Garonisme

Jean Garon, c’est un peu le bonhomme sept heures de la politique québécoise. Occasionnellement, on le ressort du placard pour faire peur aux gens ou les intimider. Dernier débat « garoniste » en liste: la gué-guerre Montréal-Québec.

Au lieu d’analyser la montée de la droite sur le fond des choses et de la situer dans un contexte plus international, celui-ci ramène le tout à un conflit entre Montréal et les régions. « Les gens sont fatigués d’entendre dire que Montréal est le moteur du Québec. »

Pourtant, que les gens soient fatigués ou pas de l’entendre, il reste que Montréal est effectivement le moteur économique du Québec. La grande région métropolitaine compte trois millions d’habitants; presque la moitié de la population du Québec y vit. C’est également à Montréal que sont situés la plupart des sièges sociaux d’entreprises québécoises majeures, et c’est aussi à partir de la région métropolitaine que se prennent les décisions majeures pour le Québec.

On peut affirmer qu’un des facteurs expliquant la montée de l’ADQ est le ressentiment contre Montréal, mais Jean Garon aurait dû aller un peu plus loin et expliquer en quoi l’expression électorale de ce ressentiment est injustifiée. En d’autres mots: peu importe quel parti forme le gouvernement à Québec, on va continuer de parler de ce qui se passe à Montréal, parce que c’est ici que sont les réseaux de télévision et automatiquement tout ce qui concerne Montréal touche près d’un Québécois sur deux.

Bref, c’est une erreur de croire qu’on peut s’opposer à Montréal. On doit travailler avec Montréal, et non contre celle-ci. Car si Montréal devait être marginalisée dans un éventuel gouvernement noyauté par les régions, ce serait l’ensemble du Québec qui serait perdant.

Y compris les régions.

Et les médias continueraient de parler de Montréal de toute façon. Car le poids démographique demeurerait ce qu’il est.

39 Réponses

  1. Bon billet ce matin Louis. En effet, Montréal est le coeur économique du Québec, il faudrait être un sordide con de ne pas l’admettre. Qu’on le veuille ou non, une bonne partie de la « crème » des citoyens des régions émigrent vers la grande ville.
    Ce qui me choque est le laisser-aller des Montréalais envers ses minorités qui ne cessent de croître et qui bafouent notre langue et notre culture. Nous allons perdre le titre de 2ième ville francophone au monde. La ville est sale aussi. La ville est dangeureuse aussi, les gangs de rue font la pluie et le beau temps.
    Que peut-on faire pour vous aider?

  2. Beurf… Gangs de rue mon oeil! Il faut aussi voir où ces gangs de rue opèrent et si elles ont vraiment un quelconque intérêt à se mettre en travers de la loi ou de voler des civils…

    Non, je comprends le ressentiment des gens contre Montréal. C’est normal qu’ils se sentent, jusqu’à un certain point, délaissés, car ils paient pour le prolongement du métro de Montréal, son transport en commun et plusieurs infrastructures qui, en somme, ne leur profitent qu’indirectement (mais il faut qu’ils sachent que cela leur profite). Entendre le trafic sur le pont Jacques-Cartier quand on fait le voyagement de ses enfants pour l’école à Percé, c’est nul aussi. Sinon, il n’y a qu’à voir les téléséries récentes. Toutes américaines ou se passant à… Montréal.

    Montréal n’est pas devenu seulement le centre économique. Elle s’acapare aussi le rôle de centre culturel, en partie malgré elle. Les gens n’ont pas tord de se plaindre de la « clique du plateau ». C’est là que s’est créé le berceau de la culture en 1980, suite aux pièces de Michel Tremblay.

