La propreté: l’affaire de tout le monde

L’arrondissement Ville-Marie a récolté près de 60 000$ en sept jours grâce aux contraventions distribuées pour le non-respect des règles municipales de propreté. Si certains commerçants trouvent les nouvelles règles trop rigides et injustes, il me semble au contraire que c’est une excellente idée.

En effet, ça faisait trop longtemps que le je-m’en-foutisme général avait lieu: le centre-ville de Montréal avait de plus en plus l’air d’une poubelle. Malgré toute la bonne volonté des employés municipaux responsables de la propreté, rien ne semblait y faire. Évidemment, on aurait pu augmenter les effectifs de ces employés, qui travaillent avec des moyens extrêmement réduits depuis des années, mais pourquoi ne pas demander à ceux qui ont le plus grand contrôle sur la propreté – les citoyens – de se prendre en main? N’était-ce pas Gandhi qui disait que si tout le monde nettoyait le pas de sa porte la ville serait propre?

Pourtant, certains commerçants refusent cet adage puisqu’ils considèrent que ce sont souvent des sans-abris et des passants qui jettent des déchets ou créent les amoncellements d’immondices qui jonchent le sol près de leurs commerces. Mais est-ce si difficile de prendre quelques minutes tous les matins pour passer un balai à l’avant et assurer la propreté à l’arrière? Est-ce si difficile de barrer le gros bac à ordure dans la ruelle quand les éboueurs ne passent pas?

De la même façon, les propriétaires d’immeubles à logement se défendent en disant qu’ils ne contrôlent pas leurs locataires. Ils ont raison, mais seulement partiellement: le locataire doit respecter la propreté mais ultimement c’est le propriétaire qui est responsable de sa propriété et du choix des locataires habitant sur celle-ci. C’est à lui de s’arranger pour que ce soit propre.

Malheureusement, les mentalités ne changent pas vite. La propreté est l’affaire de tous, et les récalcitrants auraient avantage à modifier leurs comportements, car enfin on a trouvé un moyen de les faire bouger.

Publicités

13 Réponses

  1. Encore une histoire d’interventionnisme sauvage et arbitraire. La plupart de ces commercants vont perdre de l’argent à cause de crétins qui vont jeter des papiers devant leur boutique. C’est innacceptable.

    Où sont les cols bleus pendant ce temps? Ne sont-ils pas mandatés pour nettoyer les trottoirs? Nous les payons grassement, nos taxes augmentent constamment, et eux ne sont pas tenus de faire preuve de plus de conscience professionnelle. S’ils faisaient leur travail correctement, nous n’en serions pas là. Ah, j’oubliais. Ils sont au Tim Horton…et jettent leur gobelet sur le trottoir.

    De plus, ce billet, au fond, est une apologie de la capacité du privé à régler les problèmes créés par le public. Car là où les cols bleus échouent, c’est le privé qui va payer la note et régler le problème, encore…

  2. J’aimerais ajouter que j’espère sincèrement que suite à l’entrée en vigueur de ce règlement débile (dont je cite un extrait, car je suis certain que personne ici ne l’a lu):

    « L’occupant riverain d’un commerce de type restaurant, traiteur, épicerie ou un autre établissement où sont servis ou livrés des aliments pour apporter doit, sur le côté du tronçon de rue où se situe son bâtiment, ramasser les cartons, papiers, contenants et autres résidus utilisés pour l’emballage ou le service de ces aliments ainsi que tout résidu alimentaire provenant de ce commerce et en disposer dans les poubelles de son établissement.
    Aux fins du présent article, le « côté du tronçon de rue » :
    1º inclut :
    a) le trottoir et la bordure bornés à chaque extrémité par une rue transversale;
    b) les premiers 60 cm de la chaussée mesurés à partir du trottoir ou de la bordure bornés à chaque extrémité par une rue transversale;
    c) l’emprise excédentaire de la voie publique bornée à chaque extrémité par une rue transversale; »

    Ça, ca veut dire, en clair, que les commercants vont faire la job des cols bleus. J’aimerais donc ajouter que je m’attends à ce que le maire Tremblay fasse des suppressions d’emplois massives chez les « nettoyeurs de trottoirs » de la Ville. Au moins, ce règlement servirait alors à quelque chose.

  3. Quand on voit les cols bleus se pogner le cul, je ne peux qu’être contre cette mesure.

    D’autant plus que pour être sur de ne pas avoir de contravention, les commerçants et autres propriétaires devraient être en train de tout ramasser au fur et à mesure. C’est ridicule.

    Je vois vraiment aucune logique à faire payer quelqu’un qui n’a rien à voir dans l’histoire, à moins bien sur qu’il soit prouvé que ce soit ses déchets qui trainent.

    Tant qu’à faire n’importe quoi, que les inspecteurs distribuent des amendes aux gens qui polluent, c’est assez flagrant et évident qu’ils n’ont qu’à avoir les yeux ouvert pour le voir.

