Le chef idéal?

Comme je l’écrivais dans La fin du PQ?, le chef du Parti Québécois doit être en mesure d’être le ciment d’un assemblage a priori assez hétéroclite. Il doit canaliser constructivement les aspirations de trois catégories de militants: ceux de gauche, ceux de droite, et ceux qu’on appelle les « purs et durs ».

Un chef victorieux doit donc être en mesure de diriger tous ces gens en fonction du seul but qui unit le parti, c’est-à-dire la souveraineté du Québec. Cette union ne sera possible que si le prochain chef du PQ arrive à ne pas déplaire trop à un ou à l’autre groupe et propage, de par son charisme et son entrain, une vision positive de la souveraineté.

Regardons quelques candidatures possibles.

N.B. J’ai évalué chaque candidat selon quatre critères: la satisfaction des besoins de l’aile-gauche, la satisfaction des besoins de l’aile-droite, celle des purs et durs et l’inévitable charisme qui cimente le tout.

Pauline Marois

Pauline Marois est la candidate d’expérience du PQ; elle a été actrice dans ce parti depuis une trentaine d’années et a vécu toute ses transformations. Elle connaît les rouages du parti et elle est au fait de tous ses dossiers. Elle a aussi l’avantage d’etre bien appréciée de l’aile-gauche du parti tout en étant sensible au discours de l’aile-droite.

Ceci dit, elle est relativement âgée et son charisme est douteux. Elle semble hautaine aux yeux de plusieurs et on imagine difficilement comment elle arriverait à s’opposer victorieusement à la rhétorique de Mario Dumont.

Aile-gauche: 7/10
Aile-droite: 5/10
Purs et durs: 4/10
Charisme: 3/10
Total: 19/40 = 48%

Gilles Duceppe

M. Duceppe a toujours réussi à garder l’unité de son parti à Ottawa. Les mauvaises langues diront cependant que c’est une tâche facile quand on est certain de ne jamais être au pouvoir; qu’il est plus facile de critiquer que de proposer. De même, se positionner au centre-gauche constitue une position plus confortable quand on ne risque pas de prendre le pouvoir.

Pourtant, le travail accompli par Duceppe se révèle impressionnant, et il semble avoir de la facilité à prendre un dossier pour le mener à son terme. En ce sens, on sent qu’avec lui le parti serait entre bonnes mains et qu’il ne lésinerait probablement pas pour atteindre le but ultime du parti: l’indépendance du Québec.

Il est assez charismatique, mais son ton un peu « chiâleur » ne finirait-il pas par taper sur les nerfs des Québécois?

Aile-gauche: 7/10
Aile-droite: 4/10
Purs et durs: 6/10
Charisme: 5/10
Total: 22/40 = 55%

Pierre Curzi

Pierre Curzi est avant tout un artiste, un homme de charisme qui sait parler aux gens. Ses idées politiques sont un peu moins connues, mais on le sent plus à gauche qu’à droite.

Cependant, il n’a pas d’expérience concrète de la politique et il ne saurait pas rallier facilement les purs et durs qui aiment généralement des gens avec un maximum d’expérience.

Il est un excellent acteur, mais saurait-il diriger ses dossiers?

Aile-gauche: 7/10
Aile-droite: 6/10
Purs et durs: 4/10
Charisme: 8/10
Total: 25/40 = 63%

Bernard Drainville

Bernard Drainville a de nombreux atouts dans son jeu: il connaît très bien le monde politique, il a un charisme qui ne fait plus de doute et son manque d’expérience politique est contrebalancé par sa vaste expérience journalistique. Et il est jeune.

Ses seuls points potentiellement faibles sont ses idées politiques qui ne sont pas encore clarifiées, mais ceci peut se faire facilement. D’ailleurs, on se rappelle de son passage à TLMEP ou il a su parler de sa vision d’un Québec plus juste, mais sans pour autant aborder trop de thèmes puisque dans son optique le gouvernement du PQ devrait être plus préoccupé à faire l’indépendance qu’à gouverner.

Aile-gauche: 7/10
Aile-droite: 6/10
Purs et durs: 6/10
Charisme: 9/10
Total: 28/40 = 70%

Joseph Facal

Joseph Facal représente l’aile-droite du Parti Québécois. Mis à part son désir d’indépendance, ses idées se rapprochent beaucoup de celles du PLQ et de l’ADQ quant à la gouvernance.

Malgré ce désavantage, il est charismatique et connaît bien la politique. Et il ne semble pas fermé à l’idée d’une indépendance rapide, ce qui plaît aux purs et durs.

