Pas le temps!

Ça fait maintenant quarante ans depuis le célèbre « Vive le Québec libre! » du général De Gaulle, véritable cri libérateur pour tout le mouvement indépendantiste québécois. Enfin – enfin – le Québec était reconnu sur la scène internationale, et ne constituait plus ce maigre saucisson d’irréductibles francophones concentrés autour du Saint-Laurent, petit groupe mourant tranquillement de sa belle mort…

Car De Gaulle, c’était le politicien le plus prestigieux à l’époque, et sa déclaration, à l’hôtel de ville de Montréal, a permis de transformer ce vieux rêve plus que centenaire d’indépendance en un projet beaucoup plus concret puisque potentiellement reconnu par la France elle-même, cette chère mère-patrie qui a délaissé son enfant il y avait plus de 200 ans…

Mais que reste-t-il de ce mouvement souverainiste alors que la chef du parti supposé la représenter déclare qu’on ne fêtera pas l’anniversaire par manque de temps? On ne parle pas ici du premier ministre du Canada ou d’un chef de parti fédéraliste comme Jean Charest ou Mario Dumont. On parle du Parti Québécois, ce parti qui, en théorie, n’existe que pour l’indépendance, et qui n’a pas le temps de fêter le souvenir de ce passage mémorable de De Gaulle, qui fut acclamé par tout un peuple.

En vérité, Pauline Marois continue son entreprise de démolition du parti. Par l’absence du Parti Québécois à cet anniversaire, elle démontre le virage qu’entend prendre le parti. Désormais, on ne veut même plus parler d’indépendance; il faudrait plutôt « réfléchir de nouveau » sur la question de la souveraineté (Marois) ou revenir aux notions de base comme la langue, la culture, l’identité et le patrimoire (Beaudoin).

Bref, continuer de tourner en rond.

Le Parti Québécois n’est pas le PLQ ou l’ADQ. Ces deux partis sont contrôlés à partir d’en haut, le milieu des affaires pour le premier et le milieu des affaires et les sondages pour le second. Ce sont deux partis qui peuvent imposer une plate-forme aux militants car ceux-ci sont essentiellement un prolongement des idées du chef ou des think-tanks de droite à la source de leurs programmes.

Au PQ, contrairement, le mouvement part de la base et il monte jusqu’au chef. Ce sont les militants qui proposent et les leaders se font le relais de ces propositions, comme ce devrait être le cas dans tout mouvement démocratique. Le PQ est une vraie démocratie, et Pauline Marois est en train de détruire cet héritage péquiste en lui imposant un programme et des idées qui sont les siennes et qui ne viennent pas des militants.

Ainsi, par de petites actions comme le refus de souligner l’anniversaire de la déclaration de De Gaulle, elle consacre sa rupture avec les militants de la base et impose définitivement son pouvoir en haut de la pyramide du parti. Elle est en train d’édulcorer le programme du Parti Québécois pour enlever toute référence à un référendum rapide ou à son désir d’indépendance, et ce faisant, elle contribue à accélérer la chute du parti et sa disparition éventuelle.

Bien évidemment, nous n’en sommes pas là encore. Mais ce rendez-vous manqué avec l’histoire est peut-être un ballon d’essai, un nouveau signe de ce que sera le PQ de Pauline Marois. Une idée de ce qui nous attend au cours des prochains mois ou années, c’est-à-dire le temps nécessaire pour que l’aile-gauche et les purs et durs quittent le bâteau, frustrés par une dirigeante autoritaire refusant de rendre des compte aux militants.

Dans ce contexte, je me demande si les membres du PQ auront réellement envie de crier « Vive le Québec libre » demain.

