Le maudit char

Je roulais dans la voie de gauche sur Sherbrooke, quand soudainement le véhicule devant moi a freiné. J’ai eu un instant d’inattention et bang! je lui suis rentré dedans. Bon, des dégâts très mineurs pour l’autre conducteur, et pas mal de tôle froissée de mon côté (j’ai eu la malchance d’emboutir un VUS, ce qui veut dire que le devant de ma petite Golf a passé sous son pare-choc, causant le plus gros des dommages au capot et à une aile), mais pas de blessé, c’est déjà ça.

Alors, je suis rentré à la maison, j’ai appelé mes assurances pour me faire dire que je ne suis pas couvert car je suis responsable (ah bon, il était là lui?) et bla-bla-bla. Bref, je vais devoir payer moi-même pour les réparations. Et là je me suis dit : maudit char!

Non, mais c’est vrai, c’est une vraie merde un char. C’est foutrement utile, mais ça coûte cher à payer, ça s’use trop vite, ça rouille, faut le changer de bord en hiver, faut faire la rotation des pneus, faut acheter des nouveaux pneus, changer l’huile, mettre l’antirouille, changer les disques de freins régulièrement, faire vérifier l’alignement… Et puis, faut le nourrir! Au moins 25 à 30$ par semaine juste pour une petite demi-heure de voiture matin et soir trois ou quatre fois par semaine.

Maudit char!

Si on vivait seulement dans un pays évolué. Un pays où on favorise le transport en commun, où ça ne coûte pas 2,75$ pour pouvoir prendre un autobus surbondé qui t’amène à un autre autobus trop plein qui t’amène à un métro qui est en panne qui lui te laisse à un autre autobus qui est en retard. Un pays où on a compris que le transport en commun est un investissement et qu’on doit pouvoir atteindre n’importe quel endroit de la ville plus rapidement en l’utilisant qu’en prenant le maudit char!

Mais non! Ici, c’est chacun pour soi, et on veut que le transport en commun s’auto-finance. Quelle blague! Depuis quand demande-t-on à un service à la population de s’auto-financer? Va-t-on demander aux éboueurs de s’auto-financer? Ou aux écoles, aux hôpitaux? C’est une mentalité rétrograde de penser qu’un système public doit s’auto-financer .

Au contraire, plus on subventionne un système de transport en commun efficace et disponible (avec la construction d’autres lignes de métro, notamment dans le nord de l’île, et l’ajout de trains légers ou de tramways un peu partout), plus les gens ont tendance à l’utiliser, désengageant de par la même occasion le réseau routier, qui s’abîme moins rapidement, et réduisant les embouteillages, faisant sauver du temps – précieux – et de l’argent aux automobilistes. Tout le monde y gagne!

Mais pour cela, il faut laisser tomber la vieille mentalité égoïste de l’utilisateur-payeur. Merde, on vit en société et le chacun pour soi ne fonctionne pas.

En attendant, je vais faire réparer mon maudit char car chaque jour il m’amène en 25 minutes là où d’autobus en métro en autobus je mettrais de 1h30 à 2h00 pour arriver. Et je suspecte que nous sommes beaucoup dans cette situation, malheureusement!

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18 Réponses

  1. Bienvenue dans le club Louis! Moi, je suis rendu au point que je maudis mon « char », tout comme toi.

    Toujours des réparations, des pièces à changer, des entretiens à faire. Merde!

    N’existe-t-il pas des véhicules plus durables ou des moyens de transport collectif plus appropriés?

    Moi je crois qu’on nous maintient dans la logique « automobile » car cela profite aux grandes industries. Que serait l’économie sans l’achat de pétrole et la maintenance de nos véhicules? Voila la vraie base de notre système économique…

  2. Parlant voiture. J’ai déjà eu une lada…..moi qui était fier d’en avoir acheter une….un vrai cauchemar! Et pour ce qui est de la durabilité, laissez-moi vous dire que les pièces sont pas mal moins durables que sur une Toyota par exemple!

