Pour un péage progressiste

Dans son Plan de transports annoncé aujourd’hui, la Ville de Montréal propose de réintroduire la vieille idée du péage aux ponts, mise au rancart en 1984. Est-ce une bonne idée? Pas si sûr.

En effet, le péage selon la formule proposée, soit celle d’un tarif fixe par automobiliste, pénalise surtout les moins nantis et la classe moyenne. Exemple: s’il en coûte 3$ pour chaque entrée à Montréal, soit 15$ par semaine, cela représente déjà 2,5% du revenu de quelqu’un gagnant 600$ par semaine, soit un peu plus de 30 000$ par année. Mais à peine 1% du revenu pour quelqu’un qui gagne 1500$ par semaine, soit plus de 75 000$ annuellement. Concrètement, on encourage les plus riches à continuer d’utiliser leur voiture tandis qu’on augmente la charge fiscale – l’impôt – des moins nantis. Bref, on impose un impôt régressif.

Pourtant, la technologie permettrait de faire mieux, beaucoup mieux. Puisque l’idée n’est pas de décourager les gens d’aller à Montréal mais plutôt d’inciter ceux qui y vont quotidiennement sans l’habiter à participer financièrement, pourquoi ne pas instaurer un système de quotas relié au revenu (un peu à la manière des pays scandinaves pour les contraventions)? Le système n’est pas si compliqué, mais il demande d’oser l’innovation et de cesser de suivre pathologiquement ce qui se fait chez nos voisins du sud pour inventer nous-mêmes notre propre société.

Voici comment peutfonctionner le système de quotas. D’abord, chaque personne de la banlieue de Montréal obtient un nombre défini de passages gratuits sur les ponts selon la proximité de la dite ville par rapport à Montréal. Par exemple, un citoyen de Laval ou de Longueuil a le droit d’aller gratuitement à Montréal 50 fois dans l’année, un citoyen de Saint-Eustache 20 fois, et un de Saint-Jérôme 10 fois. Plus on s’éloigne de Montréal, plus le nombre de passages gratuits est faible.

Ensuite, on se base sur le revenu déclaré de la personne pour l’année précédente pour établir le coût à payer d’un passage. Ce coût constitue un pourcentage fixe des revenus annuels, par exemple 0,00005%. Ainsi, pour quelqu’un qui gagne 30 000$, le coût du passage est de 1,50$; 3$ pour celui qui gagne 60 000$; 4,50$ pour celui qui gagne 90 000$, et ainsi de suite. Bref, on s’assure que le poids est le même pour tous au lieu de reposer principalement sur la classe moyenne et les moins nantis.

Lorsque le citoyen arrive au poste de péage, il passe sa carte à puce, qui lui donne le choix d’utiliser ses passages gratuits, de payer automatiquement par un système de recharge sur la carte elle-même (un peu comme interac ou une carte de crédit) ou de payer son montant personnel en espèces.

Et pour ceux qui n’habitent pas la région de Montréal – pour eux seulement – on instaure un tarif fixe.

En politique, il faut savoir être imaginatif. Réintroduire tel quel un vieux système qu’on a abandonné avec de bonnes raisons il y a 23 ans ne constitue pas une avancée pour la métropole. On a décidé à ce moment-là d’éliminer cette taxe régressive qui a en outre le désavantage de ralentir le flux de la circulation à l’entrée des ponts, créant d’interminables files d’attentes.

Si on devait décider de réintroduire le péage, au moins faisons-le intelligemment, en incluant un système technologique moderne permettant non seulement d’accélérer le paiement, mais aussi de faire porter le même poids financier sur tout le monde, pas juste sur les épaules de la classe moyenne et des travailleurs qui sont toujours proches de leurs sous.

Car c’est bien beau de vouloir exclure les voitures, les camions, et se débarasser de toute forme de combustion au pétrole sur l’île de Montréal, mais il ne faut pas oublier que des gens dépendent de ce mode de vie – si injuste soit-il – pour vivre et offrir un toit à leur famille.

