Toujours plus haut

Ce n’est pas qu’un gratte-ciel qu’on construit à Dubaï, et qui aujourd’hui est devenu le plus haut bâtiment du monde. Le Burj de Dubaï représente bien davantage qu’une structure en béton, en acier, en verre, construite à même la sueur de milliers d’employés indiens travaillant pour une bouchée de pain.

C’est le rêve qu’on est en train de bâtir. Le rêve et l’imagination. On conquiert les coeurs comme les États-Unis l’ont déjà fait. Il y a eu Walt Disney World, il y a maintenant le Dubai Snowdome. Il y avait Manhattan, il y a le centre financier de Dubai. Il y a eu le World Trade Center, il y aura bientôt le Burj Dubai.

C’est tout un monde qui se construit à Dubaï et dans d’autres cités arabes du Moyen-Orient. Un monde qui se crée dans la nouveauté, qui s’invente, qui impose ses valeurs et ses croyances. Un monde qui, à l’image des États-Unis d’il y a un demi-siècle, fascine, de par ses inégalités sociales et sa richesse.

On ne sait pas encore quel sera la hauteur du Burj Dubai. Il sera haut, mais à quel point? Sky is the limit, paraît-il. Oui, on ne veut pas se limiter. Contrairement à un pays sur le déclin comme nos voisins du sud, qui ont peur d’innover, qui ne proposent plus ce rêve américain susceptible de rallier toute sorte de gens d’origines diverses et à la croyance commune que tout est possible (qu’on peut donc être pauvre un jour et riche le lendemain), à Dubaï on se crée soi-même son propre avenir. On invente, on ose.

N’est-ce pas là le signe que les puissances viennent et vont, et changent au fil du temps? De la grandeur mercantile de la France napoléonienne et de sa ville-phare Paris à la puissance de Londres régnant sur l’empire où le soleil ne se couche jamais, aux prouesses techniques des Allemands du début du siècle dernier, puis les États-Unis… Ça vient, ça va. Ça ne s’éternise jamais, car la roue tourne.

Mais malgré ce rêve, cette richesse qui s’affiche sans pudeur, qui pense aux conditions de vie de la population en général à Dubaï? De ceux qui ont construit le Burj Dubai? De ceux qui y vivent?

C’est bien là le pire des pièges du libéralisme économique sauvage: on voit tellement la richesse qui s’impose au-dessus de nos têtes qu’on oublie de baisser les yeux pour voir la pauvreté de ceux qui ont contribué à la créer. Et plus le gratte-ciel est haut, plus nous devons lever la tête pour l’observer, oubliant tous ceux qui vivent dans son ombre.

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3 Réponses

  1. Un ami qui a passé un an à Dubai m’a dit que c’est un monde en constante mutation. Tout bouge. Tout grandit. Il m’a dit aussi que la pauvreté y est quasi inexistante. Qu’en est-il au juste?

  2. J’admire « ta colère ».

  3. @Omo-Erectus: J’ai lu un texte dans le National Geographic d’il y a quelques mois et qui disait que des milliers de travailleurs étrangers vivaient entassés aux limites de la ville, dans un état de dénuement assez pitoyable…

    Mais où exactement a été ton ami? Car j’aurais tendance à croire que le centre de Dubai doit être très cher, et donc les pauvres doivent être (auto-) exclus du centre-ville, s’en allant vers les périphéries…

    Dans tous les cas, j’aimerais bien en savoir davantage sur l’expérience de ton ami dans la ville.

    @Le Justicier: Merci! 😉

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