  3. J’ai beaucoup d’empathie pour vous…mais si vous lisez les biographies des fondateurs de GM et de Ford; vous y apprendrez comment ces beaux « capitalistes » s’y sont pris pour créer la dépendance à l’auto. Pourquoi le transport en commun fonctionne mieux en Europe? Début de réponse: les fabriquants d’autos ont acheté les compagnies de transport en commun et les ont fermées….et vous êtes devenus dépendants. Payez maintenant.

  4. Bah ce n’est que le début de la réponse, Jean-Jacques ^^. Il y a aussi que GM avait sa propre compagnie d’autobus, mais pour chaque dollar qu’ils faisaient avec un autobus, ils en faisaient 10 avec les autos (30 personnes par jour prenant l’autobus, c’est beaucoup moins rentable que 30 personnes par jour prenant l’auto).

    On a aussi créé une job dans le GM Institute: ingénieur routier. Ceux-ci ont ensuite travaillé pour des villes, à une époque où la route n’était pas adaptée pour l’automobile (il y avait des rails de tramway, des routes trop petites, coupées carrées, ce qui défavorisait les virages automobiles). Ils ont transformé l’aménagement urbain pour en faire la « ville de l’automobile ». D’ailleurs, c’est intéressant de savoir que ces ingénieurs de GM ont créé une maquette de la « ville du future », composée de plusieurs dizaines d’artères extrêmement importantes, des trotoirs surélevés pour ne pas déranger les voitures, etc.

    Je conseille de lire le livre de Richard Bergeron: Les Québécois au volant – C’est mortel (titre assez méchant, mais pas aussi accusateur). Le livre est extrêmement intéressant, montre l’influence d’Alfred P. Sloan (pdg de GM) et de son influence sur le monde américain. Il montre aussi certaines innovations qui se sont faites dans le monde en transport en commun, incluant aux États-Unis, et les retards que le Québec prend.

    Pour avoir vu M. Bergeron en conférence, quiconque le lit ne pourra garder une opinion favorable à 100% au sujet de l’automobile comme unique moyen de transport. Au Québec, notre auto est nécessaire, MAIS les autres alternatives devraient être plus disponibles, sont dans plusieurs cas plus rentables et vous feraient probablement sauver de l’argent, en incitant d’ailleurs une industrie florissante à s’installer ici (car Bombardier, actuellement, a créé les tramways de Munich, ainsi que 40% des nouveaux tramways de qualité dans le monde, mais dans la province où se trouve son siège social, cette compagnie répare des wagons de métro…).

    J’ai aussi fait un article sur mon blogue, expliquant que le transport en automobile ne profite aucunement au Québec, si ce n’est que de faciliter votre arrivée à la job (comme personne ne veut autre chose):

    http://uselessblog-manx.blogspot.com/2007/06/pourquoi-vnrons-nous-notre-auto.html

  5. Une amie a eu un petit accident avec son automobile. Dommages du côté gauche. Le plus sérieusement du monde, elle s’intérrogait si ses assurances couvrirait le dommage: « j’suis assurée que d’un bord et je me souviens plus c’est lequel ». Et je vous jure que cela est véridique! Je ne manque jamais une occasion de lui remémorer l’anecdote!

    Eh oui! T’as beau être assuré des deux bords, y’aura trop souvent une exclusion ici ou là dans ta police d’assurance pour excuser l’assureur.

    Quoique dans ton cas, des dommages à l’avant de la Golf, l’assureur était justifié de ne point couvrir. L’avant, ce n’est ni la gauche, ni la droite!

    Pour le reste, je te réfère à ce joli billet de notre ami ZedBlogue, qui parle aussi justement que toi du transport en commun. Voici le lien:
    http://airfou.blogspot.com/

  6. Dis donc Louis, ça t’a jamais passé par la tête de t’approcher de ton travail et de marcher ou pédaler la distance ?

    Pour les assurances, moi j’ai eu aussi cette maladresse en cherchant pour mon cell. et mon assurance à tout payé et j’ai dû débourser le montant déductible prévu.

