Je déteste: Hiroshima et Nagasaki

Il y a parfois des gens qui me demandent: « Louis, pourquoi sembles-tu détester les États-Unis à ce point? » Et je leur réponds: « Parce qu’ils sont parmi les pires criminels du dernier siècle et que leurs actions sont responsables de la mort de millions de personnes ». Et inévitablement, on cherchera des arguments pour disculper le pays en relatant les atrocités – réelles – commises par d’autres pays. Car si celles-là sont bien connues, relayées par des médias complaisants et un cinéma chauvin, on connaît bien moins les crimes commis par le pays de l’Oncle Sam.

Voici donc le premier texte d’une possible série sur le sujet. C’est ambitieux: expliquer et dénoncer les crimes commis par le pays se qualifiant, dixit George W. Bush, de « phare de la liberté ».

L’Histoire officielle, c’est-à-dire celle des vainqueurs, nous a appris que ce seraient les deux bombes atomiques lâchées par les Etats-Unis sur Hiroshima et Nagasaki, les 6 et 9 août 1945, qui auraient mis fin à la seconde guerre mondiale. Le Japon aurait été un sérieux adversaire, capable de tenir tête à la première puissance mondiale, et on devrait dire merci à « la » bombe de nous avoir sauvé de l’infâme péril jaune.

Rien n’est plus éloigné de la réalité.

En effet, la guerre était déjà gagnée. Les Allemands avaient capitulé plusieurs mois plus tôt, et des communications japonaises interceptées et décryptées annonçaient que le Japon était déjà prêt à se rendre, moyennant quelques minimes conditions (comme le maintien au pouvoir de son empereur, ce qui sera accordé de toute façon après la reddition officielle). Des avions survolaient et bombardaient les principales villes japonaises quotidiennement, le Japon étant même incapable de défendre son espace aérien. Le moral était à plat, l’économie annihilée, les infrastructures détruites à plus de 50% : le Japon était battu.

Mais on a lancé la bombe atomique deux fois sur le Japon, tuant près de 350 000 personnes des suites directes de ces bombardements.

Pourtant, il existait des alternatives. De nombreuses personnes, dont le directeur du projet Manhattan et inventeur de la bombe atomique, Robert Oppenheimer, ont conseillé au président étatsunien de tenir une démonstration de la puissance de la bombe atomique afin d’obtenir la reddition du Japon. Cette démonstration aurait pu se tenir sur une île isolée en présence d’observateurs internationaux des Nations Unies et les Etats-Unis auraient pu menacer le Japon ainsi : « Nous avons créé cette bombe, capable de vous détruire en quelques minutes, et nous exigeons votre reddition sinon nous allons l’utiliser contre vous ». Il va sans dire que cela aurait accéléré la capitulation d’un Japon de toute façon déjà perdu.

Mais Truman voyait les choses différemment. Il espérait éviter les critiques populaires concernant le budget de 2,6 milliards $ accordé au Projet Manhattan (beaucoup d’argent à l’époque) en démontrant l’utilité pratique de la bombe. Mais surtout, il voulait faire peur à l’URSS et il écrivit par la suite dans ses mémoires que son souhait principal était alors d’avoir le dessus sur les Soviétiques, une énième preuve que la seconde guerre mondiale était bel et bien terminée et que la guerre froide était déjà en place.

Ainsi donc, il décida de sacrifier des centaines de milliers de personnes à Hiroshima, une ville ordinaire, remplie de civils, où furent calcinés hommes, femmes et enfants près du point d’impact, et brûlés vifs ou irradiés mortellement ceux un peu plus loin. Il prit la décision que ces gens, ces humains innocents ne valaient pas plus qu’une démonstration pratique et abominable de feu et de mort.

Le Japon, évidemment, a été mis en état de choc, et dès le lendemain on a commencé à préparer la reddition. Mais la capitulation d’un État ne se fait pas en quelques heures : on doit rassembler tout le personnel, préparer les demandes, organiser des rencontres, se déplacer… Tout ceci aurait pu prendre au moins 4-5 jours, mais les Etats-Unis n’ont pas voulu attendre : ils ont lâché une autre bombe sur Nagasaki, tuant encore des dizaines de milliers d’innocents. Si l’attaque d’Hiroshima était abominable, celle de Nagasaki dépasse tout ce qui a été possible d’imaginer en terme de barbarie : on s’acharne sur des civils d’un État déjà en train de préparer sa reddition.

On tue, gratuitement.

Et que dire des conséquences de ce geste? Car si les Etats-Unis avaient fait une démonstration et n’avaient pas utilisé la bombe sur des civils, ils auraient pu éviter par la suite une course aux armements nucléaires avec l’URSS. Il aurait été possible de dire : « nous avons la bombe, mais nous refusons de l’utiliser et nous voulons empêcher que quiconque puisse le faire ». Mais de quel genre de crédibilité disposait le président d’un pays ayant été le seul de l’histoire de l’humanité à utiliser l’arme atomique contre une population civile?

Oublier Hiroshima et Nagasaki, c’est oublier le crime le plus gratuit de toute l’histoire humaine. Et oublier Hiroshima et Nagasaki, c’est oublier que les Etats-Unis sont cette nation qui a décidé que des enjeux politiques et géostratégiques justifiaient la mort de centaines de milliers de personnes.

Si une telle nation se trouvait capable d’une telle cruauté dans l’enfance de sa puissance, de quoi est-elle capable aujourd’hui?

À consulter:
Le livre noir des États-Unis
, de Peter Scowen
Hiroshima in America: A Half Century of Denial, par Robert Jay Lifton et Greg Mitchell
Wikipedia

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47 Réponses

  1. «Oublier Hiroshima et Nagasaki, c’est oublier le crime le plus gratuit de toute l’histoire humaine. »

    Hou lala, il y va pas de main morte le Louis!

    Si je comprend bien, les génocides Arménien de 1915-1916, l’Holocauste des Juifs d’Europe de 1939-1945 ou encore le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994 ne sont pas des crimes aussi «gratuits» qu’Hiroshima et Nagazaki.

    Complètement ridicule.

    Rappellons un détail, un simple détail que ma position de doctorant en histoire me permet de rappeler.

    Les bombardements nucléaires d’Hiroshima et de Nagazaki sont encore l’objets de nombreux débats parmi les historiens. Certains affirment qu’ils étaient nécéssaires et sauvèrent des vies par rapport à ce que l’invasion du Japon aurait coûté.

    D’autres affirment au contraire que c’était inutile.

    Il y aura TOUJOURS des débats sur ce sujet. C’est un sujet complexe, délicat, où il faut éviter les simplismes comme ceux de Louis.

    En revanche, il n’y a STRICTEMENT AUCUN DÉBAT HISTORIQUE relatif aux génocides du XXe siècle. TOUS les historiens s’entendent pour les dénoncer.

    Il y a donc ici une différence fondamentale qui fait en sorte qu’on ne peut affirmer que Hiroshima-Nagazaki sont «le crime le plus gratuit de l’histoire humaine.»

