La grève… à temps partiel

Bon, ça y est: c’est la grève à la STM. Mécontents de se voir imposer un gel salarial l’an prochain et de constater les écarts intergénérationnels au niveau des conditions de retraite entre les plus anciens et les nouveaux employés, les employés d’entretien de la Société de transport de Montréal ont refusé les offres patronale et ont usé de leur dernier recours face à l’intransigeance de la direction: la grève.

Évidemmment, on aura droit a mêmes haut-le-coeur du citoyen lambda et aux mêmes phrases du genre « on est pris en otage » devant les caméras, faisant porter le poids de la grève aux travailleurs, et oubliant de prendre en considération le manque de volonté de la STM de respecter ceux-ci en leur offrant au moins l’indexation des salaires et en établissant une égalité entre les jeunes et les moins jeunes. La droite parlera de recours collectifs, d’irresponsabilité, d’incompétence.

Comme si la STM n’était pas aussi responsable de cette grève en ayant toujours tenu mordicus à geler le salaire de ses employés…

Mais ce n’est pas tout. Peut-on réellement parler d’une véritable grève ici, alors que le service est assuré aux heures de pointes et la fin de semaine? Le Conseil des services essentiels, cet organisme anti-syndical créé par le gouvernement Bouchard, a tellement transformé le concept de grève que désormais pour que celle-ci soit acceptable il faudrait qu’elle n’ait pas de conséquences. « La grève, oui, mais SVP ne touchez pas au service le matin, le midi, le soir, la nuit… »

Pourtant, la grève est un droit acquis dans le domaine du travail. Vouloir interdire la grève ou la limiter comme le fait le Conseil des services essentiels est irresponsable et dangereux. D’accord, pour le moment ce n’est pas bien grave. Et entre vous et moi, ce ne sera pas catastrophique si les employés ont un gel de salaire cette année seulement. Cependant, à long terme on rentre dans une dynamique de recul des conditions de travail et de limitation de la capacité des travailleurs à négocier avec l’employeur. Puisque le grève devient limitée, presque à temps partiel, pourquoi celui-ci s’imposerait-il d’offrir des conditions de travail satisfaisantes à ses employés? Pourquoi serait-il généreux s’il ne craint pas un véritable arrêt de travail complet?

Il y a un moment dans la vie ou il faut arrêter d’être égoïste et de ne penser qu’à soi. La grève est un recours extrême mais nécessaire dans certains cas; il faut comprendre que celle-ci doit avoir des conséquences. Une grève sans conséquences, ou aux implications limitées, ce n’est plus une grève et ça ne constitue plus un argument de poids à la table de négociation.

Soyons solidaires, et appuyons les travailleurs de la STM dans leur démarche. Car aujourd’hui ce sont eux qui se battent contre un gel de salaire et pour une meilleure retraite. Demain, ce sera peut-être nous.

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41 Réponses

  1. En moyenne, les employés de la STM gagnent probablement plus que la moyenne des gens qui utilisent ses services.

    Les seuls grévistes pour qui j’ai de la sympathie ici, ce sont les jeunes qui, selon les dires de Louis, souffrent de clauses orphelins dans leur convention collective. Encore. Et ça, ce n’est pas juste la faute aux patrons.

    L’égoïsme, en effet, est à condamner, mais faudrait voir d’où il vient.

  2. Personnelement, je trouve que c’est tout à l’honneur du syndicat de faire de cette « clause orphelin » un enjeu de négociation et une condition de règlement du conflit. Oui, il y a des syndicats (et bcoup de patrons) complices de l’inclusion de ces clauses dans des conventions. Quand j’en vois un se battre contre, je n’irai donc pas le lui reprocher sous prétexte qu’une telle clause existe dans la convention.

    Au delà du contenu de la convention collective, ça en dit long sur le climat qui devait prévaloir lorsque cette clause a été instauré. Il ne faut jamais oublier que la signature d’une convention résulte d’un compromis et que sous la menace d’un conflit et devant la pression de l’opinion publique (rarement du côté des syndiqués dans ce secteur d’activité), il peut arriver que les représentants et l’assemblée générale décident de signer avant que tout leur « build-up » de négociation ne s’écroule.

    Ce genre de dilemme engendre souvent, par concession, l’inclusion de clauses non-désirées.