    J’étais « dans l’tort » mais ça n’a pas fait de différence sauf que l’an prochain, je devrai vivre avec une augmentation, aye, les co. d’assurances doivent se rembourser sinon elles feraient faillite.

  7. Une partie du problème vient du fait que notre système de transport est fondé sur une logique industrielle au lieu d’une logique de service public. Attend-on une hausse dramatique du coût de l’essence pour peut-être faire changer les choses en faveur du transport en commun?

  8. Serait-ce que les grands esprits se rencontrent…

    À mon avis, toute l’attitude vis-à-vis notre façon de fonctionner das la vie, notre mode de vie, n’est plus à la mode. Dépassé, à droite toute.

    Zed 🙂

  9. Il y a moyen de beaucoup moins utiliser une voiture. S approcher de son lieu de travail ou d etude n est qu un exemple. Pour moi ca va de soi que le temps que je passe en voiture je ne le passe pas a faire ce que je veux et etre avec les gens que j aime.

    Une petite info pour ceux qui habitent la ou c est disponible:

    http://www.communauto.com/comment.html

    Je connais beaucoup de gens qui l utilisent et qui adorent. Evidement ce n est pas fait pour rester bloque le matin et le soir sur un pont… c est fait pour etre utilise en collaboration avec le transport en commun.

  10. Personnellement, je suis un « gars de char ». C’est-à-dire que j’aime les automobiles. La mécanique, le design, l’ingénierie, les performances, ça m’intéresse. C’est un monde fascinant l’automobile. J’aime les voitures sport, les voitures puissantes qui performent. J’aime pas les SUV, en général la tenue de route est ordinaire ou médiocre. Il y a pas de plaisir à conduire des SUV.

    Ceci étant dit, ça ne veut pas dire que je lève le nez sur le transport en commun. Dans les grandes concentrations urbaines comme Montréal, le transport en commun demeure vital pour favoriser un maximum de fluidité de la circulation, en particulier aux heures de pointe.

    Je demeure sur la Rive-Sud et j’utilise les transports en commun pour me rendre et revenir du travail la semaine. Je prends les Express Métropolitain, ces gros autobus accordéon qui circulent sur les voies réservées du pont Champlain. C’est super, c’est fait de manière efficace. Entre 7 et 8 le matin, il y a des autobus qui décollent aux 5 min de la Rive-Sud. Le stationnement incitatif est gratuit et il y a toujours de la place. Pas de perte de temps, pas de niaisage. Ca nous amène directement au métro Bonaventure et ensuite j’ai juste à faire un peu de métro pour me rendre directement à mon travail. J’économise donc passablement d’essence et de frustration (vous devriez voir la file d’autos bloquées avant Champlain qu’on dépasse en toute vitesse dans l’autobus qui file à 90-100 km/h dans la voie réservée…)

    Malgré que je considère qu’un transport en commun efficace est essentiel aux heures de pointe, pour rien au monde je ne me séparerai de mon véhicule le reste du temps. À part pour le travail, tout autre déplacement en transport en commun est non-pratique. Aller faire des courses en autobus et métro et trimballer des sacs, c’est l’enfer.

    Même si il est ajourd’hui de bon ton et « à la mode » de lever le nez sur l’automobile, il n’en reste pas moins que l’automobile est une invention indispensable, qui apporte beaucoup plus de bienfaits que de désagréments en vérité (oui, je sais, les GES, mais ce problème sera résolu dans quelques années avec toutes les technologies qui se développent à vitesse grand V pour réduire et éliminer la pollution provoquée par les véhicules).

