La fuite en avant

Qu’on le dise bien en entrée de jeu: la seule raison d’être du PQ c’est de réaliser l’indépendance du Québec. Le Parti Québécois a été constitué comme une coalition d’indépendantistes désirant… la souveraineté du Québec. Alors, quand on entend Pauline Marois dire que le parti pourrait ne pas lancer de référendum avant trois mandats, il y a de quoi sourciller!

En effet, comment même penser que le PQ pourrait gouverner sans cheminer vers l’indépendance? Comme je l’écrivais dans La fin du PQ?, le parti serait rapidement disloqué par l’aile-droite, l’aile-gauche et les purs et durs. Un cafouillis total, à mille lieues de ce que doit être le parti: un véhicule rassembleur vers l’indépendance.

Qu’on le dise clairement: Pauline Marois est en train d’achever de détruire le parti. On semble de retour aux années sombres de Lucien Bouchard et à ses politiques néolibérales soutenues par un discours creux sur d’hypothétiques conditions gagnantes ne se matérialisant jamais.

C’est une grande fuite en avant; au lieu de reconnaître et d’accepter que la seule chose qui unit les militants du parti est le désir d’indépendance, on se lance tête première dans une gouvernance qui pourra ne créer que dissension et causer à terme l’implosion du PQ tel qu’on le connaît.

Si Pauline Marois avait réellement du courage et désirait vraiment l’indépendance du Québec, elle comprendrait que le PQ n’est plus le seul véhicule souverainiste et que le clivage gauche-droite prend de plus en plus d’importance au sein de la société québécoise. Elle ne perdrait pas son temps à vouloir faire gouverner un parti qui n’a pas été conçu pour gouverner et elle le conduirait vers son destin, quitte à le dissoudre suite au résultat.

À la guerre comme en politique, vaut mieux mourir au combat en risquant la victoire que d’asphyxier inexorablement dans un sac de plastique qu’on s’attache soi-même autour du cou.

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16 Réponses

  1. « La nouvelle présidente se dit prête à attendre «pendant un, deux ou trois mandats» avant qu’il ne soit possible d’organiser un autre référendum.
    Mais, d’ajouter aussitôt Madame Marois pour se rattraper: «j’espère que je n’aurai pas à gouverner pendant un, deux ou trois mandats avant d’atteindre ce but.» Prend-elle nos vessies pour des lanternes?  » ETC Rapporté par Michel Vastel le 30 Juin sur son blog de Canoë

    http://www2.canoe.com/infos/chroniques/michelvastel/archives/2007/06/20070630-113634.html

    Louis, voilà un autre exemple de journalistes sérieux, mais qui, pour faire parler d’eux vont isoler une partie d’une phrase comme les Témoins de Jéhovah le font avec la Bible pour l’interpréter à leur façon. Comme si Michel Vastel ne savait pas lire entre les lignes. Tout le monde sait ce qu’elle a voulu dire par « prête à attendre un ou 3 mandats, j’espère que je n’aurai pas à gouverner pendant un, deux ou trois mandats avant d’atteindre ce but.»

    Pourquoi Michel Vastel et les autres journalistes ou les autres chroniqueurs n’ont pas retenus aussi l’autre bout de la phrase le plus important pour les souverainistes qui est : « , j’espère que je n’aurai pas à gouverner pendant un, deux ou trois mandats avant d’atteindre ce but ? »
    Ce que j’ai compris ( et pourtant je n’ai jamais étudié en Sciences PO , ni en communications, comme eux ) c’est qu’un référendum pourrait se tenir n’importe quand : dans le premier mandat, ou dans le deuxième, ou dans le troisième.

    N’ayez crainte cher Louis, lorsque le souffle de la liberté atteindra un certain pourcentage de la population, Pauline Marois va faire ce référendum.

  2. La mise au rancart du référendum n’est pas le problème. Personne, pas même les purs et durs ne contestent que si les conditions ne sont pas bonnes il est innutile d’entreprendre un référendum.

