Lavage de linge sale en famille

La guerre que se livrent Gilles Duceppe et André Boisclair est pathétique en elle-même; chacun place sa propre ambition personnelle au-dessus de la cause du parti et de l’indépendance. Mais la récente sortie publique d’André Boisclair se révèle encore pire: en déclarant publiquement son animosité contre le chef du Bloc, André Boisclair vient de perdre un atout important – peut-être le dernier – qui aurait pu le conforter à la tête du PQ.

En effet, il donne maintenant l’air d’un désespéré, s’accrochant misérablement au pouvoir, incapable de faire le nécessaire examen de soi-même qui lui révélerait humblement qu’il doit – pour le bien de tous – céder la place à un autre. En déclarant sur les ondes de RDI que Duceppe devrait se mêler de ses affaires et « jouer dans ses platebandes » il jette aux orties le peu de crédibilité qui lui restait et le calme de celui qui se devrait d’être au-dessus de tout ce grenouillage. Si auparavant on pouvait ne pas aimer le charisme ou les idées de Boisclair, maintenant on constate froidement qu’il n’a pas l’étoffe d’un chef politique, incapable de régler ses conflits en privé.

André Boisclair est un homme intelligent. Ses idées politiques sont confuses, et a l’image d’autres chefs politiques il dit oui et non tout à la fois pour ne blesser personne. Mais il connaît ce monde, et il voit bien que son parti n’ira nulle part s’il ne réussit pas à recimenter toutes ses factions qui, sans l’appel des sirènes référendaires, n’ont rien de mieux à faire que de s’entre-déchirer.

Malheureusement, il se considère encore comme celui qui serait en mesure de régler les problèmes du parti. Il n’a peut-être pas encore bien compris les résultats des dernières élections. Ou il est peut-être mal conseillé. Mais il reste une chose primordiale à comprendre: si Boisclair n’a pas la capacité de comprendre qu’il doit partir pour le bien de tous, c’est la mission du parti de lui montrer la porte.

En ce sens, les tentatives de Duceppe de sonder le terrain pour un éventuel passage à Québec sont positives; elles déstabilisent Boisclair et permettent d’espérer une course à la direction. Car il ne faut pas croire que les péquistes accepteraient si facilement Duceppe comme nouveau chef; on se souvient encore trop du passage de Bouchard au PQ, qui avait amené avec lui ses amis et avait par la suite instauré des réformes économiques drastiques qui hantent encore le parti aujourd’hui.

Ce qui est vraiment positif, c’est qu’on sent de plus en plus que le parti aura un nouveau chef bientôt, et on se demande si celui-ci – peu importe qui il sera – pourrait réellement faire pire que Boisclair.

C’est difficile de se sentir exclu. De devoir céder sa place. Mais des gens sont de meilleurs bras droits que leaders; d’honnêtes personnes accomplissent davantage derrière le paravent du charisme d’un autre que devant l’éblouissement des projecteurs.

Boisclair devrait avoir la maturité politique de reconnaître qu’il serait mieux pour lui et pour les autres s’il était l’appui sur lequel se reposait un chef charismatique. Il devrait préparer sa sortie en douce en se réservant la meilleure place possible dans l’après-Boisclair au lieu de s’accrocher désespérément au pouvoir et de ridiculiser le mouvement souverainiste sur les ondes publiques.

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22 Réponses

  1. J’avoue que ça commence à être pathétique. C’est comme si Boisclair voulait montrer qu’il est au courant qu’il se fait jouer dans le dos, comme pour prouver qu’il n’est pas déconnecté, qu’il maîtrise la situation.

    Et si Duceppe vient au PQ, qu’arrivera-t-il du Bloc? Le Bloc n’avait pas meilleure réputation que le PQ dans la région de Québec où on aime bien servir du « ils ne pensent qu’à leur pension ». Alors, le Bloc devrait se saborder et laisser toute la place à deux ou trois partis dans lesquels les Québécois ne se reconnaissent guère?

  2. Boisclair est totalement parano. Duceppe n’a jamais affirmé en public vouloir le détrôner de la chefferie, et il confirme qu’il n’a jamais comploté pour prendre sa place.

