L’erreur de Marois

En refusant de s’engager dans la voie d’une élection référendaire, Marois comment une erreur. Mais en dictant les conditions de son arrivée, en s’engageant à ne pas tenir de référendum dans un premier mandat et en « modernisant » le programme du parti, celle-ci commet une erreur qui pourrait bien être fatale.

En effet, elle s’engage sur la même voie que ces prédécesseurs, Lucien Bouchard et Bernard Landry, qui ont fini par quitter le parti à cause de la grogne entre l’aile-gauche, l’aile-droite et les purs et durs. En proposant de « moderniser » le parti, c’est-à-dire en déplaçant son programme vers la droite toujours dans cette même optique d’un parti qui existe pour gouverner – pas pour faire l’indépendance – elle se condamne elle aussi, à court ou à long terme, au grenouillage interne, à la discorde, et éventuellement à la paralysie ou à l’implosion.

On ne le dira jamais assez: le seul ciment qui unit toutes les factions différentes de ce parti, c’est le désir de l’indépendance du Québec. Le parti est une coalition de gens trop différents pour pouvoir cohabiter au sein d’un gouvernement reléguant son projet souverainiste aux oubliettes. Il est impossible de satisfaire à la fois les sociaux-démocrates indépendantistes et les libéraux indépendantistes sans se centrer sur la seule chose qui puisse les unir: l’indépendance du Québec.

Contrairement à ce qu’affirme Marois, le programme du PQ est bon. Le problème aux dernières élections n’était pas le programme, mais plutôt celui qui le défendait. Le programme a été choisi par les militants et il est plus à même de les représenter qu’un programme imposé par un chef. Le chef aussi avait été choisi par les militants, répliquera-t-on, mais le chef s’est révélé être une boîte à surprises, alors que le programme est quelque chose de défini, stable, que les militants peuvent vraiment contrôler et qui leur ressemble.

Ainsi, en s’attaquant au programme du PQ, Marois risque surtout de se mettre à dos de nombreux militants, surtout les plus progressistes, qui risquent à terme de quitter le parti pour Québec Solidaire, un parti indépendantiste mais de gauche – contrairement au PQ que semble souhaiter Marois.

En épurant le parti de son projet référendaire, Marois a peut-être l’impression de faire un bon coup. Malheureusement, c’est une très mauvaise analyse qui pourrait se révéler extrêmement plus coûteuse que le passage à vide de la période Boisclair.

Car si Boisclair a fait mal au parti pendant qu’il était à sa tête, il n’a rien détruit au sein de celui-ci qui ne soit récupérable. Mais si Marois s’entête à vouloir aller de l’avant avec ses projets, le parti pourrait se retrouver écartelé entre ses différentes factions et ne plus jamais être en mesure de réaliser ce qui devait être sa seule raison d’exister: l’indépendance du Québec.

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45 Réponses

  1. tu as raison Louis, le programme est simple; c’est de convaincre le peuple que créer et bâtir son propre pays est sain et merveilleux.
    Par contre je redoute le snobisme de Marois, c’est encore loin d’être fait! Je ne crois pas que c’est la bonne personne. Tu vois les Québécois sont tolérants mais n’aiment pas les caractères hautains.

  2. Snobisme pour snobisme….Bernard Landry Jacques Parizeau…sont d’une certaine façon snobs et ils ont réussi. Porquoi alors douter de Pauline? Parce qu’elle est une femme snob.
    C’est le programme qu’il faut défendre.Elle a entièrement raison quand elle dit que le peuple ne veut pas entendre parler de référendum.Dire le contraire serait nier l’évidence.
    Ecouter le peuple, cela nous l’avions oublié Nous nous croyions les détenteurs uniques de la vérité.Nous nous sommes retrouvé troisième, dur pour l’ego collectif, mais bon pour les prises de conscience.
    Faisons les remises è jour qui s’umposent sinon nous allons à notre perte.Et ceux qui ne pourront accepter et suivre la ligne du parti..qu’ils aillent se former un parti à leur image.

  3. C’est le blogueur Stéphane Laporte qui est parti sur la tangeante « snobisme de Pauline ». La plupart des commentateurs lui ont renvoyé la balle : Qu’est-ce que tu peux faire pour perdre ton petit côté chiant ?

  4. Mr. Jean-Jacques, je vous cite au texte :« Faisons les remises è jour qui s’umposent sinon nous allons à notre perte.Et ceux qui ne pourront accepter et suivre la ligne du parti..qu’ils aillent se former un parti à leur image.»

