La fin du PQ?

À l’origine le Parti Québécois était une coalition arc-en-ciel, avec dans ses rangs des gens de gauche, de droite, et ceux qu’on appelle les purs et durs de l’indépendance. Un amalgame hétéroclite de citoyens partageant un rêve commun – l’indépendance du Québec – et une croyance commune: que cette indépendance est proche et qu’on devait donc s’unir pour la réaliser dans les plus brefs délais.

Cependant, cette coalition était contre-nature, et elle ne pouvait donc pas passer l’épreuve du temps. L’aile gauche a toujours vu l’indépendance comme un moyen de réduire les inégalités sociales et d’améliorer les conditions de vie des Québécois. L’aile droite considérait davantage l’accession du Québec à la souveraineté comme une fin, c’est-à-dire la reconnaissance de la spécificité québécoise à l’échelle internationale. Et les purs et durs, ils désiraient surtout en finir avec les Anglais et voir leur pays enfin « sur la map ». Un tel mélange de visions complètement différentes de ce que devait être l’indépendance ne pouvait qu’exploser une fois le rendez-vous manqué.

Et c’est ce qui arriva suite au référendum de 1980, avec le beau risque de Lévesque, le grenouillage, l’arrivée de Pierre-Marc Johnson et le retour du PQ dans l’opposition. Mais le parti a été capable de se relever pour 1995, de rassembler une fois de plus toutes ses parties pour former un tout cohérent pour le deuxième référendum. Pour la dernière fois?

Depuis 1995, les choses ont changé.

D’abord, l’aile gauche ne se retrouve plus dans le parti. Les réformes néolibérales entreprises par Lucien Bouchard ont transformé le PQ d’un parti de centre-gauche vers un parti de centre-droit. La social-démocratie a été sacrifiée sur l’autel du libre-marché et les membres ont été nombreux à quitter définitivement le parti. Ils ont erré sans but précis, votant notamment pour le PDS en 1998 (mais encore massivement pour le PQ), pour l’UFP en 2003, puis de plus en plus nombreux pour QS en 2007. Ils ont tenté de créer le SPQ-Libre pour réorienter le parti vers le centre-gauche, mais le refus de Boisclair d’appuyer certaines des propositions du SPQ-Libre (dont la nationalisation de l’énergie éolienne) en a découragé plusieurs et le résultat des dernières élections ne fera rien pour les convaincre que le PQ peut les représenter.

Ensuite, l’aile droite a son nouvel idéal: l’individualisme et le néolibéralisme. L’indépendance devient moins urgente; il importe davantage de réduire les impôts des plus nantis, de payer la dette, de s’enrichir individuellement. La foi en une indépendance représentant la fierté québécoise ne veut plus dire grand chose; on ne se reconnaît plus dans ce Québec multi-ethnique, divisé, qui n’a plus de grand projet dont être fier.

Finalement, les purs et durs se sont radicalisés. Certains ont rejoint les rangs du MLNQ, un groupuscule d’extrémistes prônant un recours à la violence pour atteindre l’indépendance. D’autres sont restés au PQ, mais ont passé leur temps à occuper la place publique pour dénoncer le parti. Et désormais on voit se créer un Parti de la république du Québec, c’est-à-dire la dernière étape vers la désaffection de ces purs et durs du PQ.

Ainsi, depuis 1995 – mais surtout depuis 2003 – on observe une réelle désintégration du parti. Et on imagine difficilement comment l’arrêter. Les membres eux-mêmes ne croient plus dans une indépendance rapide. Alors les compromis et la coalition arc-en-ciel foutent le camp. On veut gouverner, on veut prouver qu’on est un bon gouvernement. Mais comment gouverner quand le parti lui-même n’a qu’un seul élément de cohésion: l’indépendance du Québec?

Plus le parti tentera de se situer au centre-gauche, plus il perdra l’appui de son aile droite. Inversement, le parti a gouverné à droite pendant neuf ans et il a perdu le membership de son aile gauche. Ajoutez sur le tas les urgences des purs et durs et un chef incapable de convaincre qu’il est l’homme de la situation et vous avez une situation ingérable.

Les résultats des dernières élections sont clairs: le PQ ne rejoint plus une grande partie de la population. Les gens sentent son incohérence. Les gens sont frustrés: le citoyen lambda de gauche s’irrite des politiques de droite, celui de droite des promesses de centre-gauche, et celui qui est peu politisé des grands discours en apparence creux de Boisclair. Plus rien ne va.

Existe-t-il une sortie de secours, pour paraphraser Jean-François Lisée? Difficile à dire avec certitude, mais une chose est sûre: le PQ doit parer au plus urgent.

