Les sans-culottes

Un phénomène semble prendre de plus en plus d’ampleur: les sorties sans petite culotte, tant chez les hommes que chez les femmes. Cette manière d’aborder la sexualité n’a rien de nouveau, mais la généralisation de cette façon d’agir et d’être, à la suite des vedettes d’Hollywood, dessine cette nouvelle tendance. Plusieurs qualifient ces « freeballers » et « freebuffers » de personnes libérées, mais est-ce vraiment le cas?

En effet, si dans les années soixante la libération sexuelle semblait correspondre avec une émancipation plus générale de la population, le constat est différent aujourd’hui. Les sans-culottes (à ne pas confondre évidemment avec les révolutionnaires français) n’ont pas la moindre revendication politique et leur action en est surtout une d’affirmation individuelle, la participation à une sorte de nouvelle mode vestimentaire devant, supposément, affirmer la différence de celui ou celle qui y participe.

Bref, en ce sens, ce mouvement n’est pas différent de celui des tatouages dans le bas du dos chez les filles, ou sur l’avant-bras chez les hommes, ou des piercings dans la langue ou dans le nez: d’un processus d’individualisation, au début, il y a eu dérive vers une uniformisation, voire un conformisme. De gens qui désiraient afficher leur affranchissement sexuel on est passé à un groupe quasi-homogène d’individus se conformant à cette nouvelle mode.

Christian Ghasarian pose la question dans le dernier Diplo:

« Une contre-culture institutionnalisée demeure-t-elle une contre-culture? L’actuelle diversification sociale se caractérise par un mélange des genres et une difficulté récurrente à classer les actions des uns et des autres dans la norme ou la déviance, dans le conformisme ou « l’ avant-garde ». »

En somme, qui est le plus individuel: celui qui fait comme les autres soi-disant libérés ou celui qui est réellement lui-même et n’obéit à aucune mode?

Parallèlement, on peut se poser la question à savoir si cette hypersexualisation ne serait pas plutôt le signe d’un manque de liberté plutôt que le contraire. Aldous Huxley soulignait, dans son mythique roman « Le meilleur des mondes », que plus une société est contrôlée et totalitaire plus la liberté sexuelle y est encouragée. Cela se comprend: la sexualité libère une grande partie des tensions accumulées par des gens en manque de liberté et la canalisation de cette frustration vers le sexe ne nuit pas au pouvoir en place.

En ce sens, l’hypersexualisation que constitue le phénomène des sans-culottes ne constitue pas une preuve d’avancée sociétale, mais plutôt le signe d’un manque de liberté et d’un conformisme triomphant instituant de nouvelles normes à respecter pour qui désire retrouver un sens d’identification collective dans une société de plus en plus désintégrée socialement.

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17 Réponses

  1. Il faudrait se demander pourquoi les médias accordent autant d’importance à ces pas de culottes avant de crier à l’hypersexualisation.

  2. Quand on n’est pas capable de montrer son intelligence, on montre son cul.

  3. AntiPollution,

    Faites-vous partie de ces gens qui ont le monopole du respect et du bon goût lorsque des gens tiennent de vilains propos par rapport à des personnalités québécoises de gauches mais qui se permettent de faire la même choses des américains et des droitistes?

    Je pose cette question, parce que selon moi, vous devriez nous montrer votre cul!

  4. […] Et vous êtes-vous un sans-culotte? […]

  5. C’est peut-être mieux que cette fille ne se réveille jamais.
    Elle aura alors trop honte de sortir de chez elle sans un sac sur la tête.

    Tandis que maintenant elle peut se vanter de donner des cours d’anatomie.

  6. Ces gens se croient au paradis terrestre, donc ils rêvent de vivre comme Adam et Eve: tout nus

  7. J’arrive pas à croire qu’on accorde autant d’importance à cet article.

    Sérieusement, c’est vraiment juste du monde qui décide une journé de pas mettre de sous-vêtement pour le tripe. « Going commando ».

    Qu’est-ce qu’on en a à foutre deja?