24 Réponses

  1. Une idée à développer. Plus logique que la simple imposition universelle en tout cas. Ça rejoint un peu la question des zones de péage urbain.

    Toute cette question camoufle cependant le problème de fond de la répartition fiscale entre les grandes villes et les municipalités périphériques. Quand on fait un plan de transport, on pense au problème de financement du réseau de transport, et c’est normal.

    Le principe d’utilisateur-payeur ne viendra pas à bout de tous les problèmes d’inéquité entre ceux qui financent les services et ceux qui en profitent sans contribution simplement parce qu’ils demeurent de l’autre côté du fleuve ou d’une frontière quelconque.

  2. L’idée est tellement bonne qu’elle ne se rendra pas jusqu’à être adoptée, même en partie…

  3. Ça fait maintenant plus de 5 ans que j’ai abandonné mon auto pour le transport en commun pour aller travailler. Je demeure sur la Rive-sud et je travaille au centrte-ville en dehors des heures de pointes habituelles (13h-21h30). J’arrive très bien à me rendre au travail.

    À moins de travailler de nuit, quelle excuse a-t-on pour ne pas utiliser le transport en commun?

  4. Comment est-ce qu’on ferait pour s’assurer du revenu exact d’une personne, est-ce que le ministère du revenu est en droit de donner cette information.

    Ensuite, si quelqu’un perd son emploi et qu’il en retrouve un autre encore dans la ville centre mais avec un salaire moindre, est-ce qu’on va lui réajuster son paiement? Ou bien un paiement unique en même temps que les impôts.

    Pour les postes de péage, prenons exemple sur la 407 à Toronto ou tout est fait automatiquement.

    Pourquoi pas des péages à la grandeur de la province… utilisateur payeur? Une bonne manière de financer autoroute, route, pont… en partie par les gens qui vont l’utilisé.

  5. Le péage « à la distance » est une solution sensée pour les routes et même (dans certains cas) pour les transports en commun. Je me souviens avoir payé pour le nombre de stations et de transferts, dans le métro de Budapest; les « puncheuses » de cartes étaient de vieilles machines électro-mécaniques mais fonctionnaient pourtant bien.

    Sur les routes, le péage permet de partager les coûts entre la population en général (car les routes sont un « bien public ») et les utilisateurs locaux (« utilisateur-payeur »). Cela permet de rejoindre une certaine justice sociale, sans mettre un poids exagéré sur les épaules des utilisateurs.

    Après tout, les transports en commun sont aussi financés de cette manière: une part est collective et une part est assumée par les usagers.

    Pour les routes, il serait intéressant d’offrir des cartes d’abonnement mensuel ou hebdomadaire, donnant l’accès « uniforme » à un secteur. Encore une fois, on peut faire un parallèle avec les réseaux de trains de banlieue ou les vignettes de stationnement, qui offrent souvent des abonnements par secteur géographique.

    Par contre, je crois que les péages devraient être réservés aux accès aux autoroutes et aux plus grands ponts autoroutiers (ceux dont le volume est suffisant et dont la taille justifie de payer). On ne va quand même pas payer pour traverser tous les petits ponts qui enjambent les rivières mineures le long de l’autoroute 20, comme la rivière Goudron ou la rivière Ouelle.

    Les autoroutes urbaines, qui ont des accès complexes et des sections « en boulevard » se prêtent mal, aussi, à l’instauration du péage.

  6. Notez que je ne supporte absolument pas les mesures telles le péage en fonction du revenu. Ces mesures sont très complexes à mettre en oeuvre et ouvrent la porte à des abus massifs.

    Plutôt, il suffirait de créer des crédits d’impôts (facture à l’appui) pour certaines tranches de revenus.