  2. L’ensemble est pertinent. Mais les américains n’avaient-ils demandé justement au Japon d’envoyer des observateurs lors d’un essai nucléaire, et celui-ci n’avait-il pas simplement refuser par scepticisme? Je me souviens avoir entendu ca en cours d’histoire.

    De plus, Nagasaki et Hiroshima n’étaient-elles pas des villes industrielles dans la construction navale militaire?

    Enfin, je ne crois pas que la course aux armements ait été évité sans cet événement. Les russes auraient tout de même poursuivi leurs recherches sachant que les américains avaient l’arme atomique.

    Aussi, l’ONU a été créer en 1947. Tu veux dire la Société des Nations je crois?

    Pour la course aux armements atomiques, il est certain que les attaques au Japon ont accéléré la guerre froide. Mais elle aurait tout de même eu lieu.

    Une remarque positive: après la première bombe, le Japon s’est rendu, mais les EU ont tout de même lancé la deuxième bombe. Ils voulaient tester de manière concluante leur nouvel arme. Du grand humanisme!

  3. L’ONU a été créée le 26 juin 1945, soit un mois et demi AVANT les bombardements de Hiroshima et de Nagasaki…

    D’après les infos dont je dispose, les États-Unis n’ont jamais eu même l’intention d’inviter les Japonais à une démonstration de la puissance de la bombe; ils voulaient l’utiliser « live », peu importe ce que les Japonais en diraient…

    Et oui Hiroshima et Nagasaki sont les crimes les plus gratuits de l’histoire de l’humanité. Il y a eu des génocides tout aussi déplorables, et alimentés par la haine et le ressentiment, mais jamais on a tué aussi gratuitement, sans la moindre raison, des innocents.

    La guerre était gagnée, et on a tué 350 000 personnes pour faire peur à l’URSS et prouver l’utilité des fonds publics pour le Projet Manhattan.

    Ça c’est criminel…

    Et puis, si les États-Unis ont pu tuer de sang-froid 350 000 personnes (sans parler des morts indirectes) pour des objectifs géostratégiques, comment ne peut-on pas penser qu’ils auraient pu, par exemple, laisser commettre les attentats du 11 septembre pour justifier leur guerre contre le terrorisme? Ou comment ne pas penser qu’ils seraient à nouveau prêts à tuer pour d’autres objectifs géostratégiques? Difficile à dire…

    En commettant le crime le plus violent de l’histoire de l’humanité, et ce tout à fait gratuitement, ils se discréditent pour longtemps et on peut douter d’eux chaque fois qu’ils prétendent agir pour le « bien ».

  4. Oh, tu as raison Louis. C’est en 1947 qu’a été adopter le drapeau de l’ONU. J’ai confondu!

    Pour ce qui est de l’invitation de Japonais, je n’ai pas de preuve en soit, mais je vais faire plus de recheche. Un documentaire canadien en parlait dans les années 90, mais le titre m’échappe. Je te reviens la dessus.

  5. Japon était battu?
    Oui, tous était en déroute.
    Voulait-il l’être?
    Non. Il refusait de se rendre.
    Le Japon n’a jamais voulu se rendre avant la 1e, n’y après la 2e bombe(si je me rappelle bien),donc c’est la raison avancé pour la deuxième bombe, et le gouvernement resta très divisé après les deux incidents.

    Pas assez de temps pour se rendre? 3 jours pour se rendre c’est pas mal, je trouve. Un petit geste convainquant de la pars du Japon aurait pu aider.

    Et aussi,il faut aussi se rappeler que c’était en période de guerre et ,car il ne voulait pas se rendre, il y aurait eu une invasion avec de nombreux morts à la place.

    Dilemme: les civils, ouin? Très dur question. Qui veut le plus un Américain et/ou un de ces alliés ou un Japonnais.

  6. J’ai vu un documentaire voila près de 15 ans (dans un cours en Histoire). Cela avait tellement choqué que les États-Unis l’avaient censuré sur son territoire. Cela avait fait scandale pourtant! J’invite les blogueurs plus agés à me rappeller le titre de ce film.

    Ce documentaire affirmait que les EU avait laché la deuxième bombe même si le Japon avait démontré l’intention de ce rendre. De plus, il disait qu’on avait invité des responsables japonais à voir les effets de la bombe atomique, mais qu’ils avaient refusé. Ils ne croyaient pas que les américains possédaient une telle arme.

    Bon, cela va peut-être à contre-courant de l’Histoire officielle, mais cela se tient.

  7. « D’après les infos dont je dispose… »,

    C’est ce que l’on appelle être dans le secret des Dieux?

  8. C’est en effet aberrant que de tels crimes puissent avoir eu lieu sans que personne à l’époque n’en soit réellement choqué. Vous me direz qu’on découvrait juste les horreurs des nazis, alors 350 000 morts civils juste pour tester leur arme atomique, cela devait plutôt bien passé à ce moment là… Mais je pense que nous avons un devoir de mémoire et qu’il ne faut pas se laisser aller à la facilité et à dire « amen » à tout ce que dise les américains!

  9. aberrant vous dites ?

    les guerres actuelles sont aussi imbéciles.
    Et cette guerre nucléaire dont on menace l’Iran, n’est-ce pas encore plus idiot ?

    Ou est donc ce devoir de mémoire maintenant ?

    Les démocrates canadiens vont-ils enfin se brancher sur le rôle de la vraie démocratie; NÉGOCIER ?

  10. «Il y a eu des génocides tout aussi déplorables, et alimentés par la haine et le ressentiment, mais jamais on a tué aussi gratuitement, sans la moindre raison, des innocents.»

    Les nazis ont assassiné 11 millions de civils européens, dont 5.7 millions de Juifs.

    Si je comprend bien ton raisonnement, ils avaient donc DAVANTAGE de raisons de le faire que les Américains de avaient de bombader Hiroshima et Nagazaki, c’est bien ça ?

    Rend-toi donc à l’évidence: tu déteste tellement les Américains que tu es prêt à leur attribuer la palme de l’horreur alors qu’il y a déjà eu pire ailleurs, non seulement en terme de justification mais aussi de nombre de victimes.

  11. @Ben: Je ne parle pas de décompte encore… Si on parlait de décompte, les États-Unis monteraient facilement dans les 10 millions… Mais je n’en suis pas là.

    Je te parle d’une attaque GRATUITE, c’est-à-dire qui ne vise aucun but militaire et qui est totalement dénuée de sens.

    Le génocide juif (peu importe son importance réelle) et les victimes de la guerre en Europe l’ont été dans un contexte de guerre, justement, et il y avait une justification (aussi horrible est-ce) guerrière à ces crimes, tandis qu’Hiroshima et Nagasaki, c’était de la violence tout à fait gratuite.

    Par ailleurs, je ne fais que commencer… Hiroshima et Nagasaki, c’est peut-être 350 000 morts directes et peut-être 1 million indirecte… Mais ça ne fait que commencer.