    Et je vous pose cette question, Pourquoi ça ne serait pas ceux qui n’aiment pas le P.Q. actuel, qui iraient se former un parti à leur image avec la « madamme » ?

  5. @Réal
    Parce que la madame va être couronnée cheffe du PQ et elle aura le pouvoir de faire les changements qu’elle a annoncés hier. Donc, qui devrait partir si on n’accepte ce que le parti va décider?

  6. Vous pouvez être sûr que les droitistes et populistes de Québec vont dire qu’elle est chiante et ils ne se gêneront pas pour rappeler l’épisode de la « toilette d’or » et son mariage avec un homme d’affaire prospère. Les plus subtils attaqueront peut-être sa super réforme de l’éducation… Le discours de ces cons-là ne volera pas plus haut, mais par contre, le discours de Marois restera responsable. Elle est digne et solide la bonne femme! Et si c’est vrai que les Québécois, avec leur complexe d’infériorité collectif, n’aiment pas les personnages hautains, c’est vrai aussi qu’ils aiment bien les victimes. Plus les coups seront bas, plus certains se porteront à sa défense. Le problème potentiel, sera la dimension « femme » qui fera accuser les dénigreurs de Marois de sexistes, et le fait qu’en tant que femme indépendante de fortune, Marois même attaquée de toute part passera mal pour une victime.

    Jean-Jacques écrit « Nous nous croyions les détenteurs de la vérité ».

    Exactement. C’est normal de croire en quelque chose et c’est honorable de militer pour. Mais quand l’idéologie devient un carcan, quand l’idéologie s’institutionnalise, alors elle ne peut que mourir à petit feu, confrontée à la vie qui n’a que faire des principes.

    Louis, Louis, Louis… À te lire, le PQ est vraiment dans la merde. Tu es de ces fossoyeurs du PQ, tu t’en rends compte? Tu étais le premier à ne vouloir qu’un changement de chef, tu es le premier à critiquer le prochain chef et le premier à se rebuffer dès qu’on parle de création de richesse on qu’on ose dire qu’on osera critiquer la social-démocratie!

    Je cite à nouveau ce que j’ai bien aimé citer à la fin de notre précédente discussion sur le sujet:

    « Selon Pauline Marois, le PQ doit moderniser sa conception de la social-démocratie et elle rappelle que ce processus a déjà été réalisé dans d’autres partis de centre-gauche, ailleurs en Occident, sans que « les valeurs profondes de justice sociale » soient reniées. « Le PQ doit mettre résolument le cap sur la prospérité économique dans une optique de développement durable », a-t-elle dit.

    […]

    Vouloir moderniser l’État n’est pas anti-social-démocrate et n’est pas en contradiction avec la poursuite du projet souverainiste », a souligné Pauline Marois.”

    Les autres partis de centre gauche, ce sont les Démocrates de Clinton, les Travaillistes de Blair, les Socialistes de Royal. Le PQ ne peut absolument pas survivre si la création de richesse est automatiquement suspecte. Comment peut-on reprocher à quelqu’un qui aspire à être chef d’État de viser la prospérité économique « dans une perspective de développement durable », en plus!?

    Marois ne dit pas « Tous à droite! », elle dit « Recentrons-nous! ». Elle a un MBA, mais aussi un baccalauréat en service social. Elle est indépendante de fortune, mais pas à la solde du Grand Capital tout de même. Si elle croit vraiment ce que viens de citer, elle peut rassembler. J’ai bien peur que ce soit trop peu, trop tard, mais bon…

  7. Quel casse-tête!

    Moi je suis d’avis que, pour faire cesser les chicanes gogauche-drouate, il faudrait presque QS se fasse engrosser par la gauche du PQ, (dans le sens de grossir les rangs…), car ça ne semble pas vouloir finir. C’est du tirage de couvertures.

    Imaginez un gouvernement péquiste, avec comme opposition officielle QS (ou le contraire). Ne serait-ce pas le meilleur scénario pour des conditions gagnantes?

  8. Je ne suis pas d’accord, elle a montré du snobisme pendant longtemps, c’est vrai, mais cette vision d’elle pourrait changé, M. Landry l’avait bien fait.

