Faire le choix d’un autre Québec

Merci à Vanessa de m’avoir envoyé ce lien vers un excellent texte de Raphaël Canet, publié dans le Devoir. J’en reproduis quelques extraits ici.

Ce discours [de l’idéologie néolibérale] n’est pas nouveau. Depuis le colloque Lippman (1938) et la première réunion de la Société du Mont-Pèlerin en Suisse (1947), les partisans du libéralisme à outrance se sont organisés pour fustiger l’État interventionniste, qui s’affirmait pourtant comme un outil de développement collectif mettant en place toute une série de politiques (aide sociale, assurance-chômage, législation du travail) visant à garantir une plus grande justice sociale et à lutter contre les inégalités, sources de conflits, le tout en prenant soin de stimuler la croissance économique.

À leurs yeux, la privatisation, la libéralisation et la déréglementation devaient devenir les mots d’ordre de tout bon gouvernement et les think tanks néolibéraux allaient se charger de porter la bonne parole. On les retrouve à l’origine de la création du Forum économique mondial de Davos (1971), en Suisse, sorte de grand frère du FEIA. Ils sont aussi, par la voix des Chicago Boys (anciens étudiants de Milton Friedman à l’Université de Chicago), les conseillers économiques du général Pinochet dans le Chili post-1973.

Patiemment, ils diffuseront l’idéologie néolibérale, poursuivant minutieusement le travail de dénigrement du providentialisme et de l’interventionnisme étatique pour finalement en venir à marquer des points au tournant des années 1980. Après sa période d’incubation dans le laboratoire chilien, les élections de Margaret Thatcher en Grande-Bretagne (1979) et de Ronald Reagan aux États-Unis (1980) vont symboliser le triomphe du néolibéralisme dans le monde occidental. «There is no alternative», comme se plaisait à le marteler la Dame de fer.

Le Québec ne fut pas à l’abri de ce virage néolibéral. Dès 1979, le ministre d’État au développement économique du Québec, le péquiste Bernard Landry, reconnaissait le rôle du secteur privé, la pression de la concurrence internationale et la crise budgétaire. René Lévesque, à partir de son second mandat en 1981, avançait aussi l’argument de l’assainissement nécessaire des dépenses publiques, affirmait que le développement économique est avant tout l’affaire des entreprises, que les programmes sociaux devaient favoriser la formation de la main-d’oeuvre et la réinsertion sur le marché du travail.

[…]

«There is no alternative», nous y revenons. Que ce soit à cause de la crise des années 1970 ou encore de la mondialisation des années 1990, ce discours est toujours le même: nous n’avons pas d’autre choix que d’avaler la pilule néolibérale. C’est cela l’approche stratégique de la pensée unique: un modèle qui s’impose comme une évidence, un peu comme un phénomène naturel. Mais ce pouvoir idéologique n’est pas apparu soudainement au tournant des années 1980, il s’est construit patiemment et méthodiquement depuis les années 1930, saisissant toutes les occasions de l’histoire pour avancer un peu plus chaque fois.

Il n’y a rien de naturel dans le néolibéralisme, rien de naturel dans la conception et les orientations de la mondialisation que ce courant politique véhicule. Le tout est pensé et mis en place par des êtres humains, résulte d’une volonté politique dans plusieurs pays et gouvernements, en somme d’un choix fait par quelques-uns et imposé à d’autres.

En clair, le message fondamental de ce texte est le suivant: nous avons le choix. Nous choisissons notre futur et il sera ce que nous faisons du présent. Nous ne sommes pas que des observateurs niais, assis devant la télévision à consommer de l’information-poubelle. Nous avons notre mot à dire et nous avons le droit – le devoir – d’inventer un nouveau Québec à la mesure de nos aspirations.

Le plus grand danger, il ne vient pas seulement de ces gens qui clament haut et fort la fin des idéologies et qui cachent leur appartenance à la mouvance néolibérale derrière un discours défaitiste à la « on n’a pas le choix » ou « c’est le gros bon sens ». Pas seulement ces propagandistes bidons à la Pierre Fortin ou à la Nathalie Elgraby. Non.

Le vrai danger vient de nous, de notre défaitiste, de notre fuite devant l’Histoire, de notre incapacité à inventer des solutions originales à nos problèmes contemporains. Des gens nous emprisonnent volontairement dans un carcan de vieilles idées et de vieux mythes nous empêchant de réinventer notre société. Et nous, nous sommes complices, car nous ne croyons plus en rien.

Au contraire, ne faut-il pas plutôt croire? Se réapproprier l’utopie, réapprendre à espérer que le futur ne sera pas la continuité de ces 25 dernières années de réformes néolibérales. Recommencer à croire que l’État peut jouer un rôle majeur dans la redistribution de la richesse et que les plus riches ont le devoir moral de se départir d’une partie de leur richesse pour aider les plus pauvres, acteurs et victimes d’une organisation sociale qu’ils n’ont pas choisie.

Si le néolibéralisme a été (ré)inventé dans les années 30 et qu’il a pris 40 ans pour s’imposer au monde, pourquoi ne pourrions-nous pas être les germes de changements futurs, pour nos enfants, pour nos vieux jours?

Nous avons le choix; nous devons faire le choix de croire qu’un autre Québec est possible.

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40 Réponses

  1. Grands dieux, l’idéologie néolibérale est vraiment une obsession obsessionnelle de ce blogue…

    Une chose me frappe dans le texte cité. On y cite à un moment donné une série de politiques « néolibérales » – et donc foncièrement mauvaises selon l’idéologie gauchiste. On y écrit: « Le Québec ne fut pas à l’abri de ce virage néolibéral. (…) René Lévesque, à partir de son second mandat en 1981, avançait aussi l’argument de l’assainissement nécessaire des dépenses publiques (…) »

    Étant donné que l’argument de l’assainissement nécessaire des dépenses publiques est une chose non-souhaitable parce que d’inspiration néo-libérale selon la gauche, cela voudrait-il dire que son contraire, soit l’aggravation des finances publiques, soit la chose désirable ?

    Avouez que c’est assez hallucinant de constater que le principe même d’avoir des finances publiques saines (c’est à dire dont les entrées de fonds sont égales aux sorties de fonds) est vu comme une espèce de crime néolibéral contre la société. Coudonc ! Il est ou le problème avec ça ? Vivre selon ses moyens, n’est-ce pas un principe universel, applicable autant à des individus, des organisations ou des gouvernements ?