Si la raison d’être du parti est l’indépendance du Québec, il doit recréer cette coalition et décider que la prochaine élection est une élection référendaire. Pas de place pour un programme de gauche ou de droite risquant de semer la division: on promet que si on est élu on déclare l’indépendance et relance des élections dans le pays du Québec. Le PQ se saborde dès la souveraineté réalisée et on recrée des partis en fonction de nos allégeances de gauche ou de droite, comme en France.

Le seul hic avec ce scénario, c’est qu’il demande un chef rassembleur et charismatique à sa tête. Un chef en qui les membres mais aussi la population en général aura confiance. Un leader qui donnera le goût aux gens d’y croire encore. Et puisque ce leader charismatique n’est pas André Boisclair et qu’une élection pourrait être très prochaine dans ce gouvernement minoritaire, il ne reste qu’un seul choix: lui montrer la porte le plus tôt possible, relancer une course à la direction et espérer que cette fois-ci les membres feront un meilleur choix.

Si le PQ ne remplace pas Boisclair dans les plus brefs délais, il se condamne à une répétition des résultats du 26 mars. Le parti continuera de stagner tout en perdant à chaque élection de plus en plus de votes au profit des autres partis.

Ainsi, la décision de tenir un congrès sur le leadership de Boisclair en septembre 2008 est une vraie blague. Des élections pourraient arriver seulement quelques mois plus tard, ne laissant pas le temps de lancer un vrai processus d’élection référendaire et de se familiariser avec un nouveau chef. Le parti risque de se retrouver dans une situation où Boisclair demandera qu’on lui donne une seconde chance par manque de temps pour organiser une nouvelle course à la direction du parti.

Les secondes chances en politique sont très rares.

Si le PQ refuse de se trouver un meilleur chef et de mettre l’accent au plus vite sur la seule chose qui puisse encore unir ses membres (malgré la perte de signification du mot « indépendance » dans un contexte de globalisation pour plusieurs de ceux-ci), le parti se condamne probablement à disparaître, écartelé par sa gauche, sa droite et ses militants les plus radicaux.

Il n’y a pas une seconde à perdre, et la première étape est de montrer la porte à André Boisclair. Cela ne garantit pas le succès au PQ, mais c’est un premier pas dans la bonne direction.

Et une tentative de ne pas se laisser écraser par le rouleau compresseur de l’Histoire sans réagir.

30 Réponses

  1. Bonjour Louis,
    Je croirai me lire; car c’est exactement ce que je me tue à faire et à écrire sur DES blogs autres que le mien ainsi que sur le mien. Déjà le 30 mars 2007, je le répète dans http://jesopinions.blogspot.com/2007/03/pq-coalition-arc-en-ciel.html

    Avec la visibilité que tu as, ton excellent article va faire fureur, mais attends-toi aà ceux qui ont peur de perdre Les Rocheuses ou leur pension de vieillesse

  2. Le PQ n’est pas devenu un parti de centre-droite et faudrait que la gauche du parti le comprenne. Le PQ est moins à gauche que jadis, mais cela le place au centre.

    Et ce n’est pas parce qu’on veut s’occuper de la dette qu’on est plus individualiste que quelqu’un qui scande « so-so-so-solidarité » en étant payé au moins deux fois le salaire moyen et pouvant compter sur un fond de retraite assuré.

    « L’aile droite considérait davantage l’accession du Québec à la souveraineté comme une fin, c’est-à-dire la reconnaissance de la spécificité québécoise à l’échelle internationale. Et les purs et durs, ils désiraient surtout en finir avec les Anglais et voir leur pays enfin « sur la map ». »

    À lire cette analyse, Louis, les purs et durs du PQ ont les mêmes visées que l’aile droite. Mais y a-t-il seulement une aile droite au PQ? Je pense plutôt que les purs et durs du PQ sont les mêmes qui se disent le plus à gauche.

    À un moment donné, va falloir dépasser les étiquettes. La gauche n’a pas le monopole de la vertu, pas plus que la droite. Les membres fondateurs du PQ, en demeurant obstinément sociaux-démocrates à la façon soixante-huitarde en sont venus à incarner le conservatisme, celui qui empêche de faire évoluer! Et à l’inverse, les néo-conservateurs à la Dumont incarnent le changement! Faut quand même le faire!

    L’idée est de vraiment discerner les enjeux sociaux peu importe l’allégeance. Par exemple, la dette et les finances publiques, c’est pas une question idéologique qui prouve la victoire du néo-libéralisme, c’est une question de justice entre les générations. Autre exemple: pour l’eau, l’hydro-électricité et nos forêts, c’est pas de savoir si on est socialiste ou capitaliste, mais de gérer nos ressources nous-mêmes et de façon efficiente plutôt que les laisser aux intérêts étrangers.