    Mais tu as raison: il faut regarder tous les côtés des médailles, que ce soit pour les Nazis, pour les Soviétiques de Staline ou les Américains du 21e siècle.

    Mais en tant qu’attaque gratuite et violente, il ne faut aucun doute qu’Hiroshima et Nagasaki dépassent tout ce qui a jamais été inventé par l’humain en tant que barbarie. Tuer des gens avec un bouton et ne même pas avoir à se soucier de leur cadavre; on peut difficilement imaginer pire.

    Mais peut-être que ton pro-américanisme t’aveugle…

  12. « On tue, gratuitement. » (Louis)

    Pas du tout, Louis.

    Comme tu le dis toi-même, ce « projet » a nécessité l’emprunt de 2.6 milliards$ (somme énorme pour l’époque) et a donc rapporté énormément en intérêts aux prêteurs. Ce n’est pas un hasard que le projet fut nommé « Manhattan » (Wall Street). Tu fais donc erreur en disant que Oppeinheimer était directeur du projet Mahattan. Oppenheimer était le coordonateur en chef de Los Alamos et n’est pas l’inventeur de la bombe atomique. Il fut connu comme « le père de la bombe » dans le sens qu’il a organnisé la copulation mais n’a rien à voir avec l’invention de la mécanique. Les directeurs du projet Manhattan étaient des banquiers d’origine allemande de Wall Street et étaient les mêmes qui finançaient en même temps le régime nazi et les bolchéviques de Russie.

    Ta version des faits est c’elle de la bande dessinnée qu’on nous impose depuis 1947 (la même version dont Ben a reçu un doctorant).

    La « nation » américaine a pas grand responsabilité dans ces gestes horribles.

    Les deux bombes atomiques sur ces villes japonaises étaient des publicités pour ce qui allait devenir la course à l’armenent entre les USA et l’URSS et dont ces mêmes banquiers de Wall Street allaient profiter pendant 60 ans.

    Faites une recherche sur les acteurs principaux:

    Owen Young, Gerard Swope, Hjalmar Schacht, Bernard Baruch,la famille Warburg, J.P. Morgan, Garanty Trust, Chase Bank, Standard Oil of New Jersey, I. G. Farben (Auchwitz), General Electric, Ford Motor, Vaccum Oil.

    Ne vous limitez pas à Wikipedia et attention aux sites qui incluent des extra-terrestres dans l’histoire. 🙂

  13. ….Les nazis ont assassiné 11 millions de civils européens, dont 5.7 millions de Juifs….Ben

    As-tu compté les allemands dans les morts ? Ceux de Dresde par exemple ?
    Et pour les juifs, il en manque 300.000, ou sont-ils ?
    ….Tuer des gens avec un bouton et ne même pas avoir à se soucier de leur cadavre; on peut difficilement imaginer pire….Louis

    Ben il y a les armes israéliennes qui traînent au Liban, savez, celles qui déchiquettent seulement les chairs ? C’est moins à la fois mais y paraît que c’est très souffrant.

    350.000 morts d’un coup c’est pas mal mais 500.000 et + d’enfants et de femmes enlevés et réduits en esclavage, à la prostitution en Turquie et ailleurs en Europe à CHAQUE ANNÉE, c’est tough à bat’ ça aussi.
    Ça se passe maintenant, pas en 1945 je vous le rappelle. Qui dit mieux ?

  14. Pour ce qui est de la fameuse bombe, les banquiers oui, évidemment puis que les guerres ils les financent toutes, mais l’appui de vedettes scientifiques pour rendre le projet plus « humain », plus acceptable aux « humains », dont le non moins fameux Einstein.

  15. Louis, c’est très facile de dénoncer la décision américaine de bombarder Hiroshima et Nagasaki.

    C’est d’autant plus facile que vous évitez soigneusement de considérer la véritable alternative à la non-utilisation de l’arme atomique, soit une invasion du Japon. Je comprends que vous ne fassiez aucune allusion à cette alternative car si vous vous êtes le moindrement renseigné à ce sujet, une telle alternative aurait été encore plus catastrophique que l’utilisation de la bombe, ce qui viendrait sérieusement affaiblir la thèse anti-américaine de ce billet…

    Tout d’abord, en ce qui regarde l’idée de la démonstration de la bombe, il est faux de prétendre qu’Oppenheimer et les scientifiques ont recommandé cette option au Président Truman. Voir ici pour le texte du mémorandum de Oppenheimer à ce sujet qui indique clairement qu’ils n’ont pas recommandé cette option: http://www.dannen.com/decision/scipanel.html

    Les scientifiques étaient très partagés sur l’idée d’une démonstration, mais au final cette idée apparaissait peu intéressante, principalement parce que dans l’état d’esprit ou se trouvait le gouvernement et l’état-major japonais, la démonstration d’une bombe n’aurait pas été suffisante pour les faire capituler. D’ailleurs, plusieurs haut-gradés japonais ne voulait même pas capituler après Hiroshima car ils étaient persuadés que les États-Unis ne disposaient que d’une seule bombe, eu égard aux difficultés incroyables que représentait la fabrication de telles bombes à l’époque. Donc il est tout-à-fait réaliste de penser qu’au final, même après une démonstration sur une quelconque île perdue, il aurait fallu utiliser la bombe contre les Japonais pour leur démontrer le sérieux de la situation.

    Ceci nous amène donc à la véritable alternative à ne pas utiliser contre le Japon la bombe: soit une invasion massive du Japon et une sanglante conquête pouce par pouce du territoire. Il est hautement probable que les Alliés auraient été forcés d’envahir le Japon en raison de la mentalité de guerre totale et de non-capitulation du Japon de l’époque. En consultant la documentation à ce sujet, et peu importe la façon dont on veut approcher l’idée d’une invasion du Japan, il est évident que le nombre de morts civils et militaires qu’aurait entraîné une telle invasion dépasse de loin tout ce que Hiroshima et Hagasaki ont pu faire en termes de perte de vies directes et indirectes.

    Mais étant donné que vous avez décidé d’haïr les États-Unis en les présentant comme étant rien de moins que « parmi les pires criminels du siècle dernier » – une prétention au mieux franchement exagérée et au pire malhonnête et mesquine, vous allez évidemment tenter de masquer le moindre petit ou grand élément qui jetterait un éclairage plus nuancé sur des décisions aussi complexes et aussi sujettes à incertitudes et débats que la décision de l’utilisation de la bombe.

    Mais bon, je pense que personne ne s’attend à ce que vous puissiez fournir une opinion très éclairée ou impartiale lorsque ça concerne le moindrement les États-Unis…

  16. @Hugo: La guerre était gagnée; le Japon allait capituler. Il n’y avait rien d’autre à faire que d’attendre et de poser les conditions de la capitulation (et de respecter le désir japonais de maintenir l’empereur en place, ce qui a été fait de toute façon).

