Les patriotes

Quand même un peu insultant, vous trouvez pas, cette manière qu’ont les Conservateurs de traiter d’anti-patriotes ceux qui s’opposent à la guerre en Afghanistan ou questionnent le rôle des soldats canadiens dans ce pays?

Mais c’est quoi, au fait, être patriote?

Patriotisme: Le Patriotisme (du latin pater, père) est un sentiment d’appartenance à un pays, qui renforce l’unité selon des valeurs communes. C’est un état d’âme/d’esprit qui pousse quelqu’un à ressentir de l’amour et de la fierté et à défendre les intérêts de son pays.

Ainsi, le patriote, ce n’est pas celui qui envoie nos jeunes se faire tuer au nom de l’hégémonie de l’Oncle Sam. Ce n’est pas plus celui qui dépense des milliards de nos impôts pour acheter sans appel d’offre de nouveaux équipements militaires. Ni même celui qui s’habille en rouge le vendredi pour célébrer le « Red Friday », cette communion des belliqueux qui croient qu’en se donnant un air solennel leur fusil a moins l’air d’une arme de mort.

Le patriote, c’est celui qui aime son pays, qui respecte la volonté de sa population, qui protège ses habitants.

En persistant à continuer sa mission en Afghanistan malgré les sondages qui démontrent son impopularité, le gouvernement Harper ne fait pas montre de patriotisme, mais au contraire il trace une grosse cible sur la population canadienne. Il est fier, il veut imposer nos valeurs, parce qu’il les croit grandes, il les croit meilleures que celles des autres. Mais il n’a pas les intérêts de la population à coeur, qui elle souffrira lorsque des attentats terroristes frapperont le pays en représailles.

Voilà pourquoi il y a un mot qui convient à merveille pour décrire ce gouvernement: chauvin.

Et nous connaissons tous un autre pays pas très loin d’ici qui est chauvin, et qui cherche désespérément à se sortir de son bourbier en Irak.

Ici, au moins, on a le choix et la chance de partir. Quittons au plus vite l’Afghanistan. Pour le bien des Afghans, qui n’ont pas à se faire dicter leurs valeurs par nous – si importantes soient ces valeurs à nos yeux – et pour notre bien, en cessant de s’offrir en cible aux terroristes et en utilisant l’argent militaire d’une manière beaucoup plus intelligente et constructive.

Tiens, on pourrait commencer par s’attaquer à la pauvreté chez nous et ainsi faire preuve d’un vrai patriotisme…

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24 Réponses

  1. Un progressiste ne devrait jamais être insulté de se faire traiter d’anti-patriote. Il y a fort, fort longtemps, à l’époque des révolutions bourgeoises, le patriotisme servait à exalter le sentiment démocratique et républicain. Être patriote en 1837, ici comme ailleurs, c’était se battre contre la monarchie et pour l’indépendance nationale. C’était positif et le but n’était pas de faire chier personne (sauf l’oppresseur). Puis, après les révolutions bourgeoises, il y a eu les guerres bourgeoises. Le patriotisme a changé de teneur. C’est devenu un sentiment belliqueux, exalté en temps de guerre. Quelque chose de moche et de réactionnaire. Ici, à cause de notre histoire, nous sommes un peu confus par rapport à ça (comme partout où il y a eu des luttes de libération nationale et où le patriotisme a revêtu les habits de l’anti-impérialisme). Reste que patriotisme et chauvinisme ne sont jamais éloigné. En fait, quand un gouvernement exalte le patriotisme, surtout en temps de guerre, c’est toujours le chauvinisme qu’il exalte. Il n’y a rien de patriotique, au sens noble, à faire la guerre à l’autre bout de la planète. C’est de l’impérialisme. Quand les riches et les élites se mettent à parler de patriotisme, il faut toujours se méfier. C’est le signe qu’il s’apprête à envoyer des pauvres tuer d’autres pauvres. Je n’ai pas honte de le dire : je suis anti-patriote.