  3. l’individualisme et le néolibéralisme. L’indépendance devient moins urgente; il importe davantage de réduire les impôts des plus nantis, de payer la dette, de s’enrichir individuellement. La foi en une indépendance représentant la fierté québécoise ne veut plus dire grand chose; on ne se reconnaît plus dans ce Québec multi-ethnique, divisé, qui n’a plus de grand projet dont être fier.

    tu es vraiment parano… comme si de droite (exemple moi) je voulais qu’on baisse les impots que pour faire profiter les riches et que j’étais anti-pauvre… et par s’enrichir individuellement c’est que le collectivemment suivrait…. Pour partager la richesse je crois qu’il faut commencer par en creer et je crois beaucoup plus que l’entreprise privé peut faire cela contrairement a nos monopole d’état et syndicaux

    Tant a ce Québec multi-ethnique que tu sembles tant pas aimé et dire que le quebecois se reconnait pu… ben j’ai 23 ans… je suis un petit cul qui vient de region …(le gars parfait que tu aimes hair) mais qui l’a quitté y’a 5 ans et pourtant je me reconnais tres bien parmi mes amis qui ne sont pas des  »pures-laine » d’ailleurs ma copine n’est pas une  »pure-laine » Ce que je trouve ironique c’est que c’est la gauche au Québec qui est souvent raciste… Si tu veux chialer contre le multiculturalisme canadien et les abus que les accomodements raisonnables vont apporter… parfait pas de probleme je suis d’accord je ne crois pas plus en cela, mais contre le caractère multi-ethnique que tranquillement pas vite pourrait prendre le Quebec… ca c’est carrement raciste et demontre une vision un peu fermé !

    p.s Si ca peut vous rassurez la loi 101 a fait des miracles chez les jeunes de famille immigrant alors arrêter de capoter… Souvent ils ont un meilleur francais que le mien et son parfois plus  »quebecois » que moi 😛

  4. Mmh… Faudrait que tu lises « Bien commun recherché » avant de dire que la gauche est la plus raciste. En tout cas, les dirigeants de gauche sont loin de l’être. Par contre, c’est vrai qu’il y a une intolérance envers des ethnies étrangères, sans quoi ce serait difficile d’expliquer que le taux de chômage des personnes de couleur de peau noire équivaut au double du taux de chômage global… D’ailleurs, le représentant de la gauche, Amir Khadir, ne serait-il pas libanais de naissance? N’est-ce pas lui qui a cité Gilles Vigneault dans son entrevue à TLMP en disant: « Tous les humains sont de ma race »?

    Personnellement, je me sens présent dans le projet de la souveraineté, mais je me sens beaucoup plus dans les projets de la gauche. Si le PQ veut encore survivre, c’est clair qu’il doit d’abord et avant tout informer les gens sur le projet de la souveraineté. À mon avis, ça a été une gaffe de la part de Boisclair de ne pas avoir voulu affirmer, en campagne électorale, que ce n’était pas une élection sur la souveraineté. Cela a découragé des militants et n’a pas allumé plus de confiance envers le PQ.

  5. @Martin B-L

    Je crois que ton propos apporte beaucoup à celui de Louis (qui dresse à mon avis un portrait quand même assez juste de la situation). Tu as bien raison de spécifier qu’aucun, que ce soit la gogauche ou la drouate, n’a le monopole de la vertu : il y a bien sûr de chaque côté des abus et c’est ça le gros du problème.

    Personnellement, comme Louis je pense, j’ai tendance à considérer la résolution des problèmes plus par la gauche, car c’est à droite que le gros de l’argent se retrouve : reprenez-moi si j’ai tord… Alors quand tu parles de régler la dette, est-ce qu’on ne devrait pas aller chercher les sous dans les poches de ceux qui ont engrangé des profits sur le dos de la société qui se retrouve avec cette dette justement (tiens, je pourrais même inclure là-dedans une meilleure gestion des salaires et des employés de l’état, dans la mesure du possible, pour aider à diminuer la dette, s’il faut que tout le monde se serre un peu la ceinture…)? Alors si la solution est de sabrer seulement les programmes sociaux pour régler la dette, ce qui semble être le cas, là je débarque du projet.