Si, évidemment, ils en ont le temps…

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14 Réponses

  1. Je n’en sais rien pour les purs et dur, mais le jour où la gauche encore présente au PQ quittera le navire, l’adage que ronronne certains droitistes qui voudrait que ce parti soit prêt à perdre 100 votes à droite pour en perdre 1 à gauche pourrait bien être inversé…

  2. C’est vrai qu’on ne prend pas le temps de se souvenir…si vous avez quelques minutes pour vous souvenir…..
    http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&from=fulltext&full=vive+le+quebec+libre&num_notice=1&total_notices=4
    Pour moi qui ai eu la chance de vivre tout cela de belles émotions m’ont envahi. Et c’est peut-être pcq on a oublié cela que nous en sommes rendus a devoir recommencer le combat

  3. Je ne vois pas bien pourquoi : ‘Pauline Marois est en train de détruire cet héritage péquiste en lui imposant un programme et des idées qui sont les siennes et qui ne viennent pas des militants.’. Seul les ailes radicales du PQ sont contre la majorité des idées de Mme Marois. Son programme, elle l’a fait selon la rencontre quelle a eut avec nous lors de sa tournée du Qc. Se sont les pur et dur qui détruisent le parti, je ne sais pas à combien de congrès ou réunion officielle tu t’es présentés, mais vouloir la souveraineté à tout pris est mortelle. Je me répète, mais nous devons gérés cela par étape. Vouloir une économie solide, comme en 95, cherché à devenir économiquement souverain avant de souverain sur notre territoire est la meilleur des choses pour convaincre la populationque notre projet est viable ET faciliter la transition. Le PQ a certain devoir morale envers le Québec, car nous sommes les seules avec l’architecture démocratique vers le haut, mais nous devrions peut-être demandé à ceux qui crie trop fort à gauche et à droite de ce la fermé pour permettre au message de la majorité de ce rendre en haut.

    Ne fait pas comme les radicaux, écoute l’ensemble de la population et des membres avant de penser que tu as la pensé de la majorité, car cela tue présentement le PQ. J’ai vue plein de non-renouvellement d’adhésion à cause de cela.

  4. @Protheo,
    Je suis pleinement d’accord avec ton analyse. En effet, ce sont les intégristes de droite et de gauche qui gangrènent le PQ. Pourtant QS et l’ADQ seraient heureux d’accueillier les uns et les autres.
    Tant que les radicaux de droite et de gauche se serviront du PQ pour embrouiller le message,nous n’avancerons pas.
    Et au lieu de se ranger derrière Pauline Marois, ils préfèrent se draper de leur idéologie et miner le travail de ceux et celles qui veulent se reconnecter avec la population. J’ose espérer que ceux et celles qui veulent reconstruire le parti et parler du pays, reviendront et défendrons leurs opinions. Le PQ ne doit pas être contrôlé par une clique quel qu’elle soit.

  5. @Protheo: Je te cite: « Vouloir la souveraineté à tout prix est mortel ». Alors, je te pose la question, pourquoi le PQ ne renonce-t-il pas à son article un, si la souveraineté n’est pas son but premier?

    L’étapisme ne fonctionne pas. Avoir une « économie solide » n’est pas plus une solution pour convaincre les gens, car tu ne pourras jamais convaincre à la fois l’aile-gauche et l’aile-droite sur ce que constitue une économie solide. Pour la gauche, ce sera un tissu social en santé; pour la droite, ce sera un bas taux de chômage (peu importe la qualité des emplois « créés »).

    Comme je l’ai déjà écrit, à mon avis il n’y a RIEN qui puisse unir des gens aussi différents que ceux de gauche, de droite et les purs et durs, sinon un référendum rapide sur l’indépendance du Québec.

    Vouloir gouverner, c’est condamner le PQ à sa destruction. D’ailleurs, à chaque fois qu’il a voulu gouverner, il s’est déchiré et a perdu des appuis.

    Personnellement, je ne vois pas la moindre raison de voter pour un parti incapable d’être conséquent avec son article un et qui n’a pas la moindre ligne directrice car constamment déchiré entre ses ailes gauche et droite.

    J’aimerais beaucoup croire que tu as raison et que Marois écoute les militants, mais j’en doute. J’ai peut-être tort, mais l’image qu’elle donne, notamment lorsqu’elle a décrit son idée de la souveraineté et que tout le monde a suivi, me donne à penser le contraire.

    Et puis, Marois – ne l’oublions pas – a très bien vécu sous le gouvernement de la grande noirceur de Bouchard et cie., où elle n’a pas hésité à couper dans l’éducation, dans les prêts et bourses, où elle a participé au déficit zéro et a voté en faveur de réformes néolibérales… Et après, on veut nous faire croire qu’elle est de gauche?