    Ce qu’il faut, c’est détruire cette séparation. Montréal est cosmopolite, mais elle a toujours une identité québécoise. Mais elle est aussi ouverte sur le monde. Un immigrant qui vient s’installer voudra venir à Montréal, car il y a souvent une forte communauté qui lui ressemble. C’est l’approche multiculturaliste canadienne…

    Que Montréal soit le centre économique du Québec, je crois que les gens sont capables de l’admettre. Il n’y a qu’à voir le fait que l’Ontario soit devenue la province la plus industrialisée seulement APRÈS que Toronto ne soit devenue la métropole du Canada et que le lent déclin du Québec dans l’influence canadienne est apparue lorsque Montréal a perdu le titre de métropole. PAR CONTRE, il n’est pas admissible pour ces régions, et je suis d’accord avec eux, que Montréal soit le centre culturel du Québec.

    Et oui, je crois que Caron n’a pas entièrement tord en soulevant cela. L’ADQ a montré peu de politiques de droite durant la campagne et avant. Il y a en effet une montée de la droite dans le Québec, mais elle n’est pas aussi significative que les économistes le souhaiteraient et elle se fait dans des régions bien particulières. Par contre, on voit qu’une bonne partie du vote adéquiste a été fait contre Montréal, en bonne partie contre un chef péquiste qui représente une idéologie montréalaise (homosexualité, cocaïne, reconnaissance selon laquelle Montréal a une économie qui influence tout le Québec). Ils n’ont pas voté non plus pour le type qui a empiré la situation du Québec selon eux et n’a même pas baissé les impôts (avec les hausses de tarif dans le reste des services publics).

    D’un autre côté, Mario Dumont a aussi soulevé un point très important aux régions (et je dois avouer que je suis content qu’un politicien y ait mis l’accent): la famille. Je ne suis pas d’accord avec Dumont sur grand chose et je n’aime pas ce politicien… Je le trouve séparateur plus que rassembleur, mais il a su soulever souvent des priorités ou des problèmes importants.

  3. Moyenne épître Manx! Un autre illuminé qui voit un complot régions vs YUL. Y’a de la coke et des homos hors Montréal! Sors un peu… « une bonne partie du vote adéquiste a été fait contre Montréal » Faut-tu être insolent d’énoncer de tels propos.

  4. Excellent billet et excellent commentaire numéro 2.

    Le reste par contre…

  5. Sans problème que je l’avance. J’habite Montréal depuis ma naissance et ma famille habite le joli territoire d’Ascot Corner, près de Sherbrooke. Ce serait stupide de dire que l’ADQ n’a gagné du terrain qu’à cause de cela, mais ce serait stupide de dire que Montréal ne devient pas de plus en plus le centre culturel des médias que l’on entend, et que plusieurs personnes en sont très concernées, car justement, cela ne les concerne pas.

  6. Concernant le problème des médias montréalistes, comme le soulève Manx dans cette phrase :

    « Entendre le trafic sur le pont Jacques-Cartier quand on fait le voyagement de ses enfants pour l’école à Percé, c’est nul aussi. »

    Je pense que les gens qui ont un discours antimontréalisant pour cette raison regardent le problème du mauvais côté. La question qu’ils devraient se poser est celle-ci : qui a pris la décision de couper le clapet aux intervenants des médias en région?

    En tout cas, sûrement pas la population du Plateau-Mont-Royal…

  7. À mes yeux la situation est paradoxale.

    C’est le virage commercial de Radio-Canada, dicté par des impératifs économiques reliés aux coupes de budget réalisés par des gouvernements de droite, qui fait que désormais Radio-Canada privilégie les cotes d’écoute à la qualité de l’information.

    Évidemment, c’est encore pire ailleurs.

    Donc, d’un côté les gens des régions sont sous-représentés à cause de l’invasion du libre-marché dans les médias, et de l’autre ils réagissent en votant pour un parti proposant davantage de libre-marché et de coupures.

    Il y a des coups de pied qui se perdent…

  8. Y’en a pas de problème! Ben voyons, c’est des idées qui se font la gang de bouseux. Méchante belle gang d’ingrats. Dommage qu’ils n’aient pas encore compris que Montréal c’est tellement too much

  9. Effectivement mon Louis!

    Mais Nicolas, je n’arrive pas à comprendre ton intervention, il me manque quelques éléments, entre autre : qui est la belle gang d’ingrats?