    Je crois toutefois que les utilisateurs du transport en commun ne paient pas suffisamment pour le service. Sérieusement, ma carte pourrait être 20$ de plus par mois et je sauverais encore de l’argent comparé à l’utilisation de mon automobile. De plus, c’est socialement injuste d’égorger les automobilistes pour engraisser ceux qui prennent le transport en commun. Beaucoup de gens n’ont pas accès à une solution de transport en commun efficace et rapide. Certains autres n’ont pas le choix d’utiliser l’automobile en raison des contraintes d’horaire ou autres aspects de leur travail. Pour tous ces gens, ce n’est pas « fair » de leur imposer 56-tarifs différents pour financer le transport en commun. Les usagers doivent aussi faire leur part.

  11. Oups! Je viens de voir que c’est l’ami Omo-Erectus qui détourne le trafic chez moi! Tiens voilà qui est rapide et non polluant…

    Merci!

    En passant, je suis tellement pas d’accord avec le commentaire au-dessus du mien. Le transport en commun est bien, bien trop cher. Et ce sera ainsi tant que le modèle n’aura pas changé.

  12. Zed, j’ignore si tu as une voiture, mais si tu as en as une, calcules dans une année tout ce que ça te coûte (paiements, assurances, essence, entretien, pneus, usure, etc). Ensuite, prends le coût d’une carte mensuelle de transport en commun x 12 mois. Compare ensuite les 2 montants. Tu vas voir que le transport en commun, c’est très, mais vraiment très peu cher d’un point de vue financier (je ne parle pas ici du point de vue pratique, je comprends qu’une voiture c’est plus pratique même si ca côûte plus cher).

    Allons un peu plus loin dans la démonstration: dans mon cas, la carte mensuelle Rive-Sud/Ile de Montréal me coûte 103$. De l’autre côté, si je prends ma voiture pour aller travailler, ça me coûte environ 120$ d’essence par mois pour le travail et 55$ de stationnement. Ajoutons disons 10 sous d’usure et d’entretien le kilomètre…donc comme je fais environ 800 km par mois pour le travail, ça représente 80$.

    Total: 103$ pour le transport en commun contre 255$ pour ma voiture. Par mois.

    Est-ce que la démonstration est assez claire que le transport en commun est vraiment, mais vraiment pas cher ?

    Et comme on sait que le transport en commun serait fortement déficitaire sans l’apport des impôts et taxes des contribuables et de la myriade de frais qu’on impose aux automobilistes, cela veut dire qu’il y a un transfert de richesse pour engraisser ceux qui prennent le transport en commun. C’est indéniable. C’est pour cela que je dis que les utilisateurs ne paient pas leur juste part des frais.

  13. Hugo,

    Le problème est que tu fonctionnes encore à partir de choix « personnels », entre deux maux appartenant à un type de société qui ne peut plus continuer. Nous sommes déjà au bord du suicide, si ce n’est déjà trop tard.

    Mais, si les consommateurs ont une grande part de responsabilités, il faut jouer de la carotte et beaucoup du bâton, dorénavant, car trop de gens sont imperméables à l’information et à l’éducation ou comme toi, envisagent des choix sans questionner le système pourri qui est en train de tous nous faire mourir, ce qui est une chose, mais les autres espèces aussi.

    Et surtout, ceux qui détiennent les pouvoirs économiques, politiques, militaires et manipulent les tendances idéologiques dominantes doivent impérativement accepter que la société ne peut plus se baser sur le pétrole pour fonctionner, ni même sur l’électricité traditionnelle. Et agir en conséquence. Ce qui est peu probable, de mandat de quatre ans en mandat de quatre ans, sachant qui supporte les campagnes électorales (mais c’est ici très, très bref).

    Ce type d’économie est une économie pour un petit nombre. À titre d’exemple seulement, combien de personnes pourraient vivre – et en santé – en mangeant ce qu’un seul boeuf a consommé avant d’aboutir dans l’assiette et la poubelle de quelques-uns?

    Sans compter toute la pollution générée par les animaux eux-mêmes (incluant les gaz intestinaux et les rots, ne ris pas, c’est sérieux, recherche à l’appui), le transport de la viande, le traitement de la nourriture à bestiaux, les antibiotiques et médicaments qui se retrouvent dans la nappe phréatique… Etc.