    Non, avec Marois, le PQ se dirige vers des années de confrontation entre aile-gauche, aile-droite et purs et durs. Y a rien de bon qui va sortir de tout ça, sinon encore du déchirage de chemise en public.

    Le fait qu’elle refuse d’honorer la venue de De Gaulle, ce moment historique MAJEUR pour le mouvement indépendantiste québécois, n’est qu’un signe parmi d’autres du changement qu’elle entend imposer au parti.

    Mais comme je l’ai écrit, j’aimerais beaucoup que tu ais raison et que l’étapisme et la gouvernance fonctionne. Malheureusement, si le passé est garant de l’avenir, on se dirige vers un fiasco monumental.

    @Jean-Jacques: Tu dis que « ce sont les intégristes de droite et de gauche qui gangrènent le PQ. Pourtant QS et l’ADQ seraient heureux d’accueillier les uns et les autres. » Mais ce ne sont pas des intégristes qui sont de gauche ou de droite! Tout le monde adhère plus ou moins à un côté du spectre politique! Et lorsque Marois aura enterré pour de bon le projet indépendantiste, c’est justement cette fuite vers QS et l’ADQ qui aura lieu. Lorsque l’aile-gauche verra que Marois ne veut pas faire l’indépendance, pourquoi s’empêcherait-elle de voter QS, elle qui ne votait PQ que pour l’indépendance? Et lorsque l’aile-droite verra que Marois ne veut plus de l’indépendance, pourquoi ne voterait-elle pas pour l’ADQ, un parti de droite tout aussi fédéraliste que le PQ de Marois mais moins encombré de « maudits gauchistes ».

    La souveraineté est la spécificité du PQ. Enlève tout projet référendaire rapide et toute référence à une indépendance comme raison d’être du parti et tu obtiens, à terme, la disparition du parti.

  6. En tout respect Louis, tu accordes une importance tout à fait démesurée à cette absence de commémoration…
    Entendons nous bien : je suis un fan du général. Pour moi, Charles de Gaulle, c’est la référence, l’homme politique suprême. J’admire son autorité, son courage, sa résiliance. Mais, en tant qu’indépendantiste, c’est beaucoup plus son travail dans la résistance puis la libération qui attire mon respect que sa phrase au balcon.
    Tu dis : « Enfin – enfin – le Québec était reconnu sur la scène internationale ». Oui, le geste a eu des répercussions quant à la notoriété du Québec, comme le démontre la savoureuse anecdote du Quotidien du Peuple qui a été forcé de créer un idéogramme pour dire « Québec ». De là à dire qu’elle fût plus importante que l’Expo 67 ou les jeux de Montréal, c’est nettement exagéré. La place du Québec dans le monde, la liberté qu’ils ont réussis à arracher avec le temps, les Québécois ne la doivent à personne d’autres qu’eux-mêmes.
    Tu présentes cet événement comme un moment fondateur de la pensée souverainiste dont s’éloigner constitue une rupture fondamentale avec l’option. Pourtant, René Lévesque lui-même raconte dans son autobiographie comment il avait été froissé de voir le général, tel un chef colonial, venir rendre aux Québécois une liberté qu’il n’appartenait qu’à eux de prendre. Le « Vive le Québec libre », c’est un événement important, certes, de l’histoire politique du Québec, mais c’est loin d’être le pacte fondateur que tu y perçois.
    En conclusion, je te dis que si tu trouves Pauline Marois autoritaire, tu aurais fort probablement détesté vivre dans la France du général ! Écoute, Marois a été élue fin juin et il faudrait que fin-juillet elle soit prêt à livrer une fête de cette ampleur ? Et réclammée par qui ? Je n’ai pas encore entendu de péquiste déchirer sa chemise à ce sujet… Faire l’amalgame entre sa décision et son style de leadership, c’est soit chercher des intentions coupables là où il n’y en a pas ou encore fort mal comprendre la culture de ce parti.