    Boisclair panique devant la grogne d’une majorité de militant péquiste et s’emporte sur n’importe quelle rumeur. Il n’a pas l’étoffe d’un premier ministre car il ne sait pas contrôler ses instincts. C’est désolant. N’avait-il pas suivi un cours sur le leadership à Harvard? Pour moi, il a manqué quelques heures de cours!

  3. C’est drole de dire que les quebecois se reconnaissent pas dans les autres partis… aux dernieres elections le bloc a été loin d’avoir 50 % du vote pis ca sera probablement une election catastrophe pour le bloc tout comme ca été le cas pour le PQ.

    le programme et le syndicat ca pogne pu au Quebec… c’est pas un probleme de chef c’est un probleme de programme completement dépassé
    Le party et les années 70 c’est fini qu’ils comprennent

    Ce que je trouve drole c’est que probablement Boisclair l’a compris mais le reste du parti non.
    J’espere que Marc Laviolette sera nommé chef ca achevera le parti

  4. @ Francois

    Il faut tout de même un parti pro-syndical au parlement. Après tout, 40% des travailleurs québécois sont syndiqués.

    De plus, la seule présence de deux partis de droite à l’assemblée nationale serait malsaine pour la démocratie. La gauche, si gauche existe encore au PQ, se doit aussi d’être représentée.

  5. crois-tu reelement que tous ces gens la syndiqué veulent d’un syndicat…. le syndicat qui fait du porte a porte et demande les signatures avec le jugement que si tu signes pas tu es pas dans la gang et mis de coté fait qu’avec 50 % de signature recolté ainsi le syndicat est automatiquement rentré dans une cie

    De plus a cause de la formule Rand puisque obligé a payer qui a interet a debarquer d’un syndicat… tu as beau pas l’aimer tu es obligé de payer

  6. Oof François, crois-tu que tous les non-syndiqués en veulent pas? L’argument contraire est tout aussi valable et en aussi grande quantité. Un syndicat, ça négocie la sécurité d’emploi et permet aux gens de négocier collectivement leurs conventions. Point barre. Si tu veux parler contre les centrales syndicales (CSN, FTQ, etc.), emploie le bon terme. Car un syndicat, à la base, ça sert les travailleurs. Sauf que les gens finissent par affilier deux idées différentes et les haïr toutes autant.

    Je suis de l’avis de Jimmy. Duceppe aurait pris la place de Boisclair à la course à la chefferie s’il avait voulu l’avoir il y a 2 ans, et ce très aisément. Ça m’étonnerait qu’il ait changé d’avis, quoi qu’en disent les gens qui ne suivent pas l’actualité péquiste et voient tout de suite des moves carriéristes.

    Duceppe fait un excellent travail au Canada, un travail louable pour chacun qui peut se considérer fier d’être Québécois. Il va bien au-delà de prôner l’idéologie souverainiste; lui et le Bloc servent aussi de pont entre la culture et le monde politique canadiens et le monde de la politique Québécoise. Ce sont des médias ontariens qui ont dit qu’ils souhaiteraient avoir un parti comme le Bloc (mais non-souverainiste) pour les représenter à Ottawa en 2003, suite à un débat en anglais.

  7. Je suis moi-même syndiqué, et bien que parfois je n’aime pas les méthodes de l’exécutif (on m’a déjà tassé plusieurs fois dans le coin afin de m’intimider- je suis membre de la FTQ!), je dois avouer que lors des négociations de la convention collective, ils font du bon travail pour leurs membres.

    Les syndiqués qui dénigrent les syndicats se tirent dans le pied. Sans leur présence, les conditions de travail et les salaires seraient beaucoup moins élevés. Les statistiques entre milieux syndiqués et non syndiqués le démontrent.

    Les syndicats ne sont pas parfaits, mais ils servent tout de même un but dans la société. Voir à ce sujet mon article dans Le Devoir sur mon blogue.