    Ce texte que tu copies-colles est assez ridicule. Je cite: « Ceci nous amène donc à la véritable alternative à ne pas utiliser contre le Japon la bombe: soit une invasion massive du Japon et une sanglante conquête pouce par pouce du territoire. »

    C’est n’importe quoi. Le Japon était déjà en ruine et les communications interceptées indiquait qu’il était déjà pratiquement prêt à se rendre. Ce que tu copies-collies est un MYTHE qui ne sert qu’à justifier l’injustifiable: le meurtre crapuleux de centaines de milliers de civils pour atteindre l’objectif politique de faire peur à l’URSS et de démontrer la supériorité nucléaire américaine sur celle-ci.

    Ton pro-américanisme t’aveugle. La guerre était terminée; il ne restait qu’à accepter les conditions de la capitulation japonaise, qui n’aurait pas tardé de toute façon, puisque le pays était en ruine.

    Eisenhower, alors général, affirmait que le Japon cherchait à capituler tout en sauvant la face. Et Churchill affirme que la guerre était gagnée avant le largage de la première bombe atomique. Mais Truman avait son idée: faire peur à l’URSS, et et il n’a pas hésité à sacrifier toutes ces personnes INUTILEMENT dans ce but.

    Évidemment, « je pense que personne ne s’attend à ce que vous puissiez fournir une opinion très éclairée ou impartiale lorsque ça concerne le moindrement les États-Unis… »

  17. Pour corroborer un peu le commentaire de Hugo M., voici ce que j’ai trouver sur Wikipedia:
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Bombardements_atomiques_d'Hiroshima_et_Nagasaki

  18. Bon, le lien est spolier.
    Sur google, chercher Hiroshima Nagasaki et cliquer sur le lien menant à wikipedia. Ça va revenir au même…

  19. « Les nazis ont assassiné 11 millions de civils européens, dont 5.7 millions de Juifs… »(Ben)

    C’est faux.

    La majorité des juifs et civils qui furent assassinés étaient de Pologne et Russie.

    Il n’y a aucun musée pour les 3 millions de polonais morts dans les camps de concentration, ni pour les russes.

    La Pologne fut envahie pat les Russes et Nazis en même temps.

    Ce sont des juifs qui étaient à la tête des exécutions dans les deux camps (Nazis-Russes)

    C’est ce que l’histoire officielle cache depuis ce temps.

    Ce sont des juifs qui tuaient d’autres juifs, ainsi que les Polonais et Russes.

  20. Louis,

    La capitulation du Japon n’était pas un « done deal » du tout. Si vous réussissez à trouver plusieurs sources et analyse crédibles à ce sujet, dites-le, mais d’après ce que j’ai pu lire, le point principal était qu’en raison de la demande de capitulation inconditionnelle des Alliés, réitérée d’ailleurs à la conférence de Potsdam, Tokyo n’était pas intéressé à capituler. Et je ne vois pas comment les Alliés aurait pu demander autre chose qu’une capitulation inconditionnelle lorsqu’on considère la responsabilité criminelle des régimes nazis et japonais dans le déclenchement de cette guerre. Vous parlez de communications interceptées, mais des communications de qui ? De l’empereur lui-même ? D’une majorité de généraux importants, influents? De fonctionnaires subalternes de Tokyo ?

    Donc au début août 1945, le Japon n’avait pas encore l’intention de capituler dans de telles conditions.

    Il y avait bien sûr des débats au sein de l’état-major japonais, et plusieurs reconnaissaient qu’à toutes fins pratiques, avec la capitulation de l’Allemagne, toutes les ressources des Alliés allait se retourner contre eux et rendre impossible une victoire du Japon.

    Malgré tout, le jusqu’au-boutisme de la plupart des généraux japonais était bien vivant, et le fanatisme et le militarisme des Japonais de l’époque faisait en sorte qu’ils voyaient les choses sous un aspect bien différent. La mentalité de sacrifice des Japonais de l’époque, symbolisée entre autres par les kamikazes, faisait en sorte que les pertes de vies humaines n’étaient pas la principale préoccupation des Japonais, alors que c’était tout le contraire des Alliés, en particulier évidemment des démocraties occidentales.

    Les connaissances historiques que nous avons aujourd’hui ne nous permettent certainement pas de prétendre que le Japon n’attendait anxieusement qu’un petit coup de fil pour signer avec plaisir une capitulation immédiate. Une invasion du Japon demeure hautement plausible, au moins aussi plausible ou sinon plus plausible que la thèse qu’une démonstration de la bombe aurait rapidement fait craquer le Japon.

    Et je ne suis pas pro-américain: je considère que les Américains ont commis une erreur grave en lâchant des bombes au-dessus de villes majeures comme Hiroshima et Nagasaki. Ils en porteront pour toujours la responsabilité, d’autant plus qu’il est vrai qu’il y a eu également d’autres considérations à l’oeuvre telles qu’impressionner l’URSS. Il aurait été presque aussi efficace et un million de fois plus éthique d’avoir fait éclater les bombes au-dessus de bases militaires qui n’étaient pas placées au centre de villes ou très près de grandes concentrations de civils.

    Il n’en reste pas moins que la principale raison de l’utilisation de la bombe, c’était indéniablement pour tenter de finir cette guerre « au plus sacrant ». Et c’est cette raison primordiale qu’il faut garder en tête lorsqu’on décide faire le procès des Américains. Et force est de constater que cet objectif a été atteint de manière spectaculaire puisque l’utilisation de bombes atomiques a amené la fin de la guerre en seulement quelques jours.

    Peut-on réellement affirmer péremptoirement qu’il était évident que le Japon voulait capituler ? Est-ce que c’était clair comme de l’eau de roche qu’une simple démonstration aurait suffit à mettre fin à la guerre ? Non, n’en déplaise à tous les polémistes qui veulent casser du sucre sur le dos des États-Unis, c’était loin d’être évident ou clair que la non-utilisation de la bombe amènerait la capitulation rapide du Japon, et c’est pour cela qu’il faut être capable d’apporter les nuances nécessaires au lieu de faire des jugements à l’emporte-pièce.

  21. Le Japon était battu. C’est non seulement l’évidence même, devant la destruction quasi-totale de ses infrastructures et son incapacité à protéger son espace aérien, mais c’était aussi l’avis de l’amiral William D. Leahy, chef d’état-major de Truman, de Winston Churchill, de Dwight Eisenhower et d’un U.S. Strategic Bombing survey mené en 1946.

    La guerre contre l’Allemagne était terminée, le Japon était à genoux, et comme le souligne Churchill, il cherchait à un moyen honorable de capituler (qui ne connaît pas le célèbre sens de l’honneur japonais, auquel les États-Unis ont répondu par le sens de l’horreur qu’on leur connaît maintenant…)

  22. On s’entend là-dessus Louis: il est évident que le Japon était fini stratégiquement, logistiquement et militairement. En fait, la position du Japon était perdue depuis plusieurs mois déjà, sinon même 1 an ou 2. Ça apparaissait en effet comme une évidence même aux yeux de plusieurs stratèges militaires alliés.

