Les malheurs de Justin

Justin Trudeau semble se démener avec l’ombre des conflits de son père: en une seule journée il a réussi à désavouer le bilinguisme au Nouveau-Brunswick et il a qualifié le « séparatisme » québécois de mythe.

En effet, en visite dans cette province, le nouveau candidat libéral dans Papineau s’est prononcé contre le bilinguisme et les commissions scolaires séparées, rejetant du revers de la main des décennies de progrès linguistique dans la province. C’est précisément la division entre écoles francophones et anglophones qui a permis au fait français de continuer à exister au coeur d’un océan anglophone. Mais sous couvert de ne pas « mettre d’étiquettes » et de « diviser les gens » – d’autres concepts creux à l’image de la plupart de ses discours depuis son entrée en politique – il va à l’encontre de la logique la plus fondamentale permettant d’espérer que la langue de Molière ne disparaisse pas de ce qui fût un jour l’Acadie.

Par ailleurs, ne manquant pas une occasion de ressusciter la haine de son père à l’égard du mouvement indépendantiste québécois, il a ensuite dit que les souverainistes Québécois étaient des « braillards qui se plaignent pour obtenir plus d’attention ». Une insulte gratuite, sans fondement.

Le Parti Libéral du Canada devra peut-être lui dire de se taire. En manquant de respect envers les francophones et en insultant un mouvement souverainiste moribond comme il vient de le faire, il n’y a qu’une seule résultante possible: on réveillera cette impression d’aliénation des Québécois et on ravivera en eux le sentiment que ce pays n’est plus le leur.

En ce sens, le discours de Justin Trudeau est une excellente nouvelle pour les souverainistes. Quand on voit un politicien aussi inexpérimenté avoir besoin de ressortir les vieilles chicanes de son père pour espérer se faire ainsi du capital politique, ça ne peut que jouer contre lui et favoriser ses adversaires.

C’est bien beau le trilinguisme et le quadrilinguisme, mais dans son cas on a hâte qu’il puisse tenir un discours cohérent et concret, au-delà des généralités et du vieux pablum pré-mâché paternel. En Chinois s’il le veut. Car parler une langue, c’est bien plus que d’aligner des mots les uns après les autres. C’est aussi faire du sens, exprimer une réalité compréhensible pour les gens et reliée à la réalité; une chose que Trudeau ne maîtrise pas très bien.

Et si les électeurs de Papineau décidaient aux prochaines élections de le ramener un peu à la réalité en lui montrant qu’il ne peut pas insulter ainsi les francophones de ce pays?

Peut-être descendrait-il alors de son piédestal et cesserait-il de se croire meilleur qu’un autre simplement parce qu’il est le fils de son père…

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11 Réponses

  1. Très bon texte imagé mon Louis!

    C’est certain que le sujet me touche profondément (j’en ai des gargouillis de dégoût, dans le ventre)! Ich!

    Est trop bonne celle-là (dans l’article en lien) : « Sur le site de la NBTA, Justin Trudeau est décrit comme une personne ayant un «charisme électrisant» et capable de livrer des messages inspirants qui laissent les foules «informées, amusées et prêtes à faire une différence». »

    Pouah!!! Charisme électrisant!!!

  2. Définitivement, il va falloir que Ti-cul Trudeau apprenne à tempérer ses propos juste un tout petit peu. Heureusement, son élection dans Papineau n’est pas gagnée.

  3. S.V.P. Donnons une chance à Justin Trudeau, ne faisons pas comme autrefois lorsque les électeurs de Drummond-Arthabaska avaient refusé Wilfrid Laurier comme député. Babalou

  4. Si le critère suprême selon Justin est le quadrilinguisme, je me qualifie ! Va-t-il me confier d´épais dossiers et m’offrir une sinécure à vie pour autant ?
    If the supreme critera according to Justin is quadrilinguism, I qualify for the job! Will he trust me with big files and offer me a lifetime pension?
    Si el criterio supremo según Justín es el cuadrilinguismo, soy su hombre. ¿Me confiará por lo tanto gruesos archivos y me ofrirá una pensión a vida?
    Se il criterio suprema secondo Justin è il quadrilinguismo, mi qualifico. Mi confiara grossi dossiers e mi ofrira una pensione a vità?

  5. bah… il a lu « politics for dummies » et c’est permi de faire des erreurs en plus, va falloir qu’il travaille fort pour passer par dessus son nom…

  6. Mon cher Yvon, ton espagnol laisse un peu à désirer.

  7. @Juan Carlos
    Je te saurais gré de bien vouloir m’aider à l’améliorer.

  8. « il a ensuite dit que les souverainistes Québécois étaient des « braillards qui se plaignent pour obtenir plus d’attention ». Une insulte gratuite, sans fondement. »

    Trudeau là-dessus a raison, ce qui explique pourquoi je suis un souverainiste en attente. Sauf qu’il n’aurait pas dû le dire, justement pour éviter qu’il n’engendre l’étincelle tant attendu par ces désemparés qui n’attendent que le feu reprenne.

    Trudeau, pas très futé ta déclaration.

  9. « Dossier » est un mot en espagnol qui à la même signification qu’en français. « Archivo » se rapproche plus de « fichier ». « Grandes dossiers » est de loin plus fidèle comme traduction que « gruesos archivos ».

  10. Merci, Juan Carlos. Je savais que les Italiens donnent à « dossier » exactement le même sens que les francophones. Et, à vrai dire, je croyais que mon espagnol était plus boiteux que cela mais, qu’en revanche, « fichier » se rendait par « carpeta ». Que penses-tu de « informe » ou « registro » ?

  11. « Dossier » est un terme général plus approprié. « Informe » se rapproche plus de « résumé » tandis que « registro » de « rapport ».

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