  8. Ca doit etre pour ca que quand j’étais au BC sans syndicat j’avais des meilleurs conditions de travail et un salaire plus elevé que n’importe quelle job étudiant ! Si vous voulez nous comparer au missisipi ok ca prends des syndicats mais aller dans le reste du Canada qui est encore NOTRE PAYS pis vous allez voir qu’au Quebec ca ne limite que l’emploi et defavorise les jeunes et les gens compétents et minder. Je dis pas avoir aucune protection, je dis pas non plus qu’un travail à la chaine dans une usine ne demande pas de syndicat, mais aussitot qu’on a des emplois qui demandent un minimun de compétence la pertinence est loin d’etre tjrs nécessaire !

  9. Il ne s’agit pas simplement de salaires ou de conditions de travail. Même un travail de col blanc ou de spécialiste peut bénéficier de la présence d’un syndicat. Cela oblige l’employeur à obéir à certaines règles de gestion des ressources humaines et à respecter leurs employés. Les normes du travail ne sont pas suffisantes. Une personne seule se sent démunie à partir en guerre contre son employeur qui abuse de son autorité. Les frais de tribunaux, le traînage dans la boue, l’intimidation en décourage plus d’un.

  10. c’est parce que les normes donne justement au salarié la possibilité d’être représenté…. va relire tes normes du travail la commisssion des normes du travail peut te représenter en cas de congédiement, d’harcelement etc etc

  11. Oui, d’accord, mais le processus est très long, et peut être coûteux. Le stress est omniprésent, et le dossier peut traîner durant des mois. Beaucoup d’employés lésés décident simplement de laisser tomber et de se trouver un autre emploi. Je le sais, car je l’ai vécu!

    Tu es idéologiquement contre les syndicats, soit. Mais je crois qu’il y a des mauvaises choses et des bonnes choses en tout. Bye François!

  12. Je n’ai pas remis en cause le syndicalisme dans l’ensemble j’ai même mentionner que dans certains domaines il était necessaire alors que dans d’autre sa pertinence n’était pas tjrs présente….

    Par contre, le syndicalisme actuel au Québec sous le couvert de proteger les travailleurs les nuis en faisant que notre economie est  »jammer » et qu’il n’a pas assez d’emploi donc les boss on le gros bout du baton… Nos lois syndicales font peur, les compagnies n’osent plus investir ici sans subvention, nous avons maintenant des industries qui ont été sous-financer pendant des années et avec leur machinerie desuette ne sont plus compétitives et ferment et cela nuit a l’ensemble des travailleurs et nous defavorise face à nos voisin comme l,ontario ou les compagnies n’ont pas peur et pas de baton dans les roues pour investir et creer de l’emploi. C’est pas pour rien que Montreal recoit 45 000 immigrants et Toronto plus de 110 000, on a pas de job a leur offrir notre economie etant paralyser.

  13. Il y a des pays fortement sociaux-démocrates et syndiqués qui sont très prospères. Les pays scandinaves en sont les meilleurs exemples. Toujours mettre sur le dos des associations de travailleurs la morosité de l’économie manque un peu de pertinence. Admettons qu’il n’y aurait pas de syndicats, le plein emploi serait peut-être atteint, mais avec des salaires de 8$ ou 10$ de l’heure, comme aux États-Unis, augmentant ainsi les « working poors ».

  14. Je suis d’accord de prendre les pays scandinaves en exemple mais pas juste ce qui te plait… pourquoi on prendrait pas aussi en exemple les PPP qui sont aussi présent dans ces pays ou l’abolition des commissions scolaire ? Tu sais mon ex-beau-frere etait norvégien, un vrai de gauche, par contre il aimait bien se foutre de notre gueule avec nos leaders syndicaux qui parfois semblent pas trop comprendre les enjeux (contrairement a eux qui ont des economistes par exemple comme leader) tout comme la paralysie que nos syndicats adorent faire ici au détriment de toute la société.

  15. Sortir les PPP comme exemple est pas fort! En Grande-Bretagne, l’instauration des PPP depuis Thatcher est un fiasco et l’économie anglaise est loin d’être dynamique! Il a été démontré que cela coûte plus cher et que les services publiques sont de moindre qualité. Pour ce qui est de ton ex-beau-frère, son point de vue est purement personnel et ne constitue pas un élément de preuve en soi.