    J’avoue que mon opinion sur elle n’a changé que dernièrement. J’aimerais savoir ou tu tient l’idée quelle veux changer le programme. Elle veux changer le parti ,PAS LE PROGRAMME, sauf le bout qui provenait des pur et dur, qui est celui d’avoir une életion référendaire au PC. Étant actif dans les rang du PQ, je sais que la structure actuelle n’est pas bonnes ET que le comportement de plusieurs des membres sont très malsain pour l’avancement du PQ. Comme je l’Ai déjà dit le Québec n’accepte pas la souveraineté à la méthode demandé par le PQ actuellement soit une coit sans préliminaire. C’est un projet qui à été mal préparé, nous devons redevenir prospère avant de devenir souverain. Cela ne marche pas de dire que l’herbe vas être plus verte après être devenue indépendant. Pauline a un atout qui peu, tout dépendant de ce quelle vas en faire, permettre au PQ de remoderniser le Québec et ainsi ouvrir la voie vers la souveraineté. Elle a prouvé hier quelle manierait très bien le PQ car elle a une très forte notoriété.

    J’avoue avoir été de ceux qui croyait en Boisclair et j’avoue ne pas encore savoir si je vais voter pour elle s’il y a une course, mais je reconnais quelle a un talent que je ne connaissait pas.

  9. À vous lire, on voit bien qu’il n’est pas facile de faire un consensus. Il y a des gens qui devront pourtant, mettre un peu d’eau dans leurs vins. Pour faire votre pays, il faut au minimum être au pouvoir. Et pour prendre le pouvoir, il faut être uni…. C’est pas demain que ça va arriver !

    Selon moi, il va y avoir rupture. Les Louis Bernard, Yves Michaud et compagnie, vont créer leur propre parti de pur et dur. Et c’est bien tant mieux comme ça.
    Moi j’ai voté Oui en 1995. Et je peux vous confirmer que ce n’est pas avec des extrémistes de l’indépendance que vous aurez mon vote de nouveau. !

  10. Québec Solidaire opposition officielle? Wow! Ça c’est rêver en couleur.

    Par contre, la piste d’une alliance stratégique avec QS vaut la peine d’être explorée, comme par exemple laisser des comtés libres à QS. Ça serait plus facile pour le PQ de se montrer centriste s’il y a une gauche gauche. Sinon, comme aux dernières élections, les votes de gauche seront soustraits de ceux pour le PQ.

    Le plus important pour dépasser la division gauche/droite c’est d’adopter un discours allant au-delà de la rhétorique gauche/droite. Ça c’est pas facile.

  11. Oups. Lapsus?
    Je ne voulais pas écrire « gauche gauche ».

  12. La prise de position de Pauline Marois (« l’attentisme à la Bernard Landry ») s’explique probablement par le besoin de reprendre contact avec la population et gagner du temps avant de recentrer la stratégie du parti. L’idée d’un référendum sur la souveraineté est actuellement très impopulaire (et il faudra « réhabiliter » graduellement cette idée, ET NON l’abandonner).

    C’est au prochain congrès que les idées vont sortir et que madame Marois devra choisir une voie plus dynamique. Quelques idées s’affronteront alors: le « quitte ou double » des partisans de Louis Bernard, l’élection sur la souveraineté du M-E-S, l’élection référendaire en tant que tel, la « pédagogie » de la souveraineté (qui vise à aller chercher les 10-15% de votants qui pourraient basculer vers le Oui).

    Cette dernière option est celle que semble privilégier madame Marois à long terme. Je m’y oppose catégoriquement, car il s’agit d’attentisme déguisé. J’ai d’ailleurs écrit un billet à ce propos dans mon blogue, le 31 mars. Un texte qui est toujours d’actualité!
    http://conditions-gagnantes.blogspot.com/2007/04/la-pdagogie-de-la-souverainet-de.html

  13. Il y a des péquistes qui n’apprendront jamais. Continuez-donc de vivre dans le déni et de pousser pour un référendum le plus vite possible et vous aller vous planter encore aux prochaines élections et vous blâmerez sans doute encore votre chef!

    Mme Marois n’est pas encore élue que les militants l’haissent déjà. On n’a qu’à mentionner la phrase « Moderniser l’État » pour que les gogauches montent sur leurs grands chevaux comme si une saine gestion de l’État implique automatiquement un virage à droite. Qu’est-ce que vous avez donc? Est-ce que pour être social-démocrate il faut être aveuglément contre un buget balancé et la réduction de la dette?

    Si vous vivez selon cette philosophie, vos cartes de crédit doivent toutes être à leur limite. Réveillez-vous un peu. Si on veut avoir encore des programmes sociaux dans 50 ans, il faut eliminer les gaspillages et réduire la dette pendant qu’on le peut. Prêcher pour une économie forte et un État responsable n’est pas incompatible avec la social-démocratie, c’est un « must » pour être capables de se payer des services sociaux. Pour répartir la richesse, il faut d’abord qu’il y en ait à répartir.