  7. Louis,
    Comment peux-tu affirmer que Pauline Marois va enterre le projet souverainiste. Elle a tout simplement dit que le référendum aurait lieu quand le peuple québécois serait prêt a voter sur le question nationale. je trouve que c’est faire preuve de pragmatisme. Peut-on lui laisser le temps de développer son plan de match? Ça fait combien de temps qu’elle est chef du PQ?
    Quant au rappel de la visite de de Gaulle, regarde le ein que j’ai proposé et peut-être que le Général voulait parler du nationalisme dans son sens le plus noble

  8. @Louis: « « Vouloir la souveraineté à tout prix est mortel ». Alors, je te pose la question, pourquoi le PQ ne renonce-t-il pas à son article un, si la souveraineté n’est pas son but premier? »

    Il y a un problème avec l’article 1, c’est qu’on en fait une mauvaise interprétation comme les témoin de Jéhovas avec la bible. Elle est en premier car OUI, tu as raison, elle est la source de notre alliance. Mais elle est première surtout car tout ce que nous faisons doit ce faire dans le but ultime de nous donner un pays.

    NOus l’interprétons présentement comme étant l’article qui a une priorité ultime sur toute les autres, ce qui ne devrait pas être le cas.

    Amélioré le sort du Québec et des québécois ne vas pas contre cette article. Si nous construisons un Québec fort, c’est que nous serons fort lors de notre intépendance. Nous ne voulons pas simplement gouverné pour survivre, mais pour nous amélioré et promouvoir les valeurs québécoises à travers le monde. Il nous faut être prêt à nager avant de faire la traversé du fleuve (sauf si nous prennons un bateau mais entk…).

    Comme vous le lirez dans mon dernier POST (http://notrequebec.wordpress.com/2007/07/24/general-de-gaule-40-ans-deja-vivre-le-quebec-vivre-le-quebec-libre/),
    je crois que la souveraineté que nous tentons d’avoir ne s’acquiert pas directement, nous devons passé par certaine souveraineté intermédiaire avant d’être indépendant et d’avoir un pays : comme la souveraineté économique, commercial et alimentaire.

  9. […] son côté, l’homme en colère, lui aussi inspiré de la sortie du général, y va d’une critique envers la suite des […]

  10. Je venais juste d t’écrire mais tout c’est perdu! Petit bog? qui sait…
    Louis je suis si fier de tes articles sur le Québec et son droit à être reconnu comme pays à l’ONU.
    Tu ne cesses d’améliorer ton blog et tu as tellement d’énergie! Ta conjointe doit se plaindre un peu…
    Tu es un très bon PATRIOTE de notre nation.
    Félicitations!

  11. Le Parti Québécois n’a pas eu le temps…

    Ben oui. Un changement de chef, qui amène de gros changements dans la désormais équipe réduite du PQ. Des priorités menées ailleurs.

    C’est normal. Y’a quelqu’un qui pense vraiment que ce n’est pas la bonne raison ? Qu’il y a anguille sous roche, qu’un politicien ne peut pas nous dire la vérité, c’est pas possible ça !

    Eh bien, va falloir vous faire à l’idée. Pauline, c’est bien là son grand défaut, dit « les vraies affaires »…

    Désolé pour les pelleteux de nuages qui croient aux calinours.

  12. @Le Justicier: Merci pour les bons commentaires! J’aime penser que je fais un peu ma part, à ma façon, et que ma maigre contribution peut avoir un petit impact…

    @ tout le monde: J’ai ajouté quelques trucs au site. N’hésitez pas à m’envoyer vos commentaires, si vous aimez ou n’aimez pas. Je veux que le site soit le plus convivial possible.

  13. « Ces deux partis sont contrôlés à partir d’en haut, le milieu des affaires pour le premier et le milieu des affaires et les sondages pour le second. »

    Si l’ADQ est si bien vu chez les grands capitalistes comment ça se fait que les média se sont fait un plaisir de tenter de mettre des batons dans leurs roues avec l’affaire de Jeff Plante et les autres ? Québécor, Radio-Can, Gesca, etc. ils étaient pas pro-ADQ. Dumont a beau essayer d’être accepté par les grands du petit monde du pouvoir, ça change pas l’attitude des média envers eux. Ça marche pas ton affaire.

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