  10. Les bouseux, voyons. Moi par exemple.

  11. OK, les gogauchistes…

  12. Y’a rien de nouveau là. Les régions se plaignent de Montréal de ce que le PQ ce plaint du reste Canada.

  13. @Renart
    « qui a pris la décision de couper le clapet aux intervenants des médias en région? » sûrement pas les régions…
    @Louis
    Il ne faut pas penser que les échanges et discussions que nous avons en région porte toujours sur Montréal.En réalité,c’est un fait divers. À Québec, nous avons une panoplie de médias locaux. Même Corus s’est plié à la demande de la capitale en gardant et produisant l’émission matinale de Stéphane Gasse. Idem le midi.
    Qu’il aient votés ADQ me surprend. Un gang de girouettes qui se laissent influencer par le premier venu. C’est pareil aux USA quand ils ont voté pour Bush, 52% de caves comme ici.

  14. @ Renart

     » qui a pris la décision de couper le clapet aux intervenants des médias en région?

    En tout cas, sûrement pas la population du Plateau-Mont-Royal… »

    Non, pas la population du Plateau, mais les hauts-dirigenants des groupes médias partageant la philosophie du Plateau et la connivence de l’organisme théoriquement neutre qu’est le CRTC…

    @ louis

    « Donc, d’un côté les gens des régions sont sous-représentés à cause de l’invasion du libre-marché dans les médias, et de l’autre ils réagissent en votant pour un parti proposant davantage de libre-marché et de coupures.

    Il y a des coups de pied qui se perdent… »

    Encore n’importe quoi…

    @ Manx

    C’est encore toi qui reçoit la première étoile du jour! Commentaire posé, non biaisé.

    Bravo!

    @ tous

    Moi, ce que j’ai contre Montréal, c’est leur je-m’en-foutisme de ce qui se passe à l’Est de St-Laurent si tu es anglo ou à l’Ouest de St-Laurent si tu es franco, leur fanatisme politique (rouge dans l’ouest, bleu dans l’est), leur idéologie (ou utopisme) gauchiste inapplicable dans la vraie vie, leur racisme latent.

    Mais surtout le nombrilisme légendaire de la ville qui au lieu de viser d’être la ville la plus riche per capita en Amérique, ne se contente que d’être la plus grande ville francophone d’Amérique.

    Comme si c’était difficile à atteindre…

    Mais lorsque ses habitants ne respectent qu’une seule loi, soit celle du moindre effort, et bien il ne faut pas se surprendre qu’au lieu de se battre avec les plus grandes villes du monde, elle mieux se battre contre « les » régions et leurs habitants.

    On dit souvent qu’on doit choisir ses batailles. Et bien Montréal: mauvais choix!

  15. @Le Poursuivi

    Je n’ai juste pas répondu à la question que je posais parce que c’est trop évident que ce n’est pas la population (des régions ni du Plateau) qui coupe dans l’information liée à la vie quotidienne des gens des régions. Je vais « encore » mettre ça (comme Louis) sur la faute des néolibéraux… pour le plus grand plaisir de ceux qui pensent le contraire (que c’est la faute aux communistes déguisés en péquisssses) et qui vont pouvoir dire encore qu’on chante toujours la même chanson.

    Tiens, une autre question à gogo : franchement, qui est-ce qui pense sérieusement que nous sommes plus proches de tout pays communiste que des États-Unis?

  16. @bum
    toi tu en dis des insanités! C’est exactement ce que je disais, 52% de caves à Québec.
    Excusez-nous Montréalais des propos non fondés de cet hurluberlu.
    P.S. J’attend toujours tes coordonnées…

  17. @Le Bum

    C’est quoi ça « la philosophie du Plateau »? Désolé de te dire ça, mais ça ressemble pas mal à un spin cette intervention, ce que tu décries tant chez les autres!