    Mais de faire payer les proprios alors qu’on paye pour une armée de cols bleus c’est totalement farfelu. Quand le monde font pas leur job, on les fou dehors… On leur enlève pas des tâches…

  4. Ça me rappelle le règlement municipal débile qui m’a empêché de mettre mes ordures au chemin régulièrement pendant 1 an, à Montréal.

    En effet, le camion de vidanges passait en début de soirée dans ma rue. Or, le règlement municipal interdit aux résidents de sortir les ordures plus de 6 heures à l’avance, sous peine d’amende! Je partais travailler à 7h le matin et je revenais généralement chez moi à 18h ou 19h, parfois un peu plus tard.

    Règlement pour ma rue:
    « Les collectes ont lieu les MARDI et VENDREDI. Déposez les ordures à l’endroit prévu (rue ou ruelle) entre 16 h et 19 h. »

    L’amende pour avoir sorti ses vidanges à la mauvaise heure est de 141$.

    En général, quand j’arrivais du travail, le camion venait tout juste de passer et mon sac à ordures se trouvait encore sur mon balcon arrière. Meilleure chance la prochaine fois! Je fais quoi avec mon sac, alors, bande de zoufs municipaux?

    Maudit que je suis heureux d’avoir déménagé en région.

  5. « Malgré toute la bonne volonté des employés municipaux responsables de la propreté,… »

    « Évidemment, on aurait pu augmenter les effectifs de ces employés, qui travaillent avec des moyens extrêmement réduits depuis des années,… »

    « …c’est le propriétaire qui est responsable de sa propriété et du choix des locataires habitant sur celle-ci… »

    Je suis crampé de rire! Laissez-moi reprendre mon souffle SVP !

    Non, mais franchement! Quelles sont tes sources pour écrire ça?

    Puis au Québec, les propriétaires de logements sont les derniers à avoir le pouvoir dans leur « propre » logement (haha, jeu de mots; tu m’inspires, que veux-tu?)

    J’envoie immédiatement l’adresse de ce billet à l’Agence de la Santé de l’Outaouais. Elle pourra économiser sur les formations comme le « Yoga du rire » ou « Rire au travail c’est sérieux » ! Comme contribuable, je me dois de leur suggérer des alternatives!

    Dire que certains pensent que l’argent est mieux géré par le gouvernement que par le privé…

    Foutaise!

    Mais bon. Le système d’amendes dans l’ensemble est une bonne idée, mais reste à savoir à qui la faute dans chacun des cas: aux cols bleus qui n’ont pas fait leur job ou aux popriétaires?

    Comment faire la part des choses? Pas évident.

  6. Les propriétaires ne devraient être responsables que de leur terrain. Il y aurait en masse de raisons pour distribuer des amendes pour les terrains privés jonchés de détritus, pour les stationnements d’immeubles dégueulasses et remplis de grands bacs ouverts et puants, et pour les ordures qui débordent du terrain vers le trottoir.

    Par contre… si la ville veut rendre les propriétaires responsables d’une portion de l’espace public, alors il devrait y avoir une compensation (par exemple, une réduction de taxes en fonction de la superficie ajoutée). Dans ce cas seulement, le fait d’imposer des amendes serait logique; on échange une réduction de taxe municipale contre une hausse de la responsabilité du propriétaire. Cela devrait se décider par rue ou par secteur, démocratiquement. Chaque système a ses avantages et ses inconvénients.

    Les bordures de trottoir ou de rue dont la responsabilité est citoyenne devraient être marqués d’une couleur (vert pâle, par exemple). Cela faciliterait l’évaluation de l’état de la rue et des responsabilités de chacun.

    Les propriétaires paient déjà des taxes pour le nettoyage de leur trottoir et de leur bout de rue. Ce n’est pas un très bel exemple de justice que de leur faire payer le nettoyage par la ville, puis de leur donner des amendes si ce n’est pas propre! Sans baisse de taxe ou compensation, un tel plan risque de susciter beaucoup de grogne.

    Donc pour résumer:
    – Baisse de taxe municipale en fonction de la superficie ajoutée à chaque propriétaire. (Pour un immeuble dont le terrain fait 5000 pi2, si on ajoute une bordure de 50 pi x 6 pi (300 pi2), ça donnerait une rabais de taxes de l’ordre de 6%).
    – Hausse de la responsabilité du propriétaire: il doit désormais assurer la propreté et le dégagement d’une bordure le long de son terrain.

    ps: Un règlement contraignant, ce n’est PAS une prise en main. La responsabilisation passe par la liberté de l’individu et par une identification à la collectivité.

  7. H. Dufort – Excellent commentaire, 100% d’accord.

  8. Hé Jacques, t’es pas à une contradiction près. D’un côté tu dénonce « l’interventionnisme sauvage et arbitraire » et de l’autre tu te plains que les cols-bleus font pas assez leur job.