    Et nous n’avons pas encore parler du plus important, à savoir la cruauté envers les animaux qui ont des conditions de vie que personne d’entre nous envie, je crois, et de mort…

    Enfin, tes calculs sont des calculs de célibataire relativement à l’aise. Imagine un peu une famille, monoparentale (il y en a pas mal) ou un couple, avec des enfants. Fais tes calculs et tu verras… Ou une personne bénéficiaire de l’aide sociale ou simplement à revenus modestes, comme tant de personnes¸ âgées, notamment.

    Et moi aussi, j’aime les voitures (une petite Lamborghini bleu électrique…). Mais ça n’a plus aucune espèce de rapport maintenant.

    Voilà. Zed

  14. @ Zed

    Tu écris: Le problème est que tu fonctionnes encore à partir de choix « personnels »…

    C’est devenu une tare aujourd’hui que de prendre la responsabilité de faire des choix personnels ? C’est devenu un problème aujourd’hui que d’être responsable de soi-même ?

    Dieu merci, nous vivons encore dans une société ou malgré qu’une partie non-négligeable de nos vies soient déterminées par ce que l’État (dans sa supposée grande sagesse) a décidé pour nous, il reste encore un peu de place pour les individus qui désirent réfléchir par eux-mêmes et faire les choix qu’ils trouvent logiques et conséquents.

    Le choix logique et conséquent pour moi est d’utiliser le transport en commun la semaine. En prime, je sauve des kilos ou des tonnes de GES par année en faisant cela. Tant mieux.

    Par contre, je peux comprendre que beaucoup de personnes n’ont pas cette possibilité que j’ai et doivent donc utiliser leur automobile. Les taxer lourdement pour qu’ils me subventionnent exagérément dans mon choix du transport en commun – alors que je sauve de l’argent « sur leur dos » – est socialement injuste.

    En terminant, tu présumes de beaucoup de choses…je ne suis pas célibataire. Je suis marié avec un petit bonhomme de 3 ans et un (ou une autre) en route. Si j’étais célibataire, je vivrais probablement sur l’île comme je l’ai fait longtemps plutôt qu’en banlieue, et je me passerais peut-être de voiture justement. Mais avec des enfants, et entre le travail, la garderie, et les courses, un véhicule, c’est essentiel, et pas seulement pour les gens aisés.

  15. Compte-toi chanceux, car l’automobile aussi est financée par tes taxes. Les études de la chambre des représentants des États-Unis au sujet du pic pétrolier démontrent que le prix de l’essence actuel est inférieur à ce qu’il devrait être. Il ne tient compte que du prix d’extraction, de la taxe au pays producteur et de la taxe du pays où il est vendu. Cette taxe, insuffisante, ne tient pas compte de l’entretien des routes, de l’impact des frais de santé pour les victimes de problèmes pulmonaires (le smog en causant de nombreux, mais pas uniquement le smog seul), de l’aménagement urbain, de l’expansion des routes. Le prix de l’essence, aussi, est gardé artificiellement bas, malgré ses conséquences. Cela fait que les autres solutions de remplacement sont souvent très peu rentables. On est d’ailleurs si dépendant à l’essence qu’une hausse de 25% du prix de l’essence diminuerait notre consommation de 1%. Par contre, parlons de pic pétrolier un peu et demandons-nous simplement si on va dans la bonne direction.

    Shell prévoit que le pic avoisinera l’an 2025.
    Des géologues indépendants prévoient 2007.
    Un magna du pétrole du Texas a prévu le pic à 87 milliards de barils par année (actuellement à environ cette quantité).
    Les pétrolières européennes prévoient 2015.

    Selon le rapport Hirsch, publié par le US Department of Energy, des mesures pour diminuer la consommation individuelle des consommateurs doivent être prises 10 ans à l’avance (ce qui est logique, car un parc automobile se regénère en 10 ans) pour avoir des conséquences minimales. Il faudrait 20 ans pour que les conditions soient optimales, mais on n’est pas sur d’avoir cela.