  14. Attendez que je me rappelle

    Nestor Turcotte
    Matane

    Le retour en politique de Pauline Marois ne se fera pas sans que les caricaturistes, les éditorialistes, les commentateurs ne ressortent certains vieux souvenirs qui ne sont pas à l’honneur de la nouvelle reine du PQ.

    Personne n’a oublié certaines dépenses exagérées faites par Pauline Marois lorsqu’elle était à la barre du Ministère de la santé. On se souvient qu’à l’époque, elle avait dépensé 403, 000 $ pour rénover son bureau Québec. Ces modifications somptuaires incluaient une toilette silencieuse, une douche et deux salles de réunion. Au même moment, les médias nous apprenaient que la Ministre avait fait aménager une nouvelle suite ministérielle dans la Métropole aux coûts faramineux de 438, 000 $. Pas loin d’un million pour assurer le confort, non pas des malades, mais de celle qui dirigeait le Ministère qui doit s’occuper des malades.

    Son passage au Ministère de l’Éducation n’a pas été aussi un très grand succès. C’est elle qui, en 1997, a lancé la fameuse réforme en éducation. Près de dix plus tard, cette réforme est un fiasco complet. Celle-ci est inapplicable, divise les enseignants et est loin de faire consensus dans le monde de l’éducation. Les enfants sont mêlés. Les professeurs sont mêlés. Les directeurs d’école ne savent plus où donner de la tête. C’est Pauline Marois qui est à l’origine de ce cafouillis. Les jeunes en paient encore le prix car ils savent de moins en moins lire, écrire et compter.

    Les quelques mois passés par Madame Marois au Ministère des finances sont aussi très révélateurs sur la compétence administrative du nouveau chef couronné du PQ. Tout juste avant les élections de 2003, celle-ci présenta un budget provincial qui laissait sous-entendre de très graves lacunes dans les prévisions budgétaires. Ayant averti le Premier ministre Landry d’une impasse de plusieurs milliards de dollars, Madame Marois n’hésita pas à livrer un budget où il y avait un trou de 4,3 milliards de dollars, et cela, à peine quelques heures avant le déclenchement de l’élection générale de 2003.

    Après l’élection du gouvernement libéral de Jean Charest, le vérificateur général de l’époque, Monsieur Guy Breton, avait comparé le budget Marois à un voyage de pêche : il y avait suffisamment d’argent pour traverser le lac, mais il n’en avait pas assez pour revenir. Se défendant devant les caméras, Madame Marois avait affirmé que la maison financière du Québec était en ordre et que son budget tenait la route. Le doute est toujours permis, quelques années plus tard.

    Le nouveau chef du PQ étonne déjà par ses prises de position. Sachant déjà qu’elle sera probablement l’unique candidate, elle impose immédiatement ses volontés aux militants avant même que ceux-ci aient été consultés. Sa position est la suivante : mettre à la poubelle toutes les réflexions du programme de 2005, celui qui n’a jamais été défendu pendant la dernière campagne électorale, et proposer autre chose. Si les militants la choisissent, ils auront à vivre avec ce qu’elle veut. De l’autoritarisme à Duplessis, rien de moins. Du dumontisme, version péquiste. Vive le nouveau PQ maroisien !

    Et que veut la nouvelle reine du nouveau parti québécois? Plus de référendum dans le prochain mandat. En supposant que le PQ ne se fasse pas élire dans les deux prochaines années, et qu’il ne le soit pas lors de la prochaine élection prévue en 2008, le parti de Marois pourrait potentiellement revenir au pouvoir vers 2012. Pas de référendum pendant les quatre années d’un premier mandat. La consultation populaire serait reportée en 2016-2017. Madame Marois aura alors 67 ans. Et comme il entre près de 60,000 émigrants par année au Québec (multipliez le chiffre par 10), ces 600,000 nouveaux arrivants votant majoritairement en faveur du Canada feront que les Québécois ne réaliseront jamais leur indépendance nationale. Si vous n’avez pas encore compris qu’il y a urgence en la demeure, dépêchez-vous à le faire. Ou bien on fait ce que Madame Marois propose et on meurt à petit feu ou on fait vite et autrement.

    Remarque finale. Le ton, le style du nouveau chef «péquisto-nationaliste», son regard hautain et son attitude en général, ne sont pas là pour faire de Pauline Marois une femme près du peuple. On l’a déjà vue à l’exercice. Des efforts ont été réalisés pour changer la présentation, mais on sent que derrière le décor, le personnage n’a pas changé.