    Le problème dans tout cela, c’est que le gouvernement japonais lui-même se refusait à reconnaître cette réalité !

    Ou du moins il y avait suffisamment de gens haut-placés au sein du gouvernement qui refusait de lancer la serviette. C’est ce même sens de l’honneur auquel vous faites référence qui empêchait le Japon d’envisager froidement la capitulation.

    À noter que l’Allemagne s’est enfoncé dans le même aveuglement jusqu’au-boutiste. Il a fallu que les Alliés soient rendus à Nuremberg et les Russes au Reichstag, au coeur de Berlin, avant qu’Hitler se suicide et ses généraux signent la capitulation conditionnelle. De la pure folie, mais c’est la marque des régimes totalitaires.

    C’est pour cela que je dis qu’on ne peut juger la décision américaine d’utiliser la bombe comme étant intrinsèquement criminelle car la capitulation du Japon n’apparaissait pas être pour bientôt. On peut toujours supposer qu’un moment donné, après le début d’une invasion du sol japonais que le Japon se serait finalement rendu à l’inéluctable et aurait capitulé. Mais entretemps autant ou sinon plus de civils et de soldats auraient été massacrés qu’avec la bombe.

    Comme vous le faites, pour tenter de mettre le blâme tout entier sur le dos des États-Unis, on peut toujours supputer que les Japonais auraient signé une reddition immédiate suite à une simple démonstration de la bombe, mais c’est une supposition très aléatoire quand on sait que ces mêmes Japonais savaient qu’une invasion s’en venaient une fois toutes les petites îles du Pacifique reconquises par les Américains, et qu’ils étaient prêts à défendre, dans l’honneur et le sang, le sol sacré du Japon et la personne de l’Empereur.

  23. Bon, voilà que Louis nous justifie son anti-américanisme en qualifiant les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki comme étant « le crime le plus gratuit de toute l’histoire humaine. »

    Tout d’abord si on veut parler de crimes contre l’humanité, il faut remettre les choses en perspective. Tout d’abord, j’ai consulté plusieures sources sur l’internet qui évaluent le nombre de pertes à Hiroshima à 66 000 morts et 69 000 blessés et à Nagasaki à 39 000 morts et 25 000 blessés. J’ignore où Louis a pris son chiffre de 350 000, car il représente presque la totalité de la population combinée des 2 villes (450 000). (référence ici )

    Par contraste les japonais ont tués vraiment gratuitement 300 000 civils pendant le massacre de Nanking en 1937. Mais Est-ce que Louis proclame sa haine des japonais?

    D’ailleurs, selon wikipedia, le Japon a subit 580,000 pertes civiles totales pendant la guerre, incluant les victimes des deux bombes atomiques, les 90,000 morts à Okinawa et 10,000 morts à Saipan.

    Par contre ils ont infligés 3,308,000 morts civiles en Chine dans des combats et un autre 3,549,000 morts des répressions et atrocités pendant l’occupation japonaise. Un autre 4,000,000 de civils sont morts de famine et de travaux forcés pendant l’occupation japonaise de l’Indonésie, 100,000 en Malaisie, 90,000 aux Philippines, 50,000 à Singapour, dois-je continuer? À côté de ça, les américains sont de la petite bière.

    Eisenhower, alors général, affirmait que le Japon cherchait à capituler tout en sauvant la face. Et Churchill affirme que la guerre était gagnée avant le largage de la première bombe atomique.

    Encore une fois Louis, je ne sais pas d’où tu détiens ces informations, mais je vais laisser Churchill lui-même te répondre avec un extrait du dernier tome de son récit sur la 2e guerre mondiale intitulé « Triumph and Tragedy ».

    Churchill décrit ici les évenements suivant la réception du télégramme annonçant les résultats du test de la bombe au Nouveau-Mexique, pendant la Conférence de Potsdam:

    The President invited me to confer with him forthwith. He had with him General Marshall and Admiral Leahy. Up to this moment we had shaped our ideas towards an assault upon the homeland of Japan by terrific air bombing and by the invasion of very large armies. We had contemplated the desperate resistance of the Japanese fighting to the death with Samurai devotion, not only in pitched battles, but in every cave and dug-out. I had in my mind the spectacle of Okinawa island where many thousands of Japanese, rather than surrender, had drawn up in line and destroyed themselves by hand-grenades after their leaders had solemnly performes the rite of hara-kiri. To quell Japanese resistance man-by-man amd conquer the country yard by yard might well require the loss of a million American lives and half that many of British- or more if we could get them there: for we were resolved to share the agony. Now all this nightmare picture had vanished. In its place was the vision- fair and bright it seemed- of the end of the whole war in one or two violent shocks. I thought immediately myself of how the Hapanese people, whose courage I had always admired, might find in the apparition of this almost supernatural weapon an excuse which would save their honour and release them from their obligation of being killes to the last fighting man.

    Moreover, we should not need the Russians. The end of the Japanese war no longer depended upon the pouring of their armies for the final and perhaps protracted slaughter. (…) At any rate, there never was a moment’s discussion as to wether the atomic bomb should be used or not. To avert a vast, indefinite butchery, to bring the war to an end, to give peace to the world, to lay healing hands upon its tortured peoples by a manifestation of overwhelming power at the cost of a few explosions, seemed, after all out toils and perils, a miracle of deliverance.

    Il n’y a aucune question ici que selon Churchill, la décision d’utiliser la bombe avait pour but d’abréger la guerre. Il n’était pas question de faire peur aux russes, simplement de faire capituler le Japon sans leur aide. Cette décision a non-seulement épargné des millions de vies, elle a également épargné au Japon la domination russe d’une partie de son territoire comme ça été le cas de l’Allemagne et la Corée.

    Même si la marine japonaise était décimée et leur avaition moribonde, il y avait 1,000,000 de soldats japonais encore dans les îles principales du Japon et leur généraux étaient prêts à les sacrifier jusqu’au dernier.

  24. @Hugo: Tout ça c’est de la théorie, mais dans la pratique, les communications interceptées disaient que les Japonais étaient prêts à se rendre, Churchill lui-même croyait la guerre gagnée et le chef d’état-major U.S. aussi.

    Je suis d’accord pour dire qu’on peut argumenter quant à savoir si la paix aurait réellement été aussi rapide sans la bombe, mais il ne fait pas de doute que le Japon entrevoyait sa défaite.

    De tuer 350 000 innocents parce qu’on veut démontrer sa force et intimider l’URSS (car c’était ça le but réel, puisque la guerre était gagnée), c’est un acte gratuit et criminel, la pire action humaine de tous les temps.

    Tuer les gens avec un seul bouton; et tout ça pour des objectifs géostratégiques… Vraiment dégueulasse. Les États-Unis auraient pu faire une démonstration (comme plusieurs scientifiques du Projet Manhattan le souhaitaient), mais Truman a préféré TUER au lieu de faire preuve d’une tolérance et d’un respect de la démocratie qui aurait pu établir la crédibilité des États-Unis pour le demi-siècle à suivre.