    @Richard

    C’est une belle idée ça : « Pour partager la richesse je crois qu’il faut commencer par en creer et je crois beaucoup plus que l’entreprise privé peut faire cela contrairement a nos monopole d’état et syndicaux ». Malheureusement, ce qui se passe à ce jour prouve bien que la majorité de cette richesse créée reste dans leurs poches. Si c’était le contraire, les coffres de l’état débordaient, on ne penserait même pas à couper dans l’aide aux plus pauvres, ce qui n’est pas le cas on le sait.

    Concernant « le Québec multi-ethnique » et le racisme que tu y vois, je n’ai pas vu ça de la même manière. Ce ne sont que des faits, et c’est certain que si tu enlèves le « divisé » qui suivait « multi-ethnique » tu peux en arriver à un constat de racisme. Par contre, je suis d’accord avec ton exemple des « pure-laines », j’ai beaucoup d’amis immigrants de première et de deuxième génération qui sont québécois, dans le sens où on l’entend quand on est francophone (et la plupart en plus sont souverainistes). Mais ce fait ne vient pas amoindrir ceux qui se font presque un devoir d’adhérer exclusivement à la langue et la culture anglophone, car ils considèrent que nous sommes ici au encore au Canada, pays anglophone en majorité (et j’inclus aussi les blancs là-dedans). J’irai même jusqu’à dire que nous sommes pour eux folkloriques, un peu niaiseux de défendre notre langue et notre culture sur cette planète culturellement dominée par l’anglais.

    C’est seulement une impression…

  6. Désolé, la deuxième intervention se veut pour François et non Richard. Mes doigts ont fourchés…

  7. Tu vois Renard moi je vois ça que si on encouragerait les gens a se lancer en affaire a créer de la richesse comme je dis il aurait plus d’emploi au Québec donc plus de payeur de taxe et moins de personne dépendant de l’aide social. En plus, ces entreprises paieraient de l’impôt aideraient la consommation et feraient que les autres entreprises ayant créer plus de consommateur auraient besoin d’embaucher car il aurait une plus grande demande de leur produit. Ainsi, le gouvernement aurait plus d’argent pour payer la dette, aider les moins chanceux d’entre nous, financer les programmes sociaux et baiser les impôts de notre société qui est la plus taxé en amerique.

    Pour ce qui est des immigrants, comme je t’ai dit je ne crois pas que la grande majorité nous voit comme une nuisance… Je vais prendre exemple sur ma blonde… une famille d’asiatique ou les cousins-cousines communiquent tous en français entre eux et sont, comme je disais, des parfaits petits québécois au sens du terme francophone. Evidement certains fils/filles d’immigrant sont plus anglophone, mais comme je disais la loi 101 a fait qu’ils ont été a l’école française comme moi et (probablement) toi, parle un francais quebecois sans accent et qui risque d’avoir un couple ou le partenaire sera franco et les enfants parleront français à la maison… Une de mes amis… une anglaise… son père parle anglais seulement, ses amis sont anglo, mais son copain un franco avec un anglais soso fera que si elle demeure avec lui, ses enfants seront aussi probablement de bon petit francophone… Tu vois, même certains anglo se font assimiler… je ne dis pas que c’est ce qui est préférable, je crois sincèrement que la communauté anglophone a son rôle a jouer dans la société québécoise mais c’est seulement pour te démontrer que l’assimilation se fait d’un bord comme de l’autre aujourd’hui.
    Je suis biasé, je l’avous, mais je crois sincerement que l’immigration est une des solutions aux problèmes du Québec et je ne pense pas que les gens voient cela comme une perte d’identité.

  8. @ Renart L’éveillé, je crois que tu confond François (tout court) avec moi Francois Richard, hihihihi nous sommes deux personnes distinc. je n’ai pas encore réagis au texte. Disons que le temps manque cette semaine.

  9. effectivement nous sommes 2 personnes différentes lol

  10. Le problème, c’est que le concept de création de richesse lui-même et idéologiquement orienté. Rien ne se crée; tout se transforme. Ouvre un commerce sur une rue et celui de la rue d’à côté va perdre des clients. C’est donc un mythe de croire que l’entrepreunariat peut faire quoi que ce soit de positif à l’échelle mondiale. C’est toujours une lutte de tous contre tous, avec la pression à la baisse sur les conditions de travail et de vie.