    Le PQ aurait eu besoin d’une nouvelle figure. D’un fonceur. D’un batailleur. Il se contente encore d’une ancienne figure molle et remodelée qui, il y a à peine dix-huit mois, avait été majoritairement rejetée par les membres du parti. Son retour laisse beaucoup de scepticisme et nous replonge dans un passé que d’aucuns voudraient voir oublier.

    .

  15. Je ne suis pas d’accors avec ce billet …

  16. Hé Guillaume! peux-tu élaborer? Juste un peu?

  17. Merci M. Turcotte de nous avoir rafraichi la mémoire. Ce sont de bien meilleurs arguments pour disqualifier Mme Marois comme chef que ceux du billet ci-haut.

  18. @Philippe: Mon billet ne discrédite pas Marois comme chef; il explique seulement de quelle façon celle-ci va nuire au parti en l’éloignant de son but premier, ce qui aura comme conséquence d’augmenter le grenouillage interne, les dissensions et le transfert de membres du PQ vers Québec Solidaire.

    J’aurais très bien pu faire comme M. Turcotte et expliquer en quoi Marois est hautaine, péteuse, chieuse, mais ce n’était pas le but de ce billet.

    Si les membres du PQ sont prêts à se relancer dans l’épisode des années noires de Bouchard, de l’attentisme, des « conditions gagnantes » qui ne gagnent pas et des déchirements entre les membres de gauche, de droite et les purs et durs, ce seront eux qui seront à blâmer.

    La seule chose qui semble en mesure de sauver ce parti, c’est une élection référendaire. Le PQ n’a jamais été conçu pour gouverner et il ne pourra jamais gouverner sans s’auto-détruire et perdre en chemin les membres irrités par des politiques contraires à leur vision sociale.

    En ce sens, si Marois est sérieuse dans son désir de remettre à plus tard le référendum et de remettre en question son héritage social-démocrate (malgré ses propos confus sur la question), on peut déjà affirmer que le projet souverainiste n’aboutira jamais avec ce parti et que sa fin est proche.

    Les purs et durs iront vers un autre parti indépendantiste, les gauchistes vers QS et les droitistes à l’ADQ. Merci bonsoir, on passe à un autre appel!

  19. Louis,

    je constate le bien fondé de ta position, mais tu occulte le côté historiquement instable du québécois votant; i.e tout peut arriver et on sera les premiers surpris

    je crois que le PQ, en marchant sur des oeufs, n’a pas trop le choix que d’y aller avec Marois; question de survie, et tant pis pour l’indépendance!

    marre aussi de tout cela … ca marche pas notre affaire!

  20. La citation de la journée revient au très incisif Jean Charest:

    « Hier, ils ont élu Boisclair en tassant madame Marois. Ensuite, elle s’est fait damer le pion par Gilles Duceppe, qui s’est ensuite incliné pour laisser la place à madame Marois qui avait été écartée en faveur de Boisclair.

    Attendons, la journée n’est pas finie.. »

    Succulent, merveilleux. Je l’aime de plus en plus ce gars là…

  21. @ Jacques Saint-Pierre: M. Charest a toujours eu la repartie facile. Dommage qu’il ne soit pas aussi efficient dans d’autres domaines.

    @ Louis: Si je te comprend bien, tu préfère sacrifier la possibilité que le PQ prenne le pouvoir ou qu’il server même d’opposition officielle pour préserver la notion de référendum ou d’élection référendaire? Combien de temps le PQ pourras-t-il subsister en tant que tiers parti?

  22. @Philippe David: Quel est l’intérêt que le PQ prenne le pouvoir si c’est pour voir son aile-gauche le quitter pour QS, les purs et durs en partie pour QS ou pour le nouveau parti de la république du Québec, et l’aile-droite pour l’ADQ?

    Le seul moment où ce parti est cohérent et cimenté, c’est quand un référendum approche. Bouchard l’avait bien compris, avec ses « conditions gagnantes ». Malheureusement, ça ne trompe plus aujourd’hui.

    Enlève tout échéancier référendaire, et le grenouillage va recommencer!

    Regarde bien d’ailleurs très bientôt Facal et Legault vont publier un texte réclamant des réformes néolibérales. Ensuite, le SPQ-Libre va contre-attaquer. Et ça va continuer comme ça sans jamais s’arrêter. Et au milieu de la bataille quelques purs et durs vont gueuler, et ce sera le brouhaha le plus total.

