La face cachée du terrorisme

Je suis en train de lire un livre fascinant: L’empire de la peur: Terrorisme, guerre, démocratie, par Benjamin Barber. Ce bouquin, écrit par un ancien conseiller de Bill Clinton, est un rayon de lumière dans toute l’obscurité entourant le phénomène du terrorisme. En le lisant, on se débarasse des filtres qui nous sont imposés quotidiennement par des médias corporatistes à genoux et qui nous empêchent de comprendre les causes profondes du terrorisme qui mène vers le retour à un état de nature où manquent cruellement les lois et le nécessaire contrat social.

En effet, Barber voit le terrorisme comme la réponse à une absence de lois et à un retour vers un état de nature tel que décrit par Hobbes où la vie de l’homme est « brève et animale », constamment menacé qu’il est par les autres, ne jouissant pas de la moindre sécurité nécessaire à toute forme de société.

« Notre peur de l’anarchie nous a ramenés en réalité à l’état de nature anarchique qui était le premier et véritable empire de la peur. Là, nous nous sentons tenus de renoncer aux lois pour seulement compter sur la force et la fourberie; écartant les alliances et ne faisant confiance qu’à nous-mêmes; troquant la liberté civique et respectueuse des lois acquise au moyen de la citoyenneté démocratique contre cette « liberté naturelle » élimée qui nous donne le droit de faire ce que nous pouvons, de nous tuer mutuellement au nom de l’instinct de conservation. Nous sommes attirés dans une guerre de tous contre tous. […] L’état de nature ne se connaît pas d’amis. »

Ce que dit Hobbes, c’est que l’Homme s’est donné des gouvernants pour lui assurer la sécurité nécessaire à son existence. Et Barber explique que la globalisation des marchés et l’absence de règles légitimes et basées sur une entente entre toutes les parties (du genre « vous vous soumettez à mon pouvoir en échange de quoi je vous assure la sécurité », ce qui est grosso modo le message véhiculé par tout État-nation) entraîne un chaos et un nouvel état de nature où la loi du plus fort est la seule règle valable.

En somme, il est donc tout à fait inutile et même stupide de chercher à combattre le terror-isme (idéologie de la terreur) par la peur et la terreur, car ainsi on ne fait que chercher à jouer le plus fort dans une guerre de tous contre tous où jamais aucun plus fort n’arrive à imposer l’ordre et la sécurité. Ce qui sort l’Homme de cet état de nature, c’est le contrat social, et donc l’acceptation de règles communes, qui ne sont pas imposées par le plus fort, mais qui sont acceptées par toutes les parties.

Aucun fusil, aucune bombe, aucun contingent militaire canadien ou américain ne pourra donc jamais vaincre le terrorisme, puisqu’en cherchant à combattre les terroristes avec les armes des terroristes, tout ce qui ne peut émaner de cette logique est davantage d’anarchie et d’instabilité.

Barber ne va pas aussi loin, mais on peut même affirmer que le terrorisme actuel est un vecteur de progrès de l’humanité, car il force les États-nations à se solidariser les uns les autres et à inventer un nouveau contrat social réduisant les inégalités sociales et permettant de mettre fin à un état d’anarchie où vivent et prospèrent les terroristes.

Un nouveau contrat social plus équitable, assurant la sécurité au tiers-monde et à sa population, l’incitant à rejeter ses éléments les plus extrémistes au lieu de les tolérer et de voir en eux de nécessaires démons à l’oeuvre contre un plus grand Satan.

Publicités

13 Réponses

  1. j’ai une solution beaucoup plus simple et moins coûteuse: ne pas laisser s’établir dans nos pays les terroristes potentiels ou les sympathisants potentiels. Ils auraient beau avoir de bonnes raisons de faire péter des immeubles du gouvernement du grand satan ou de ses alliés mais s’ils ne sont pas à proximité de ces immeubles ils ne le pourront tout simplement pas. Réduire les risques c’est ce que tout gouvernement responsable devrait vouloir, non ? La quantité de visas pour les arabes réduite au minimum et la quantité d’immigrants arabes réduite au minimum. Et puis si on n’intervient pas dans leurs pays ils n’auraient pas d’étrangers à blâmer pour leurs problèmes.

    Pas de eux chez nous et pas de nous chez eux. Une solution vraiment efficace et pas chère.

    C’est ironiquement tout le contraire que font les gouvernements britanniques et américains : ils attaquent des pays arabes et laissent des centaines de milliers d’arabes entrer dans leurs pays. Pensez à ça. Même pas besoin d’être un cynique pour se rendre compte que la « guerre au terrorisme » c’est une escroquerie.

  2. Il est clair que les racines de tout mouvement terroriste ont des origines sociales, économiques ou politiques. Ultimement, cela veut aussi dire que pour pouvoir éliminer le terrorisme, il faut donc travailler sur les causes primaires. Même si ils peuvent faire oeuvre utile en sécurisant des populations et des zones de conflit, les forces militaires n’ont ni la capacité ni la responsibilité de solutionner des problèmes socio-politiques. Ultimement, les solutions doivent venir du politique.