    Le problème de Marois est qu’elle affirme qu’elle ne prendra pas les dispositions pour atteindre ces conditions favorables.
    C’est donc la même chose que de dire que l’indépendance n’est qu’un souhait et restera qu’un souhait.

    Une telle attitude est innacceptable pour tous les indépendantistes qu’ils soient de gauche ou de droite.

    La stratégie que je devine chez Marois est qu’elle vise à transformer le PQ en un ADQ et de tasser l’ADQ à se transformer en un nouveau PLQ plus conservateur.
    C’est le PLQ qui est en difficulté de disparraître. Car il ne dépend, comme le PQ, que de la volonté indépendantiste. L’un est pour et l’autre est contre.

    S’il n’y a plus de parti indépendantiste (QS est tellement marginal) alors le PLQ perd sa raison d’être. Déjà les communautés culturelles et anglos se sentent marginalisés avec le PLQ et ils ne le supporteront pas. Ils flirtent déjà l’ADQ.

    Le PQ veut rafler le vote francophone à l’ADQ. Il se veut le parti francophone au lieu d’indépendantiste.

    Marois sait très bien que les indépendantistes devront voter ou s’abstenir. Elle se satisfera d’une moitié qui auront voté pour le parti des francophones.

  3. Ça vous donnerait quoi de faire un référendum que vous allez perdre?
    Cependant, je suis d’accord avec toi, le PQ n’est pas un parti qui a été conçu pour gouverner. Les québécois s’en sont enfin rendu compte et ils ont pris les mesures nécessaires.

  4. Bravo Gilles!

    Tu es l’as des raccourcis intellectuels…

  5. Nous revoilà revenu à l’époque de Pierre-Marc Johnson. L’échec référendaire de 95 hypothèque encore la vie du PQ et on tente de trouver une nouvelle vocation au parti, en tassant l’idée de souveraineté sur le coté. Il s’agit presque d’un cycle: référendum raté-remise en question; référendum raté-remise en question…

  6. Et je ne crois pas que le PQ va être achevé avec Marois. Désolé de contredire ton billet Louis. Mais le PQ a déjà passé par là, comme je le citais plus tôt. Non, le PQ tournera en rond pendant plusieurs années et reviendra à son idée fondatrice lorsque le contexte sera plus approprié.

  7. Ce billet prouve que tu n’as rien retenu de la dernière élection.

    Let’s go PQ: suit les conseils de Louis!

    Continuez à défendre l’indéfendable au lieu de moderniser votre projet de social-démocratie!

    De cette façon, votre élection et assurée!

    C’est surprenant de voir que les discours les plus rétrogrades viennent des gauchistes de la génération X ! Du SPQ-libre, je comprendrais mais…

  8. Bon, c’est reparti. On semble avoir déjà oublié les résultats de mars dernier. On veut retourner dans notre petite chapelle et se dire que c’est nous qui avons raison, que le peuple ne comprend rien.
    Nous refusons de voir la rélité..pourtant le message du peuple est pourtant clair: ne nous parlez plus, pour l’instant, de référendum. Non, mais quand allons nous mettre à l’écoute du peuple et essayer de se mettre à son diapason. Se pourrait-il que parfois ce soit le peuple qui a le dernier mot.
    Se peut-il que les 25-45 ne se reconnaissent plus dans le message véhiculé par le PQ.? Notre parti serait-il juste un parti avec une idée et non un parti de bon gouvernement?
    Je milite pour l’indépendance depuis 1964 et je commence à croire que le dogmatisme (style SPQ) est en train de tuer définitvement le rêve d’un peuple.
    Ceux et celles qui ne veulent pas embarquer dans la démarche de Pauline, peut-être pourraient-ils songer rallier le QS et sortir celui-ci de sa marginalité.
    La seule raison de la défaite n’est pas la présence d’André Boisclair. Nous avons perdu pcq notre programme ne répondait aux attentes de la population,ayons donc l’humilité de le reconnaître
    et rebranchons-nous sur les aspirations du peuple québécois. Quiitons notre petite chapelle et reconstruisons notre parti.

