À l’abattoir!

100Le scénario est connu: une direction d’usine menace de fermer ses portes pour forcer ses travailleurs à réduire leur salaire et leurs avantages sociaux. Comme on l’a vu il y a quelques mois avec Olymel, c’est maintenant au tour de Exceldor qui, non satisfaite d’être le leader dans la coupe de volaille au pays, désire maintenant y aller du couteau sur ses employés.

Évidemment, la direction accepte de « négocier ». Entendez: on va faire semblant de négocier en public pour la caméra, on va peut-être engager Lucien Bouchard pour venir pleurer sur le sort des pauvres patrons d’entreprises, mais en privé c’est toujours le fusil sur la tempe. En privé, on va continuer de tenir un discours comme celui-ci: « Acceptez nos conditions ou sinon on ferme nos portes. »

C’est ce qui s’appelle avoir le gros bout du bâton.

Alors qu’il y a quelques années le mouvement syndical aurait eu le soutien massif de la population, désormais la paupérisation croissante d’une large partie de celle-ci incite à la jalousie et à l’égoïsme. Tous ces gens payés 8-10$ de l’heure, avec des conditions de travail minables, ne se demandent pas pourquoi ils sont incapables de vivre décemment en travaillant à temps plein. Non, non. C’est beaucoup plus facile de s’en prendre aux méchants syndicats qui offrent des salaires de riche à ses travailleurs!

Dans les faits, un salaire de 17-18$, c’est un salaire de classe moyenne. À Montréal, c’est à peine de quoi payer le loyer, entretenir une voiture, et faire quelques sorties. N’est-ce pas ironique de voir des gens qui votent pour un parti comme l’ADQ, supposément défenseur de la classe moyenne, ensuite réclamer la réduction des salaires de ces mêmes travailleurs?

On connaît la rengaine: mondialisation, concurrence, productivité, flexibilité. C’est un système économique qui, partout où il a été appliqué, a entraîné un appauvrissement d’une large partie de la population et une explosion des inégalités sociales.

Ne serait-il pas temps de faire passer l’humain devant la « logique » économique? Ne serait-il pas temps pour ces politiciens se faisant élire au nom de la classe moyenne de prendre leurs responsabilités et de protéger les emplois de cette classe moyenne ainsi envoyée à l’abattoir?

7 Réponses

  1. « …des gens qui votent pour un parti comme l’ADQ, supposément défenseur de la classe moyenne, ensuite réclamer la réduction des salaires de ces mêmes travailleurs? »

    Encore n’importe quoi! Tu as pris ça où toi que les Adéquistes veulent que ça ferme? Arrête de te chercher une façon de planter l’ADQ à chacun de tes articles car tu détruis un peu plus à chaque jour le peu de crédibilité qu’il te reste.

    Comme Renart avec un t, je te demande ceci: « Mais où as-tu pris tes chiffres Loulou! »

    Je pourrais être très méchant avec Exeldor et souhaiter leur fermeture car en 2000, de connivence avec la Coop Fédérée du Québec, ils ont empêché une des usines du groupe pour laquelle je travaillais d’obtenir un quota suffisant de volailles vivantes pour que l’on puisse poursuivre nos opérations de façon viable.

    Car encore dans ce domaine, c’est un groupe communiste qui décide qui a droit d’acheter de la volaille vivante et qui n’a pas le droit. Donc, un peu de copinage, un peu de pot-de-vin et hop!

    Toi, mon Kamarade, je t’envoie 125 000 poulets par jour, soit 30 000 de plus que l’an passé et on enlèvera ces mêmes 30 000 volailles-là à celui qui ne m’a donné que 10 000$ on the side au lieu des 50 000$ de mon ti-nami pour que j’envoie mon plus vieux à l’Université!

    Vous pensez que j’exagère? Je connais le domaine de l’abattage comme le fond de ma poche. De plus, e gouvernement en place en plus fut complice de cette fermeture, un gouvernement…. ouiiiiiiiii! C’est ça! Péquiste!

    Résultat: 80 de mes collègues et employés syndiqués ont perdu leurs emplois à cause d’Exeldor.

    Ça fait que si l’usine ferme, je ne rirai pas, mais un léger rictus fera son apparition sur mon visage.

    Est-ce qu’une fois de plus, le dicton « quand on crache en l’air… » s’avérera vrai?

    —–

    Aussi Louis, ta rhétorique 100% gauchiste suggère quoi comme solution pour qu’Exeldor demeure ouverte? Je vois rarement de solutions concrètes dans tes écrits.

    Des spins gauchistes cependant…

  2. Moi je ne vois aucun inconvénient à ce qu’un employé d’Exceldor gagne 30$/heure mais comme la pluspart des consomateurs, si le prix du poulet augmente je vais acheter du porc ou du poulet chinois. Conséquence, Exceldor fermera et le salaire des employés sera de 0$/heure. C’est quoi la solution? On nationnalise Exceldor?

  3. Même la CSD…

    On as-tu chialé contre la maudite CSN qui ne voulait pas faire entendre raison aux ploucs d’Olymel qui s’entêtaient à voter contre le charcutage de leurs conditions de travail… Ah, ça ne pouvait qu’être la faute de la méchante CSN. On sait bien, un autre syndicat plus pragmatique aurait accepté de bon coeur les généreuses propositions patronales… Il va peut-être falloir que certains idéologues révisent leurs petit cathéchisme néolibéral. En effet, même la CSD se refuse au même genre de coupe sombre dans les salaires de ses membres. Finalement, c’est peut-être tout simplement la classe ouvrière qui n’a rien compris?

    [Ok, on a compris que s’était de l’ironie…]

  4. @Nicolas: Dois-je comprendre que pour une première fois tu es d’accord avec un de mes textes? Je vais mettre un « x » sur mon calendrier de ce pas!
    😉

  5. tu vois Louis, il faut toujours espérer…

  6. L’ADQ est un parti qui tend vers la droite. Il ne fauit pas se surprendre de cela. Ce parti est plus à droite que le Libéraux, plus à droite que Lucien Bouchard.

    Accent Grave

  7. euh… comprend pas le rapport du commentaire 6…

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