  2. @Louis,

    Tu te fous bien du sort des Afghans (et de nos soldats, également), n’est-ce pas? En fait, tu semble te foutre du sort de tous ceux qui ne sont pas susceptibles de voter pour l’indépendance, comme les juifs ou les immigrants, comme en font foi les articles xénophobes des jours récents.

    Ok, disons que tu as raison (Not) et que les Afghans soient bien mieux placés que nous pour s’en sortir. Comment? Avec quoi? Combien de secondes s’écouleraient avant que les Talibans ne reviennent au pouvoir? À moins que ce soit ce tu souhaite, au fond de toi?

    Et si je disais, moi, que nous n’avons rien à faire à imposer notre notion « d’équitable » aux pays pauvres (concept inventé par nous, les Occidentaux, qui les appauvri, en passant), est-ce que vous trouveriez que je suis sensé?

    J’espère pour toi que tu ne côtoie pas de gens du Proche-Orient. Pas certain que ces gens-là apprécieraient tes positions face à leur peuple (mis à part, bien sûr, tes incessantes diatribes sur les USA). Les laisser tomber, alors qu’ils sont dans une situation humanitaire catastrophique, c’est mesquin et chauvin. Il y a des améliorations, mais c’est long. Il faut persister.

    @Nicolas,

    Si je comprends bien tes affirmations, les soldats qui nous ont libéré des Nazis, c’était des impérialistes. Si je comprends bien tes affirmations, toutes les guerres qui ne sont pas la Révolution française (qui n’en était pas une, en passant, mais bien une manif violente et sans envergure), se sont des guerres impérialistes. « C’était positif et le but n’était pas de faire chier personne (sauf l’oppresseur). » dis-tu. Il est vrai que trancher la tête des gens et piller des palais, ça devait sembler positif.

    Il y a des guerres qui doivent avoir lieu, cher ami.

  3. La deuxième guerre mondiale était une guerre impérialiste. Et personne n’a eu à nous libérer des nazis puisque nous n’avons jamais été occupés! À la différence des peuples européens, les peuples des Amériques n’avaient aucun intérêt patriotique dans cette guerre. Est-ce que ça veut dire qu’il ne fallait pas la faire? Non. D’ailleurs, il y a eu une floppée de volontaires canadiens. Simplement ce n’était pas un devoir patriotique (à moins de considérer l’Angleterre ou la France comme étant la « vraie » mère patrie…).

    Par ailleurs, quand je parle de l’époque des révolutions bourgeoises, je ne parle pas de la révolution française (bien que ça ai ouvert le bal) mais des luttes républicaines des années 1830 (d’ailleurs, j’ai écrit 1837 et la révolution française a eu lieu en… 1789!).

    Réduire la révolution française à une émeute et une série de têtes coupées est d’une myopie monumentale. Le terme révolution est particulièrement approprié dans ce cas. On parle d’un changement radical de régime politique, social et économique.

  4. Merci de ces précisions Nicolas. J’avais lu un peu rapidement.

    Ceci dit, tu parles de myopie mais n’hésites pas à affirmer que nos peuples n’avaient aucun intérêt à stopper les Nazis. Fallait-il attendre qu’ils soient suffisamment puissants et aient colonisé toute l’Europe avant d’intervenir?

    Que les gouvernements utilisent le vocable « patriotique » ou « responsable », ce n’est que de la sémantique et ils le font pour soulever un peuple trop endormi dans son confort. Le fait est que nous avons un devoir, du fait que nous sommes libres, d’aider les plus démunis(tient, ça devrait vous plaire, ça, aider les plus démunis).

  5. @ Louis

    · Madrid, 11 mars 2004
    200 morts, 1400 blessés

    · New York. 11 Sept. 2001
    2986 morts, Blessés (non-comptabilisé)

    · Londres, 7 Juil. 2005
    56 morts, 700 blessés

    · Bali, 12 Oct. 2002
    202 morts, 150 blessés

    · Alger, 12 Avril 2007
    33 morts, 57 blessés.