    Aujourd’hui, les syndiqués de la STM tentent de réparer une erreur du passé. Tentons de les appuyer.

  3. Les clauses orphelins…. merci au syndicat d’avoir accepté cela dans le passé, avec leur demandes ridicules ils ont rendu la STM incapable de donner les même conditions de travail… La STM est géré de façon broche a foin, n’importe qui entre dans les bus sans payer que ce soit par la porte devant ou le chauffeur regarde meme pas si tu as payé ou derriere ou personne ne regarde. J’imagine la situation est pareil avec les employés d’entretien…. aucune sympathie

  4. En fait, les professionnels travaillant pour la STM comme les soudeurs et les électriciens gagnent pas mal plus que la moyenne des professionnels dans l’industrie. Toutefois, leur job est spécialisée, donc ils sont plus qualifiés. Un électricien qui travaille dans des lignes de métro fait un travail très différent et généralement plus complexe qu’un électricien qui fait du résidentiel général.

    Cela dit, la STM devrait faire le ménage dans ses finances avant que le gouvernement ne décide de la mettre en tutèle. Il y aurait place à beaucoup d’amélioration, car il y a du gaspillage et de la mauvaise gestion dans cette société. Aussi, il y a un GROS problème avec les rapports d’ancienneté; les employés ayant accumulé de l’ancienneté sont pratiquement impossibles à discipliner, en particulier les chauffeurs.

    Quand je prenait l’autobus sur Rosemont, le chauffeur était un sadique qui prenait un malin plaisir à m’éclabousser (il y avait une flaque d’eau géante devant mon arrêt) — parfois de la tête aux pieds. Je lui ai fait remarquer plusieurs fois, rien à faire. J’ai commencé à attendre l’autobus en retrait, à environ 4 mètres de l’arrêt; le chauffeur n’arrêtait pas pour me ramasser (car j’étais « trop loin »). J’ai porté plainte plusieurs fois mais rien n’a changé; le gars avait 20 ans d’ancienneté et avait « gagné » ce trajet confortable.

  5. « Il y a un moment dans la vie ou il faut arrêter d’être égoïste et de ne penser qu’à soi. »

    Sa s’applique aussi aux syndiqués…

  6. Pôvres petits employés d’entretien! Ils doivent se contenter d’un maigre salaire de $50k sans augmentation pour un an et de maigres augmentations de 2% par la suite. Comment vont-ils vivre? Ils font donc pitié!

    Soit dit en passant, la partie patronale était ouverte à corriger les inéquités dans le plan de pension si le syndicat voulait accepter le gel de salaire pendant un an. C’est le syndicat qui veut tout avoir et rien donner.

    Mais au-delà de tout ça, ceux qui souffrent vraiment de cette situation font moins de $25k par année et n’ont même pas les moyens de mettre de l’argent dans un REER, encore moins avoir un plan de pension. Alors c’est qui les sangsues! Parce qu’au bour de la ligne, c’est nous qui payons leurs salaires cossus et leur plan de pension doré.

    Alors excusez mon manque de sot sot sot solidarité…

  7. 1. Distinguez chauffeur et employés d’entretien.

    2. Le discours du maire tremblay sur les moins nanties qui subissent les conséquences de la grève est un piège à con. Les services essentiels maintenus couvrent amplement les plages horaires de travail, même pour ceux qui voudraient faire du temps supplémentaire la fin de semaine. En effectuant une telle sortie publique (avant le déclenchement de la grève), le maire Tremblay a mis le feu au poudre et a agi de façon irresponsable.

    3. Si tout ceux qui gagnent au dessus de 25k$ par année perdent le droit d’améliorer leurs conditions sous prétexte qu’ils sont déjà bien nanties (!), je me demande vraiment quel genre de logique économique est appliquée ici. Analysez un peu les demandes syndicales avant d’hurler. Honnêtement, quand un syndicat est prêt à utiliser une portion de l’enveloppe salariale pour l’appliquer au régime de retraite, il y a place à la négociation. Il est plutôt inusité d’effectuer ce genre de concession, surtout à la veille d’une grève qui procure un nouveau rapport de force au syndicat.

    4. La STM applique une stratégie jusqu’au boutiste du gel des salaires qui ne favorise en rien l’avancement des négociations. Si les offres syndicales ne sont pas parfaites, elles ont au moins le mérite de chercher à créer un compromis. La stratégie patronale semble résider sur l’absence de concession (donc de négociation)dans l’attente d’une intervention gouvernementale.