  7. T’as les moyens d’avoir un char et de te payer le pétrole? Tu viens utiliser le réseau montréalais? Tu voulais rien savoir des fusions municipales? Paye!

    Comme M. Dufort, je trouve le système « progressiste » proposé par Louis bien trop complexe à administrer!

    Et j’ajouterais que je trouve ça typiquement gauchiste de vouloir instaurer plus de contrôles sous prétexte d’une plus grande justice.

    S’il faut réajuster en fonction des revenus, ça peut se faire par des crédits d’impôts.

  8. Pas d’accord avec un tarif en fonction du revenu.
    Nous avons l’impôt sur le revenu qui en principe, pénalise les plus riches. Nous avons les taxes municipales qui sont en fonction de la valeur de la résidence, donc pénalise les propriétaires de grosses résidences, donc les plus riches. Bientôt, il y aura les grosses cylindrées qui couteront plus chères à faire rouler à cause des frais d’immatriculation qui seront augmentés. En plus ces grosses cylindrées prennent plus d’essence, donc nous collectont plus de taxes à la pompe. Nous collectons plus de taxes de vente si la voiture est plus dispendieuse. Voilà quelques raisons qui me laisse penser que les plus riches paient déjà plus que les autres.
    Si on doit mettre un poste des péages, que le montant collecté soit en fonction du type de véhicule.
    Un véhicule à 4 roues et moins « X $ »
    Un véhicule à 4 roues avec remorque « x+1/2 $ »
    Un véhicule avec plus de 4 roues sans remorque « y $ »
    Un véhicule avec plus de 4 roues avec remorque « Y + 1/2 $  »
    etc. etc.

    Le nombre de fois que tu passes sur la voie valide le montant annuel que tu paies.
    Plus tu passes souvent, plus le véhicule est gros, plus il brise les routes,
    Donc, plus il doit payer.

  9. @Roch Fournier,
    l’approche que vous préconisez correspond (en gros) à celle utilisée sur les traversier: créer des classes de véhicules en fonction du nombre d’essieus ou de remorques, du poids total, etc.

    Cette approche est tout à fait légitime, mais elle est limitée par des considérations pratiques: combien de « files d’attente » on peut créer dans les péages. Je me souviens, quand j’était petit, m’étonner à chaque fois que nous passions les douanes américaines ou… les péages de l’Autoroute 15 dans les Laurentides! Et je ne suis pas si vieux…

    Sur la 15, chaque « poste de péage » formait un renflement sur l’autoroute, où le nombre de voies atteignait facilement une dizaine. Le nombre de voies (ou de « postes de prélèvement ») dépend de trois facteurs: le volume de circulation, le temps nécessaire pour payer et le nombre de classes de véhicules.

    Il est certain qu’on peut créer des « caisses rapides » ou des « voies express » pour ceux qui ont des cartes mensuelles ou des « passes de camionnage ». Avec les nouvelles technologies, on peut vraiment accélérer les choses.

    Il reste que c’est avant tout le camionnage lourd et longue distance qui endommage nos routes. Croire que le péage suffirait à compenser les dégâts de ces gros camions, c’est être trop optimiste. Si l’on voulait améliorer l’état de nos routes dans la région métropolitaine, le projet le plus sensé serait de compléter les voies de contournement que sont la 30 et la 640, avec les ponts correspondants. C’est la seule manière d’éviter que les camions qui font des trajets longue distance, par exemple de Toronto à Québec, ne soient obligés de traverser Montréal au complet, se mêlant aux bouchons de circulation sur les ponts de la ville et sur l’autoroute métropolitaine.

    Un projet bien fignolé combinerait la complétion des voies de ceinture de Montréal, pour rediriger le camionnage lourd longue-distance hors de la zone urbaine et hors de la trajectoire des banlieusards (!), avec l’instauration du péage sur ces voies en particulier.