    Je peux bien comprendre que de faire un déficit de temps à autre n’est pas dramatique si par ailleurs le reste du temps ces déficits sont compensés par des surplus. Le problème c’est que partout en Occident, et malheureusement au Québec encore plus, on a accumulé les déficits sans jamais engranger une maudite cenne de surplus pendant 3 décennies en ligne (60-70-80) !

    Qu’est-ce que la gauche voulait ?

    Qu’on continue à creuser le trou et à envoyer dans les poches des grands financiers des milliards de dollars en intérêts sur ces dettes jusqu’à ce que 100% du budget du gouvernement soit accaparé par les intérêts de la dette?

    Qu’on grimpe sans arrêt les taxes et les impôts toujours plus haut, toujours plus loin jusqu’à en étouffer toute possibilité de croissance économique, jusqu’à en entraîner la révolution de toutes les classes sociales unies contre cet État voleur ?

    Non.

    Réduire les services fut la voie choisie. De toute façon, ces déficits à répétition malgré la hausse constante des impôts et des taxes tout au long des années 70 et 80 montraient clairement que nos désirs de services publics dépassaient nos moyens réels. Ce fut difficile – ça l’est encore d’ailleurs. Mais ce fut la solution la plus raisonnable pour le plus grand nombre.

  2. @ Hugo: Très bien dit.

    Inquiète-toi pas, lorsque j’étais ado, on jouait à un jeu en regardant un dessin animé des schtroumphs. Chaque fois que le mot schtroumph était prononcé, tu avalait une gorgée de ta bière. Ici on peut faire le même jeu avec le mot « néolibéral ». 😀

    Et oui, il semble que des finances publiques saines vont à l’encontre de l’idéologie de gauche à la sauce québécoise.

  3. Le problème est simple : la Droite.

  4. C’est juste que Louis et moi n’avons pas la même définition du terme « assainissement des dépenses publiques » , c’est tout.

    Pour moi, ça signifie:

    1- Que le pourcentage de chaque dollar envoyé par le citoyen à l’État et qui est retourné en services aux citoyens se rapproche le plus possible de 100%. Bref, être efficient.

    2- Que le gouvernement ne concentre ses efforts que sur ses missions essentielles, pas plus ni moins.

    Et je crois que Lévesque, le seul politicien pour qui j’ai eu de l’admiration, avait les mêmes définitions que moi là dessus…

    … sauf pour la baisse des salaires des fonctionnaires ! Là-dessus, il a manqué le bateau mais là, pas à peu près.

    Une « réingénierie de l’État » aurait été plus appropriée à mon avis mais bon: j’aimerais réécrire l’Histoire mais je ne peux pas!

  5. Wow, on revient au discours alterno-kétaine des années milieu 1990. Je savais les gauchistes ennemis du progrès et amis de la régression économique, mais je savais pas que ça s’appliquait à leur propre discours !

  6. C’est drôle comme, quand Louis parle, on a l’impression que la gauche au complet s’adresse à la population. Non pas que je réduise l’opinion de Louis, mais n’oubliez pas que c’est une personne, et non la totalité du mouvement de la gauche québécoise et internationale qui s’adresse par le biais de sa voix.

    @ Hugo: L’opinion des économistes de gauche est qu’un prêt ne doit jamais servir à fournir des services essentiels. Il doit être utilisé pour des investissements. Si les profits des investissements sont supérieurs aux intérêts de l’endettement, comme c’est le cas du Québec, l’économie du pays fleurit (elle rembourse moins que le prêt ne lui a fait gagné). Je ne suis pas économiste, je m’excuse, mais j’ai toujours eu l’impression qu’il serait important de rembourser un bout de la dette, mais au Québec, la dette augmente plus lentement que l’inflation, et donc la dette en fonction du pouvoir d’achat diminue d’année en année. Une dette qui n’augmente pas, au bout de 20 à 30 ans, est donc réduite de moitié.

  7. Les amis, ne croyez-vous pas que la Gauche a été créée par la Droite ? Avant de vous faire grimper dans les rideaux, je m’explique :
    Le premier réflexe d’un riche est de protéger ses biens, et pour le faire il a demandé la création de la police. Et comme il ne voulait pas payer tout seul cette police, il a demandé à la société de l’aider en prélevant taxes et impôts. La société voyant cela demandat à son tour d’être protégée. Et de fil en aiguille, l’État se mit à grossir selon les demandes de l’un et de l’autre.

  8. ….Nous choisissons notre futur et il sera ce que nous faisons du présent…..Louis
    Le présent, contrairement au dicton, n’est pas garant du futur pour de multiples raisons que nous pourrions expliquer ad nauseam, dont une raison très simple, le futur n’existe pas !

    Seul le présent existe comme seul endroit possible pour une personne humaine vivant dans le monde naturel de faire des choix humains qui ne servent que dans le présent, pour l’instant présent.

    Si le présent influençait le futur, le deuxième serait une répétition continuelle du premier alors que c’est faux, la vie change continuellement, se transforme, rien ne subsiste et tout recommence n’importe comment et surtout pas comme nous l’avions prévus !!!

    Mais les personnes humaines qui vivent ou qui s’imaginent vivant dans un monde virtuel, comme les personnes morales, croient au futur, s’y déplacent à l’aise, le façonne selon leurs espérances.

    Aucune personne humaine sur terre, dans le monde naturel, ne peut prédire ce qui arrivera dans le futur et nos ancêtres et les leurs seraient étonnés de nous voir, de regarder ce que nous regardons dans le présent, un monde qu’ils ne surent jamais imaginer pas plus que nous sommes capables de le faire.

    Tout cela revient à dire que lorsque nous nous questionnons sur le futur et que nous angoissons ou que nous nous réjouissons à l’avance, nous devrions plutôt cesser ces tracasseries et aller jouer dehors pour profiter de la vie qui passe et ne revient jamais.
    Bien sûr, on parle pour parler n’est-ce pas ! Salut.

  9. Hugo,

    comment avoir des finances publiques saines quand il y a de mois en moins d’argent venant des entreprises?