    5. Continuez à rayer sur les employés d’entretien et assurez vous qu’ils perdent toute sympathie envers le public et les conséquences de leur grève. Ce sera sûrement le meilleur moyen d’éterniser ce conflit et de s’assurer d’empoisonner les relations de travail pour les prochaines années à la STM.

    Après,vous vous demanderez pourquoi, à la prochaine négo, il va encore y avoir conflit.

  8. 2. Les moins nantis ne font pas nécessairement du 8 à 5;

    3. 25$ de l’heure ça donne plus que 25000$ par an;

    4. À ce que je sache, la STM offre 8% d’augmentation sur 5 ans, ce n’est pas ce que j’appelle un gel.

  9. @ tetoine :
    « Si tout ceux qui gagnent au dessus de 25k$ par année perdent le droit d’améliorer leurs conditions sous prétexte qu’ils sont déjà bien nanties (!), je me demande vraiment quel genre de logique économique est appliquée ici.  »

    J’ai rien contre ceux qui essaient d’améliorer leurs conditions, mais pas sur le dos des moins bien nantis. Je connais des diplômés universitaires qui font moins d’argent que les employés d’entretien de la STM. S’ils veulent notre sympathie, ce n’est pas en débrayant qu’ils vont l’avoir.

    « Continuez à rayer sur les employés d’entretien et assurez vous qu’ils perdent toute sympathie envers le public et les conséquences de leur grève. Ce sera sûrement le meilleur moyen d’éterniser ce conflit et de s’assurer d’empoisonner les relations de travail pour les prochaines années à la STM.

    Après,vous vous demanderez pourquoi, à la prochaine négo, il va encore y avoir conflit. »

    Il faudrait leur donner tout ce qu’ils veulent et se fermer la gueule je suppose?

    Je n’en attends pas moins des pro-syndicalistes qui trttent dans ce blogue…

  10. @Philippe David: Je n’ai jamais prétendu qu’il fallait donner aux syndiqués tout ce qu’ils exigaient, l’objectif de ma remarque visait à faire comprendre l’impact de l’opinion public sur l’esprit des syndiqués au moment où ceux-ci doivent se prononcer sur le prolongement ou non d’une grève en assemblée générale.

    Si tel est votre orientation dans ce conflit, vous avez le loisir d’être critique face à la décision des employés de déclencher une grève. Mais il y a une distinction à faire entre la critique sur le plan des positions de négociation et le jugement général que n’importe qui, n’importe quand, poserait au sujet de n’importe quel syndiqué. Ici, sans vous accuser, je fais références aux points de vues trop souvent caricaturaux qui fusent de toutes part et qui ne font qu’envenimer la situation.

    Pour le moment, la nature publique de ce conflit de travail et l’attitude des tiers intervenants ne fait que polariser les parties et n’aidera en rien l’atteinte d’un règlement.

  11. Il faut briser ce culte de l’ancienneté dans ces sociétés; cela permettrait aux employés d’avoir un peu plus peur des conséquences de leurs gestes, et ça permettrait aux jeunes employés de se faire une place. Ce n’est pas normal que l’insécurité d’emploi ne se situe qu’en bas de l’échelle et qu’elle soit aussi absolue. Ce n’est pas normal non plus de couper dans la masse salariale pour entretenir le fond de retraite. Est-ce que cette perspective, déprimante, guette l’ensemble de notre société: des jeunes qui sont payés moins cher pour payer la retraite des vieux? Déjà qu’on paie leurs dettes…

  12. S’il y a grève à la STM, c’est la faute des patrons

    Incroyable mais vrai, s’il y a grève aujourd’hui à la Société de transport de Montréal (STM) c’est la faute aux patrons. En effet, le syndicat a offert hier une porte de sortie ne coutant rien à la STM en échange de la levée de la menace de grève. Les patrons n’ont rien voulu savoir. Le syndicat fait savoir que son offre tient toujours…

    Pour en savoir plus…

  13. Je ne suis pas contre cette grève à la base, mais je veux simplement dire que je suis très pénalisé avec celle-ci. N’ayant pas un travail dans les heures normales, j’espère vraiment qu’il fera beau pendant cette grève, mon vélo servira… Une chance que j’habite à une distance raisonnable de mon travail (45 minutes en vélo), sinon je serais vraiment dans la m… car je n’ai pas de voiture.