    Etc.etc.etc.
    La liste peut s’allonger facilement

    Le seul commentaire que je ferai,
    Devions-nous laisser ce pays entre les mains d’un groupe qui supportait Al-Quaida ? MA RÉPONSE EST NON !

    On peut critiqué le gouvernement dans la manière que cela se passe, mais supportons nos troupes s.v.p. ! Ils combattent pour nous conservions notre style de vie et nos valeurs !

  6. S’il y a une chose qui m’énerve dans cette histoire de soldats canadiens en Afghanistan, c’est que personne ne cherche à dire pourquoi ils y sont.

    Si je regarde les nouvelles, lis les journaux (ou peu importe la source d’information), et jamais personne ne dit pourquoi c’est important qu’ils soient en Afghanistan à combattre le régime des Talibans.

    Tout ce que j’entends, c’est qu’il est important de soutenir la mission en Afghanistan.

    Si la mission était si importante, Harper devrait répéter le but de la mission, le pourquoi de la chose. Ça clouerait le bec à ses détracteurs, non?

    Mais qui nous veut en Afghanistan? Qu’est-ce qu’on apporte aux Afghans? Qu’a-t-on de différent des britanniques des années 1800 ou des soviétiques des années 1980?

    En tant que simple citoyen, j’entends « C’est important parce que c’est important, c’est tout. »

    On ne nous parle pas de reconstruction, d’aide ou quoi que ce soit de constructif. On nous parle des forces armées canadiennes qui roulent sur des bombes artisanales, essuient des tirs des militants talibans et déjeunent au Tim Hortons.

    Et à dire que nous sommes le petit chien de poche des aventures militaristes états-uniennes, il n’y a qu’un pas…

    Qu’en pensez-vous?

  7. Ai-je bien lu ? On croit rêver ! Que dirait Saint-Paul ?
    Saint-Pierre est-il en train d’annoncer au monde qu’il appuie la guerre du roi George en Iraq, du seul fait que Saddam Hussein était un tyran ? En insinuant que les Irakiens vivent mieux aujourd’hui dans le chaos débilitant, le désordre lamentable, voire l’anarchie sanguinaire que sous un régime totalitaire où règnait l’ordre et la paix ? C’est pourtant ce qu’il écrit clairement au sujet de l’Afghanistan. Que ses citoyens sont plus libres et heureux aujourd’hui que sous le régime des Talibans. Est-ce un faux patriotisme mal compris qui le fait réagir comme un néo-con américain qui croit que tout ce qui est imposé par l’Occident est intrinsèquement mieux que les vieux régimes établis pour les peuples sous-développés du monde arabe et musulman ? Harper ne recourre-t-il pas aux mêmes accusations mesquines et malhonnêtes que son modèle américain, l’idiot tortionnaire de la Maison-Sale, à savoir que ses détracteurs sont forcément anti-patriotiques parce qu’ils ne sont ni hégémonistes, ni impéralistes et qu’ils ne se prennent pas pour les gendarmes du monde ?

  8. @ St-Pierre

    T’aime vraiment ça te raconter des histoires : « Le fait est que nous avons un devoir, du fait que nous sommes libres, d’aider les plus démunis »

    Ben oui ben oui, les États-Uniens sont là-bas pour cette raison pure. Malheureusement, ils ne se fendront pas en quatre pour aller aider tous les autres pays pauvres de la planète…

    Tu sais. Tu es un sage.

  9. @ Roch Fournier

    « Ils combattent pour nous conservions notre style de vie et nos valeurs ! »

    Cette petite phrase est un peu trop inclusive. Et si moi je me dis que « notre style de vie » est très discutable, et que je n’adhère pas à NOS valeurs (individualistes)?

    Tu penses vraiment que ceux qui sont contre le sont pour le simple fun de chialer?