    Est-ce qu’il faut toujours rappeler cette diminution du pourcentage de la contribution de ceux qui prônent justement ce néolibéralisme?

    Parce que c’est justement ça le noeud du problème.

    Retournons à un taux normal de financement des entreprises et tous les problèmes de finances publiques seront réglés.

    Ben non, les entreprises partiront s’établir ailleurs pour ne pas payer, étant donné que c’est si facile maintenant de le faire avec le libre marché et la mondialisation.

    L’égoïsme règne en roi dans ce monde. L’individualisme est assujetti à cette nouvelle monarchie multiple. Quel est le nouveau dieu qui règne sur tout ça?

  10. Pour ceux qui comprennent l’anglais, je vous recommande ce petit bijou sur youtube « America: from freedom to fascism ».

    Vous aurez probablement moins envie qu’on paie la dette après ça.

    Ça parle de l’impôt sur le revenu des particuliers ,de l’émission de la monnaie et de la dette. Ça concerne tout premièrement les Américains, mais sachez que la Fed est propriétaire de la banque du Canada.

    Un bill de 1000$ coûte 70 cents à produire, 0$ s’il n’est pas imprimé mais seulement émis dans L’Ordinateur. Mais on nous le prête à 1000$ plus intérêts.

    Le gouvernement est le seul habilité à créer la monnaie, sans intérêt. Mais il a délégué son pouvoir à des banques privées. Et elles nous crèment. Un autre monde passe par un changement à ce niveau là.

    À voir absolument.

  11. « Hugo,
    comment avoir des finances publiques saines quand il y a de mois en moins d’argent venant des entreprises? » (Renart Léveillé)

    Exactement.
    Lisez ci-bas ce que Reuters nous apprend sur notre chère Alcan que s’apprète à vendre Fortier à Rio-Tinto du Royaume Uni. Ce n’est pas nos médias québécois qui nous apprendront çà:

    « LONDON (Reuters) – Mining firm Rio Tinto will unwind Alcan’s aluminum hedgebook if it succeeds in buying the Canadian metal producer, Rio said.

    Alcan declined to give details of its hedgebook in an e-mail received on Tuesday.

    « Assuming we go through with the deal, it will all be wound down, » a Rio Tinto spokesman said on Monday. »

    http://www.canada.com/vancouversun/news/business/story.html?id=9863040c-4522-4181-8460-71626e69ec18&k=63353

    Pour ceux qui savent pas, un « hedgebook » est un état de compte virtuel pour exclure une partie des revenus de la « vraie » entreprise du fisc. Donc, une évasion fiscale.
    Alcan avait un hedgebook pour 10% de toute la production d’aluminium. C’est en plus des concessions fiscales déjà accordées par le gouvernement du Québec et les concessions sur l’énergie hydro-électrique.

    Grosso-modo, l’entreprise enrichissait les actionnaires sur le dos des travailleurs et de la nation québécoise.

    Vous remarquez que Rio-Tinto affirme qu’ils feront un « wind down » du hedgebook de Alcan. C’est que Rio a une politique stricte contre l’évasion par cette passe-passe. Voyez-vous, les dirigeants de Rio-Tinto sont des fiers nationalistes britanniques qui aiment leur nation et leur pays et il ne leur viendrait pas à l’idée de les trahir. On ne peut certainement pas en dire autant des dirigeants d’Alcan, n’est-ce pas? C’est que le Québec n’est pas la nation dont Fortier voue sa fidélité.
    Il est là le problème du Québec. C’est une question d’appartenance, de solidarité, et d’indépendance.

    Si Rio-Tinto met la hache dans le hedgebook d’Alcan, c’est qu’il prévoit déplacer éventuellement le siège social à Londres. Ce n’est certainement pas pour payer des taxes aux Québécois.

    Voilà un portrait du Québec actuel. Vous pouvez l’étendre à son ensemble surtout dans les grandes entreprises.

    Sans fièreté nationale, pas de développement.

  12. « Un bill de 1000$ coûte 70 cents à produire, 0$ s’il n’est pas imprimé mais seulement émis dans L’Ordinateur. Mais on nous le prête à 1000$ plus intérêts. » (Bondo)

    C’est exact, Bondo.
    C’est pourquoi il est impossible de payer complètement la dette, car l’argent pour la payer doit être empruntée avec intérêts également.

    Bien pire, depuis que les USA ont acceptés, en 1974, d’abandonner (à la demande de la Fed) le système de valeur réelle du dollar par rapport à l’or bien réel dans les coffres des banques, c’elles-ci se sont mises à vendre ces milliers de tonnes d’or en échange d’obligations avec intérêts!
    La Banque du Canada vendait tellement d’or qu’elle abaissait le prix de l’once et faisait du tort à l’industrie canadienne (5emme producteur au monde). Avec leur tonnes accumulées, les banques contrôlent le prix de l’or.

    Toute l’économie est devenue virtuel.

    La Terre et ces ressources, ainsi que l’effort des travailleurs, sont bien réels, eux, et ne peuvent pas suivre cette course à une croissance basée sur des chiffres sur ordinateurs.

    C’est la folie pure.

    Nous allons droit à la catastrophe.

  13. On se demande qui a crée cette catastrophe, hein ?

    La réponse est si facile à résumer.

  14. Renart,

    C’est trop simpliste de prétendre que de grimper les impôts des entreprises va régler le problème des finances publiques. On le sait, augmenter les impôts entraîne en cascade une série d’effets pervers qui finissent par nuire à la croissance économique, à l’investissement et à l’emploi. Et je ne parle pas nécessairement de la menace de départ d’une entreprise vers des cieux moins taxés. Cette menace est spectaculaire, mais elle est souvent exagérée. La grande majorité des entreprises ne sont pas en mesure de s’exiler sur un coup de tête car cela représente un chambardement majeur pour l’entreprise, une distraction qui nuit à court et moyen terme à sa compétitivité. Seulement les industries qui demandent une main-d’oeuvre non-éduquée (genre textile) peuvent le faire et rentabiliser l’opération rapidement.