  11. je cree des produits X , j’ai donc besoin de ressource miniere que j’achete à une compagnie qui va l’extraire (emploi de mineur). Avec ce minerai je fais mon produit (emploi de travailleur). Ces nouveaux salariés consomment, ils vont au restaurant (engage 1 salarié de plus au magasin Y et ouverture du magasin Z) Tous ces emplois amenent des taxes de plus, moins de Bs etc etc… je repeterais pas ce que j’ai écris plus haut. La fin de ses produits demandent une usine de recyclage. Enfin, un concurent du produit X sort le produit X2 qui est similaire… baisse des profits de la compagnies, p-t un peu moins d’emploi necessaire mais compenser par l’autre entreprise en mieux et surtout baisse du prix du produit ce qui favorise le consommateur, donc nous… De plus, les emplois qualifié, les 2 compagnies vont se battre pour avoir les meilleurs donc pourrait meme avoir penurie et donc augmentation des salaires !

    Je dis pas ca prends aucune mesure social et aucune intervention du gouvernement dans l’économie, mais les chiffres sont là et aller voir ailleur c’est loin d’etre l’enfer… le Quebec intervient trop dans l’economie et c’est ca qui nous appauvri collectivement et donne qu’on a des infratructure en ruine, un gouverment toujours a dernieres cennes, une dette qui augmentent et des taxes qui nous etouffe

  12. voila comment je vois qu’il se cree de la richesse et non pas comment elle se transforme d’un partie a l’autre…

  13. Ton produit « x », si les gens l’achètent, ils auront moins d’argent pour un produit « y ». C’est le cas classique du Wal-Mart qui s’implante dans un village et fait presque fermer la rue principale. Le pouvoir de dépenser des gens étant limité, rien ne se crée, rien ne se perd.

    Si tu « crées » un emploi ici, il y a fort à parier qu’il s’en perdra un autre ailleurs.

    Le culte de l’entreprenariat créateur de richesse est un mythe dont il faudrait rapidement se débarasser si nous espérons prospérer collectivement.

  14. La seule façon, à la base même, d’accroître la richesse, est d’exploiter plus de ressources naturelles. C’est de là et seulement là que l’on crée la richesse.

    Pourquoi? Car il y aura beau y avoir 200 chaînes de vêtements, s’il n’y a qu’un champ de coton, le marché ne prospèrera pas (c’est pareil s’il n’y avait que 20 champs de coton et un seul tailleur, mais il est facile de recruter des tailleurs, mais beaucoup plus de faire pousser plus de coton sur un champ de même envergure – même si c’est possible). C’est de là que viennent les positions FMIstes et néo-libérales qui prônent de traiter les pays du Tiers-Monde comme des pays-ressources. Ayant épuisé ses ressources dans certains domaines, pour enrichir sa collectivité, les pays plus riches doivent aller chercher leur ressource plus loin, là où elle est économique. C’est ainsi que l’on va puiser du pétrole au Moyen-Orient, faire pousser plusieurs fruits en Afrique ou en Amérique du Sud (créant des guerres civiles en Amérique du Sud pour mettre au pouvoir des hommes qui aideront les compagnies fruitières américaines à prospérer – et ce de 1960 à 1990), notre café dans tout pays qui possède des agriculteurs sous-payés, la bauxite qui est ensuite transformée ici et exportée aux États-Unis pour la retransformer, le diamant qui est exploité en Afrique, le sel en Inde, le riz un peu à travers le monde, le coton en Amérique du Sud, la canne à sucre en République Dominicaine (avec des travailleurs qui n’ont aucun pouvoir d’achat et qui sont importés d’Haïti, les conditions de travail étant insoutenables pour des travailleurs dominicains), des centres de recyclage en Chine (la Chine importe 15 millions de tonnes par année pour en récupérer le zinc, le plomb, le nickel; leur recyclage est considéré comme une exploitation de ressources par les experts), les élevages de boeuf canadien au Brésil, des arbres de la forêt amazonienne (bien avant la coupe au Québec).

    Cette richesse, à la base, elle vient des ressources naturelles et de leur exploitation, et non du modèle économique néo-libéral ou de la nationalisation. Elle vient de la Terre, car c’est elle notre richesse.

    Une description du mouvement de nationalisation créerait aussi un cercle virtueux.
    1. La société d’état Y est fondée et vend le produit Y1.
    2. La société d’état Y1 génère des emplois bien rémunérés
    3. Comme le but de la société d’état n’est pas de faire des profits, elle doit servir les intérêts de ses consommateurs et bénéficiaires: les citoyens
    4. La société d’état investit dans la recherche et le développement qui permet d’optimiser l’exploitation ou la transformation du produit Y1
    5. La société d’état peut choisir de ne pas faire de profits si elle juge que cela est profitable aux citoyens en général

    La société d’état retire l’intérêt de la compétition pour le substituer au seul but de servir la population, et non de se servir elle-même. Elle ne se considère pas comme une personne morale. Les économistes lui reconnaissent aussi la possibilité d’avoir virtuellement des investissements infinis, ce qui peut contribuer à la recherche et au développement dans son domaine.