    Et c’est vrai que la différence entre les salaires des employés de la STM et ceux des usagés sont assez effarants pour que la grogne de la société en général se fasse entendre assez fort.

    Mais est-ce qu’il faudrait pour ça interdire les syndicats?

  14. Test…

    Louis, c’est bizarre, parfois (en plus d’ajouter un « / » entre le « L » et le « ‘ » de mon nom, mon adresse web s’efface…

    Est-ce que je suis le seul à qui ça arrive?

  15. « Soyons solidaires, et appuyons les travailleurs de la STM dans leur démarche »

    Jamais je ne serai solidaire des employés de la STM.

    Combien de grèves en 40 ans? 14 je crois? C’est énorme!

    Les syndiqués de la STM, comme la plupart des employés du secteur publique, ne comprennent pas la notion de la « capacité de payer du citoyen ».

    Quant à la direction, il reste là sans jamais se poser la question suivante: « Et si on rendait la STM productive au lieu de toujours augmenter le prix de la CAM? »

    En tout cas. J’aime mieux être solidaire des journalistes en lock out du Journal de Québec que de ces braillards éternels que sont les employés de la STM.

  16. Dans les fait Bum, c’est 12 grèeves entre 1966 et 1986 et 3 grèeves depuis. Tu es une pauvre victime de la propagande patronale. Désolé de te l’apprendre…

  17. Mon beau Nico…

    As-tu remarqué que j’ai écrit « 14 je crois? ».

    Ce qui signifie que je n’étais pas sûr de mon chiffre.

    Heureux d’apprendre que c’est finalement 15!

    Et à choisir, j’aime mieux la propagande de gens d’action qui prennent des risques plutôt que la propagande de gens paresseux qui jouent à la victime éternelle.

  18. Jamais ils n’auront mon appui.

    Rappelez-vous 2003. Et surtout, informez-vous.

    Les employés de l’entretien de la STM, comme les cols bleus, représentent la summum de la déchéance à laquelle nous a mené cette fameuse loi du travail. Un monde où l’employé tient la population par les couilles et où tu dois faire des courbettes pour réussir à les faire travailler à 60% d’efficacité.

    C’est ce qui arrive lorsque la sécurité d’emploi en béton existe. Elle ouvre la porte à des abus extraordinaires, toujours impunis. Et les anciens vont toujours protéger celle-ci, à tout prix.

    Appuyer ces voyous, c’est accepter l’hégémonie de cette nouvelle bourgeoisie pleine de mépris pour son concitoyen.

    De plus, Louis, en terminant, relis bien les dernières lignes de ton texte. Ce que tu y affirmes, c’est qu’en leur enlevant le pouvoir de nous menacer, de foutre le bordel à la ville, on vient de les priver de moyens de négocier. Ça frise l’apologie du terrorisme ça monsieur. On ne peut pas discuter, il faut foutre le bordel! C’est le seul moyen d’obtenir ce qu’on veut! Les négos, c’est pour les nuls!

    Ben, moi, je suis prêt à conduire mes enfants à l’école en voiture tous les jours, pendant 5 ans, si on me promet de privatiser entièrement tout ce foutoir et de mettre ces bandits à la rue.

    Mince consolation, Renart va souffrir de cette grève. Peut-être va-t-il finir par comprendre qui veut son bien. Et que Renart en souffre, tu t’en sacres, hein, Louis?

  19. @ Nicolas: C’est deux grèves dans les 4 dernières années… C’est suffisant pour faire chier…
    Considérant en plus qu’ils se plaignent le ventre plein…

  20. Le maire Tremblay devrait tout simplement terminé les négociations en donnant l’entretien à des compagnies privés… fini d’entendre ces braillards la qui comprennent pas que la capacité de payer des citoyens a déjà dépassé les limites acceptables ! Ils iront porté leur CV ailleur et regretteront leur action irresponsable… En plus la CSN… probablement le syndicat le plus dépassé du Québec, à combattre au plus vite !

  21. Le maire Tremblay devrait tout simplement terminer les négociations en donnant l’entretien à des compagnies privés… fini d’entendre ces braillards la qui comprennent pas que la capacité de payer des citoyens a déjà dépassé les limites acceptables ! Ils iront porté leur CV ailleur et regretteront leur action irresponsable… En plus la CSN… probablement le syndicat le plus dépassé du Québec, à combattre au plus vite !