    Le plus grave problème que provoque des hausses d’impôts pour les entreprises, c’est l’annulation d’une multitude de projets et d’initiatives créatrices d’emploi. Quiconque a travaillé pour une grande compagnie (ou même une plus petite) sait bien comment ça marche: quelqu’un élabore une idée, un projet pour augmenter les activités de l’entreprise et ses ventes. Avant d’aller de l’avant, on fait une étude de rentabilité, on calcule le rendement espéré de ce projet, on vérifie le payback… Souvent, seulement quelques petits points de pourcentage séparent la profitabilité de la perte pour un projet. Suffit alors que le taux d’impôt soit élevé ou soit augmenté pour carrément rendre le projet non-rentable. Alors on laisse tomber et l’entreprise stagne. C’est ainsi que des myriades de projets créateurs d’activité économique, d’emplois, de retombées fiscales par le biais des taxes et des impôts payés par les gens embauchés pour ce projet sont perdus. C’est invisible du public comparé à une fermeture ou un déménagement d’usine, mais c’est tout aussi dommageable. C’est toute l’économie et les finances publiques qui en souffrent.

    Sauf exception, la majorité des gens de gauche comprennent mal ces phénomènes car ils font plus preuve de méfiance et de suspicion que d’intérêt réel face au monde des affaires, aux questions de getsion financière des entreprises, aux problèmes de compétitivité et de concurrence. La gauche pense souvent que par une espèce de processus magique augmenter l’impôt des corporations n’a que des effets positifs sur les rentrées fiscales et quasi aucun impact négatif.

  15. @Hugo

    La marge de manoeuvre est assez grande pour pouvoir réimposer les entreprises à un niveau qu’elles avaient il y a dix ou vingt ans sans qu’elles ne perdent toute capacité à créer.

    D’autre part, bénéficiant de plus de rentrées d’argent, l’état peut subventionner de nouveaux créateurs qui n’en auraient pas la capacité autrement(le meilleur exemple étant le cirque du Soleil avec son 250 000$ de l’État pour démarrer).

    Les entreprises établies sont loin d’avoir le monopole de la création, tel qu’on le conçoit dans les théories de création de richesse, même les plus progressistes. Il n’y a pas QUE Gilbert Rozon qui peut faire de l’humour ici. Qui sait, pour 250 000$, un nouveau Rozon pourrait naître. Comme Fantasia, qui devient un incontournable. Etc. Etc.

    Troisièmement, l’état régularise la chaîne économique, en réinjectant de l’argent dans le bas de la pyramide, cet argent revient toujours en haut, parfois avec un plus-value, comme des employés formés gratuitement par le système d’éducation. En bout de ligne, tout réinvestissement de l’État revient dans les poches des entreprises, d’une façon ou d’une autre. L’économie fonctionne par anti-gravité, et non l’inverse.

    L’impôt des entreprises, c’est un investissement dans l’environnement, dans les ressources humaines, compétentes et en santé, dans les infrastructures de transport et autres, etc.

    On a simplement un problème de mentalité et d’idéologies archaïques qui biaise le débat et nous fait tourner en rond.

    Autre truc à taxer, et selon moi LE plus important : Tout argent gagné sans travail doit être imposé solidement. Placements, fiducies, héritages, etc. etc. Si on m’enlève de l’argent sur l’échange de ma force de travail, il est clair que de l’argent gagné à ne rien faire doit être imposable à plus fort taux. Indiscutable. Ça va forcer les plus riches à réinvestir pour créer, au lieu d’être du « profit fainéant ».

    Sauf, bien sûr, si cet argent constitue un minimum de survie que l’état vous accorde en attendant votre réinsertion en société, lorsque la conjoncture économique permet qu’on vous mette à jour pour retourner vous épanouir au boulot. Mais bon, si on les formait, ils ne feraient pas « rien ».

  16. Eric,

    Je suis d’accord avec certains de vos points, mais la marge de manoeuvre que les entreprises ont pour absorber un plus haut taux d’impôt est très, très relative. Si l’impôt des entreprises augmente, les compagnies auront 3 choix:

    -Couper les dépenses: diminuer les salaires, diminuer les dépenses d’administration (moins de publicité, on rénove pas les locaux, etc). Tous ces gestes ont des impacts négatifs sur l’activité économique et sur les rentrées fiscales du gouvernement.

    -Augmenter ses prix: l’entreprise facture plus cher pour ses produits et services pour compenser les sommes supplémentaires qu’elles doit verser en impôt. Malheureusement pour elle, cela signifie que ses produits deviennent moins compétitifs. Ce n’est alors qu’une question de temps avant que ses clients trouvent quelqu’un, quelque part sur notre village global qu’est notre planète, qui vend le même produit avec qualité identique pour un peu moins cher. Et c’est le début de la fin pour l’entreprise… et moins de rentrées fiscales pour le gouvernement.

    -Accepter une diminution de sa profitabilité: ça, c’est la solution magique de la gauche. « Maudits capitalistes, ils ont juste à diminuer leurs profits qu’ils font sur le dos du prolétariat !  » Oui, une entreprise peut pendant un certain temps opérer avec une rentabilité inférieure. Mais le revers de la médaille, c’est que cela signifie une réduction de sa compétitivité car l’entreprise n’a plus d’argent, ou a moins d’argent à consacrer en recherche & développement, en nouveaux investissements pour accroître la productivité ou le chiffre d’affaires, elle a les reins moins solides pour passer à travers les périodes difficiles… De nos jours ou des entreprises peuvent mourir en quelques mois seulement parce qu’elles se font « clancher » par des compétiteurs plus profitables, être moins profitable que ses concurrents n’est pas une solution, n’en déplaise à la gauche.

    Donc il y a un prix important à payer pour augmenter les impôts.

    Par ailleurs, vous dites que de toute façon l’argent prélevé par le gouvernement n’est pas perdu puisqu’il retourne dans le cycle économique. C’est en partie vrai mais il est clair que pour chaque dollar qui passe dans les mains du gouvernement, il en retourne moins dans le cycle économique que pour chaque dollar qui passe dans les mains d’une entreprise. De manière générale, le gouvernement a souvent besoin d’un peu plus d’argent pour arriver aux mêmes résultats que l’entreprise privée. Cela s’explique par la rigidité bureaucratique, le haut taux de syndicalisation de la fonction publique, et du fait qu’à peu près personne n’a jamais de comptes à rendre quand l’argent des contribuables est mal géré alors que dans le privé, vous pouvez être certain que vous allez vous faire sacrer dehors si vous gaspillez l’argent des actionnaires. De dire que les investissements du gouvernement « compensent » ceux que les entreprises ne font pas en raison d’une augmentation des impôts est un leurre: on en a juste moins pour notre argent.