  16. Ce qui se passe présentement dans les rangs souverainistes n’est vraiment pas beau à voir. Tout ce brassage de linges sales aurait pu être évité si Boisclair avait démissionné le soir de la défaite. Je crois que cela aurait grandement favorisé et accéléré l’évolution nécessaire du parti.

  17. mais les PPP sont aussi appliqué dans les pays scandinaves qui est ton modele et pourtant bien gerer ca marche… regarde qui a construit les routes dernierement en norvege par exemple…. un pays rempli de petrole qui crache le cash mais qui fait meme appel au PPP

  18. Parfois, les PPP fonctionnent bien, je te l’accorde, mais la plupart du temps, l’efficacité et la qualité ne sont pas au rendez-vous. Je me souviens d’un article à ce sujet dans le magazine l’Actualité.

  19. Ce parti va mourir, et c’est très bien ainsi. La souveraineté, c’est terminé, le rêve est fini, reality-check, wake up and smell the coffee (même l’équitable si vous y tenez tant).

    Quand à la nécessité d’avoir un parti pro-syndical, ce serait plutôt le contraire. Avec 41% de syndiqués, il est justement temps de leur faire la vie dure (il m’arrive d’avoir des pensées jouissive à l’idée de la prochaine grève dans le secteur public qui devra négocier avec le PLQ et que l’ADQ ne dira pas un mot lorsqu’ils se feront botter le cul). Avec la composition de l’Assemblée nationale, nous avons peut-être une chance unique d’enfin abroger la loi du travail qui fait de nous des attardés occidentaux. À tout le moins (mais j’irais bien plus loin), changer cette loi pour que l’affiliation syndicale soit un choix, et non une obligation. Il y aurait toute une « drop » dans le nombre de membres, croyez-moi, car la nouvelle génération n’en veut pas de ces mafiosos corporatistes. Elle veut être payée au mérite, pas selon une norme communiste.

  20. @François: même aux dernières élections, le Bloc était le parti récoltant le plus de votes au Québec, et certainement celui qui récoltait le plus de votes des francophones.

    Je voulais surtout souligner la nature « représentative » du Bloc: on vote pour un bloquiste parce qu’il nous représente, pas dans l’espoir qu’il accède au pouvoir! La majorité des 40% de gens qui votaient ainsi n’auront pas plus le goût de voter Libéral ou Conservateur la prochaine fois…

    Et je ferais attention avant d’annoncer la mort subite et définitive du rêve souverainiste. Ce n’était pas qu’une chimère de babyboomers.

  21. «Interrogé sur les dizaines de milliers d’emplois supprimés en 2000 par le géant de la téléphonie, Bent Fogelberg, le délégué de Landsorganisationen iSverige (LO), l’unique confédération syndicale, lui a tranquillement expliqué que rien ne servait de lancer des grèves contre des délocalisations inéluctables. La priorité consistait plutôt à obtenir le reclassement des licenciés. Ce qui semble avoir été le cas pour 90% d’entre eux chez Ericsson.»

    Quand nos syndicats seront capables de comprendre ça, alors là on pourra parler de syndicalisme intelligent. En attendant…

  22. « Une personne seule se sent démunie à partir en guerre contre son employeur qui abuse de son autorité. Les frais de tribunaux, le traînage dans la boue, l’intimidation en décourage plus d’un. »

    Il n’y a que les incompétents ou les improductifs qui auront à se battre un jour contre leur employeur. Sinon, une personne n’aurait pas peur de quitter son emploi car s’il est compétent, il ne restera pas longtemps sans travail.

    Et le problème, ce n’est pas le syndicalisme: c’est la philosophie syndicaliste québécoise.

    La Suède est très syndiquée, mais leur peuple est moins lâche et plus rationnel que les Québécois.

    Ça fait toute la différence quand un peuple est millénaire et ne passe pas son temps à jouer à la victime comme le fait Boisclair votre chef!

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