    Hiroshima, c’est le premier épisode de nombreux massacres de masses et génocides commis et/ou appuyés par les États-Unis tout au long de la guerre froide.

    Si j’ai le temps, et en temps et lieu, j’écrirai sur d’autres de ces massacres, notamment au Guatemala, au Honduras, au Chili, en Indonésie, au Zaïre et ailleurs.

  25. Heu… J’aimerais mettre l’emphase sur la GRATUITÉ des attaques d’Hiroshima et Nagasaki, ou plutôt de leurs cibles réelles, à savoir les alliés eux-mêmes des États-Unis.

    Il faut savoir que quelques jours avant les attaques, les Alliés ont redemandé la capitulation inconditionnelle du Japon. Selon les historiens les mieux placés de la deuxième Guerre Mondiale (que j’ai étudié au cégep dans deux articles), les Américains, principaux négociateurs, savaient que le Japon refuserait la capitulation.

    La question que vous devez vous poser est POURQUOI LE JAPON REFUSAIT-IL DE JETTER L’ÉPONGE?, car ils savaient, eux aussi qu’ils étaient finis. La preuve: ils étaient en train d’apprendre aux populations des villages des bases de guerilla armée et de désobéissance civile, ainsi que le maniement du gourdin et d’outils de travail.

    Le Japon est un pays fier, mais pas un pays idiot. La raison pour laquelle ils n’ont pas capitulé est que pour eux, l’Empereur est une divinité. La reddition sans condition n’était pas acceptable pour le Japon, car ELLE NE GARANTISSAIT PAS LA SURVIE DE L’EMPEREUR. D’ailleurs, suite à Hiroshima et Nagasaki, les Japs se sont rendus à la seule condition que l’on ne touche pas au caractère sacré (et à la tête) de l’Empereur. Quelques jours après H & N, les Japs ne se sont pas rendus à cause de l’arme atomique, qui ramenait la guerre des soldats aux civils, mais parce qu’on leur assurait la survie de l’impérialisme qu’ils chérissaient. C’est pour cela que les civils japonais s’entraînaient à se battre avec leurs faux, des bambous et quasiment leurs dents: la survie de l’Empereur était plus importante que leur propre sort.

    Alors pourquoi, quelques jours avant d’utiliser l’arme atomique, les Alliés, États-Unis en premier, refusaient de considérer la reddition quasi-totale des Japonais (en excluant le sort de l’empereur), alors qu’ils connaissent cette revendication, et l’acceptent-ils après Hiroshima et Nagasaki?

    La réponse est simple: l’arme atomique était une arme politique. Elle voulait montrer que les États-Unis, comme les archives des stratèges de l’époque le montrent, ressortaient gagnants de la 2e GGM. Ils détenaient (selon les stratèges américains) 75% de la richesse mondiale, et représentaient 4% de la population. Pour que cet écart demeure, il fallait être capable d’avoir la puissance nécessaire, politique, diplomatique (ce qui n’était pas le cas comparativement à l’URSS) et militaire pour garder cette inégalité. Ces mêmes stratèges ont affirmé que les droits de l’Homme étaient un obstacle à la croissance américaine, qui ne pouvait que décroître si on encourageait à les respecter (cf: Noam Chomsky – Les dessous de la politique de l’Oncle Sam, et un texte qui y est cité issu des archives nationales américaines).

    Le projet de l’arme nucléaire avait aussi été effectué dans le désert. On savait qu’il marchait, mais le gouvernement avait investi des millions durant la guerre à son projet d’arme atomique. Voyant la fin de la guerre arriver, le parti au pouvoir ne pouvait justifier une telle dépense s’il ne prouvait pas à sa population (et aux Russes) que l’arme nucléaire fonctionnait, et qu’elle pouvait faire bobo!

    Cette analyse est défendue par plusieurs docteurs en histoire, à réputation internationale, et spécialistes dans l’époque de la 2e GGM et du XXe siècle. J’ai d’ailleurs lu quelques articles qu’ils publièrent et qui décrivent, de façon bien plus précise que mon petit texte (donc en 5-10 pages), les motifs qu’ils croient ont animé les Américains à utiliser l’arme atomique.

    Donc Louis, certains faits ont besoin d’être corrigés:
    -Ce n’est pas Hiroshima et Nagasaki qui ont fait capituler le Japon. Les négociations avaient encore lieu pendant le bombardement. C’est la soudaine ouverture des Alliés, en avant les États-Unis, envers le sort de l’Empereur, qui a fait signer la reddition du Japon, sans quoi elle aurait eu lieu bien avant.

    – Non, Hiroshima et Nagasaki n’ont pas été gratuits. Méprisants du sort des victimes, je suis d’accord. Par contre, l’attentat s’imbrique dans une logique du XXe siècle tout à fait nouvelle. Avant ça, les populations civiles avaient moins de morts que les soldats. Au XXe siècle, la guerre est devenue d’abord une arme de terreur; plus de civils mouraient que de soldats. Hiroshima s’applique bien à ce précepte, car les Américains ont choisi de larguer la bombe sur des VILLES SANS BASE D’ARMÉE, au lieu de cibler des camps d’entraînement militaires.

  26. Tu as raison de citer Winston Churchill, Philippe.

    C’est un homme qui voyait clair.

    Voici un article récent sur un texte très controversé que Churchill a écrit en 1937, pendant que les juifs se faisaient maltraîter par les « chemises brunes » en Allemagne nazie.
    Biensûr, l’intelligentia sioniste fait des pieds et des mains pour faire croire que le texte n’est pas de lui mais d’un « auteur fantôme » au service de Churchill:

    « Churchill kept ghettoes warning under wraps
    By Chris Hastings, Arts and Media Editor, Sunday Telegraph
    Last Updated: 12:24am GMT 11/03/2007

    As Britain’s wartime prime minister, he led the fight to crush Nazism and its plans to exterminate the Jewish race.

    Yet, even as Hitler was stepping up the persecution and Oswald Mosley’s British Union of Fascists (BUF) were fomenting unrest in Britain, Sir Winston Churchill believed that Jewish people were « partly responsible for the antagonism for which they suffer ».

    An extraordinary article, written by Churchill 70 years ago but subsequently banned from being published, will reignite the debate about whether his government did enough to stop the Nazis’ attempted genocide. »

    Aricle au complet ici:
    http://www.telegraph.co.uk/news/main.jhtml?xml=/news/2007/03/11/nwinston11.xml

  27. Je tenais à féliciter tous les participants à ce sujet, sincèrement.

    Ce pan de l’histoire ne m’était pas vraiment familier et vos billets m’ont appris énormément.

    Si on enlève l’anti-américanisme de certains passages, le reste est très intéressant.

    À moi maintenant de démêler le vrai du faux.

    Tes lecteurs et ton oeuvre Louis sont extraordinaires .

    Je te félicite.