    Mais une chose doit demeurer très claire. Aucune cause, aucune injustice, aucun tort, si grande soit-ils, ne justifie le recours à des actes de violence contre des civils. En aucun cas cela n’est acceptable, sans exception. Par exemple, je n’ai pas de problèmes lorsque je vois des terroristes palestiniens s’en prendre à un barrage militaire israélien. Les soldats représentent l’État. Ils sont payés pour faire cela. Il est donc légitime pour les Palestiniens de s’attaquer à eux. C’est de la résistance nationale légitime.

    Cependant, il est totalement illégitime et inacceptable lorsque ces mêmes Palestiniens s’inflitrent discrètement en Israël, et vont planter une bombe dans un autobus remplis de civils israéliens. Dans ce cas, ce n’est plus de la résistance légitime, c’est du meurtre pur et simple.

    C’est pour cela que je considère qu’en ce qui concerne les terroristes, il n’y a pas de négociations possible sans que ceux-ci renoncent à tout acte de violence contre des civils. Il n’y a qu’une seule façon de « dealer » avec ces gens: c’est par la force et la mort. Ils doivent être abattus, purement et simplement. Par des opérations militaires ou de forces d’élite spéciales. De toute manière, psychologiquement, la majorité de ces gens-là sont perdus: lorsqu’on devient suffisamment fanatique pour passer du « côté sombre » en s’engageant dans le terrorisme, on a renoncé à l’humanité qui nous restait. La mort devient la seule issue, qu’elle nous soit infligé par des militaires ou par soi-même dans un attentat-suicide.

    Mais pendant que nous éliminons les terroristes par la force, cela ne doit surtout pas nous faire oublier que la tâche la plus importante demeure le dialogue et la négociation avec tous ceux qui ne sont pas encore passé du côté du terrorisme: tous ces modérés ayant des revendications légitimes car non tachée de sang de civils, tous ces mouvements pacifiques mais militants qui veulent engager la négociation. C’est avec eux qu’il faut travailler.

    Les autres, les terroristes, ils doivent être éliminés car ils ont transformé leur revendications originalement légitime en vaste entreprise de meurtre.

  3. Hugo écrit: « Il n’y a qu’une seule façon de “dealer” avec ces gens: c’est par la force et la mort. Ils doivent être abattus, purement et simplement. Par des opérations militaires ou de forces d’élite spéciales. »

    C’est justement ça le gros problème: la force brute n’a jamais pu et ne pourra jamais faire sortir des hommes « sauvages » de leur état de nature. Seul le contrat social peut y arriver.

    Tue un terroriste, il y en a dix qui apparaissent.

    Trouve un moyen de régler le problème des inégalités sociale et de légitimer un pouvoir s’appuyant sur les volontés des peuples, et tu viens d’éliminer le terrorisme.

    En affirmant que la force brute peut régler le problème du terrorisme, tu commets exactement la même erreur que les États-Unis ont commis en Irak et en Afghanistan. Dans les deux cas, le terrorisme a explosé et les deux pays sont en guerre civile.

    Pour sortir de cet état de nature où c’est la guerre de tous contre tous et où tout est permis, la PIRE chose à faire est davantage de guerre et davantage de permissions et d’exceptions.

    Ce que tu donnes comme recette, Hugo, est la meilleure façon d’assurer une croissance sans fin au terrorisme et à l’anarchie globale qui l’alimente.

  4. Il n’est pas nécessaire un « nouveau » contrat social plus équitable.

    Il ne peut pas y avoir maintient d’une équitée durable.

    Il y avait un contrat social déjà. Il a été brisé. Il est là le problème. Il faut le rétablir.

    Le contrat social était qu’une valeur d’échange devait être liée à une valeur concrète (l’or).

    Depuis 1971, ce contrat social a été brisé.

    Notre monaie d’échange n’est plus liée à aucune valeur réelle.

    Les seuls intérêts sur cette nouvelle valeur imaginaire nous rends tous esclaves d’une production qui doit obéir à une croissance soutenue qui est complètement iréaliste et en opposition avec le réel potentiel productif de la planète, qui elle, n’est pas un concept imaginaire.

    Les véritables terroristes mondial sont nos banquiers.

  5. «Barber ne va pas aussi loin, mais on peut même affirmer que le terrorisme actuel est un vecteur de progrès de l’humanité, car il force les États-nations à se solidariser les uns les autres et à inventer un nouveau contrat social réduisant les inégalités sociales et permettant de mettre fin à un état d’anarchie où vivent et prospèrent les terroristes.»

    Complètement vomitif.

    Si un kamikaze islamiste va se faire sauter et toute ta famille avec, j’espère que tu continuera d’y voir un progrès pour l’Humanité.

    Par ailleurs, la plupart des terroristes n’en ont strictement rien à foutre de la pauvreté et des inégalités avec lesquelles tu te gargarise.