    Je ne suis pas en faveur de fondation de sociétés d’états… enfin pas dans tous les cas. Mais si on considère les avantages de chacune des entreprises, il faut aussi reconnaître celles des sociétés d’état pour comprendre les raisons pour lesquelles elles existent.

    Ma conclusion est simple: l’entreprise et le libre-marché a ses avantages (et lacunes), les sociétés d’état aussi. La base du fondement de l’économie est la suivante: l’être humain a des besoins infinis, mais des ressources (financières, naturelles) finies. Il n’existe que deux façons de créer de la richesse à la base: améliorer le rendement de sa ressource ou exploiter plus. Le problème va dans la limite de l’économie de ressources et la limite de regénération de la planète.

    Si on me dit que la ressource elle-même est régie par les lois du marché, je suis d’accord. Mais elle est finie. Une exploitation plus élevée dans un champ de coton entraîne l’apauvrissement du sol. L’utilisation de pesticides dans les champs de maïs entre Montréal et Québec entraîne la pollution des eaux, l’affaiblissement des sols, la perte de la biodiversité. Tout cela a aussi un coût qui doit être payé plus tard, ce qui fait que d’exploiter trop fortement finit par coûter plus cher que cela ne rapporte.

    D’ailleurs, à la base, la monnaie était faite de métal, car il fallait une denrée rare pour que les gens fassent la monnaie. On évaluait donc la richesse d’une personne à la quantité de métal précieux dans sa bourse, une des preuves les plus fondamentales que la richesse ne se crée pas; c’est la richesse naturelle que l’on exploite.

  15. Manx: j’ADORE te lire. Merci pour ce texte génial!

  16. @Louis,

    Tout d’abord, sur le sujet principal de ce « post ». Je crois que oui, le PQ tire à sa fin, dans sa forme actuelle. S’il se radicalise, il deviendra un tiers parti comme le Parti Vert ou QS. L’idée du sabordage est intéressante mais ce sabordage ne devrait pas être conditionnel à une élection référendaire; elle devrait se faire tout de suite. Ça donnerait peut-être la chance à un autre regroupement de tendance socialiste de prendre sa place sans avoir à lier un programme de progrès social à une conditionnelle indépendance.

    Maintenant, permets-moi d’être en complet désaccord avec ton affirmation « Le culte de l’entrepreuriat créateur de richesse est un mythe dont il faudrait rapidement se débarasser si nous espérons prospérer collectivement ».

    Tout d’abord, une définition de ce qu’est un entrepreneur est requise; j’utiliserai celle de Joseph Schumpeter, cet économiste autrichien considéré comme le père de la théorie de l’entrepreunariat:

    L’entrepreneur innove en concoctant de nouvelles façons de faire. Celles-ci peuvent prendre différentes formes: 1) nouveaux produits ou produits améliorés, 2) nouveaux procédés de production, 3) nouveaux marchés, 4) nouveaux matériaux ou nouvelles sources d’approvisionnement, 5) nouvelles entreprises. On voit donc que ce n’est pas seulement un « méchant capitaliste » mais il participe vraiment au processus de création de la richesse.

    Je crois donc que l’entrepreneuriat est le fondement même de toutes les civilisations depuis des siècles, la différence étant surtout dans la façon dont ce phénomène est géré quelque soit le niveau (collectivité, nation, province, ville, etc.).

    Il y a eu bien sûr des façons sauvages de le faire (monopoles, oligopoles, étatisation complète, etc.), des façons préventives (barrières tarifaires et protectionnisme à outrance – problème actuel de la CEE), des façons progressives (interventionnisme de l’État en autant qu’il en ait les moyens, partenariats, etc.), mais fondamentalement, pas d’entrepreneuriat, pas d’avancement; point à la ligne. Même les pays à tendance socialiste d’Amérique du Sud le comprennent et adaptent leurs interventions en ce sens. Les moyens sont parfois drastiques mais c’est une adaptation qui se fait tout de même. Même l’URSS communiste basait son avancement sur l’industrialisation; le Parti était cependant le seul entrepreneur 🙂

    Ton équation « un emploi créé ici = un emploi perdu ailleurs » est trop simpliste car elle fait abstraction d’une foule de facteurs qui sont à considérer dans la dynamique de l’économie. Le monde évolue, se transforme, s’adapte, et ainsi l’emploi perdu à un moment x va se recréer à un moment x + y.