  22. La STM est un service en déficite année après année. Les employés sont des gatés du système. Aucune compagnie n’arrivrait à tenir dans de telles circonstances. La grève des employés de la STM est une insulte à la population. C’est totalement innaceptable et jamais un service de monopole publique comme le transport en commun, surtout avec les conditions qu’ils ont, devrait avoir le droit à la grève. Je n’ai aucun respect pour ces gens. Il est très difficile pour moi de rester dans le corect, donc j’arrête ici… Ils ne sont qu’une gagne d’ignobles sauvages sans aucun recpect mis à part leurs nombrils. Longue vie au JE, ME, MOI la doctrine CSN’iale. Un jour ça va leur péter au visage, ce jour là ce n’est pas moi qui va brailler, au contraire je vais m’ouvrir une petite bouteille.

  23. @François Richard: Premièrement, le but de la STM n’est pas de faire du profit ou d’équilibrer le budget, puisqu’un service public, par définition, reçoit son argent du gouvernement. Si la STM est déficitaire, c’est que le gouvernement lui a enlevé les ressources nécessaires à son bon fonctionnement. Tu as raison de dire qu’aucune compagnie n’arriverait à tenir dans ces conditions: la STM n’est PAS une compagnie privée.

    Ensuite, peux-tu SVP me dire en quoi des gens qui travaillent honnêtement, gagnent un salaire honnête, et désirent simplement améliorer leurs conditions de vie sont des « ignobles sauvages »?

    Je trouve ta position EXTRÊMEMENT égoïste et centrée sur elle-même. Tout le monde a le droit de bien gagner sa vie. Si tu n’es pas syndiqué toi-même et que tu acceptes d’être sous-payé, cela te regarde. Mais SVP aie un peu de respect pour ceux qui se battent pour leurs droits.

    Car ils ne se battent pas que pour eux, mais pour nous tous. Ce sont des travailleurs de la classe moyenne, et leur combat est celui de la classe moyenne. Un combat contre les inégalités sociales et l’appauvrissement et pour le respect.

    J’aimerais cité Tétoine, qui résume le mieux à mon avis la « logique » circulaire de plusieurs personnes de droite: « Si tout ceux qui gagnent au dessus de 25k$ par année perdent le droit d’améliorer leurs conditions sous prétexte qu’ils sont déjà bien nanties (!), je me demande vraiment quel genre de logique économique est appliquée ici. »

    Ça va faire le nivellement par le bas. Insulter les gens parce qu’ils sont solidaires et qu’ils se battent collectivement pour améliorer leur sort, je trouve ça très moyen comme comportement.

    Ne serait-il pas plus constructif de se demander pourquoi, dans une société aussi riche que la nôtre, des gens qui travaillent 40 heures par semaine ont peine à joindre les deux bouts?

    Au lieu de viser ceux qui sont dans la classe moyenne, attaque-toi donc aux gros bonnets qui gagnent des centaines de milliers $ et qui ne sont pas assez imposés. Attaque-toi aux pétrolières qui font des milliards $ en nous volant. Attaque-toi aux pharmaceutiques qui font des milliards sur ton dos. Ou aux banques, qui te chargent 5$ juste pour gérer ton compte.

    Les cibles ne manquent pas.

    S’attaquer à d’honnêtes travailleurs de la classe moyenne qui refusent de se laisser écraser, c’est très, très moyen à mon avis.

    Ne trouves-tu pas?

  24. mais tu comprends absolument rien Louis ! la sécurité d’emploi, le fond de pension et le salaire que ces gens gagnent malgré les déficits chroniques de la STM en fait des privilégiés et ils devraient en être heureux surtout que leur salaire est payé par les payeurs de taxes qui justement peine à joindre les 2 bouts ! Si jamais ils croient qu’ils peuvent aller chercher mieux ailleurs personne les forces à demeurer à l’emploi de la STM. Si la STM était un compagnie privé qui faisait des profits de milliard de $ chaque années je pourrais comprendre, oui partageons le profit mais ici on parle d’une entreprise publique et DÉFICITAIRE !
    C’est quoi ça l’a a voir dans le problème que les industries pharmaceutiques, le prix du pétrole qui est élevé… etc etc comme si être de droite on était d’accord que Esso fasse des milliards de profits par année, ils nous tiennent par les couilles, ils le savent, et je ne trouve pas ça correct.
    Ensuite si tu les trouves attaqués ben c’est peut-être parce que eux mettent un couteau sur la gorge des milliers d’usagers du métro et des autobus.