    Le Plateau est un quartier parmi tant d’autres, ne représentant même pas la majorité de Montréal (c’est une blague, je sais que tu le sais déjà…). C’est juste que ça tombe que c’est un quartier à la mode, aisé, avec une forte concentration d’artissses, d’intervenants du milieu culturel, mais pas encore d’Église Plateautique… Ce quartier a de l’influence, mais sûrement pas à ce point-là : est-ce que le conspirationnisme ferait des ravages aussi de ton côté?

    Hé hé!

  18. En fait, demandez à quelqu’un qui habite le Bas-Saint-Laurent et il vous répondra qu’il s’en fout comme l’an ’40 des responsables, mais que les choses doivent changer.

    Je ne pense pas que la solution soit de jouer à Clue pour trouver le coupable de cette coupure (pour ma part, j’accuse Quebecor 😀 sur le Plateau avec l’uniformisation, mais est-ce si important de savoir qui l’a fait?). L’important, c’est que ça change et de montrer que l’on veut que ça change.

    Je ne pense pas que cette Montréalisation soit causée, du moins volontairement, par les montréalais. Je ne connais personne qui crierait « youhou! » en apprenant que St-Callixe ne reçoit plus de nouvelles locales, uniquement de Montréal. Mais par contre, je pense qu’eux, dans leur quotidien, ne s’en sentent pas touchés. La montréalisation, honnêtement, comme j’habite Montréal, je ne la vois pas vraiment… Par contre, quand je descends à Ascot Corner et que la télé satellite pogne les mêmes médias et que même SRC-Sherbrooke a des airs de plus en plus montréalais, là, je le vois…

    Mais je pense que la « montréalisation » dont on parle n’est pas une raison économique, et là-dessus, je pense que Louis a tord de sortir le fait que Montréal est le moteur du Québec. La « montréalisation » dont parlent les régions est, bien avant d’être économique, culturelle. Oui, Montréal est le moteur du Québec, car une métropole forte ouvre des marchés tout autour, à l’échelle de la province (économie urbaine, principes fondamentaux). Par contre, une culture forte ne doit pas être centrée sur une ville.

  19. Tu as bien raison Manx. Pour la question de la culture, s’il y avait des moyens de production en région, il en ressortirait sûrement quelque chose de bien pour tout le Québec. Mais bon, ça coûte moins cher de tout centraliser à Montréal, c’est vraiment dommage. Et en plus, ça n’aide sûrement pas les jeunes artistes à rester en région.

  20. @manx
    « Par contre, une culture forte ne doit pas être centrée sur une ville. »
    s.v.p. développe ta pensée un peu…je ne la saisis pas.

  21. @Renart
    La centraliation de diverses productions culturelles à Montréal est très bien je crois. Le noyau s’y trouve ainsi que les deniers. Je n’ai rien contre, et les étoiles des régions iront au firmament.
    Pour le petit peuple que nous sommes, nous avons créés des chefs- d’oeuvre reconnus par la planète. Unissons-nous au lieu de déblatérer du faux discours qu’est Québec-Montréal.
    Les Nordiques n’existent plus…

  22. Si on considère comme « culture » l’ensemble des médias, des histoires parlées, écrites et diffusées via la télévision, le journal, les livres, etc. On remarque que les gens qui n’habitent pas Montréal sont de plus en plus influencés par des nouvelles ou des séries qui viennent de plus en plus de Montréal.

    Ça s’applique surtout aux séries de télé (Bougons, la Job, CA, les Invincibles – si je me trompe pas), aux médias d’informations et à la radio (à l’exception de Québec et de quelques médias – mais il y a 5 ans, par exemple, quand on écoutait CIMO sur la route, média Énergie de l’Estrie, la radio avait sa propre particularité, ses propres animateurs, mais maintenant, je crois qu’il reste 1-2 émissions enregistrées à Sherbrooke, le reste vient de Montréal).