Aile-gauche: 1/10
Aile-droite: 8/10
Purs et durs: 6/10
Charisme: 6/10
Total: 21/40 = 53%

Pierre Dubuc

Pierre Dubuc représente l’aile-gauche du PQ. Doté d’un certain charisme et d’un ardent désir d’indépendance, il serait en mesure de rassembler les purs et durs et l’aile-gauche grâce à ses positions progressistes. Cependant, il ne trouve aucun écho à ses propositions du coté de l’aile-droite.

Aile-gauche: 9/10
Aile-droite: 0/10
Purs et durs: 7/10
Charisme: 7/10
Total: 25/40 = 63%

Cette brève analyse démontre que Duceppe et Marois ne sont pas la réponse qu’il faut au parti. Au contraire, les seuls qui semblent être en mesure de rallier les différentes factions du parti sont en-dehors des cercles du pouvoir habituel.

Qu’on me pardonne la rudimentarité de mes critères de sélection; l’emphase ne doit pas être mis sur les chiffres mais plutôt sur l’importance des quatre critères.

Ainsi, avec André Boisclair, on a eu un chef qui a d’abord déplu à son aile-gauche en rejetant du revers de la main le projet de nationalisation de l’énergie éolienne soumis par le SPQ-Libre. Puis, il a offusqué l’aile-droite en adoptant in extremis des positions beaucoup plus à gauche, pour finalement s’aliéner les purs et durs en baragouinant un langage inintelligible sur la souveraineté. Pour couronner le tout, son charisme était franchement mauvais.

Au contraire, le prochain chef devra être en mesure de rallier tout le monde, et dans tous les candidats ci-haut je crois que Bernard Drainville et Pierre Curzi sont les deux meilleurs actuellement (Pierre Dubuc a obtenu la même note que Curzi, mais il ne rallie pas du tout l’aile-droite, malgré ses qualités certaines; j’ai donc préféré m’en tenir à deux).

Alors voilà, selon moi les deux seuls actuellement qui seraient mesure de diriger le PQ, les deux meilleurs candidats, sont Bernard Drainville et Pierre Curzi, avec une forte préférence pour le premier.

Avez-vous déjà écouté l’émission « La part des choses » qu’il animait à Radio-Canada? Cet homme sait questionner, sait être incisif. Il sait aussi plaire aux gens, se faire comprendre, et parler aux coeurs (contrairement à Boisclair). Il est à la fois sensible, intellectuel, agressif et rassembleur.

Ne serait-il pas le chef idéal pour le Parti Québécois?

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27 Réponses

  1. Louis, mon premier choix va à Pierre Curzi, mais tu me fais pencher quand même un peu plus du côté de Bernard Drainville. Le problème avec Pauline Marois, c’est qu’il est impératif d’avoir un nouveau visage pour représenter l’idée de la souveraineté. C’était bien un point positif que l’on pouvait donner à Boisclair. Malheureusement, les points négatifs ont eu raison de lui.

  2. 100% d’accord pour Bernard Drainville.

    On va se bidonner…

  3. Ah! C’est de bonne guerre! On se bidonne déjà assez avec Dumont!

  4. Aie! Toi aussi tu as de la difficulté à dormir cette nuit? À Québec, c’est humide cette nuit, c’est épouvantable.

    Tant mieux si tu ris de Dumont. On s’en reparlera dans deux ans.

    En passant, tu as vraiment besoin de Louis pour te faire des opinions (exemple pour Drainville) ?

    Wow!

  5. « Cette brève analyse démontre que Duceppe et Marois ne sont pas la réponse qu’il faut au parti. »

    Bof. Ça démontre surtout les choix que tu penses être le meilleur. Drainville et Curzi? On met déjà en doute la capacité de gouverner de Duceppe sur certaine tribune car il n’a fait que de l’opposition. Et tu penses que la population va avaler Drainville / Curzi, qui viennent d’arriver et qui n’ont aucune expérience politique?
    Non, honnêtement je pense que c’est une analyse simpliste qui se focalise sur des critères qui, même s’ils peuvent être considéré importants, ne sont pas ceux qui doivent le plus peser dans la balance.

    Qu’avait-on l’impression d’avoir élit(ut?) avec Boisclair? Un jeune chef charismatique qui saurait amener du sang neuf au partie.

    Que veux-tu apporter avec Drainville / Curzi? Un jeune (moins pour Curzi) chef charismatique qui va apporter de la nouveauté au partie.

    Le PQ referait un « Boisclair » en élisant un de ces deux mesieurs.

  6. Venant de l’intérieur, je crois moi aussi que Drainville pourrait faire très bonne figure, enfin, mieux que les autres pour ce poste

    Qu’en est-il de l’extérieur maintenant? je verrai bien quelqu’un de peu connu de la population, façon de changer d’air.