  10. Je suis d’accord sur le principe, mais pas sur le moyen…(coudon, suis-je en train de virer complètement fou??? me voici d’accord avec des choses sur ce site…je capotes).

    Moi, ça ne me dérangerais absolument pas de payer plus qu’un autre. D’ailleurs, je suis contre les subventions aux écoles privées, je crois que je devrais payer le plein tarif, MAIS, avoir le choix TOTAL de l’éducation que recevront mes enfants. Ceci n’arrivera jamais, car l’État veut une mainmise sur l’éducation.

    Sérieusement, les deux méthodes préconisées ici (selon le revenu ou selon le type véhicule) sont louables, mais imaginez le bordel administratif que ça pourrait créer. Pour avoir déjà travaillé dans le domaine des cartes à puces et des systèmes de ce genre, je peux vous dire que ces solutions sont innapplicables.

    Première raison, implacable, la confidentialité. Aimeriez-vous que des organismes gérant ces péages détiennent des informations sur votre salaire, ou même sur votre véhicule? Devrait-on les tenir informés de nos augmentations, nos bonis, nos changements de voiture? Irréalisable.

    Deuxième raison: la fraude. Imaginez le nombre de cartes frauduleuses qui se mettraient sur le marché. Ceux qui n’ont pas de voitures auraient soudainement des cartes à vendre au plus offrant.

    Non, je crois que pour des raisons bien pratiques, il faudrait un tarif unique, mais, comme Harper l’a fait de façon géniale, une déduction d’impôt lorsqu’on aurait un reçu. Comme ça, c’est encore en relation avec ton revenu.

  11. Il y en a beaucoup qui croient qu’on aurait jamais dû abolir les péages en premier lieu. Probablement que nos routes et nos ponts (et viaducs!) s’en porteraient mieux. Il existait déjà à l’époque une tarification comme celle que Roch Fournier explique. Pour une auto à deux essieux, c’était $0.25 hors-pointe et $0.10 aux heures de pointe.

    L’instauration de péages apporterait non-seulement des fonds additionnels pour l’entretien des infrastructures routières (défrayés en grande partie par ceux qui ont les moyens de se payer une auto, comme le mentionne Martin Beaudin-Lecours), mais c’est un incitatif réel pour l’utilisation du transport en commun. Si on avait un programme compréhensif d’amélioration des transports en communs avec ça, on pourrait probablement réduire appréciablement la circulation et les émissions de GES.

    Jacques: T’es sûr que tu vas bien? On devrait peut-être prendre ta température. Tu dois être fiévreux! 😀

  12. Vous n’êtes ps assez naïf pour croire qu’un tel système ne serait pas déjoué par les plus rusés!

    Qu’en serait-il du travailleur gagnant 60,000$ dont l’épouse ne bosse pas et qui a 4 enfants versus un célibataire qui gagne 35,000$ et dont la conjointe bosse pour un même salaire? Vous voyez la complexité? Nous pourrions multiplier ainsi les exceptions.

    Et puis, pourquoi ne pas appliquer ce genre de tarification à toutes les taxes et tarifs, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de riches? jusqu’à ce que tout le monde soit égal?

    Votre idée est originale, sans plus. Bel effort mais meilleure chance la prochaine fois.

    Accent Grave

  13. Je suis de l’avis de plusieurs personnes ici. Que l’on effectue un péage uniforme, mais que l’on puisse offrir des déductions d’impôts pour les plus faibles revenus.

    Mais le plus important, ce serait de changer l’aménagement avant d’instaurer ces péages. Les stationnements incitatifs doivent être agrandis, le transport en commun de banlieue doit être aussi plus efficace. Ces postes de péages doivent servir d’abord à l’investissement en transport en commun, comme le dit M. Bergeron, chef de Projet Montréal, et le maire Tremblay. Si on leur dit: « Si vous voulez entrer, vous devrez payer » sans offrir d’alternative avantageuse, c’est offrir une taxe déguisée aux banlieusards, et même si je trouve que le mode de vie de la banlieue est le plus polluant et qu’ils méritent d’en payer le coût, il faut être capable de leur offrir un autre choix qui soit efficace.

