Harper et le citoyen Bono

George W. Bush et BonoOn peut ne pas aimer Stephen Harper, son style, ses politiques conservatrices et son arrogance. On peut lui reprocher ses positions au sommet du G8, notamment son rejet du protocole de Kyoto. On peut détester son à-plat-ventrisme devant les États-Unis ou le lobby pétrolier ou militaire. Mais on ne peut pas lui reprocher de ne pas vouloir rencontrer Bono, le chanteur du groupe rock U2.

Même si le refus du premier ministre canadien de prendre le thé avec le célèbre rockeur semble avoir profondément choqué ce dernier, il reste que c’était la bonne décision à prendre. En effet, objectivement, pourquoi Bono aurait-il plus le droit que vous ou moi de rencontrer le premier ministre canadien en privé pour lui faire part de ses doléances? En quoi Bono est-il une personnalité si importante qu’il mérite de retenir notre premier ministre à l’étranger et de prendre de son temps? Est-il un chef d’État, a-t-il été élu démocratiquement par une population qu’il doit représenter?

Évidemment, non. Et c’est là le point important de ce type de sommets: chaque dirigeant de chaque pays n’est pas là pour lui-même, mais au nom de sa population. Quand Harper parle, il parle au nom des 30 millions de Canadiens, qu’on soit d’accord ou non avec ce qu’il dit. Mais quand Bono affirme quelque chose, si sensé que ce soit, il ne parle que pour lui, et il ne représente que lui-même.

Quel est ce cirque politico-médiatique où un chanteur d’un groupe rock, millionnaire et demandant le plus souvent l’argent des autres plutôt que d’offrir la sienne pour régler divers problèmes, se croit assez important pour pouvoir rencontrer le premier ministre d’un pays, alors que les citoyens de ce même pays n’ont pas ce privilège?

Malgré tout ce que Harper peut faire de mal à ce pays, il reste qu’il prend la bonne décision en n’embarquant pas dans ce cirque et en refusant de considérer l’argent ou la célébrité comme un passe-droit obligatoire et évident vers le pouvoir politique.

Car Bono est peut-être un excellent chanteur et un homme aux idées très intéressantes, mais il reste un citoyen comme les autres.

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10 Réponses

  1. Paul Martin avait serré Bono dans ses bras… et ça n’a absolument rien donné. Il faut dire que popol était à la recherche d’une bouée de sauvetage à l’époque.

    *Soupir* Les caricaturistes doivent s’ennuyer de lui. Dion n’aura jamais l’air aussi ahuri.

  2. C’est comme cette foutu con*e qui vient essayer d’organiser un boycot mondial sur les produits du phoques.

    Vous avez vu l’annonce à radio-canada?

    « Avant ma mort, je veux voir cesser ce massacre! » qu’elle nous dit avec un ton larmoyant.

    J’ai juste le gout de lui foutre…
    Trop violent trop violent.

  3. Entièrement d’accord avec toi, Louis, Bono ou Bonobo, le problème se pose de la même manière : s’il n’a pas été élu comme représentant du peuple, d’un parti, d’un syndicat, il reste un citoyen au même titre que les autres. Aussi, les élus ne sont pas tenus d’écouter une à une toutes les doléances de la populace. Bono au poteau !!!

  4. Cher Louis,

    désolé de péter ta bulle sur les vertues démocratiques de notre Premier Minsitre Stephen Harper, mais la vérité est que tout dépend de QUI lui demande une audience et d’être traité comme s’il était un élu du peuple.

    Prend un bon café et lis çà:

    Création du Canadian Rabbinic Caucus (CRC)!

    (Rappelons que le terme « caucus » dans les pays de culture britanique signifie « les députés d’un parti politique, élu ou non »)

    Cette nouvelle mouture du lobby israelo-canadian a été créé par le Canada-Israel Committee (CIC).

    Sur cette photo, on peut voir le co-directeur du nouveau caucus religieux , le Rabbi Reuven Bulka d’Ottawa, remettre au Premier Ministre du Canada Stephen Harper une plaque sur laquelle est gravée une prière!

    (Interdite la prière catholique dans les Hôtel de Ville du Québec, mais OK les prières juives dans le bureau du Premier Ministre du Canada!)

    Et on ne fait pas les choses à moitié pour la religion juive!
    Ce caucus de rabbins ont eu droit à rencontrer en privé le Ministre des Affaires et Commerce International! Ce doit être faute d’un Ministre des Cultes! Bon choix de substitution!

    Ils ont ensuite été invité à un souper organisé par le Canada-Israel Parliamentary Friendship Group (Groupe interparlementaire Canada-Israël) composé de députés et sénateurs dévoués à la cause d’Israel.