    Le seul moyen d’en finir, c’est d’annoncer une élection référendaire ou un référendum dans l’année après une élection du parti, puis si on perd on se saborde et on passe à autre chose.

  23. Je serais pas non-d’accord avec ça.

    Y’a que moi par contre qui ait l’impression qu’on a manquer notre shot pour faire un pays? Que tout le monde s’en fou? Qu’on est juste des Québecois déracinés qui n’ont pas d’autre différence que celle de parler français?

    Desfois je feel de même. C’est ben dur répondre à la question « pk t’es souverainiste? » dans ce temps là. On est toujours remis en question par tout le monde.

    Je voterai quand même oui à la souveraineté n’importe quand.

    Mais shit. Ouais, shit quand même. J’ai jamais connu ça Maurice Richard, pi René Levesque, pi criss je trouve ça poche du Gille Vigneault.

  24. @Louis: Je crois que je te comprends, mais dans le contexte actuel, autant saborder le PQ tout de suite.

    @Honorius: Dommage que t’aimes pas Vigneault. Il y a de bonnes chances que « Gens du Pays » devienne l’hymne national d’un Québec souverain.

  25. J’aime specialement pas cette chanson. On pourrait pas composer un autre truc?

  26. @Honorius: En attendant, je suggère « Entre deux joints » de Charlebois…

    Oui, j’ai bien peur qu’on soit en train de manquer notre shot de faire un pays. Je comprends et je partage l’impatience des « purs et durs » parce que ça m’a toujours semblé urgent de faire la souveraineté, tandis que les Québécois d’origine canadienne-française ont encore le poids démographique pour la faire.

    Quand on dit que les Québécois ne veulent pas de la souveraineté, on oublie que c’est à peu près 60% des Québécois d’origine canadienne-française qui ont voté OUI en 1995. C’est une nette majorité chez les Canadiens-français! Or, le vote « ethnique » ne voyant aucun intérêt dans ce projet de pays ne va pas aller en diminuant et un jour, d’ici quelques décennies, même à 80% du vote francophone la souveraineté ne sera plus réalisable. C’est pour ça que les souverainistes mettaient la pression sur les autres francophones, les insultant, les culpabilisant. C’est le seul levier que les souverainistes peuvent avoir car même après bien des efforts, les immigrants n’embarquent pas en proportion suffisante. C’est pour ça que aussi que la tiédeur affichée dans la région de Québec a fait mal et qu’on parle depuis de « mystère de Québec ».

    Moi ce qui me tue, c’est de voir que la peur de perdre notre culture canadienne-française est canalisée par un parti qui ne veut pas faire la souveraineté. Les mêmes qui chiâlent le plus contre les accomodements raisonnables, ceux qui ont « peur de se faire envahir », rejettent le meilleur moyen de préserver à très long terme leur culture qu’est, selon plusieurs dont moi, la souveraineté du Québec. Il y a comme quelque chose qui cloche! Les francophones sont actuellement divisés en deux camps qui ont pourtant les mêmes craintes fondamentales, mais se traitent de tous les noms. Je trouve effectivement que mon peuple se tire dans le pied.

    La souveraineté du Québec pourrait être l’occasion d’affirmer nos valeurs sans devoir les confronter sans cesse à celles du Canada-anglais, sans devoir jouer les victimes, sans accuser « les ethnies ». Les Québécois pourraient former un des pays les plus cool du monde, inclusif et prospère, et ce de manière pacifiste en plus. C’est pas souvent qu’un peuple a l’opportunité de se faire un pays à son goût, avec une nouvelle constitution à son goût. Si les Québécois ne votent pas bientôt pour la souveraineté, il n’y en aura plus d’opportunité! C’est tout. Ça ne voudrait pas dire que les Québécois d’origine canadienne-française seraient condamnés à mourir dans d’horribles souffrances, mais leur culture, ma culture, finirait par s’étioler dans le magma du multiculturalisme canadien lui même déjà pas mal affecté par l’influence états-unienne.

  27. @Louis; Lorsque tu mentionnes que seule l’idée de la souveraineté « cimente » ce parti; tu dois alors admettre que le ciment « pogne » pas fort de ce temps-ci… Quant au grenouillage, c’est inné à ce parti depuis le temps du RIN avec Bourgault et Lévesque alors rien de neuf sous le soleil…

    Et effectivement, si les purs et durs n’aiment le véhicule proposé, un PQ renouvelé, qu’ils prennent donc un autre véhicule. Ça se résume à un dilemne; une aile radicale qui veut utiliser le pouvoir pour faire un référendum et une autre aile qui veut démontrer par l’exercice du pouvoir que l’on peut faire un pays.