    Je tiens aussi à rappeler que les 4 idées du maire Tremblay sont celles de Projet Montréal, un autre parti. Mais je crois que tous les montréalais attendaient ce changement.

    1. Retour du tramway
    2. Retour des péages sur les ponts
    3. Prolongement des métros
    4. Augmentation des pistes cyclables

    Un autre point: j’espère un péage, non pas per capita, mais par automobile. Cette méthode inciterait au covoiturage, car 4 personnes dans un char paieraient autant qu’une personne dans un char. Le but n’est pas de faire de l’argent, c’est de réduire le trafic, améliorer l’état de santé de Montréal et investir dans des alternatives moins polluantes et plus économiques pour les utilisateurs ET pour la ville, qui paie moins en entretien des routes.

  14. L’idée du péage par identification laser aussi serait intéressante. On garde le même système progressiste que celui que je suggère, où le fardeau est le même pour tous, et non pas plus faible pour les plus riches comme le vieux système, mais on peut simplement avoir une petite carte qui se fait identifier par laser lors du péage. Même pas besoin de s’arrêter complètement; on ralentit, et on passe la carte devant le laser et automatiquement le compte arrive à la maison à la fin du mois; une autre idée à envisager.

    Ceci dit, malheureusement le péage est en soi une idée régressive. Je tente de trouver un moyen d’améliorer la chose, mais l’idée-même est mauvaise. Ça ralentit la circulation, ça décourage le transport, ça nuit à l’économie, ça coûte cher à instaurer.

    Mieux vaudrait instaurer un véritable système de transport en commun efficace et beaucoup moins cher. 2,75$ c’est une honte pour une ville comme Montréal! Le transport en commun devrait être beaucoup moins cher, peut-être 0,50$ maximum, afin d’inciter un maximum de personnes à l’utiliser.

    Pour le reste, l’agrandissement du métro, les trains légers, tout ça ce sont d’excellentes idées.

    C’est le financement qui est mauvais. Quand on finance un projet à même les fonds publics, on s’assure que le fardeau payé par les plus pauvres est moindre que celui des plus riches (ce qui est normal). Mais en utilisant un système rétrograde de péage où le montant est le même pour tous (et peu importe les retours d’impôts, quand on gagne moins de 20 000$ par an on en paie presque pas anyway) le poids de ces projets est plus lourd à porter pour les plus pauvres que pour les plus riches.

    Il faudrait grandement s’inspirer des pays scandinaves qui ont introduit des mesures où on pénalise en proportion au salaire. C’est la seule façon de s’assurer que le poids de la punition est le même pour tous et c’est être certain que c’est la fin des passe-droits pour les plus riches.

  15. @Manx,
    je crois qu’il est pratiquement impossible d’instaurer un péage per capita ou basé sur des cartes d’accès « personnalisées ». Cela demanderait d’avoir des petites cabines avec un contrôleur (humain), dans chaque voie de péage.

    S’il y a des cartes d’accès annuelles, mensuelles ou hebdomadaires, il devrait y avoir un tarif uniforme (ou par secteur). Et tant pis si les gens se prêtent les cartes! Une carte ne peut pas se trouver dans deux véhicules en même temps, c’est physiquement impossible.

    Les solutions qui demandent la présence de surveillants dans toutes les voies de péage ne peuvent pas être rentables. C’est pour cela que je préconise le péage uniformisé, quitte à avoir un nombre limité de classes de véhicules (qui utiliseraient alors des voies distinctes) au péage: (1) véhicule familial (ou récréatif) ou moto, (2) camion léger, (3) camion lourd, (4) autobus/taxi.