    Les autres sources d’énergie pour l’auto ne sont pas prometteuses. On investit peu dans la pile à hydrogène (qui est une pile, et non un moteur producteur d’électricité… il faudra de grandes quantités d’énergie pour cela aussi) et sa recherche, loin de battre de l’aile, ne va pas aussi vite qu’elle pourrait aller. Pour les autres carburants, il est possible de faire de l’éthanol (par contre, il faudrait une superficie équivalente à la France en plantations de maïs pour alimenter la France… pas très utile, mais comme combustible d’appoint). La seule solution sur la consommation d’essence actuelle réside dans le procédé Fischer-Tropsch (ou procédé Karrick, utilisé en Afrique du Sud), à long terme. C’est une façon de faire des hydrocarbures liquides à partir de charbon ou de gaz naturel (on opterait vraisemblablement pour le charbon)… Bonjour l’environnement.

    C’est clair pour tous ici que l’automobile EST NÉCESSAIRE. Elle est importante dans notre vie, car on ne va pas faire son épicerie en bus (à moins d’être en résidence universitaire et que la résidence en loue un à cette fin, comme c’est mon cas ^^, mais bon, les universitaires sont des marginaux, ils ont encore la volonté d’apprendre et de changer). Par contre, au Québec, on VÉNÈRE notre voiture, car plusieurs ignorent ce qui se fait ailleurs dans le monde, aux États-Unis et en Europe, voire même à Shanghaï (mais qui a un cas particulièrement différent du Québec).

    À Dallas (capitale américaine de l’automobile), à Munich (siège social de la BMW) et à Las Vegas, on admire les oeuvres de Bombardier en transport en commun. Du monorail au tramway, ce mode de transport en commun est rapide (pas autant qu’une auto, avouons-le), abordable et efficace. Et dans plusieurs cas, il roule à l’électricité.

    Moi, je suis bien d’accord pour que l’on paie le prix réel du transport en commun. Mais je veux que le prix de l’essence ait aussi son prix réel; qu’il inclut l’entretien des routes, les soins de santé reliés aux problèmes pulmonaires causés par la pollution de l’air ambiant et un amortissement suffisant du pic de Hubbert. Bien sur, les autobus seront aussi assujettis à ces méthodes, mais vous verrez que pour le quelque mille dollars que l’on sauve en impôts, on y perd beaucoup.

    L’automobile EST nécessaire, et je le répète. On a besoin d’un mode de transport individuel capable de nous mener du point A au point B, presque quel qu’il soit. Mais on n’a pas besoin d’utiliser uniquement ce mode de transport. Le vélo, la marche, le métro, l’autobus, le tramway, le train (pas au Québec, il coûte trop cher) sont des modes de transport parfois utiles, eux aussi.

  16. (Si ce commentaire apparait deux fois, prière d’effacer le premier. merci.)

    Ainsi que je le disais et que ce billet le dit, comme le mien chez moi, le débat n’est pas, ici entre l’automobile et le bus ou le métro, les transports en commun actuels, mais sur notre mode de vie et la société qui l’engendre, le type de société qui l’engendre et qui ne peut, par sa nature même et les bases de son économie (etc. sans répéter), développer de volonté politique pour mettre de l’avant de nouvelles façons de faire ou de penser. La recherche n’avance ainsi qu’à pas de tortues. Cette recherche devrais-je dire.

    il y aura toujours un besoin pour se déplacer d’un point A à un point B tout seul ou avec ses proches, transporter des trucs, etc., personne ne soutient le contraire. Il n’est pas là, le débat. Ce n’en est qu’une partie. Importante, oui. Mais on n’en est plus là si on veut pouvoir continuer à débattre!

    Je continue à penser que tes calculs sont ceux d’une personne célibataire relativement à l’aise, que tu le sois ou pas. La situation décrite et les couts de revient du transport en commun reposent sur l’économie du pétrole, une économie pour un petit nombre, dépassée et qui nous mène directement à notre propre perte (et à celle des autres, comme je le disais plus haut). Discuter prix relativement à l’auto ou au bus et métro, ça fait bien l’affaire de ceux qui n’ont que ça à proposer.