    Vastel suggère Jean-François Lisée. Pas con comme idée, mais je pense que Lisée est trop brillant pour tomber dans ce piège.

  7. N’ai-je pas entendu dire de la bouche de Drainville lui-même hier soir qu’il ne se présenterai pas et qu’il appuirai Pauline Marois ?

  8. Drainville, il m’énervait quand je le voyais à « La part des choses ».

    Lisée, lui, ne m’a jamais énervé et c’est un excellent stratège. Trop intello pour le « peuple »?

  9. Je pense que Drainville est trop « nouveau » au PQ. Il n’a pas encore la base militante requise afin de lui permettre de remporter la chefferie de façon convaincante et de rassembler les troupes, tout comme Curzi d’ailleurs. Mais ce dernier, qui n’a jamais eu de contact avec la politique, représenterait un vent de fraîcheur, car pour la première fois, un artiste deviendrait chef d’un parti politique. Les électeurs en ont ras le bol des politiciens professionnels, tout comme le sont Boisclair, Dumont ou Charest. À mon avis, Pierre Curzi, dans ces circonstances est, malgré son inexpérience, un excellent choix.

  10. @ Le Troll intello

    J’étais debout à cette heure tardive parce que je gagne ma croûte de nuit. Mais oui, effectivement, j’ai eu quand même un peu de difficulté à m’endormir. C’est lourd. Parlons température, c’est bien le seul sujet sur lequel nous pouvons être d’accord… Par contre, ça serait trop plate. Alors, je vais te répondre pour vrai si tu me parles.

    Pour Dumont, je souhaite quasiment qu’il prenne le pouvoir et qu’il soit tellement incompétent qu’on le débarque à coups de pieds dans le postérieur! Mais bon, les Québécois sont tellement divisés que ce n’est même pas arrivé avec Charest…

    Pour ce qui est de mes opinions, à la différence de toi, je suis capable d’ouvrir mes oeillères (j’en ai, mais des amovibles; toi, elles sont collées « tight»…). L’ouverture d’esprit, ça te dit quelque chose? Alors oui, j’ai besoin de Louis pour me faire des opinions sur ce sujet et n’importe quel autre, de Jimmy aussi, de Martin Beaudin-Lecours, d’Honorius, d’Artimon, de François Harvey, et même de toi!

    C’est bizarre hein?

  11. Étant un Nationaliste, Adéquiste, plutôt de centre droit-droit. Je suis tout à fait d’accord avec le choix de Bernard Drainville. Par contre, le temps est contre lui. Il faut que le chef soit rapidement nommé et Mr. Drainville est nouveau en politique. Il peut surement apprendre très vite. Mais, l’automne prochain, c’est trop vite!
    Mr Drainville, a pour moi la crédibilité, et lorsqu’il parle, je le crois ! Je ne peux pas en dire autant de tous les politiciens….

  12. N’importe qui sauf Marois.

    Malheureusement, le monde n’est pas prêt. Je ne suis ni homophobe, ni mysogine, mais on s’aperçois bien que le peuple n’est pas prêt pour les chefs femmes ou gay. Ségolène s’est fait planté, et Hilary s’en va dans le mur. Les seuls femmes au pouvoir sont les reines.

    Viens me r’voir quand t’auras 100 ans !!

  13. « Le monde n’est pas prêt pour la démocratie » : Louis XVI, années 1780.
    « Les femmes ne sont pas prêtes pour le vote au suffrage universel » : Députés français, années 1920.
    « Je ne suis pas raciste, misogyne ou homophobe mais je n’aime pas les Noirs, les femmes ou les gais » : Racistes, misogynes et homophobes, années 1950, 60, 70, 80, 90, 2000 …

  14. Malgrés que je pense que ce ne serait pas pour le bien du PQ, je crois effectivement que des candidats comme Curzi ou Rainville, on un fort avantage sur ses riveaux. Il rallie un peu tout le monde ET surtout sont aimé de la population qui souhaiterait le voir comme chef. Est-ce que ce serait bien pour le PQ, je ne croit pas leur manque d’expérience serait nuisible pour le PQ, mais une présence dans les débats pour la chefferie une une mise en avant plan de ses 2 personnages pourrait permettre au PQ de mieu ce faire écouter, ce qui a faillit au dernière élection, car personne ne connaissait le programme.

    Pour ce qui est de Duceppe, je crois que ce serait bien qu’il entre au PQ comme chef pour faire du ménage, mais c’est ce qui vas l’empêcher d’entrer. Pour ce qui est de Marois, je ne crois pas que l’ensemble de la population vas l’aimer à cause de sont côté hautain, il faudrait quelle fasse faire une méchante revue de son image à la population, comme Landry l’avait fait à la fin de son reigne.