  17. Hugo,

    je ne répéterai pas ce qu’Eric a déjà écrit, je vais ajouter plutôt que si on suit la logique de la création d’emploi que tu nous exposes, les baisses d’impôts des entreprises auraient dû, depuis le temps que ça baisse, nous faire obtenir le plein emploi, ce qui n’est pas le cas. On regarde les statistiques du chômage et, même si le taux est le plus bas depuis 33 ans, il reste que 6,9 % de chômage plus les BS aptes au travail, ça fait beaucoup de monde en mode d’attente. Donc, ça fait très longtemps que les promesses du néolibéralisme ne sont pas tenues… Pourquoi devrait-on faire confiance à une idéologie qui donne si peu de fruit?

  18. « On le sait, augmenter les impôts entraîne en cascade une série d’effets pervers qui finissent par nuire à la croissance économique, à l’investissement et à l’emploi. » (Hugo M.)

    Ah oui?
    Alors pourquoi la taxe aux entreprises de l’Ontario sont 5% plus élevée que le Québec? Ils cherchent les effets pervers?

    Et pourquoi la taxe à la consommation de l’ontario est 7% plus élevée qu’au Québec?
    Ils cherchent à nuire à la croissance économique?

    Ah! Bein tient-donc, c’est exactement la différence entre le 12% de taxes plus élevées au Québec pour les particuliers!

    Et au Québec on cherche à compenser chez les BS!

  19. Zach,

    Point no. 1: pour cette histoire de hedgebook que vous mentionnez plus haut pour Alcan, je pense respectueusement que vous avez assez mal compris le concept du hedge en finance. Ca n’a rien à voir du tout avec un échappatoire fiscal ou de la dissimulation de revenus !!! Ce qu’Alcan faisait, c’était de sécuriser un prix fixé à l’avance pour des livraisons futures d’aluminium pour se protéger de baisses potentielles du prix de l’aluminium sur les marchés internationaux.

    Comme plusieurs minéraux, le prix d’une livraison d’aluminium est normalement fixé lors de la commande, et c’est selon le prix en vigueur au marché qui peut fluctuer de jour en jour selon l’équilibre offre-demande, comme le pétrole par exemple. Si une compagnie estime que le prix va baisser dans le futur, elle peut s’entendre avec certains clients pour fixer dès aujourd’hui le prix de la livraison qui ne sera réalisée que dans 1 an, ou 2 an, ou plus. Ca peut sembler brillant comme tactique mais le revers de la médaille c’est que si vous vous trompez dans vos calculs et que le prix sur le marché monte au lieu de descendre, et bien vous allez livrer à votre client de la marchandise à un prix bien inférieur au prix en vigueur. Plutôt fâcheux de livrer de la marchandise à rabais. Mais si le prix a effectivement descendu, vous vous féliciterez de votre clairvoyance car le client va vous payer plus cher que le prix en vigueur. Le hedging est une technique fort utilisée par de nombreuses entreprises. Il y a pas si longtemps, quand le dollar canadien était faible, même le Canadien de Montréal prenait des hedges sur la valeur du dollar CAN (les salaires des joueurs sont en dollars US, mais les revenus de l’organisation sont majoritairement en dollars CAN…le Canadien se prémunissait de la baisse du dollar canadien face au dollar américain avec des contrats de hedge…aujourd’hui à 95 cents US les problèmes du Canadien à ce niveau sont grandement résolus!).

    Bref, l’article au sujet de Alcan explique qu’en raison du risque associé aux risques de hedging, soit le risque de se tromper sur la direction future du prix, Rio Tinto ne l’utilise pas et va donc graduellement fermer ces contrats déjà fixés d’avance. C’est tout. C’est quoi le rapport avec cette théorie du complot contre la nation québécoise et les payeurs de taxes ?!…

  20. Zach,

    Point no. 2 : oui, le taux d’imposition des entreprises est un peu plus élevé en Ontario. Si ma mémoire est bonne, cet écart est apparu durant les années 80 et 90.

    Comme le Québec a toujours été à la traîne de l’Ontario en matière de croissance économique, de création d’emplois et de chômage, le gouvernement québécois cherchait une façon de combler l’écart. Une des stratégies utilisées fut de baisser l’impôt des entreprises un peu plus bas que celui de l’Ontario dans l’espoir d’attirer éventuellement plus de compagnies.

    Ca nous a aidé a ne pas nous faire larguer encore plus par l’Ontario, mais la différence entre l’impôt corporatif québécois et ontarien est malgré tout relativement modeste, de sorte qu’il n’est pas réaliste de prétendre comme vous le faites que cette politique est un échec.

    Il faut dire aussi que l’Ontario nous a contre-attaqué durant les années Mike Harris en réduisant drastiquement son taux d’imposition des individus qui est encore aujourd’hui plus bas que chez nous (et qui sera encore plus bas que nous malgré les baisses d’impôt du gouvernement Charest)… ça aussi ça attire les entreprises et les individus talentueux et qualifiés.

    Au final, la conclusion incontournable c’est celle-ci : la baisse des impôts corporatifs est une approche qui a fait ses preuves ailleurs (renseignez-vous entre autres sur le cas de l’Irlande). Mais les situations récentes sur la planète où une hausse des impôts corporatifs à eu un effet bénéfique sur l’économie doivent être assez rares merci… prière de me faire parvenir une étude de cas à ce sujet si ça existe…

  21. @Hugo

    Les coûts du secteur public, sauf pour l’institut Fraser et ses affiliés, sont généralement moins coûteux que ceux du privé.

    Qu’un mensonge soit répété 1000 fois n’en fait pas une vérité.

    D’autre part, la liste des administrateurs qui ont entubé leurs actionnaires suffisamment longtemps pour empocher alors que la compagnie plongeait démontre que la démocratie, autant d’un conseil d’actionnaires que d’une assemblée syndicale, exige un effort de chaque membre du groupe, sous peine de se faire entuber par une petite clique.

    La preuve, les primes de séparation des PDG équivalent jusqu’à 10 ans de salaire. Quel crétin n’essaiera pas de se faire mettre dehors?