    Tsé, peut-être que si chacun balayais devant sa porte et gardait ça minimalement propre, les cols-bleus auraient plus de temps pour s’occuper des choses vraiment importante.

    Ceci dit, je suis loin d’être convaincu des vertus de l’approche répressive.

  9. @Nicolas

    « Hé Jacques, t’es pas à une contradiction près. D’un côté tu dénonce “l’interventionnisme sauvage et arbitraire” et de l’autre tu te plains que les cols-bleus font pas assez leur job. »

    Où est la contradiction? Je crois que ton cerveau a commencé à émettre une idée et s’est brusquement interrompu…

    « les cols-bleus auraient plus de temps pour s’occuper des choses vraiment importante » HEIN???? C’EST QUOI ÇA????

    Quelle est la chose plus importante pour les cols bleus que de faire le travail pour lequel on les paient?

  10. Exemple de chose plus importante que de torcher le centre-ville: entretenir la voie publique (comme dans réparer les nids de poule et s’assurer que les trottoirs soient sécuritaires pour nos aînés, entre autre). Tu veux vraiment d’autres exemples?

    * * *

    Vous me faites rire avec les coûts que ça entraînent pour les commerçants, le travail supplémentaire et patati et patata.

    C’est de la foutaise. Dans toutes les villes du monde, ça fonctionne comme ça. Ici aussi d’ailleurs.

    Frank écrit: Je vois vraiment aucune logique à faire payer quelqu’un qui n’a rien à voir dans l’histoire. Et ensuite, il dit que les cols-bleus font pas leur job et patati et patata. Je tiquais là dessus et je ne savais pas pourquoi. Et puis ça m’a frappé : c’est un non-sens total!

    Qu’est-ce qui se passe quand il neige? Les commerçants déneigent leur devanture et le trottoire en face. Ils mettent des employés là dessus. Ils attendent pas la gratte.

    Pourquoi c’est pas la même affaire pour la propreté?

    Par chez-nous c’est propre. Il y a moins de monde, c’est vrai. Mais c’est propre. Et vous savez quoi? Les cols-bleus passent pas souvent (mais alors là, vraiment pas souvent). C’est propre parce que la majorité du monde –surtout les commerçants et les proprios mais aussi les concierges, les locataires et tralala– savent vivre et prennent le temps de nettoyer. Dans le cas des commerces, il y a balayage du trottoire et de la ruelle au minimum matin et soir. Si le proprio du dépanneur au coin de la 3ème avenue à Limoilou est capable de faire ça je vois pas pourquoi ça ne se ferait pas à Mtl. M’enfin.

    Ah, pis en passant. La première job que j’ai eu ado c’était dans un McDo dans Rosemont. Ma définition de tâche? Entretien. Ça incluait de torcher le parking du resto. C’était juste normal.

  11. À ce que je sache au McDo y’a des poubelles, dans un monde normal où les gens ne seraient pas presque tous des imbéciles malpropres, y’aurait pas de torchage de parking à faire, juste du ramassage des sac de vidanges dans les poubelles.

    Pour être conséquent, faut pénaliser les gens qui polluent, pas les gens qui ont mis leur terrain en dessous des pollueurs.

  12. On peut aussi prendre le raisonnement à l’envers. Dans un monde normal, il n’y aurait pas de suremballage. Qui pollue vraiment dans ce cas de figure? Mcdo ou ses consommateurs? Dans le parking, c’était presque juste des embalages de Mcdo qui traînait. Mcdo essaie bien de « sensibiliser » ses consommateurs mais en même temps, c’est toute la philosophie de l’entreprise qui pousse à ça… M’enfin.

    Mon point c’est que rammasser sur son terrain et balayer le devant de sa porte, c’est traditionnel. Ce qui n’est pas normal c’est qu’à Mtl ça ne se fasse plus. Un moment donné, il y a une question de bon sens et de fierté. Si les commerçants et les propriétaires n’ont plus de sentiement de fierté où va-t-on?

    Civiliser les gens, c’est pas facile. Il y a une grande déresponsabilisation. Et plus c’est sale, pire c’est. Un moment donné, si tout le monde s’en remet aux cols-bleus, ça ne marche plus. Courrir après les consommateurs, ça n’a pas de sens. C’est pas pratique. Si on peut rendre quelqu’un responsable de la propreté, un moment donné le reste va suivre. Dans une ville propre, il y aura moins de je-m’en-foutisme.

  13. En quoi est-ce que du suremballage empêche ce dernier d’être jeté? C’est comme si tu disais que le monde était trop twit pour comprendre qu’il faut jeter l’emballage si y’en a trop!

    C’est sur que c’est pas facile de civiliser les gens mais me semble… y’a personne qui aime ça être crotté? En tout cas j’espère…

Comments are closed.