    Ne vous en faites pas, on en paie déjà le prix et ce n’est pas fini. Voyez les personnes qui meurent, de plus en plus nombreuses, des bouleversements climatiques, gaz à effet de serre, etc.

    Ainsi, l’heure n’est plus aux choix personnels, si judicieux qu’ils soient, et encore moins s’ils ne reposent que sur nos gouts ou envies, ce qui n’est pas ton cas, enfin selon ce que tu décris ici.

    Ce n’est plus un individu devant sa société privée mais l’espêce humaine et les autres, qui dépendent de lui (et de ses dégâts ou bons coups) devant la planète.

    Zed 😉

  17. @Jimmy: Tu marques un point: le char est nécessaire à notre système… Donc si on veut réduire le nombre de chars, faut changer le système! 😉

    @Scribouilleur: Les Lada sont quand même bien faites, mais quand ça pète, t’as raison, watch out. On dira bien ce qu’on veut, mais pour un char usagé et quand on est patenteux, y a rien de mieux que des marques très populaires pour trouver de bonnes pièces..

    @Jean-Jacques: Voilà un très bon argument contre la privatisation des réseaux de transport en commun! 🙂

    @Manx: Merci de la référence… Un autre Bergeron qui est intéressant, celui de Projet Montréal, même si je suis contre son projet de péage.

    @OMO-ERECTUS: Hehe.. J’ai une anecdote semblable, mais je dirai pas c’est de qui sinon je vais me faire crucifier… Elle croyait que quand on parlait d’être assurer que d’un bord, elle se demandait toujours si c’était le côté gauche ou le côté droit… 😉

    @décembre: J’ai fait une demande de transfert pour travailler plus près de chez moi. Ça devrait être ok pour septembre ou au pire en janvier. Mais crois-moi, de 15 minutes du métro Honoré-Beaugrand à 15 minutes du métro Côte-Vertu, j’aurais le temps de mourir deux-trois fois… Alors je me tape la métropolitaine!

    @Pwel: En effet Communauto est une excellente ressource pour s’évader, sortir de la ville… mais pour le trafic…

    @Hugo: Moi aussi j’aime ma voiture, la liberté qu’elle me propose, etc. Mais je suis en désaccord avec toi sur le fait qu’on ne paie pas assez. Bien au contraire, je trouve le transport en commun trop cher, ce qui m’incite à ne pas l’utiliser. Sérieusement, vais-je payer 5,50$ pour un aller-retour à 3-4 stations de métro de chez moi l’hiver prochain? Ben non, je vais prendre mon char car c’est moins cher…

    Merci de vos commentaires!

  18. @ Louis:
    L’opinion de Bergeron s’approche de la mienne et il l’explique bien. Le projet de péage, je suis pour, tant qu’avant apparaissent des solutions de rechange utiles aux banlieusards.

    Par contre, d’autres sources sont aussi importantes. Le pic pétrolier et le rapport Hirsch permet d’étudier certaines conséquences du pic pétrolier. Une version courte se trouve ici:

    http://en.wikipedia.org/wiki/Hirsch_report

    Vous avez même une projection du pic pétrolier selon plusieurs groupes gouvernementaux et scientifiques.

    Une dernière source bien utile: le livre « Le plein s’il vous plaît » – d’Alain Grandjean (économiste et président de la société Capitalisme durable) et Jean-Marc Jancovici (ingénieur-conseil sur les questions climatiques et énergétiques). C’est lui qui, en France, a publié la méthode de référence pour calculer les émissions de GES d’une entreprise. Par contre, le discour de M. Jancovici est très pessimiste. Ayez les nerfs préparés si vous lisez ce livre; ses 200 pages ne veulent pas dire qu’il ne vous donnera pas quelques coups bas.

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