    À Montréal, 2500 personnes occupent les 4500 postes de CA des grandes entreprises de la rue St-Jacques. Vous remarquerez d’ailleurs que les PDG déchus se retrouvent un autre job de PDG en quelques heures. Ça copine, ça fornique, ça mange le beurre, l’argent du beurre et le cul de la laitière.

    L’arithmétique la plus simple le démontre : le privé ne coûte pas moins cher que le public. La corruption y existe aussi. La bureaucratie aussi. Les syndicats aussi. Québécor ou Ministère de l’éducation, même problèmes de gestion.

    Pour faire du pouce sur le dernier commentaire de Renart, si votre théorie tenait la route, au cours des 15-20 dernières années, nous serions effectivement entrés dans une société de plein emploi. Le PIB a été décuplé; or l’immense majorité de la population est (en dollars constants) soit autant, soit moins riche qu’en 1985.

    Et ne me parlez pas du taux de chômage en baisse. Celui-ci diminue quand:

    A)Plus de gens sont sur le marché du travail.

    B)Plus de gens sortent des statistiques du chômage (on ne compte jamais les assistés sociaux ou les personnes sans chèque, seulement ceux qui touchent l’assurance-emploi).

    Donc, si 150 000 personnes passent du chômage au BS, le taux de chômage diminuera. Et on se pètera quand même les bretelles.

    Si vous voulez un petit aperçu de ce que votre théorie économique donne lorsque la population donne son feu vert à des politiques dites de redressement, je vous suggère le film : Mémoire d’un saccage, de Fernando Solanas.

    Ça vous change une perspective.

  22. Eric,

    Il y a effectivement des cas patents d’incompétence et de corruption dans le privé. Enron ? Placements Norbourg ? Hollinger International, pour faire dans l’actualité…

    Mais à tout le moins, lorsque ceux-ci se font prendre, ils passent en général un fort mauvais quart d’heure ou ils finissent en prison (du moins aux États-Unis car ici au Canada on est trop « moumounes » pour imposer des peines sévères pour les crimes économiques…c’est paradoxal de voir que c’est au pays du capitalisme qu’on est le plus dur envers les capitalistes eux-mêmes lorsqu’ils dérapent).

    Mais vous en avez vu souvent des hauts-fonctionnaires et des ministres faire de la prison pour incompétence ou fraude envers les contribuables? Pas moi. Le scandale des commandites est un bel exemple: pas un seul membre du gouvernement Chrétien sera inquiété.

    Et en plus, si je suis écoeuré disons par la mauvaise gestion de Québécor, bien j’ai toujours le choix de vendre mes actions et d’arrêter d’acheter le Journal de Montréal et de regarder autre chose que TVA. Mais quand le gouvernement explose 2 fois le budget d’un projet, j’ai comme pas le choix de continuer à payer mes impôts.

    C’est aussi ça la différence.

    Je connais pas le film Mémoire d’un saccage. Je vais vérifier. Mais tant qu’à regarder des films à « agenda » qui présente un seul côté de la médaille, je vous en suggère un moi aussi: « L’Illusion tranquille ». Ca va vous apporter de l’eau au moulin, mais dans l’autre sens 🙂

  23. « C’est tout. C’est quoi le rapport avec cette théorie du complot contre la nation québécoise et les payeurs de taxes ?!… » (Hugo)

    Le Hedging ne s’arrête pas à ta description, Hugo.
    Voici le cas de Barrick:

    « That first amount “on deposit” arising from that first short sale implied by Note 10(c), augmented by over a decade of contango earned on ever bigger sums received on ever more favorable terms, has grown into today’s Hedgebook: a $5.5 billion, throbbing, brooding omnipresence, the product of over 18 million ounces of gold sold short, bubbling, seething, compounding (apparently) tax free; in 15 years this thing could eat Fannie Mae. »
    http://www.gold-eagle.com/editorials_02/landis052102.html

  24. « Mais vous en avez vu souvent des hauts-fonctionnaires et des ministres faire de la prison pour incompétence ou fraude envers les contribuables? Pas moi. Le scandale des commandites est un bel exemple: pas un seul membre du gouvernement Chrétien sera inquiété. » (Hugo)

    Ce qui prouve que ta vision manichéenne de l’État et du privé, de la gauche et la droite, est erronée.

    C’est par le privé que les hauts-fonctionnaires volent les contribuables. C’est l’entreprise privé qui place ses pions au gouvernement en tant que hauts fonctionnaires pour y préparer le terrain et ensuite les retourne comme CEO ou au sein des CA des entreprises.
    C’est comme ça qu’ils se donnent les « subventions », les « concessions », les contrats, les changements de loi à leur avantage, et même légaliser ce qui ne l’était pas avant.

    Les pays où la corruption est la moins élevée ne sont pas soit de gauche ou de droite, communistes-socialistes ou capitalistes, mais ceux-là où il y a le plus d’équilibre entre les deux.

    La différence entre les USA et Canada est, comme vous dites, la faiblesse de la justice canadienne envers les fraudeurs corporatistes.

  25. @ Hugo,

    J’ai déjà vu l’Illusion tranquille. Je n’ai jamais autant ri d’un film documentaire.

    Je connais environ la moitié des gens dans ce film pour avoir croisé le fer avec eux/elles, mon préféré étant bien sûr Réjean Breton, le tristement célèbre prof d’université, que j’aime beaucoup parce qu’il est bien bon pour varger des gauchistes fragiles, mais sans contenu. Ce sont tous des chums, sans exception, et malheureusement, ils n’ont aucune objectivité.

    Peu leur importe, ils savent que si L’Égise réussit encore à faire avaler ses histoires, même après que l’on ait démontré que le « Jésus » mythique était une copie de 7-8 « divinités » de l’antiquité, on peut faire avaler pas mal n’importe quoi, tout dépendant de la forme plutôt que du fond.

    Les gens sont poissons. Et généralement l’explication la plus facile gagne.

    C’est un superbe film de propagande pour ceux qui n’ont:

    1. Jamais été en contact de proche avec la politique.

    2. Ne savent pas compter.

    3. N’ont aucune culture historique.

    Pour me mettre devant l’inévitable, un jour, un de mes mentors m’a demandé de lui trouver une seule grande évolution sociale que la droite a mis en place dans l’histoire?