  28. @Le Bum: Merci de ton commentaire. Mais… Peut-on réellement être pro-américain quand ces derniers ont tué 350 000 personnes pour faire peur à l’URSS et notamment l’empêcher de prendre possession de la péninsule coréenne? Peut-on être autre chose qu’anti-américain dans ce cas précis? La seule compassion humaine me semble mériter qu’on s’oppose à cette barbarie…

    @Manx: Excellente analyse! Mais je ne crois pas que ce soit Hiroshima et Nagasaki qui ont entraîné la capitulation (mon texte n’était peut-être pas assez clair); je crois que c’est parce que les États-Unis ont décidé de reconnaître l’empereur APRÈS ces explosions alors qu’ils auraient pu le faire AVANT puisque le Japon cherchait déjà un moyen honorable de capituler, comme l’affirmaient Leahy et Churchill.

  29. Louis, je ne demanderai jamais à personne d’être pro-Américain.

    Pas plus que je n’accepterai que l’on soit anti-Américain. Du racisme, peu importe vers qui il est dirigé demeure du racisme.

    Et de toute façon, si tu pouvais remplacer anti-Américain par anti-Bush ou anti-gouvernement américain, ce serait beaucoup plus exact car le fermier dans le fin fond du Kentucky n’a rien à voir avec Hiroshima et Nagasaki.

    D’accord avec moi Louis?

  30. Apparemment, Louis a une idée fixe. Il persiste à utiliser Churchill et Leahy pour défendre son argument alors que le passage du livre de Churchill que j’ai posté montrait qu’il, et tous les autres conseillers, ministres et généraux, étaient tous d’accord pour l’utilisation de la bombe contre le Japon. La citation dit même qu’il n’a jamais été question entre eux de ne pas l’utiliser. La décision d’ailleurs n’appartenait pas seulement aux États-Unis, elle a été prise avec l’assentiment de la Grande-Bretagne et de l’URSS, quoique Staline ignorait les détails sur la nature de la bombe. La bombe n’aurait pas été utilisée si Churchill s’y était objecté. Ceci étant dit, Churchil croyait qu’une telle démonstration de puissance fournirait aux Japonais une chance de sauver la face. Mais en fin de compte, c’est la déclaration de guerre de l’URSS et leur invasion de la Mandchourie qui a finalement convaincu l’Empereur de donner l’ordre de se rendre. Il ne voulait pas voir son pays occupé par des forces russes. L’histoire aura certainement donné raison à cette sagesse.

    Quant aux victimes de Hiroshima et Nagasaki, aussi déplorable soient-elles, elles ne sont qu’une goutte d’eau dans le vase de plus de 20,000,000 de civils tués pendant la 2e guerre mondiale (plus que la population totale du Canada à l’époque). Tout ce qu’elles ont d’exceptionnel est la distinction d’être les seules victimes d’une attaque nucléaire. Mais leur mort ne fût pas plus ou moins atroce que toutes les autres victimes de cette guerre.

  31. @Zach: Eh oui, qui aurait pu croire que Churchill n’avait pas eu une boule de crystal pour deviner à cette époque l’ampleur des persécutions des juifs alors qu’en 1937, elles ne faisaient que commencer. Je suis sûr qu’il était d’une opinion différente lorsque furent découvertes les horreurs d’Auchwitz. Cet article n’est cetainement pas une preuve d’un vice de caractère de la part de Churchill. Au contraire, il dénonçait quand même le traitement des juifs par les Allemands.

  32. @Le Bum: Je suis d’accord avec toi; c’est l’élite américaine qu’il faut viser, et non pas la population en générale, elle qui manipulée depuis des décennies. Ce sont les élites qui ont pris la décision (inutile) de tuer ces 350 000 personnes à Hiroshima et Nagasaki, et le fermier dans le fin fond du Kentucky n’a rien à y voir, à moins bien sûr qu’on considère que les États-Unis sont une vraie démocratie, ce qui paraît douteux quand on voit le peu de pouvoir qu’a la population sur la direction du pays.

  33. Louis, l’élite oui mais j’aimerais encore mieux le terme « Administration Américaine » comme on entend souvent.

    Je suis le premier à trouver Bush ignoble et penser qu’il soit jugé pour criminel de guerre. Mais il ne faut pas être raciste envers le peuple.

    Entre toi et moi, nous n’avons pas plus de pouvoir que les Américains en ont. Sauf qu’à choisir entre notre système électoral et le leur (avec leurs Grands Électeurs), je choisis le nôtre les yeux fermés.

    La proportionnelle serait intéressante par contre.

  34. Si le largage d’une bombe atomique sur Hiroshima et Nagasaki est un fait historique indéniable, tout ce qui l’entoure ne l’est pas nécessairement. Aussitôt qu’une personne émet une hypothèse sur ses causes et/ou ses conséquences, une autre émettra une hypothèse contraire. Pourtant, les deux pourraient faire preuve d’une objectivité infaillible et s’appuyer sur des sources ayant les mêmes forces et faiblesses.

  35. Je suis d’accord avec le Bum Intello lorsqu’il dit aimer mieux l’utilisation du terme « Administration Américaine” qui n’a pas de toute façon de connotation raciste mais que plusieurs aiment faire cette connotation ou encore de « l’Administration Israélienne » en parlant des sionistes mais que le Bnai Brith ne pourrait prétendre être un écrit anti-sémite.

  36. De tuer 350 000 innocents parce qu’on veut démontrer sa force et intimider l’URSS (car c’était ça le but réel, puisque la guerre était gagnée), c’est un acte gratuit et criminel, la pire action humaine de tous les temps.

    Louis, dans mon commentaire #23, j’ai questionné indirectement ton chiffre du nombre de victimes en citant une autre source qui évalue le nombre de victimes à beaucoup moins. Tu ne m’as absolument pas relancé là-dessus. Avant de caractériser ce bombardement de « la pire action humaine de tous les temps », tu devrais au moins justifier tes chiffres. J’ai consulté de nombreuses sources (comme ici, ici, ici, ici et ici pour ne citer que quelques unes) et je n’ai nulle part vu ce chiffre de 350,000. Avant de porter des accusations grandioses, expliques-moi d’où vient ton chiffre. Autrement je ne peux considérer ton argument comme étant grossièrement exagéré. Selon les chiffres que j’ai vus, le massacre de Nanking dépasse largement le bombardement d’Hiroshima et Nagasaki dans l’échelle des atrocités humaines. Hiroshima et Nagasaki avaient au moins le mérite d’avoir une valeur stratégique en tant que cibles (toutes les cibles sélectionnées avaient des complexes de fabrication d’armes et de communications militaires qui en faisaient des cibles militaires légitimes). Les atrocités de Nanking ne sont qu’un exemple de meurtre totalement gratuit qui n’avait même pas le mérite d’avoir une valeur stratégique.