  10. @ Renart,
    Cher ami,
    Nos valeurs sont celles de la liberté. La liberté de dire à qui veut l’entendre, ce que tu as à dire dans ce blog. La liberté pour les femmes Afghans d’aller à l’école. La liberté de ne pas se laisser imposer un façon de vivre par les intégristes. Même si ce monde qui est le notre n’est pas parfait, il vaut qu’en même la peine qu’on le protège…
    Nos soldats sont là bas pour nous protéger. Si nous avons le droit de critiquer, c’est un peu parce que notre style de vie nous donne ce droit. C’est la démocratie.
    Je comprend qu’on peut être contre guerre. Mais en Afghanistan, c’est plus qu’une simple guerre de pétrole ou d’intérêt politique. C’est pour empêcher les Talibans de revenir au pouvoir et de faire de ce pays, la base de Al-Quaida !
    Mon opinion est que cela en vaut la peine.
    J’accepte que ce ne soit pas la tienne.
    Les Talibans n’acceptent aucune autre opinion que la leur.

  11. @ Roch Fournier

    Je te l’accorde, cette partie du problème, la supposée liberté d’expression (que je ne peux m’empêcher de trouver quand même boiteuse), est assez importante. Par contre, elle ne sert à mon avis que de faire-valoir larmoyant. On sait tous où le pouvoir se trouve. Et on sait tous aussi que notre liberté d’expression en est précarisée par le fait même.

  12. Renart,
    Je n’ai certe pas la qualité d’écrire que tu as pour exprimer mon opinion.
    Cependant, dans le dossier de l’Afghanistan, les soldats canadiens sont vraiment là pour les bonnes intentions. Celles de donner un meilleur pays a ce peuple et aussi d’en faire un pays où il n’y a pas de terroristes. Comme rien n’est parfait, il y aura parfois des « bavures ». Mais, celles-ci ne doivent pas nous aveugler, et nous laisser distraire des vrais raisons de leur mission.
    La situation en afghanistan n’est pas celle de la guerre civile de l’Iraq. Les 2 dossiers n’ont rien à voir dans mon esprit.
    Malgré ce qu’on peut dire de Jean Chrétien, il aura toujours bien pris la bonne décision cette fois-là ! Merci à lui de ne pas nous avoir envoyé dans ce « bourbié ».
    p.s. Je ne suis pas un fans de Jean Chrétien.

  13. Mon cher Roch, nous ne sommes pas dans un concours d’écriture ici, et heureusement. Tant que c’est assez clair pour être compris, ça va!

    J’avoue que c’est assez complexe comme situation et les opinions divergent selon le point de vue qu’on emprunte.

    Ça me fait penser à la question : l’oeuf ou la poule?

    Qui est le plus coupable : les Talibans ou les politiques étrangères états-uniennes?

  14. Monsieur! Monsieur! Je connais la réponse!

    Les Talibans, sans aucun doute.

  15. Qui a créé les Talibans?

    Les États-Unis ont contribué largement à cette mouvance radicale en formant les terroristes devant lutter contre les Soviétiques via la CIA au Pakistan dans les années 80. Ils ont envoyé des centaines de milliers d’exemplaires du Coran, en plus de bâtir tout un réseau d’infrastructures (via la firme de Ben Laden, ce vieil allié de Washington) servant encore aujourd’hui aux Talibans.

    Notons que les Talibans ne dérangeaient pas trop Washington jusqu’à ce qu’ils décident d’éliminer le pavot.

    Les ÉTats-Unis envahirent dont le pays, et réatablirent la production de pavot, ce lubrifiant de la drogue si utile à l’économie américaine.

    Et nous, là-dedans? Nous allons jouer les garde-du-corps, nous facilitons la guerre en Irak en faciliant les choses pour les États-Unis en Afghanistan (pas de guerre sur deux fronts).

    Cette guerre est une guerre impérialiste, une guerre où ce sont les valeurs de nos élites qui sont imposées. Les Afghans n’en veulent pas, et je les comprends de se battre âprement contre la présence de nos soldats.

    Finalement, notons que les vraies victimes pourraient aussi être canadiennes, car cette guerre impérialiste fait du Canada une cible pour les terroristes, tout comme les États-Unis, l’Angleterre, où l’Espagne avant qu’elle ne se retire d’Irak.