    Presque tous les kamikazes du 11 septembre avaient des diplômes universitaires. Mohammed Atta, le leader, était ingénieur.

    Ben Laden vient d’une famille riche.

    Son second, Al-Zahawiri, est un médecin.

    Ton explication complètement débile liant terrorisme et pauvreté est dans le champ.

  6. « Les véritables terroristes mondial sont nos banquiers. »

    Bien dit Zach!

  7. Louis, je crois que vous avez fait de la lecture sélective de mon commentaire…

    Vous dites: « En affirmant que la force brute peut régler le problème du terrorisme, tu commets exactement… » J’ai jamais écrit que la force brute pouvait régler le problème du terrorisme ! Je dis exactement le contraire d’entrée de jeu en reconnaissant que les causes du terrorisme sont soico-politiques et qu’ultimement elle ne peuvent qu’être reglées par des actions politiques. Les causes du terrorisme ne peuvent PAS être solutionnées juste par la force brute.

    Soyons clair: ce que je dis, c’est qu’il faut agir parallèlement sur 2 aspects en même temps:

    En premier lieu, il faut utiliser des moyens politiques, économiques et sociaux pour résoudre les injustices sociales, les inéquités économiques, la ségragation ethnique, etc. qui sont à l’origine des mouvements terroristes. Il faut travailler avec tous les mouvements pacifiques et modérés qui veulent faire avancer les choses, qui veulent faire leurs revendications par le dialogue. Les militaires ne sont évidemment pas formés à agir sur ce type de problèmes. Il nous faut plutôt des diplomates, des intervenants sociaux, des économistes.

    Deuxièmement, en ce qui concerne les quelques individus et organisations qui basculent dans la violence et qui décident de devenir terroristes et de s’attaquer à des civils au nom de leur cause, ceux-là doivent être éliminés. Les causes pour lesquelles ils affirment tuer des innocents peuvent être légitimes, mais les moyens qu’ils utilisent disqualifient ces individus. Donc on n’a pas à traiter ou négocier avec eux. Et c’est sur ce deuxième aspect que les forces militaires ou d’élite peuvent être utiles en traquant, en éliminant ces gens, en tentant de faire échec à leurs attentats meutriers.

    Est-ce que c’est plus clair maintenant?

    En agissant sur les 2 aspects, on évitera justement de faire apparaître 10 nouveaux terroristes pour chacun qu’on tue, car si les gens voient des efforts concrets, des progrès réels se faire lorsqu’ils utilisent la voie politique et pacifique pour émettre leurs revendications, ils ne verront pas de raison légitime à utiliser la violence et ne verseront pas de larmes non plus sur ceux qui sont tués parce qu’ils recourrent à la violence.

  8. Pour vous renseigner et vous démontrer que le terrorisme et la pauvreté n’ont strictement aucun lien:

    http://www.guardian.co.uk/israel/Story/0,2763,764837,00.html

    Vous noterez que c’est un article du Gardian ! Quand même pas un maudits journal de la grosse droite réactionnaire que vous détestez tant.

  9. Où ça « pauvreté » et « terrorisme » ? Je ne vois pas…

  10. Judéoscope est fermé!
    http://www.judeoscope.ca/

    Je parie que ce sont les sionistes eux-mêmes qui l’ont fait fermer.

    L’opinion publique se retourne contre eux.
    Ils vont se faire plus discrets.

  11. Les terroristes ne sont pas pauvres, voyons.
    Comment pourraient’ils terroriser s’ils n’avaient pas les moyens?

    Le kamikaze qui se fait sauter n’est pas pauvre ni riche, il est mort.
    Le terroriste est celui qui lui fourni le matériel.

    Ce terroriste est derrière un grand bureau, portant un habit tout neuf d’un grand couturier et sa secrétaire est à genoux… enfin… pas besoin de faire un dessin.

  12. Et le Canadian Jewish News a complètement refondu son site web!

    http://www.cjnews.com/TOPScnCJN/index.php

  13. Extrait d’un long éditorial du NY Times:
    «Le président Bush et le vice-président Dick Cheney ont utilisé la démagogie et la peur pour limiter les appels en faveur de la fin de cette guerre. Ils ont dit qu’un retrait créerait plus de violences et de chaos et encouragerait les terroristes. En vérité, tout cela est déjà arrivé – conséquence d’une invasion inutile et d’une gestion incompétente de la guerre.» paru le 08-07-07.
    L’influent jouranl demande à Bush de préparer le retrait de l’armée américaine. Et le Washington Post annonce la parution d’un rapport accablant pour le gouvernement irakien.Plus rien ne fonctionne et le nombre de soldats américains morts au combat augmente.
    Le parti républicain, à l’approche des élections, prend de plus en plus ses distances.Bref, l’annonce d’un désastre annoncé commence à se réaliser.
    En clair, Oussama doit rire dans sa barbe. Est-ce-que l’armée américaine a réellement cherché à attraprer celui-ci?

Comments are closed.