    Enfin je me demande aussi… pourquoi la logique d’une compagnie qui va bien devrait faire augmenter le salaire, mais lorsqu’elle va mal il faut pas diminuer les augmentations ???? Tanné de cette mentalité syndicale dépassé qui vit encore dans cette province…. au moins je pense bien que le système est sur le bord de craquer ! Enfin !

  25. Comme je disais sur mon blogue plus tôt, une autre sollution devrait être envisagée:

    « Le principe de faire la grève, au départ, à sa plus simple expression, c’est de faire chier le patronat qui vous refuse vos bonbons. Rien de plus. Tout comme un lockout c’est de faire chier les employés qui veulent trop de bonbons.

    Les usagers/clients/acheteurs/payeurs ne devraient jamais être prit dans des démarches syndicalistes d’aucune façon, peu importe à quel point le syndicat à raison ou pas de ce plaindre.

    Surtout que dans l’optique de faire chier uniquement le patronat, une solution beaucoup plus simple, qui ne ferait pas chier 1.3 millions d’utilisateurs à tous les jours serait de laisser tout le monde passer gratos! Les employés sont la quand même, sont payés quand même, les gens circulent normallement et le patronat est en calice parce que l’argent entre pas. Mais au moins, le service est maintenu!! »

    Suite ici si ça vous intéresse : http://iamwormbuffet.blogspot.com/2007/05/la-grve-de-la-stm.html

  26. « Car ils ne se battent pas que pour eux, mais pour nous tous. »

    Ouf! J’admire ton romantisme Louis, mais come on!

    Ils se battent pour eux, et pour les autres syndiqués de la ville qui passeront ensuite à la caisse.

  27. « Mince consolation, Renart va souffrir de cette grève. »

    Jacques, dis-moi, ça va la vie? Parce que quand on prend du plaisir à la souffrance des autres, c’est signe que ça ne va pas très bien…

    @Frank

    Très bonne idée ça, mais ça ne pourrait pas s’interpréter comme du vol qualifié, du côté du patronat?

  28. Si ce n’était si tristement bête, j’en rirais:
    « Premièrement, le but de la STM n’est pas de faire du profit ou d’équilibrer le budget, puisqu’un service public, par définition, reçoit son argent du gouvernement »

    Ok, tout est dit. Le but, ça doit être de dépenser le plus possible jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus, ou bien s’assurer d’être le plus dans le trou possible… Et le gouvernement, bien sûr, c’est une entité vaporeuse qui pisse de l’argent à l’infini, jusqu’à ce que les farfadets la ramasse….

    Intéressant de constater que Louis n’exigera plus JAMAIS que les fonds publics soient gérés convenablement, puisque le but n’est pas « d’équilibrer le budget ». Super, ça va faire un beau pays des comptables comme ça… Je me vois déjà avec une grosse bedaine, nu pied et attendant les chèques de l’Unicef…

    Et quant aux sympathiques grévistes qui « ne se battent pas que pour eux, mais pour nous tous », en quoi doit-on se reconnaître dans ce « combat »?

    Quand Kovalev renégocie son salaire, est-ce qu’il se bat « pour nous tous »? Car, n’oublie pas, c’est un syndiqué, lui aussi. Tu devrais être de son bord.

  29. @Renart,

    Sérieusement, je compatis. Lis le reste de ma phrase, je voulais dire que peut-être qu’en constatant les dégâts du syndicalisme, tu cessera enfin d’idôlatrer leurs objectifs. Mais, je rêve un peu là…

    Et, très sérieusement, je te le jure, je ne trouve pas ça drôle du tout ce qui t’arrive. Et c’est pour ça que j’en ai tant contre ces grévistes. Car ils ont le sort quotidien de milliers de gens entre les mains et agissent de façon irresponsable.

    Mario Dumont a raison. Il faut frapper, maintenant. Un grand coup de pied au derrière de ces enfants gâtés.