  8. Je pense pas qu’il faut faire de grandes théories sociales pour expliquer cela. C’est une mode « in » parmi certaines vedettes. Mais c’est assez marginal quand même. Et au sein de la population, c’est inexistant. L’article de La Presse indique que 59% des femmes ont déjà expérimenté cela et que 23% des femmes le font quotidiennement ! Voyons donc, ça n’a pas d’allure. Il y a en a une gang qui ont menti dans le sondage! 23%, ca veut dire 1 femme sur 4. On peut s’entendre pour dire que si 1 femme sur 4 ne mettait jamais de culottes, on le saurait !…

  9. « On peut s’entendre pour dire que si 1 femme sur 4 ne mettait jamais de culottes, on le saurait !… »(Hugo)

    Biensûr!
    On nous tire par le pub… par les cheveux!

    Avec tous les efforts que nous mettons à savoir d’où nous venons, on saurais!

    Non mais, cette fille qui montre ainsi si candidement et nonchalament l’origine du monde de façon tellement banal!

    Et tout ces scientifiques avec leurs lunettes puissantes aux lentilles frottées pendant des heures et des jours et des mois à scrutter pour une ouverture sur le mystère quelque part…

    C’est pas chic.

  10. Sortez un peu. Ça fait plus de vingt ans que Farrah Fawcett s’est fait prendre par un photographe sans sa culotte. Il n’y a rien de nouveau là. Il n’y a peut-être pas une femme sur quatre qui se promène continuellement sans une culotte mais je ne serait pas étonné qu’une femme sur quatre le fasse occasionnellement ( ça laisse des marques sur un vêtement moulant des bobettes ), comme de ne pas porter de soutien-gorge. Vous ne vous y connaissez pas plus en femmes qu’en économie on dirait.
    Le parallèle de Louis est complètement à coté de la plaque, l’époque victorienne était une époque contrôlée et la liberté sexuelle n’y était certainement pas encouragée. On peut dire la même chose du Québec d’avant 70.

  11. Farrah Fawcett!?
    Merde! J’était sûr que c’était Paris Wilton (ou quekchose comme ça).

    Tu es sûr?!

    Il me semble que Farrah a des vulves plus larges.
    Question d’expérience.

    Paris, on voit très bien qu’elle fait semblant.

    C’est même pas fini de se former!

    De la cellule souche!

  12. extrait du célèbre livre de Alexis de Tocqueville qui a précédé celui de Huxley de 90 ans:

    Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde: je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres: ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il ne les voit pas; il les touche et ne les sent point; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et, s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie.

    Au-dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sut leur sort. il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs. principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages, que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ?

  13. salut moi homme marocaine recherche un bon relation avec les autres .

  14. Kim-Jong-Il, ton analyse est bonne mais je ne vois aucun mal à ce que des femmes ne portent pas de petites culottes!

    mmmmmmmmm!!

  15. Je suis d’accord avec Sylvie Lavallée.

    Pas d’autres commentaires 😀

  16. Bien que je me fiche pas mal de ce que fait Paris Hilton, je trouve la question extrêmement pertinente, et je suis déçue qu’après tant de lectures, hormis deux personnes (Gilles Laplante et Kristof), si peu de gens aient tenté une (véritable) réponse.

    L’extrait qui suit est tiré de Femme mythifiée, femme mystifiée de Claude Alzon. Je crois qu’il a au moins une partie (peut-être la plus facile?) de la réponse.

    « Le terrorisme du sexe, obligeant, sous peine d’être dépassé, à consommer du sexe comme on consomme de la dinde, à toutes les sauces, démarre brutalement dans les années 20, s’arrête avec la crise, repart après la guerre et n’a cessé depuis de marquer des points. Autrement dit, l’incitation au sexe accompagne pas à pas l’incitation à la consommation comme moteur d’une société fondée sur le gaspillage et le rendement. Le culte du sexe, devenu délirant, pousse à la fois à dépenser et à produire. Car pour multiplier les aventures en tout genre, il faut de l’argent, beaucoup d’argent. Et pour se procurer cet argent, il faut grimper dans la hiérarchie industrielle, c’est-à-dire tout faire pour se montrer, aux yeux du Capital, le plus rentable possible. Depuis trente ans, la course au sexe, renforçant la course au fric, assure le dynamisme du système. […] La sexualité plus que jamais permet d’assurer l’ordre. En exacerbant le désir, on rend sa satisfaction impossible au plus grand nombre que l’on condamne à courir sans fin après leur queue. » (p. 294)

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