    @Martin – Une culture n’a pas besoin d’un cadre juridique propre et isolationniste pour s’affirmer; elle se crée et elle vit par la force de ses créateurs et par son originalité. À preuve, le rayonnement des artistes québecois, toute langue confondue, sur la scène internationale n’a jamais été aussi grand que présentement. Il en est de même pour la langue; que l’on commence à l’enseigner correctement et nous pourrons alors la faire vivre.

  28. @Martin

    « Les Québécois pourraient former un des pays les plus cool du monde, inclusif et prospère, et ce de manière pacifiste en plus. C’est pas souvent qu’un peuple a l’opportunité de se faire un pays à son goût, avec une nouvelle constitution à son goût. Si les Québécois ne votent pas bientôt pour la souveraineté, il n’y en aura plus d’opportunité! »

    Un peuple, comme tu dis, n’a jamais l’occasion de faire un pays à son goût, c’est une utopie. Car, ceux qui prônent l’indépendance, prônent aussi, très souvent, un socialisme tellement généreux que le pays court à la faillite. Vos goûts, en clair, sont beaucoup trop coûteux pour votre portefeuille.

    Castro disait, lui aussi, vouloir faire une pays à son goût. Le problème, c’est qu’il a réussi, ce pays est à son goût, à lui seulement. Et ceux à qui ça ne plaît pas, il les enferment ou les exécutent.

    Et, au cas où tu ne t’en serais pas rendu compte, il n’y en a plus d’opportunité. C’est fini, bien fini, l’indépendance.

    Prenons l’argent des référendums et offront enfin des subventions décentes aux entreprises…

  29. « Prenons l’argent des référendums… »

    Ouf! Ça en fait peu.

    « …et offront enfin des subventions décentes aux entreprises… »

    C’est pas socialiste ça? 😉

  30. Mr. Jean Jacques, ne soyez pas si euphorique au couronnement de la « madame » rien n’est encore acquis.

    C’est dans un congrès national que peut être aboli un article du programme par des délégués qui ne réflétent pas toujouirs la base. Et c’est dans ces congrès que se font les brisures de parti.

    Comme participant à la fondation de ce parti politique, je suis disposé à vous le céder et à vous laisser le façonner le à votre image d’un club de , Moé si…Moé si…, comme celui de l’A.D.Q.

    Peut-être suivrons-nous votre judicieux conseil et formerons-nous à notre image, une aile souverainiste qui veut cette souveraineté aujourd’hui et non une option souverainiste en attente indéfini dans le formol.

  31. @DJ Lordee: Une culture n’a pas besoin d’un cadre juridique pour s’affirmer? Facile à dire, mais disons que si ça peut être vrai, ça n’invalide pas le fait qu’un Québec souverain renforcerait la culture francophone de son territoire. Et avancer que les Québécois réussissent actuellement partout dans le monde, de un ce n’est pas une preuve de ce que l’avenir nous réserve, de deux, si ça signifie vendre des disques à la Céline Dion ça ne veut absolument rien dire et, de trois, cette vitalité est peut-être rendue possible par le nationalisme québécois et les lois existantes visant à protéger le français, hein? Et le but n’est certes pas de s’isoler du monde, comme se plaisent toujours à dire ceux qui dénigrent ce projet. Un Québec indépendant n’irait pas se perdre dans l’espace comme dans Cosmos 1999!

  32. Robert Lepage dit que Pauline sera notre maman, d’autres la Reine-Mère …

    http://cf.news.yahoo.com/photos/ss/71

  33. @Beaudin
    Juste une note. Tu attribues les succès internationaux de Céline et le Cirque, pour ne prendre que ceux-là, au « nationalisme québécois et les lois existantes visant à protéger le français, hein? »

    Ffffiouuuu. Je savais pas que Céline avait fait fortune grâce à la loi 101 et à Pierre Falardeau. Elle doit être contente.

    Un Québec indépendant, kosse ça donne, c’est ça qu’on veut (bof, on veut vraiment?) savoir….

  34. Les 3 nouveaux mousquetaires ? Le nouveau ménage à 3, plus hétéro…clite que le précédent ?

  35. Merci Jacques!

    Tes arguments anti-souveraineté sont tellement vides et gratuits qu’en fin de compte tu nous aides comme tu ne peux te l’imaginer!

    Merci beaucoup!

    😉

  36. Les 3 nouveaux mousquetaires ? Le nouveau ménage à 3, plus hétéro…clite que le précédent ?

    Retapez le lien dans la barre d’adresse qui apparaît.