    Mais, pour répondre à ta question, ma vie va extraordinairement bien, je ne peux demander mieux.

  30. @Renart

    Le patronat n’irait surement après nous tous pour nous charger ce qu’on a pas payé. En tout cas, une mesure comme celle la ne paralyserait pas le monde.

    J’approuve les coups de pieds aussi… un médiateur aurait du être nommé avant qu’une grève éclate.

  31. Ah non! je voulais dire que les employés pourraient être accusés pour n’avoir pas chargé le coût du transport, donc de voler par ricochet des revenus à la STM.

  32. Effectivement, mais je sais pas si ça tiendrait en cour… du moins j’espère que non… serait bien le bout. Au mois ça ne ternirait pas l’image de la STM comme c’Est le cas présentement.

  33. Évidemment, ça ferait bien le contraire!

    Mais, à la place de la gratuité (qui serait quand même risquée), ils pourraient offrir un rabais, d’un pourcentage représentatif des demandes salariales qu’ils font. Ou quelque chose du genre.

  34. À en lire certains, on croirait que les employés d’entretien de la STM travaillent sous la menace du fouet et couchent sur le plancher de l’usine pour un gros cinquante cents par jour…

    Avant de vous indigner, faudrait peut-être peser votre indignation, ces gars-là ont des crisses de bonnes jobs, dans des conditions enviables et à des salaires plus élevés que la moyenne (et on ne parle même pas des avantages sociaux et du temps supplémentaire payé une petite fortune).

    Et avant de crier gare à la propagande patronale, faudrait peut-être pouvoir discerner entre une situation inacceptable et de l’avarice. La non-amélioration de conditions exceptionnellement bonnes n’est pas du tout un recul.

    La grève est un moyen extrême qui peut être à la fois justifié et noble, mais ça prend une vraie cause derrière. Pas des caprices d’enfants gâtés, qu’ils soient orphelins ou non.

    PS: « Le Conseil des services essentiels, cet organisme antisyndical créé par le gouvernement Bouchard… » C’est plutôt le gouvernement de Lévesque qui l’a créé.

  35. « Car ils ne se battent pas que pour eux, mais pour nous tous. Ce sont des travailleurs de la classe moyenne, et leur combat est celui de la classe moyenne. Un combat contre les inégalités sociales et l’appauvrissement et pour le respect. »

    Foutaise!

    Les employés de la STM savent très bien que la situation monopolistique de leur employeur les mettent en position de force. Et ils en abusent en se foutant complètement de ceux qui paient leur salaire: les citoyens, qu’ils utilisent le service ou non!

  36. @Louis, une gagne de morons égocentriques égoiste et nombrilistes foutent la population de la metropole québécoise dans la merde pour des revendications démesurées compte tenue de leur position actuelle qui se trouve au delà de la majorité de la population québécoise. Des centaines de lieux au delà de la clientèle qu’ils déservent et c’est moi l’égoiste??? Elle est bonne celle là! On ne doit pas avoir la même définition de l’égoisme toi et moi.

    Le transport en commun sous prétexte que c’est un service publique n’a pas à être rentable et peut fonctionner en déficit annuel et en donner plus et plus à ses employés?? Caltor Louis c’est quoi ça?? Est-ce ça ta vision d’un Québec souverain à prédominance fonctionariale? Si c’est ça vite tout le monde aux canots de sauvetages… Le bateau coule.

    Pour ce qui est du fait qu’ils ne se battent pas que pour eux mais pour nous tous… À bin là y a pu rien à faire… Le monde est perdu… Adieu monde cruele, J’ai toujours cru que la fin du monde allait surgir suite a un cataclysme du type nucléaire, mais là je commence a insérrer à mes croyances qu’il est probable aussi que ça soit dû à un cathaclysme intellectuel.

  37. @Louis : J’arrive pas à croire que t’es sérieux! Les syndiqués de la STM représentent tout ce qu’il y a de plus pourri dans le syndicalisme. Les syndicats ont été inventés pour protéger les travailleurs des abus patronaux, qui à l’époque traitaient les travailleurs en esclaves. Depuis le temps, ça s’est royalement perverti.