    Ouvrir le commerce A qui fait la même « business » que B n’est pas de l’entrepreunariat; ce n’est qu’une tentative d’acquérir un marché. C’est là que la loi de l’offre et de la demande ainsi que la capacité de payer entre en jeu. Le phénomène Wal-Mart le démontre assez bien; le phénomène des méga-quincailleries est similaire.

    J’aimerais que tu précises ce que tu entends par « l’entrepreneuriat est idéologiquement orienté »; je ne saisis pas le propos. À mon humble avis, ce qui est idéologiquement orientée, ce n’est pas la création de la richesse; c’est la façon dont elle est redistribuée et la différence n’est pas banale car c’est dans cette redistribution que les approches dites de droite diffèrent de celles dites de gauche, d’où une idéologie.

    C’est intéressant de développer ces concepts; ça nous change des platitudes à la télé mais ça m’a fait rater le but des Wings qui pousse le match en prolongation 🙂 🙂 🙂

  17. Il n’y a qu’un moyen de créer la richesse et non 2… Il faut attirer de l’argent neuf, si non, on appelle ça tourner en rond. Je rejoins Francois dans sa façon de voir les choses

  18. L’argent « neuf », qu’est-ce que ça veut dire? Car justement, je viens d’affirmer que le seul « argent neuf » vient, à la base, d’une plus grande exploitation des ressources ou d’une économie dans le rendement de la ressource principale. À la base elle-même, on ne peut pas transformer plus que ce que l’on produit.

  19. @Nialadrol: Je n’ai pas dit que « “l’entrepreneuriat est idéologiquement orienté” » mais plutôt que « le concept de création de richesse lui-même et idéologiquement orienté ».

    Je suis d’accord avec toi que ma formule « un emploi crée – un emploi perdu » est très simple, mais c’est ce que je voulais. Il y a évidemment une multitude d’autres facteurs, mais globalement il serait temps d’arrêter de vouer un culte à ceux qui « créent » quelques emplois dans une ville, quand ces emplois créés le sont souvent au détriment d’autres, par un transfert de l’argent des consommateurs d’une entreprise vers l’autre.

    J’irais même plus loin que Manx: même le minerai extrait de la mine n’est pas une richesse en lui-même; c’est la rareté de celui-ci et, surtout, la valeur qu’on lui donne qui fait sa richesse. Mais cette valeur n’existe pas en elle-même; et paradoxalement plus on en extraie moins il y a de valeur par unité.

    Concrètement, l’action même de « créer de la richesse » est un mythe exploité par des idéologues pou vanter le culte de l’entreprenariat. Mais dans les faits, il y a surtout transfert d’emplois et de richesses et on création de celle-ci.

  20. Encore à discuter de marché vs État, comme le fait tout le temps la gauche et la droite! Ceux qui sont tannés de la question nationale du Québec préfèrent cet encore plus vieux débat de toujours? La chute du communisme et les succès internationaux de nos entreprises québécoises ne devraient-elles pas avoir clos ce genre de débat stérile? Le Québec est un pays qui doit vivre dans un monde capitaliste.

    La PME est le meilleur créateur de richesse, une des plus belles créations socio-économiques. La taille reste humaine, les conditions de travail aussi, les profits demeurent locaux, les responsabilités de ses dirigeants faciles à cerner. La mega-corporation transnationale est une des pires abbérations de l’humanitié, si elle crée de la richesse, c’est au détriment de l’environnement, des conditions de travail, des économies locales et les profits se font en dehors des assiettes fiscales nationales. Voir « The Corporation ».

    Au Québec, ce n’est parce que l’État est intervenu que les finances publiques vont mal. Et j’ajouterais même au contraire. On ne peut tout laisser au Marché, qui ne fait pas de quartiers. Le Gouvernement québécois, à mon avis, devrait nationaliser l’eau, légiférer sur le bois et aider l’entreprise privée à développer le secteur de transformation du bois. L’État peut -et au Québec, il le doit- avoir un effet structurant. Mais ce n’est pas à lui de créer de la richesse.

    Ce qui est dogmatique, c’est de faire comme Charest: baisser les impôts et répéter comme une enfant d’école en économie que cela va automatiquement créer de la richesse au Québec. Sept piasses de plus par semaine, en moyenne, ça changera pas le monde alors qu’on aurait pu mieux se servir collectivement des milliards que ça représente.

    Moi aussi j’ai mes doutes sur les théories économiques qui viennent plus souvent qu’autrement des lieux de pouvoir… et des États-Unis, comme par hasard. Je sais que la rhétorique économiste veut que la création de richesse puisse être infinie, ne dépendant en bout de ligne que de l’imagination humaine. Mais j’ai de gros doutes quand je vois qu’on dilapide en quelques décennies ce qui a pris des millions d’années à la Nature à produire, j’ai nommé le pétrole.