  37. @Saint-Pierre: Non, vous déformez mes propos grossièrement. D’abord, Céline et le Cirque du Soleil n’ont pas eu besoin de la Loi 101, évidemment. Mais Céline, pour ne parler d’elle, a bénéficié de beaucoup de subventions de la SODEC, alors qu’à mon avis c’était la dernière à en avoir besoin. Surtout, Céline n’est pas pour moi un exemple de la vitalité culturelle d’origine canadienne-française: c’est de la guimauve adaptée aux goûts des Américains. Ce que je dis c’est que l’effervescence culturelle qui existe au Québec n’est pas étrangère à la résistance à l’impérialisme culturel américain, à la bataille pour le fait français et que notre État y a contribué de plusieurs manières, en fixant des cotas pour la musique francophone, en subventionnant des entreprise culturelles, en subventionnant la production télévisuelle d’ici, etc. Mon point se voulait une réplique à DJ Lordee qui avançait qu’une culture n’a pas besoin de cadre juridique pour s’affirmer. C’est vrai. Mais c’est aussi vrai que ça peut beaucoup aider.

  38. Mais il est beaucoup plus vrai, si j’ose dire, que la culture gagnerait énormément à s’affirmer d’elle même, en subissant un peu l’économie de marché.

    Il suffit d’aller faire un tour dans nos belles librairies pour constater que tout et n’importe quoi arrive à être publié. De « Pourquoi nos pères sont doivent manger des cornichons », en passant par « Aimes-toi et ton toaster ne t’en voudras pas », un peu d’élimination naturelle ne ferait pas de tort. À subventionner à outrance, on maintient artificiellement en vie une fausse industrie.

  39. Je ne pense que la culture soit subventionnée à outrance.

  40. Il me semble que le but des subventions est justement d’amener de la qualité au contraire des livres populistes, que notre ami Jacques nous a gratifié de sa capacité d’absurdité légendaire : “Pourquoi nos pères sont doivent manger des cornichons” et “Aimes-toi et ton toaster ne t’en voudras pas”.

    Si ce genre de livre attrape-matante est subventionné, il y a effectivement un méchant problème. Ce qui revient au même que de subventionner Celine Die-On… et de subventionner les multinationales ou tout autre entreprise qui fait du profit à la tonne…

  41. Content qu’on se rejoigne enfin Renart.

    Effectivement, les subventions, kossa donne?

    Vaut mieux être performant et compétitif.

  42. Jacques, à ta place, je ne ferais pas de conclusions hâtives. Le seul point qui fait qu’on se rejoint concerne les subventions à ne pas donner. Par contre, je ne pense pas qu’il faut couper toute subvention comme tu dois le penser (le contraire serait absurde de ta part, non?).

    Les démarches artistiques moins consensuelles ne pourraient survivre sans ça. Sauf que le problème c’est que malgré les subventions, c’est souvent les indépendants qui ressortent du lot après avoir buché doublement fort, donc c’est les trucs plus fades qui sont subventionnés en fin de compte (c’est pas mal comme ça en musique, par exemple, les décideurs qui reçoivent des subventions, les éditeurs, producteurs, etc., sont frileux à mort, et je les comprends presque…).

  43. Ah come on!! La culture ce n’est pas la production de bananes. On ne peut réduire ça à la simple logique du Marché. Dieu que je suis tanné de ce darwinisme-social simpliste qui clame « marche ou crève » et de ces préjugés sur les « artissses ». La culture ne siphonne pas nos porte-monnaies et elle est déjà aux prises avec ce Marché, qui est incidemment innondé par la prodution américaine. Moi aussi je suis contre certaines subventions, mais pas toutes et certainement pas à cause d’un principe économique à la noix.

    De toutes façons ce n’est pas le sujet ici. Mon point principal est de vouloir faire l’indépendance pour sauver ma culture, c’est sûr que je ne serai pas en faveur du libre marché en matière de culture.

  44. Que pourra faire Mario-le-pavoiseur devant sa tante Pauline et la mère de tous au Parlement de Québec, je vous le demande ! Il a promis qu’il s’opposerait à elle parce que c’est le rôle de l’opposition … Il a juré que son programme était aux antipodes du sien en sorte que le choix pour les électeurs sera clair et limpide et penchera, évidemment, en faveur de son engoûment pour les politiques à la Harper et à la Bouche :

    http://www.cyberpresse.ca/article/20070515/CPACTUALITES/70515191/-1/CPACTUALITES

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