    Et pour clouer le tout, le caucus de rabbins fut officiellement reconnu, à la Chambre des Communes, par James Lunney(de Nanaimo-Alberni), et la Liberale Anita Neville( Winnipeg South Centre).

    On est loin de la petite prière le matin!

    C’est sourire aux lèvres du caucus rabbinique que s’est terminée cette intronition religieuse au parlement sous les commentaires élogieux de leur membres envers ces bras grands ouverts du gouvernement « laïque » du Canada:

    Rabbi Poupko:
    « Ce fut une merveilleuse innauguration pour le CRC, en espérant que nous pourrons tous ensembles poursuivre nos objectifs communs qui sont de rehausser le rôle positif de la religion ».

    Rabbi Steinmetz:
    « Ce fut une grande démonstration de respect pour les rabbins en donnant ainsi une voix à nos vues car notre discours est non seulement politique mais d’une grande puissance morale! ».

    Rabbi Bulka:
    « Il était clair que les parlementaires ont grandement appréciés notre initiative d’utiliser la religion comme instrument de réconciliation et d’unité du Canada! ».

    Article au complet (en anglais seulement-biensûr):
    http://www.cjnews.com/viewarticle.asp?id=10855

  5. Louis,

    Je suis scié. Je suis totalement en accord avec ton billet. Bravo pour le ton pragmatique de celui-ci et pour avoir réussi à dépasser la partisanerie. Car, en effet, peu importe les opinions politiques, ce Bono a une notoriété politique qu’il n’a pas mérité.

    De plus, il ne faut pas oublier que l’an dernier, Bono s’est fait prendre pour évasion fiscale illégale. Crédibilité = 0.

  6. Jacques, tu me scies avec l’histoire d’évasion fiscale de Bono…

  7. « On peut lui reprocher ses positions au sommet du G8, notamment son rejet du protocole de Kyoto. On peut détester son à-plat-ventrisme devant les États-Unis ou le lobby pétrolier ou militaire.  »

    Faux.Il ne refuse pas Kyoto. Il est le seul au Canada à nous avertir que le temps qui reste avant 2012 est trop court pour réussir à atteindre les objectifs de Kyoto. Tout ça, à cause des 10 ans d’inaction de Chrétien et par la bande du supposé king de l’environnement, Stéphane Dion.

    Même chose pour son supposé à-plat-ventrisme devant Bush. Ce n’est qu’un spin ça.

    Harper a-t-il envoyé des troupes en Irak? Non.

    Des troupes canadiennes pour contrer les Talibans? Oui. Mais, c’est une mission de l’OTAN autorisée du temps de Paul Martin (ou Chrétien, pardon pour la mémoire).

    Et on ne pourra pas lui reprocher de moderniser les équipements militaires. Comme disait le « monstre » André Arthur depuis longtemps, quand c’est rendu que les Jeep restent en panne dans la côte d’Henri IV …

  8. J’ajouterais ceci aux propos du Bum:

    Effectivement, non-seulement Harper ne désavoue pas les objectifs de Kyoto eux-mêmes, il veut les rendre plus flexibles au niveau de l’échéancier, notamment pour les pays en voie de développement. Et son point de vu semble trouver écho dans les autres pays du G8.

    Pour ce qui est de l’à-plat-ventrisme vis-à-vis Bush, je n’ai jusqu’ici pas vu Harper appuyer Bush sur grand’chose. Effectivement, nous refusons toujours d’envoyer des troupes en Irak et la seule raison que nous sommes encore en Afghanistan, c’est que cette mission est sanctionnée par l’ONU, donc c’est une mission de paix faite avec l’accord du monde entier, et non à la demande des E-U. Grosse nuance.

    Pour l’équipement militaire: Quand ton char est trop usé, tu le remplace. Même chose pour les tanks, camions, avions etc. de l’armée. Jusqu’ici, tous les achats faits par Harper ont été fait pour remplacer de l’équipement désuet. Il n’y a pas vraiment eu d’achats fait pour augmenter la capacité des Forces Armées. Harper ne fait que corriger le laxisme des libéraux dans ce domaine.

  9. OOOO làlà…

    Je ne reprocherai pas à Harper le non-respect du protocole de Kyoto, car il est vrai qu’en 5 ans, ce serait difficile de respecter ses engagements. Surtout quand en 10 ans, les émissions de GES ont augmenté.