    Le droit de vote des femmes? Non
    La contraception? Non
    L’éducation publique? Non
    L’assurance-Maladie? Non
    Le Fordisme? Non
    L’émancipation des esclaves? Non
    Les droits civiques? Non
    Les initiatives de paix dans le monde? Non

    Existe t’il un personnage important de droite dont le monde se souvient comme d’un héros pour l’humanité?

    Hitler? Napoleon? Staline? Reagan? Tatcher? Louis XIV?

    De l’autre côté, la liste est longue : Mandela, Gandhi, Luther King, Lennon, Chaplin, Malcolm X, et j’en passse. Ils n’ont pas été au bout, peut-être, mais on a avancé.

    Ce sont des humains progressistes dont les dictionnaires sont remplis, ceux qui ont fait avancer le monde.

    Et, attention, ce n’est pas en pointant vers la droite en criant à gauche toute qu’on me fera dire que Staline était à gauche. On est pas du côté où l’on dit être, c’est ce qu’on fait qui justifie notre place sur le spectre politique.

    Donc, si votre argumentaire provient de trucs comme l’Illusion tranquille, vous allez finir par vous faire traiter de niaiseux. Ce film a autant de fondements que Harry Potter; c’est bien fait, bien amené, mais d’une fausseté terrifiante, d’un biais historique décourageant.

    Il faut savoir faire une différence entre les pourfendeurs professionnels de l’état, et les vrais dissidents. L’état a un problème de gestion, c’est évident. Pourquoi on ne le règle pas? Parce qu’il y a probablement beaucoup de gens avec beaucoup de pouvoir pour qui le fait de démontrer l’incompétence de l’état est plus payante que d’améliorer la gestion, histoire de pouvoir racheter quand le peuple va crier « PRIVATISEZ ».

    Je suis d’ailleurs en train de me ramasser un petit pactole, histoire de faire de bonnes affaires si l’ADQ rentre au pouvoir d’ici peu. Rien de tel qu’une clientèle captive pour faire de l’argent facile avec un service. Et bon, si les gens veulent croire au plus facile; un moment donné, le gars a fini depuis longtemps de penser pouvoir protéger les gens de leur propre paresse intellectuelle.

  26. Eric,

    une chance que je te connais bien. D’une autre plume, la finale de ton texte m’aurait fait grimper dans les rideaux…

    Ça me fait penser, faudrait juste trouver un nom pour ce nouveau mouvement : « Rich person with ethics », « Les Robins des Villes et Villages »?

  27. Est-ce que c’est comme le Robin des banques qui, on aura appris plus tard qu’il était « backé » par les Caisses pop?

    Le néolibéralisme n’est pas LA solution, la sociale-démocratie non plus. Toi et moi sommes sûrement d’accord pour dire que le mieux est à quelque part entre les deux.

    Sauf que je ne peux m’empêcher d’y aller d’une remarque.

    Depuis que je lis uhec.net, je crois comprendre que la majorité des gens ici croit que le Québec est de plus en plus néolibéral. Ai-je bien compris?

    Si oui, il me semble alors qui si c’est vraiment le cas, et bien le néolibéralisme serait LA raison qui explique que notre taux de chômage est le plus bas depuis 33 ans, soit 1974.

    Je sais pas…

  28. @Bum

    Scroll up dude…

  29. Pardon? Commentaire inutile et non provoqué.

    Ma question est légitime et cohérente, contrairement à ton vocabulaire d’ado. Tu veux dire quoi mon enfant par « scroll up » ?

    Alors, je ne vois vraiment Bondo pourquoi tu me réponds comme ça, sauf un surplus de fiel que tu tenais absolument à cracher sur le premier venu.

    Si ta blonde ne te satisfait plus, crache sur elle, pas sur moi.

    Décroche svp et puis tiens, répond donc à mon questionnement de façon intelligente.

    Ça ferait différent…

    Répond à celle-ci pi après ne me répond plus d’accord? Toi et Zach aussi êtes nouveaux ici et tu n’as que l’insulte comme argument et je trouve dommage pour uhec.net

  30. @bum

    Je vais te traduire mes propos haineux:

    « Scroll up dude » veut dire: « remonte la page avec la petite roulette de la souris pour lire ce que les autres ont écrit, mon ami. » (concernant ton commentaire sur le taux de chômage, Renart et moi y avions déjà répondu auparavant)

    Je vois pas elle était où l’insulte.

    @Louis
    C’était une pointe sans malice, mais j’éviterai les propos haineux du genre « dude » à l’avenir.

  31. Ok. C’est parce qu’à part ton scroll up qui était trop évident pour que je ne le rate, je ne te lis plus. C’est sûrement pour ça que je n’ai pas vu que tu en parlais toi-même.

    Et puis de toute façon Eric,si tu te mets à répondre « scroll up » ça à chaque fois que quelqu’un se répète ici, tu n’as pas fini.

    Au nombre de fois qu’on lit que Harper couche avec Bush ici…

  32. « Est-ce que c’est comme le Robin des banques qui, on aura appris plus tard qu’il était “backé” par les Caisses pop? » (Bum Intello)

    Biensûr que oui!

    Le Québec est la SEULE province (terre-dominée) qui n’est pas sous la domination des 5 grandes banques privées!

    La Caisse Pop Desjardins (COOPÉRATIVE) représente 50% du marché bancaire au Québec!
    Il n’y a pas d’autres provinces « canadiennes »(dominées) avec cet avantage!

    BRAVO! Michaud!

  33. Pour me mettre devant l’inévitable, un jour, un de mes mentors m’a demandé de lui trouver une seule grande évolution sociale que la droite a mis en place dans l’histoire?

    Le droit de vote des femmes? Non
    La contraception? Non
    L’éducation publique? Non
    L’assurance-Maladie? Non
    Le Fordisme? Non
    L’émancipation des esclaves? Non
    Les droits civiques? Non
    Les initiatives de paix dans le monde? Non

    Drôlement, une quelques items de la liste ci-haut (Assurance-maladie, éducation publique) ont trouvé leur source au Parti Libéral, qu’on accuse souvent de néolibéralisme ces temps-ci.

    Existe t’il un personnage important de droite dont le monde se souvient comme d’un héros pour l’humanité?

    Churchill? Eisenhower? De Gaulle?