    Le nombre de personnes dans chaque véhicule n’est pas un critère de tarification. Et oui, ça favoriserait (marginalement) le covoiturage. Une personne qui dépense 10$ d’essence + 2$ de péage par jour fera du covoiturage surtout à cause du coût de l’essence.

    Quant à l’idée de financer les transports en commun à l’aide de l’argent prélevé aux péages, je ne suis pas certain que ce soit correct. Est-ce qu’on finance les aliments végétariens à l’aide d’une taxe sur la viande, tant qu’à y être? Non. L’argent des péages devrait servir à entretenir le réseau routier… après tout, les autobus aussi y roulent!

    Nous payons collectivement pour les routes et pour le métro… que les utilisateurs de chaque moyen de transport y apportent leur contribution individuelle, et tout le monde sera heureux.

  16. Louis,

    Concernant ton dernier commentaire, désolé, mais ça ne peut pas fonctionner. En passant, mis à part quelques rares exceptions, le transport en commun de Montréal reste l’un des moins chers au monde.

    Et le coût a un effet limité sur l’augmentation de l’achalandage. Oui, ça aide un peu, mais c’est pas déterminant. Convaincre quelqu’un de ne pas prendre la voiture, c’est lui offrir un confort similaire. Alors il faut avant tout améliorer les infrastructures (plus de rames, plus d’autobus, etc..).

    Privatiser une partie du transport en commun (pour ne pas choquer les gauchistes, je dirais plutôt, ouvrir la porte au privé pour de nouvelles routes ou de nouvelles heures de service) peut être intéressant.

    Et technologiquement parlant, le meilleur système reste un de ceux que j’ai vu en Europe, avec des « fast lanes » où tu n’as même pas besoin de ralentir, et des « tourist lanes » pour ceux qui ne sont pas équipés de la technologie. Une puce RFID est installée sur ta voiture et lue automatiquement aux péages (pas de carte, bien mieux). Tu es facturé à la fin du mois si tu as trop utilisé. Mais, bémol importante, il y a eu résistance monstre au début et le nombre d’amendes a été effarant. Presque la guerre civile (ok, j’exagère).

    Ici, au Québec, particulièrement à Montréal, il est toujours difficile de convaincre les gens du bien fondé d’acquitter son passage ou son paiement. On dirait qu’on a le coeur bougon et qu’on cherche toujours à contourner le système.

    C’est pour ça que plus le système choisi sera simple et égalitaire (pas de discrimination sur le salaire, ou autre), plus il risque d’avoir du succès.

    Mais, au-delà de toutes ces considérations, il y a vice de logique dans ta solution: tu veux que les riches paient plus, mais c’est aussi ceux-là que tu veux convaincre d’arrêter de prendre leur auto et prendre le transport en commun. Comment concilier les deux? S’ils prennent effectivement le transport en commun et laissent l’auto à la maison, qui paiera pour le transport en commun soudainement surutilisé?

  17. Si nous n’étions pas les plus taxés d’Amérique je serais pour. Mais étant donné la situation que nous vivons ici je suis contre à 100%. C’est encore la classe moyenne et le moins nantis qui vont en payer les frais. Toujours quêter et quêter c’est la solution facile quand on a pas d’imagination et qu’on ne sait plus où mettre de la tête.

    Par contre si la population était plus participative aux différentx moyens déjas en place on n’en serait pas rendu là. Ragardez en plein trafique sur le méytropolitain ou ailleurs quel est le pourcentage de voitures de plus de un passagé. Ce n’est pas normal…

  18. Pour ce qui est du péage, plus le système sera simple, mieux ce sera. Pas de per capita, ou d’indexation au revenu SVP. Une simple formule à taux fixe SVP.

    Pour ceux qui disent que ce sera la classe moyenne et les moins nantis qui vont être les plus affectés, je dois rappeler que ceux qui utilisent le plus les route sont assez bien nantis pour acheter et entretenir une voiture. À mon humble avis, les plus pauvres utilisent déjà le transport en commun et ne son donc pas affectés.