    Nous sommes une cible, grâce à Harper.

    À tous ceux qui appuient cette guerre impérialiste en Afghanistan: n’oubliez pas de remercier Stephen Harper et Jean Chrétien lorsqu’un attentat terroriste frappera le métro de Montréal ou celui de Toronto.

    Une guerre sans vainqueurs; deux perdants: le peuple afghan, auquel on enlève le droit de vivre selon ses coutumes – peu importe si à nos yeux elles sont injustes, et les Canadiens, qui se font mettre en danger par l’imprudence, voire l’impudence d’un gouvernement à quatre pattes devant l’Oncle Sam.

  16. Ok Louis, là, je penses que tu regardes trop de films du gros tata à Moore et que tu te laisses aveugler par ta haine maladive des Américains.

    Affirmer que nous deviendrons automatiquement des cibles parce que nous avons une présence militaire là-bas, et en avoir peur, c’est se poser en victime et prendre les méchants pour des bons révolutionnaires. C’est aussi, oh paradoxe, admettre que des criminels minables ont déjà été en charge de ce pays. Et imaginer que de rester dans notre coin nous met à l’abri, eh bien, te souviens-tu de qui se faisait agresser à l’école primaire par les gros innocents? Ceux qui restaient dans leur coin et regardaient par terre. Pas ceux qui se levaient et leur disaient qu’ils étaient des imbéciles.

    Selon ta logique, devrait-on cesser de poursuivre les pédophiles pour ne pas les provoquer? Ah oui, c’est vrai, c’est ce que tu disais dans un autre article. Ok, un autre exemple dans ce cas.

    Selon ta logique, est-ce qu’on a bien fait de laisser le génocide du Rwanda se passer, parce que « c’est leur coutume de se décapiter à coup de machette pour une question d’origine »?

    Selon ta logique, est-ce qu’il n’aurait pas été mieux de laisser l’Irak envahir le Koweit, laisser les soldats irakiens violer ces femmes, brûler ces maisons et annexer ce territoire, au nom de leurs coutumes guerrières?

    Selon ta logique, est-ce qu’il n’aurait pas été mieux de laisser Saddam enterrer des enfants vivants, brûler des jeunes filles à l’acide et exécuter toute personne en désaccord avec lui, au nom de ses coutumes?

    Et qu’est-ce que c’est que ce fantasme que le pavot contribue à l’économie américaine???? Où as-tu été pêché ça?

    Moi, en tout cas, je ne trouves pas qu’on est quatre pattes, je dirais plutôt que nous sommes fièrement debouts et que nous aidons ce peuple, vraiment. Quand les premières jeunes Afghanes auront des diplômes et deviendront médecins, professeurs ou infirmières, j’espère que tu admettra que nous avons bien fait.

  17. Je suis d’accord avec Mr. St-Pierre.
    Louis, je crois que tu « dérapes » un peu là. À moins que tu le fasses exprès pour créer et alimenter la contreverse, dans le style André Arthur, je crois que dans ce dossier, tu es aveuglé par ton anti-américanisme.

  18. @Roch: Je n’ai rien contre les habitants des États-Unis; j’en ai seulement contre ceux qui tuent pour l’argent ou le pouvoir.

    Et c’est ce que font les États-Unis un peu partout dans le monde, y compris en Afghanistan.

    Ce n’est pas faire du André Arthur ou faire de l’anti-américanisme que de reconnaître que les États-Unis sont parmis les plus grands tueurs du vingtième siècle (et début du vingt-unième.

    Lire un peu de Chomsky sur le sujet, pour un aperçu des crimes américains.

    Bonne journée!

  19. Question complexe en effet.

    Je pense qu’indépendemment du pourquoi on guerroie là-bas, nos soldats méritent notre appui. Oui, de façon générale leur métier consiste à préserver notre style de vie, et dans cette mission particulière aussi.