  9. « Nous avons perdu pcq notre programme ne répondait aux attentes de la population,ayons donc l’humilité de le reconnaître » (Jean Jacques)

    T’étais où toi?

    T’as pas vu la même campagne que moi!

    Boisclair n’a fait que ça, remettre en question la sôciâle démôcrâtie. « Libérons le capital » vous souvenez?

    Voyons. Boisclair s’en allait à droite, toutes!

    C’est le nationalisme, l’identitaire, que Boisclair a négligé et donc qui s’est répercutté sur son discours dénué d’une véritable conviction indépendantiste, qui lui a fait perdre la base indépendantiste du PQ.
    Il a tenté très maladroitement de se rattraper en fin de campagne avec un ridicule référendum même en position de gouvernement minoritaire. La confiance de la base n’était plus là.

    Marois fait exactement la même chose, excepté qu’elle s’est débarassé de l’encombrant référendum dès le départ. Mais son discours identitaire-nationaliste est pot-pourri indigeste et elle ne fait pas plus de gestes d’affirmation que Boisclair.

    La base ne reviendra pas et même encore plus d’entre eux quittent déjà le PQ.

    C’est la désouverainisation du PQ, dans une tentative d’un retour au bipartisme. Une guerre à finir entre le PQ et le PLQ.

  10. @«ach Gabello
    Je faisais du porte à porte.
    Les gens de voulaient pas parler de sociale- démocratie, ils nous demandaient pourquoi on tenait tant au référendum.
    Il ne faut plus avoir peur de parler de richesse et des moyens pour la créer et serons-nous capables, un jour, de nous mettre réellement à la tâche de reconstruire un parti capable de répondre à la réalité de 21ième siècle. Peut avoir le courage de regarder en face notre réalité et non continuer à rêver dans notre tour d’ivoire.

  11. Ce qui est en train de se trammer c’est une démobilisation générale du militantisme souverainistes au sein du PQ et probablement la création prochaine d’une nouvelle mouture du R.I.N. pour recueillir cette masse de militants convaincu.

    Certains groupes sont déjà à l’oeuvre et j’ai bien peur que Pauline n’ai pas bien flairé le mouvement, trop occupé qu’elle est de vouloir contenter le monsieur-madame tout-le-monde qui a voté ADQ la dernière fois parce que les médias l’on convaincu qu’un pays c’est une idée démodée.

    Je n’ai pas voulu accepter l’idée pendant longtemp mais je cois bien que la coalition souverainistes du PQ est bel et bien rompu.

    Qu’a cela ne tienne, lorsque le mot « souverainistes » sera démodé, « indépendantiste » reviendra.

  12. « Qu’a cela ne tienne, lorsque le mot “souverainistes” sera démodé, “indépendantiste” reviendra. »(Harvey)

    En effet. J’ai bien hâte qu’on se débarrasse de ce maudit mot à connotation monarchiste.
    Ça fais-tu Louis IVX rien qu’un peu!

  13. « Il ne faut plus avoir peur de parler de richesse… » (Jean Jacques)

    Faudra bien qu’on me les montre ces gens qu’on dit qu’ils ont peur de la richesse. J’en ai jamais rencontré encore.

    Dans votre porte-à-porte, vous en avez rencontré, vous?

  14. @Zach
    Non,mais certains groupuscules qui minent le PQ ont ce mot en horreur

  15. Mon opinion est que la Marois veut passer à l’histoire mais tranquillement sans faire de vagues. (Ëtre la première femme premeir ministre)
    3 mandats qu’elle a dit avant un référendum (elle ne sera plus là).
    On se rappellera qu’elle fut élue parce qu’il n’y avait pas de choix.

  16. « Non,mais certains groupuscules qui minent le PQ ont ce mot en horreur »(Jean Jacques)

    Groupuscules?
    Et Marois en fait tout un plat?
    Elle avait l’air plutôt de viser le peuple.

    À l’intérieur du PQ, je vois vraiment pas qui ça peut être. Le seul club est le SPQL et ces syndicats ont pas peur de la richesse, ils sont riches comme Crézus! Des milliards en placements!

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