    Je crois simplement que le Québec pourrait mieux contrôler son destin, via son économie et ses choix de société, s’il devient indépendant et se donne quelques grandes lignes de développement que s’il laisse tout faire le libre-marché mondial. Le Québec pourrait devenir un pays neutre qui profite du capitalisme, comme la Suisse, un pays propre, ouvert et tolérant, comme des pays scandinaves, tout en faisant affaire avec le Canada et les USA, faisant le pont entre les économies américaines et européennes.

  21. Martin B-L., quand j’ai lu cette phrase de ta part, « Le Québec est un pays qui doit vivre dans un monde capitaliste. », je peux t’avouer que j’ai eu peur. C’est que j’ai tendance à voir le capitalisme obligatoirement comme étant sauvage, sans pitié. Mais ce que tu expliques admirablement après est en fait, pour trouver une formule, un capitalisme éthique. C’est là où on doit se diriger effectivement. Reste à convaincre les extrémistes que de combattre les grandes corporations, et leur monopole statique, égocentrique et boulimique, ou, à l’opposé, les nostalgiques d’une imposition totalitaire de l’état dans la vie des gens, est sain et surtout, équilibré.

  22. Et si on parlait d’indépendance avant et refaire ce débat gauche-droite et communisme vs capitalisme après l’indépendance ?

  23. Si ça pouvait être si simple… Justement, les anti-souverainistes hurlent sur tous les toits à tort que l’appui à la souveraineté est dépassé et comateux pour les mêmes raisons. Doutent-ils vraiment de notre détermination?

    Non : la conjoncture est simplement parfaite pour démoraliser l’ennemi…

  24. Il y a au moins un blog anti-souverainistes qui s’est tu et devinez lequel : OUI OUI celui de pierremorin alias MisterP.

  25. J’aimerais laisser un commentaire en 2 partie.

    1 – Je ne crois pas que mettre André dehors tout de suite soit une solution. Le parti doit changer tout de suite, sans quoi il lui reste 2 élections avant de devenir comme l’union nationnal. Je crois que le parti doit sacrifier une autre élection pour ce restructurer. André Boisclerc doit être le chef à sacrifier, mais pas tout de suite. Nous devrions lui permettre de restructurer le PQ et ensuite lui montrer la porte. Si nous le mettons dehors dans les prochaines semaines, nous recommencerons la même chose qu’actuellement. Nous perdrons 6 mois pour une course à la chefferie, une transition et un congrès. Ensuite ce nouveau chef ne feras pas plaisir à tout le monde et les membres recommencerons à montrer leur linge sale au public et le PQ perdras à moin d’en retrouver un avec un charisme à la Lévesque, ce qui serait étonnant.

    2 – Réponse à : « Avec la visibilité que tu as, ton excellent article va faire fureur, mais attends-toi aà ceux qui ont peur de perdre Les Rocheuses ou leur pension de vieillesse  » de AntiPollution

    C’est la phrase que je déteste le plus entendre en opposition à la souveraineté. Cette phrase ne démontre que l’ignorance du projet de la souveraineté par son interlocuteur, c’est probablement par manque d’information. La souveraineté du Québec est en réalité une souveraineté-association c.a.d. une séparation du Québec pour avoir le contrôle sur tout nos pouvoir et avoir notre propre représentation à l’internationnal (avec les but qui sont différents pour chacun comme mentionné dans ton article). Nous serons un pays, mais nous serons associé au Canada, nous partagerons donc plusieurs chose dont nous devrons convenir en tant et lieu avec le Canada, mais citons les plus populaires : l’armé et les groupes de recherches (chaires+ CNRC + autres).

    Je rédige présentement un billet complet sur le sujet. Je devrait le publier d’ici 1 semaine

  26. […] La fin du PQ? – 263 lectures […]

  27. […] le PQ pourrait gouverner sans cheminer vers l’indépendance? Comme je l’écrivais dans La fin du PQ?, le parti serait rapidement disloqué par l’aile-droite, l’aile-gauche et les purs et […]

  28. […] l’ai déjà écrit: ce parti n’est pas fait pour gouverner. La seule chose qui tient ensemble toutes ses […]

  29. […] 2 mai dernier, j’écrivais un texte intitulé La fin du PQ? où j’exposais mon idée selon laquelle la seule chose qui unisse ce parti est la quête vers […]

  30. […] effet, et comme je l’écrivais à propos du PQ il y a quelque temps déjà, le Bloc Québécois (tout comme son grand frère de Québec) est une […]

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