    MAIS (et là c’est un gros mais) il faut savoir que si le secteur du transport avait réduit ses émissions de GES au même rythme que ceux suggérés par Kyoto, on respecterait nos engagements. En fait, depuis 1990, les émissions de GES ont augmenté de 8 millions de tonnes de CO2. Nous sommes à 10 millions de tonnes d’émissions de dioxyde de carbone de nos objectifs.

    Pour ce qui est des autres pays, il faut savoir que le Brésil, par exemple, a admis qu’ils ne pouvaient diminuer leurs émissions de GES. On a décidé que de protéger une partie de la forêt amazonienne, véritable poumon de la planète (car contrairement à la forêt boréale, elle pompe du CO2 à l’année longue), serait une contribution environnementale.

    Le défaut de la non-application de Kyoto ou de méthodes sévères allant dans cette direction est au niveau politique, et se fait même sentir au niveau économique. Il y a deux ans, les entreprises canadiennes qui s’étaient lancées dans des technologies alternatives pour diminuer la pollution des industries ont perdu une bonne partie du marché qu’ils avaient, simplement à cause de l’élection d’un gouvernement minoritaire conservateur qui n’admettait pas Kyoto.

    Mais le vrai problème politique viendrait plutôt de la molesse des actions. Si certains pays qui ont signé le protocole de Kyoto ne l’ont pas respecté et n’ont pas effectué de grandes mesures allant dans ce sens, les nouveaux pays signataires auront le capital politique pour justifier un même laxisme.

    Mis à part cela, ce n’est pas le non-respect de Kyoto, le principal. C’est le plan vert idiot fait par le ministère de l’environnement. Si au moins il y avait eu des efforts faits dans le sens de favoriser l’environnement. Je ne nie pas qu’il y a eu des efforts (Stephen Harper a d’ailleurs présidé le salon de l’environnement cette année), comme le banissement d’ici 2012 des ampoules « conventionnelles » sur le marché, qui sont d’ailleurs fort peu économiques. Mais ces efforts donnés sont loin d’être suffisants pour se donner une « conscience environnementale ». Une législation plus sévère pour l’industrie automobile, des incitatifs économiques pour les véhicules hybrides, de l’investissement en transport en commun (particulièrement interurbain), de légiférer équitablement les pétrolières et les municipalités qui polluent toutes deux les rivières de l’ouest (car on a décidé de seulement légiférer les citoyens, et non les pétrolières, en ce qui a trait de la pollution des rivières), cela aiderait à au moins laisser une preuve que même si l’on arrive pas à respecter le protocole de Kyoto, au moins on aura employé les efforts nécessaires pour améliorer la situation et là, on pourra mettre le blâme sur l’administration précédente. Ou sinon, de fournir la documentation nécessaire aux citoyens (notez que le secteur résidentiel a diminué ses émissions de GES de 20% ces dernières années) pour qu’ils faire encore plus.

  10. Manx, je comprends ce que tu dis.

    Cependant, ce que je n’aime pas , c’est que tout le monde attend après Ottawa alors que chaque ville peut faire des pas de géants pour un prix ridicule.

    Exemple, mettre les feux de circulation clignotants la nuit, ça se fait en criant ciseau. Disons qu’à toutes les 5 intersections avec feu, tu mets le feu clignotant rouge au lieu de jaune pour les boulevards passants. Pour les rues de moindre importance, clignotant rouge en tout temps.

    Aussi, Montréal attend quoi avant d’autoriser le virage à droite sur les feux rouges? De créer une enième commission d’études pour y faire travailler à 1200$ par jour leurs amis, c’est ça?

    Les flottes de camions des villes moins polluantes au fur et à mesure des réparations ou des remplacements.

    J’ai aussi été témoin à l’hiver de 2005 d’employés de déneigement de la ville de Montréal (Ville Émard) qui ont laissé tourner leur moteur pendant 1h20 pendant qu’il prenait leur « pause repas » dans le Couche-Tard de la rue Monk. Témoin car ma voiture est tombée en panne lorsque j’ai voulu quitter le dépanneur à 2h10 cette nuit-là et j’attendais que le CAA vienne me remorquer.

    Interdire que les moteurs tournent pendant qu’on attend son lunch dans un service à l’auto. Moi, je le fais tout le temps et personne devant ou derrière fait de même. Trop dure ça?

    Le fameux Hummer qui se promène avec une remorque publicitaire derrière lui dans les rues de Brossard? Pourquoi ne pas interdire ces panneaux publicitaires roulants? Avoir réussi à noter le nom du commerce affiché sur le panneau, je vous jure que j’aurais essayé de démarrer un boycott de l’entreprise.

    Vous avez sûrement tous des meilleures idées que celles-ci à suggérer aux villes.

    Pourquoi alors démoniser Harper!

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