    Et en passant, Staline était de gauche, ainsi que Mao, Castro et Kim Jong Il, ces ardents défenseurs des droits et libertés. La droite n’a pas le monopole des tyrannies.

  34. Parlant d’émancipation des esclaves, je vous ferais aussi remarquer qu’Abraham Lincoln était un républicain… pas tout à fait gauchiste…

  35.  » …comment avoir des finances publiques saines quand il y a de mois en moins d’argent venant des entreprises? »

    En gérant les finances publiques avec efficience, tout simplement.

    Le secteur privé a compris ça depuis longtemps.

    Mission: gaspillage zéro!

  36. Lincoln était aux républicains ce que Bourassa, ou même Lesage, furent aux Libéraux. Des progressistes, donc un peu plus de gauche. Quant à la question de l’émancipation, ce n’est pas Lincoln, mais un ensemble de pressions sociales et économiques (de gens progressistes, entre autres)qui l’ont accélérée.

    Comme héros: Churchill, De Gaulle et Eisenhower? Pour les petits Rambos de ce monde, peut-être. Pour moi, ils n’ont que survécu à la deuxième guerre mondiale. Bravo, ils ont eu leurs médailles et leur présidence, mais en termes de grand succès, la deuxième guerre mondiale ne s’est pas jouée sur leur talent.

    Tout le monde qui a été un tant soit peu à l’école sait que Staline n’était pas à gauche. C’était un dictateur, et sa manière de gouverner est celle de la droite: état-policier, restriction des libertés civiles, assassinats, goulags, militarisation. Quant aux autres, pas besoin de me répéter.Vous pourriez me dire aussi que, d’après le nom du parti (National-Socialiste), que l’autre plus grand homme de droite du siècle dernier était à gauche.

    Je crois l’avoir dit plutôt: On ne peut qualifier un politicien de droite ou de gauche qu’à la lumière de ses actions, pas à ce qu’il prétend être ou au nom de son parti.

    La tyrannie est une volonté prenant naissance à l’extrême droit du spectre politique. L’extrême gauche s’appelle l’anarchie, c’est à dire pas de gouvernement du tout. Un leader dit de gauche qui devient un monstre comme Staline passe en même temps à la droite du spectre politique.

    Vous avez encore autant de chances que vous voulez pour trouver un exemple pertinent.

  37. Lincoln était aux républicains ce que Bourassa, ou même Lesage, furent aux Libéraux. Des progressistes, donc un peu plus de gauche. Quant à la question de l’émancipation, ce n’est pas Lincoln, mais un ensemble de pressions sociales et économiques (de gens progressistes, entre autres)qui l’ont accélérée.

    Non, en fait Lincoln a été critiqué par plusieures factions du parti républicain pour sa mollesse envers les états esclavagistes. En particulier par un groupe appelé « radical republicans ». Ce n’était pas Lincoln qui était aboulitionniste autant que les membres de son parti.

    Comme héros: Churchill, De Gaulle et Eisenhower? Pour les petits Rambos de ce monde, peut-être. Pour moi, ils n’ont que survécu à la deuxième guerre mondiale. Bravo, ils ont eu leurs médailles et leur présidence, mais en termes de grand succès, la deuxième guerre mondiale ne s’est pas jouée sur leur talent.

    Vas relire to histoire de la 2e Guerre Mondiale. Si ce n’avait été de ces trois personnages, Churchill en particulier, et de Franklin D. Roosevelt et Harry Truman, nous serions aujourd’hui sous la botte des Nazis. De quoi les considérer comme héros, en autant que je suis concerné.

    Tout le monde qui a été un tant soit peu à l’école sait que Staline n’était pas à gauche. C’était un dictateur, et sa manière de gouverner est celle de la droite: état-policier, restriction des libertés civiles, assassinats, goulags, militarisation.

    Va voir sur mon blogue, j’y ai mis une excellente définition de gauche versus droite. Le totalitarisme et la tyrannie ne sont pas de gauche ou de droite. On peut être dictateur et être de gauche. Staline était un communiste, on ne peut pas être plus à gauche que ça. Dans la même veine, il y a aussi Mao, Kim Il Jong et son fils, et Castro. Mais naturellement, pour vous, ils sont tous de gentils dictateurs… Tout système politique qui favorise le totalitarisme comme tous les pays à régime communiste comme l’URSS, Cuba, la Chine et la Corée du Nord se retrouve invariablement avec un despote à sa tête. Ce n’est pas une philosophie de gauche ou de droite, mais le pouvoir absolu qui entraine la tyrannie.

  38. @Philippe

    Je n’irais pas m’obstiner avec toi sur des 1 ou des zéros. Mais là, faut pas pousser sa chance.

    La gauche et la droite sont loin de se résumer au socialisme, au Libéralisme et au Néo-libéralisme. Belle initiative, mais c’est un peu trop réducteur. En fait, ton texte était sur ces trois types de système, et non sur le spectre politique.

    Mais bon, ça ouvre la discussion.

  39. @Philippe

    Je me reprends; j’avais manqué un petit bout, croyant qu’il s’agissait de commentaires.

    La suite est très bien.

    Une chose demeure, les noms que tu cites ici n’ont pas gouverné selon l’étiquette qu’ils s’étaient (ou qu’on leur avait) attribuée. C’est comme Bernard Landry qui se disait social-démocrate… C’est l’analyse de leur règne qui doit être défini d’une façon ou d’une autre, et non cette étiquette.

  40. @ Eric Bondo:

    Tout est relatif. Bernard Landry se situait quand même à gauche de tous les autres chef politiques qui l’opposaient. Et la plupart des politiciens américains sont idéologiquement à droite même de nos conservateurs.

    Par contre, si Staline avait été de droite comme tu le disais, il se serait empressé de tout changer le système économique de l’URSS, ce qui n’a pas été le cas. Pourtant il avait plein pouvoir de le faire.

    Ce n’est pas la pensée de droite ou de gauche qui amème la tyrannie. Qu’il soit communiste ou faciste, d’extrême-gauche ou d’extrême droite, un dictateur reste toujours un dictateur. La seule chose qui l’intéresse c’est le pouvoir et comment le conserver. La seule différence c’est qu’un dictateur de gauche essaiera de vous faire croire qu’il le fait pour son peuple, tandis que celui de droite ne fera pas d’excuses…

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