    Et laisser moi dont faire le discourt simpliste des féministes qui disent qu’elle n’ont rien car elle sont des femmes…. un peu trop facile comme réponse.

  15. Le monde anglophone rit de Sarkozy : http://www.eurotrib.com/?op=displaystory;sid=2007/5/8/94532/86959

  16. Finalement:
    « Bernard Drainville ne dit pas non »
    http://www.info690.com/nouvelle-bernard_drainville_dit_pas-207382-2.html

  17. Sarko, caniche de Bush ?
    Remplacera-t-il son poodle sortant, Tony Blair ?
    Enverra-t-il des renforts en Irak à la demande du tortionnaire de la Maison-Sale ?http://www.universalpressagency.com/index.php?action=article&id_article=448256

  18. Je crois que ce billet témoigne de l’énorme manque de choix de candidats quand le meilleur est un novice.

  19. Vive Facal !! C’est le seul qui peut encore sauver ce parti de débiles qu’est le PQ.

  20. Mon choix: http://bergeronforpm.blogspot.com/

  21. Bisarre en effet !

    Qu’estce qu’un Troll Coyote?

  22. Ça ne me surprend pas du tout que tu trouves ça biZarre…

    Nombriliste! Hé hé!

    Selon Wikipédia :

    « un troll est un internaute ou un usenaute qui poste des messages provocants, insultants et souvent répétitifs sur des sites communautaires, comme les forums de discussion, pour susciter la colère des autres internautes ou usenautes. »

  23. J’oubliais!

    Je trouve que Drainville est le Denis Coderre du PQ, i.e. un clown.

    Pierre Curzi serait intéressant, mais je lui suggère d’attendre la prochaine course. Ça lui donnerait amplement le temps de voir qui dans le parti se promène avec des couteaux bien aiguisés prêts à être plantés dans son dos.

    Un bémol cependant: le PQ aura besoin d’un tough, voire un fier-à-bras.

    Qui aurait qu’il faut dans le parti? Je n’en vois pas malheureusement.

  24. Boismort rejoint les autres corps morts : http://cf.news.yahoo.com/photos/ss/71

  25. Ok, je comprends pourquoi tu connais le terme car la Sainte-Trinité Louis, Coyote et Jimmy en êtes.

    Merci pour l’explication. J’aurais pu la chercher mais je voulais ta définition.

    Pis? Ma comparaison Drainville-Coderre, tu la trouves comment?

  26. En tout respect, mon cher Bum, je ne la trouve pas terrible la comparaison. Même si je ne suis plus péquiste, je crois qu’il faut laisser à Drainville le temps de faire ces preuves.

    Et sérieux, Coderre ! Tu y vas fort… Coderre est un réel clown, un gros morpion pathétique en manque d’attention prêt à dire n’importe quoi. Et c’est un gros bougon qui a été éclaboussé dans les commandites (je comprend même pas ce qu’il fait encore là !!) et qui s’est récemment payé un MBA à même l’argent des contribuables.

    Pour revenir dans le vif du sujet, je ne crois pas qu’un changement de chef pourra sauver le PQ.

    La seule chose qui peut sauver le PQ sera de crisser dehors les purs et durs et l’aile gauchiste radicale (Dubuc).

    Mais entre vous et moi: si Lucien Bouchard n’a pas réussi, pensez-vous sincèrement qu’un Duceppe, Curzi ou une Marois y réussira ? Poser la question c’est y répondre.

  27. Vous oubliez que Joseph Facal est très solide en économie et en politique constitutionnelle. Curzi s’y perdrait. Un Drainville allié à Duceppe y arriverait aussi, mais la personnalité de Duceppe ne permet pas le partage du pouvoir.

    Et parlons-en, du partage du poivoir. Le PQ espère-t-il devenir, comme l’ADQ et le PLQ, le parti d’un seul homme? Au moment précis où on a besoin de réformes majeures?

    Je crois qu’au point où on en est, il faut compter sur une équipe multidisciplinaire et cohérente. On doit arrêter de penser au chef, au chef, au chef seul, au messie quoi.

    Prenez Dubuc. Arriverait-il à réformer le PQ? Non, le parti retomberait rapidement dans ses ornières. Par contre, un Dubuc qui saurait s’entourer de gens de centre-droite réussirait peut-être à trouver les idées les plus novatrices. De la même manière, un Facal qui se trouverait un lieutenant de la gauche solidaire pourrait faire avancer les choses.

    En gros, il nous faut un triumvirat au sommet, un espèce de noyau ultra-solide qui saura proposer des nouvelles idées aux militants… et encaisser les coups et les remous. Et ça, une personne seule ne peut y arriver.

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