  37. Bon parallèle ça Antipollution. J’achète!

  38. bonjour,
    je suis un peu déçut de plusieurs choses amenées dans ce sujet. Tout d’abord, l’idée fixe et redondante de louis à laquelle le gouvernement américain de l’époque aurait mal réagit. Aussi, je suis déçut que quelques individus ayant posté une réponse n’ait comme seule source: Wikipedia (sachant que ce site, concernant les sciences humaines telles l’histoire est l’un des plus erroné). Je vais maintenant exprimer mon opinion:
    Selon les faits, le gouvernement japonais était ruiné, mais refusait de céder et donc, les 2 bombes « A » lancées aurait déclancher un effet dissuasif (de continuer la guerre) en poussant à bout le gouvernement de telle sorte qu’il n’ait plus le choix de céder. C’était ça ou de nombreux débarquements alliés, qui, au bout de compte, aurait fait probablement encore plus de dommage en terme de vies humaines perdues (voir les dommages des débarquements en Europe). Bien entendu, les bombes n’étaient certainement pas LA meilleure solution, on aurait pu attendre encore que le Japon soit vraiment ruiné et n’ait plus le choix de se rendre, mais mettons-nous à la place du gouvernement américain: Ça fait près de 7 ans qu’une guerre au niveau mondial dure! On a hâte qu’elle finisse, non?
    Ça reste mon avis personnel…

  39. Philipe David:
    « Je suis sûr qu’il était d’une opinion différente lorsque furent découvertes les horreurs d’Auchwitz. »

    on ne le sait pas parce qu’il ne parle pas de l’holocauste dans ses écrits. Ni De Gaulle d’ailleurs, ni en fait aucun des hauts dirigeants des Alliés ne mentionne l’holocauste dans leurs mémoires/écrits. C’est intriguant

  40. S’il y a un mythe à démolir ici c’est celui de la nécessité de la victoire totale. C’est cette obsession qui a rendu les guerres aussi meurtrières.

  41. Bonjour à tous les participants de cette discussion.
    Je pense que, sans se taxer de pro ou anti-américanisme, il s’agit d’accepter que l’attaque nucléaire contre Hiroshima et Nagasaki est bel et bien un crime de guerre. Que ce soit « la plus grande démocratie du monde » qui l’a commis ne change rien. Evitons les doubles mesures. Si l’on s’indigne devant le massacre des juifs, devant le génocide arménien ou rwandais, si on condamne les crimes commis par les troupes japonais pendant la Seconde Guerre mondiale, cela ne veut pas dire qu’il faut disculper les américains. (Malgré toute la reconnaissance que les Français peuvent ressentir envers les Etats-Unis pour les avoir libéré). En matière de l’histoire, on a malheureusement trop souvent tendance à ce contenter de la version officielle. Les articles publiés sur internet sont souvent assez simplistes et primitifs et j’appelle tous ce qui ne veulent pas être dupes à ne pas les prendre en compte comme vérité absolu, surtout quand il s’agit des questions aussi difficiles.
    La France a fait sa mea culpa au sujet de la guerre d’Algérie, l’histoire de la colonisation est en phase de sérieuse révision, les crimes du communisme stalinien ne sont plus à démontrer. Il est peut-être le tour de certains sujets « sensibles » (comme disent les historiens) de l’histoire de la SEconde guerre mondiale d’être étudier avec plus de recul et plus d’objectivité. Cela permettera peut-être de reconstruire la mémoire collective, de reconnaître finallement les souffrances de plusieurs générations des civils japonais causées par les conséquence de cette attaque nucléaire. Et on en est bien loin, si le compte-rendu de l’ONU réflète bien le contenu du discours prononcé par Ban Ki-Moon au sujet de Hiroshima et Nagasaki. Il paraît que le Secrétaire général évite toujours de parler des coupables. Il est évidemment plus aisé de parler de la non-prolifération nucléaire…

  42. Bien entendu, je suis d’accord que l’histoire officielle a ses lacunes. On n’a pas cessé et on ne cessera pas de contredire ou modifier les faits officiels, mais en attendant, c’est la version la PLUS fiable (puisqu’elle a été écrite à l’époque même et confirmée par certains historiens). En attendant que les historiens éclaircissent cette affaire, je préfère m’en tenir à la version officielle, qui, pour l’instant, reste celle que tout bon livre d’histoire de la seconde guerre mondiale écrit par un/des auteurs relatant les faits sans exprimer son opinion personnel racontera.

  43. Louis je pense que ta critique serait mieux dirigée contre « Le gouvernement fédéral des États-Unis » plutôt que « les États-Unis »… ça fait anti-américanisme primaire. À part être un mouton et payer ses taxes, l’américain moyen n’a rien à voir avec ces actes horribles. Ce sont des décisions de politiciens.

    L’idéologie qui a assassiné des centaines de millions de personnes au 20e siècle a été l’étatisme (de toutes les saveurs).

  44. A Christian
    Il ne faut pas oublier que l’histoire de Hiroshima et Nagasaki s’est constituée dans l’atmosphère de la guerre froide naissante. Cette ambiance a été peu propice aux reflexions indépendantes et aux conclusions objectives. La version historique de l’utilisation d’arme nucléaire américain contre le Japon a donc subit une très forte influence idéologique. Accepter aujourd’hui cette version officielle signifie de se reconnaître l’absence totale de tout esprit critique.

  45. Mais il n’y a aucun moyen pour la petite personne que je suis de connaitre l’absolue vérité des faits historiques d’Hiroshima et Nagasaki. Je ne peux que poser des hypothèses qui restent des hypothèses. Suivre une autre version de l’histoire donnée par un seul individu ou un petit groupe d’individus me semblerait beaucoup plus insensée que de m’en tenir à la version qui reste officielle jusqu’à la preuve du contraire et à l’approbation des historiens.

  46. b

  47. Je suis désolé. Il y a eu une problème avec le dernier commentaire.

    Il y a un sentiment parmi certains américains qu’il y a eu un bombardement de racisme lorsque Président Truman a décidé de bombarder Hiroshima et Nagasaki, et que c’était pour ça qu’il n’a choisi de laisser tomber la bombe atomique ni sur Berlin, ni sur Hamburg, ni sur n’importe quelle ville européenne. Même la tragédie à Dresden, qui était à vrai dire génocide, n’est pas aussi méchante que les tragédies à Hiroshima et Nagasaki. Une idée fascinante, si c’est vrai. Malheurusement ce n’est pas bien difficile à croire que oui…

    C’est difficile de nos jours à grandir comme américain (je suis ado américain, et je vous demande pardon pour mon français terrible) à cause des choses méchantes: à cause de la guerre en Irak, de l’imperialisme capitaliste, du support inébranable d’Israël et tout ça… tous les choses, je vous rapelle, pour lesquelles vous détestez les américains:

    « Parce qu’ils sont parmi les pires criminels du dernier siècle et que leurs actions sont responsables de la mort de millions de personnes »

    Grandir détesté par le monde pour les actions de son gouvernment, c’est une chose enrageant. Pour moi, bien sûr, mes pour des autres ados aussi. Il y aura du changement aux Éats-Unis, j’en suis sûr.

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