    Je crois représenter le point de vue des usagers du transport en commun qui sont pris au piège par ce conflit. Nous blâmons principalement le syndicat parce que c’est eux qui avaient le choix de déclencher ou ne pas déclencher cette grève. Ce n’est pas un lock-out. Peu importe leurs raisons, c’est de leur faute si bon nombre d’entre nous devons trouver d’autres moyens d’aller travailler. Nous ne faisons pas tous du 9h à 17h et certains doivent même avoir deux emplois pour arriver. Les services dits « essentiels » ne suffisent pas. Pour beaucoup d’entre nous, c’est difficile à gérer et la grogne ne peut qu’amplifier avec le temps.

    Aux yeux des usagers, les syndiqués font figure de gros bébés gâtés. Il nous importe peu que leurs raisons soient légitimes ou non. S’ils subissaient de graves injustices de la part de leur employeur ce serait une chose, mais on ne parle ici que de petits accrocs monétaires. Ça nous touche peu que la STM veuille geler le salaire des employés d’entretien pendant un an. Bon nombre d’entre nous travaillons au salaire minimum, qui jusqu’à récemment n’avait pas augmenté depuis plusieurs années et nous ne pouvons que rêver de faire un jour un salaire de $50K par année. Ça nous importe peu qu’il y ait des iniquités intergénérationnelles dans leur plan de pension. La plupart d’entre nous n’avons même pas de plan de pension et nous avons peine à mettre de l’argent de côté dans des REER.

    Pour nous seule la réalité existe que ces syndiqués, déjà grassement payés pour ce qu’ils font, essaient encore (comme en moyenne une fois tous les 2 ans et 8 mois) de s’enrichir à nos dépends. Si ce n’était du fait qu’on ne peut pas se permettre de prendre congé, ça devrait être nous de faire du piquetage devant les bureaux de la CSN.

  38. Je suis d’accord avec les propos du texte de Louis…

    Par contre, et il sera probablement d’accord avec moi, le droit à la grêve est tout sauf un « droit acquis ». C’est un droit qui est constamment remis en cause. Loi spéciale, Conseil des services essentiels, etc.

    Toute la population doit se sentir concernée. Il ne s’agit pas de comparer votre salaire avec celui des employés de la STM, mais plutôt de vous questionner sur l’avenir de vos propres conditions de travail.

    Les syndicats servent à établir un certain équilibre dans le rapport de force opposant la partie patronale et les employés. Si on leur impose une loi spéciale les obligeant à rentrer au travail dans 48 heures (comme le ministre des transports vient de le faire), on donne le gros bout du bâton à la partie patronale.

    Ensuite, avant de crier sur tout les toits que les demandes syndicales sont irréalistes, déconnectées de la réalité, alouette ; faudrait commencer par entendre leur point de vue. Je regardais, hier soir, le bulletin de nouvelle à TVA. Bon, d’emblée, on s’attend jamais à grand chose de bon de TVA. Mais y’a quand même des limites.

    Le lecteur de nouvelle (dont je ne me souviens plus le nom) posait des question du genre « mais là, les employés de la STM sont mieux payés que la moyenne des Québécois… Faudrait faire quelque chose, non?). Son interlocuteur était nul autre que le président de la STM! Quelle belle confrontation d’idées!

    Les deux hommes y allaient tout deux de leur belles conclusions anti-syndicale, pro-patronales, pour un nouvelle loi empêchant les employés de la STM de revendiquer quoi que ce soit.

    Et y’a pas personne pour interviewer le syndicat, de sonder la raison de l’appui à la grêve… Juste une brève liste des revendications sans explication.

    J’aimerais bien qu’on demande aux syndiqués « pourquoi? », on pourrait être surpris.

  39. François a écrit: »Si la STM était un compagnie privé qui faisait des profits de milliard de $ chaque années je pourrais comprendre, oui » Même là ça ne justifierait pas que parce que ces employés là s’adonnent à travailler dans un domaine payant qu’ils soient beaucoup mieux rénumérés qu’un employé qui pour son plus grand malheur mais pour le plus grand soulagement de la « planète » travaille à très faible salaire dans une usine de tri.

  40. […] au débat. Dans mon dernier billet ici,  j’attaquais les grévistes de la STM, tandis que Louis les défendaient. Plus récemment Louis défendait vertement la décision de Chavez de fermer RCTV . Dans ce cas […]

  41. […] sujet a été beaucoup discuté sur UHEC et un des commentateurs, Frank a amené une bonne idée, qui va comme suit : si les employés de la […]

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