    Derrière cette aide à la « reconstruction », il y a une stratégie liée à la « Guerre à la terreur » américaine, stratégie que les Américains eux-mêmes répudient maintenant en masse. Les Canadiens ne se battent pas directement pour le pétrole en Afghanistan, mais l’ensemble de la stratégie américaine en Moyen-Orient vise d’abord à garder la mainmise sur le pétrole. Les Américains s’occupent des autres pays quand ils y ont des intérêts et se servent de la démocratie comme prétexte moral depuis au moins le Vietnam. Le Rwanda, le Darfour, ils s’en sont bien foutus.

    Je pense qu’il n’est pas déraisonnable de penser que des extremistes n’aimant pas l’implication canadienne en Afghanistan pourraient s’en prendre au Canada. Mais nous ne devrions pas décider de notre implication ailleurs dans le monde par crainte de représailles, car c’est donner la victoire aux terroristes.

    Je pense aussi que Harper fait docilement ce que ses voisins du Sud lui demandent. Être conservateur et non pacifiste c’est une chose, être favorable aux missions de paix c’est autre chose également, mais lécher le cul des Américains au point de changer la tradition de la politique étrangère canadienne et d’envoyer des troupes mal équipées dans un bourbier que même les Américains ne voulaient pas, c’est plus grave. Si je me souviens bien, le gouvernment Harper a annoncé l’implication canadienne peu après que les USA aient consenti à régler le litige du bois-d’oeuvre, ou un peu avant. C’est évident que Harper a tout simplement fait des tractations à des fins de politique. Bien sûr, pour faire ces tractations, fallait qu’il croit quand même au bien fondé de la politique américaine. Je pense qu’il est claire que Harper -‘scuser l’expression- bande ben raide sur Bush.

  20. Le patriotisme est conséquence possible de la liberté de pensée et de l’état de droit. Il n’existe pas sans liberté d’expression, sans possibilité d’exprimer son opinion en public, sans le droit à la dissidence des idées.

    On ne peut pas enseigner le patriotisme dans les écoles. L’état n’en a pas, non plus, le monopole ou l’exclusivité. Il appartient à l’individu et à lui seul; c’est un sentiment de gratitude et de fierté bien placée.

    On n’achète pas, on ne force pas la gratitude.

  21. @Martin,

    Une petite précision, ce sont bien les libéraux de Chrétien qui ont envoyé les troupes en Afghanistan et non pas les conservateurs. Notons que le tout est maintenant sous l’égide de l’OTAN et que 37 nations participent à cet effort. Je serais aussi très surpris de constater que ces 37 nations soient des pantins au service des États-Unis; la liste est assez disparate et ne démontre pas vraiment une hémogénie pro-américaine.

    De plus, il ne faut pas oublier que les fonctions de l’armée canadienne sont majoritairement dictées par l’ONU et l’OTAN à cause de nos obligations internationales, bien plus que par une influence américaine.

    Ce qui a changé, c’est la nature des interventions des forces de l’OTAN. Auparavant, ces interventions étaient axées sur le maintien de la paix (Canada à Chypre) mais la nature des conflits fait en sorte que la nature des interventions changent aussi.

  22. Ah oui, c’est vrai que le Canada était déjà en Afghanistan! Harper a renouvellé cet engagement, mais a changé la nature et l’importance de la mission.

  23. « Ainsi, le patriote, ce n’est pas celui qui envoie nos jeunes se faire tuer au nom de l’hégémonie de l’Oncle Sam. »

    Mensonge…

  24. Jimmy Carter, l’ancien président des États-Unis, n’est pas tendre envers la politique étrangère américaine depuis Bush:

    Nous avons désormais avalisé le concept de guerre préventive (…) alors même que notre propre sécurité n’est pas directement menacée, quand nous voulons changer un régime ou redoutons que notre sécurité puisse à l’avenir être compromise

    Et ce paragraphe pourrait s’appliquer à la politique étrangère canadienne depuis Harper, c’est ça le drame. Je sais, le Canada ne fait pas de guerre préventive. Il n’en a pas les moyens de toutes façons. Si le Canada reconstruit l’Afghanistan, c’est par prévention, en fonction de la politique étrangère américaine.

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