groupes de pression aux pires intentions, intéressés par des profits immédiats ou par l’instauration de mesures anti-démocratiques.
    Aujourd’hui, il n’y a plus de vision politique, plus de planification qui permet à un pays de se construire et de durer.
    Vive la politique de l’urgence, vive la politique de l’action-réaction. Celle qui fait fi de tout système préventif et qui, pour réagir à ses maux quotidiens, soigne à grand coups de volants dans la direction opposée. Les français se demandent alors quand est-ce que la voiture France va partir en tête-à-queue.
    Et à force de gaver le peuple avec le feuilleton Sarko Ier, voire celui de Cécilia « tête à claques », émissaire intouchable, (vous remarquerez que cela sonne moins bien que « Joséphine, ange gardien »), on frise l’overdose et on masque l’essentiel : la France va toujours aussi mal depuis l’avènement du nabot et ce n’est pas en donnant toujours plus aux plus riches que cela va s’améliorer. Au contraire. Mais pour faire passer la pillule, rien ne vaut un peu de « people », non ?

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