    Si l’instauration des péage se fait de pair avec une améliration du transport en commun, seul les plus riches s’entêteront encore à utiliser leur voitures.

  19. Et ce sera encore la classe moyenne et les plus pauvres qui écoperont! C’est bien beau vouloir que tout le monde utilise le transport en commun, mais la vérité c’est que notre société est basée sur l’automobile, et si on doit pénaliser les gens qui l’utilisent, autant les pénaliser avec le même fardeau et non pas avec un taux fixe qui avantage les plus riches.

    Un pourcentage du revenu qui établit le coût, le tout sur une carte à puces, c’est très simple et équitable comme système.

    Pourquoi le poids du péage serait-il moins lourd à supporter pour les plus riches que pour les classes inférieures?

    Soyons équitables, et établissons un système où lee coût varie en fonction du revenu!

  20. @ Louis:
    « Et ce sera encore la classe moyenne et les plus pauvres qui écoperont! C’est bien beau vouloir que tout le monde utilise le transport en commun, mais la vérité c’est que notre société est basée sur l’automobile ».

    Si t’as les moyens de te payer un char, l’essence, et les assurances, t’es pas si pauvre que ça et si ton budget est si serré, tu devrais considérer de t’acheter une CAM et vendre ton char. Ceci dit, le plupart des banlieusard qui auront à payer pour le péage ne sont pas des gens sur le BS ou qui travaillent au salaire minimum. Par contre, c’est vrai que la classe moyenne va écoper.

    Tôt ou tard, il va falloir que notre société décroche de son amour de l’automobile, si on veut atteindre les objectifs de Kyoto.

  21. Ou que l’automobile complètement électrique arrive sur le marché au plus vite. Plus vite ce sera, plus vite ça sera abordable pour tout le monde.

    Mais, saviez-vous que la deuxième automobile la plus rapide au monde est électrique?

    http://www.sur-la-toile.com/mod_News_article_970___.html

    Plus de raisons de s’en passer…

  22. Louis, sais-tu comment fonctionne l’impôt, coudon?

    Pourquoi t’entêter à vouloir surtaxer les riches, juste par principe (ou vengeance)? Tu crois que ça met vraiment plus d’eau au moulin?

    Je te l’ai expliqué, plus haut. Une déduction d’impôt, ça profite en fonction du revenu, point à la ligne. Lorsque j’ai mis les montants alloués pour les 6 mois de transport en commun pour 2006, ça n’a pratiquement pas fait de différence au final. Mais, pour quelqu’un avec un bas revenu, c’est une déduction intéressante.

    Par contre, taxer en direct selon le revenu, c’est ingérable.

    C’est avec des solutions comme les tiennes que le gouvernement est devenu un fouilli incontrôlé et qu’il nous coûte la peau des fesses.

    Il me semble qu’on pourrait apprendre des erreurs passées et cesser de vouloir instaurer encore plus de technocratie!

    Et pour les rêveurs qui croient que le nombre de voitures diminuera, mauvaise nouvelle. Ça n’arrivera pas. Au contraire.

    Alors, la solution passe vraiment par l’industrie. Il faut que de nouvelles formes de propulsions voient le jour, ce qui est en train de se passer, et c’est pas grâce à Suzuki (David, pas la compagnie), Gore, Guilbeault et toute cette bande de zouaves qui ne font que chialer et rêver. C’est grâce à des ingénieurs formés dans les universités privées des USA qui vont au boulot en Hummer, ne vous en déplaise.

  23. très bonne alternative, mais je crois toujours que la vraie solution serait de mieux gérer l’argent déjà en place… en théorie, c’est entre autres à ça que nos impôts sont supposés servir.

  24. […] déjà suggéré un système semblable dans cet article sur le péage, mais pourquoi ne pas l’appliquer immédiatement en ce qui concerne les […]

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