  23. @manx
    c’est vrai que les régions en général ont perdu un certain pouvoir d’émettre leurs propres opinions et nouvelles sur leur réseau local.
    Je regarde souvent les séries américaines et je réalise que nous nous ressemblons tous. Donc, l’influence je n’y crois pas.

  24. Le poursuivi, je continue de croire que le culturo-centrisme montréalais n’est pas sain, surtout quand on voit que les gens des régions s’en trouvent laissés pour compte.

    Et je pense la même chose de la culture états-unienne qui finit par devenir LA seule culture valable pour certaines personnes sur cette planète, et nous ne sommes pas en reste ici grâce à l’accession de Celine Die-On aux sphères de la reconnaissance mondiale (qu’est-ce qui reste de québécois dans ce qu’elle fait, mis à part sa propre provenance?) et au mimétisme qu’elle a opéré pour se joindre à cette culture, en tout cas dans sa partie la plus fromagée (j’aime beaucoup la musique américaine, en passant).

    En tout cas, quand tu parles de chef-d’oeuvre, j’espère que tu ne pensais pas à elle… j’ai vu un petit bout de son dernier vidéo-clip et ce n’était que du sous-Madonna (j’aime bien Madonna). Question originalité, ce n’est pas ce qu’il y a de plus fort…

  25. @Renart
    Je ne pensais pas à cette chère Céline et fais attention à tes propos car son chum Angelil va te poursuivre.
    Je suis fier des Laliberté, Lepage, celui qui a créé C.R.A.Z.Y, et les innombrables qui réussisent en France et j’en oublie pas mal… Céline, qu’on l’aime ou pas, c’est toujours plaisant à le mentionner qu’elle est Québécoise, surtout aux étrangers. C’est mon cas, par contre je pense comme toi à son sujet.

  26. Ha ha!

    Comme tu as pu le remarquer, je n’ai pas utilisé son vrai nom pour ne pas prendre ce risque.

    Alors, je peux bien l’écrire autant de fois que je le veux :

    Celine Die-On Celine Die-On Celine Die-On Celine Die-On Celine Die-On Celine Die-On Celine Die-On Celine Die-OnCeline Die-OnCeline Die-On Celine Die-On Celine Die-On Celine Die-On Celine Die-On

    Hé hé!

  27. bien pensé!

  28. Bah, tu me l’as servie sur un « plateau » d’argent. (J’ai trouvé ça pour qu’on prononce son nom à l’anglaise. Oui, je sais que c’est pas fin…)

    Et ça me fait revenir sur le sujet du Plateau. C’est comme n’importe quoi, ça peut taper sur les nerfs de beaucoup de monde, à force de s’en faire gaver, surtout pour les gens qui n’y trouvent pas d’affinités avec ce qu’ils aiment.

    À quand le retour d’une émission comme « Le temps d’une Paix » en version réactualisée? Je lance l’idée comme ça gratuitement aux producteurs, il y aurait de l’argent à faire avec ça, tout en calmant un peu les pourfendeurs de tout ce qui sort du Plateau.

    C’est à peine une blague, surtout pas de l’ironie mal placée. Cette guéguerre a assez duré à mon avis. Il y a de l’économie et de la culture partout au Québec, c’est simple. Il s’agit de la faire valoir un peu plus équitablement, non?

  29. Il n’y a pas montréalisation du Québec, il y a urbanisation du monde! Il n’y a pas montréalisation de la culture, il y a mondialisation de la culture! Il n’y a pas montréalisation des médias, mais concentration des médias!

    S’il est vrai que les émissions de télé représentent plus la vie en ville que celle en campagne, c’est parce qu’il y a toujours plus de gens -et de consommateurs- en ville. S’il est vrai que de plus en plus d’émissions viennent de Montréal, il est aussi vrai qu’il y en de plus en plus qui viennent des États-Unis et qui se déroulent dans des villes américaines.

    Reprocher aux francophones de Montréal de mettre en péril la culture francophone avec son laisser-aller, faut le faire! Si le vote nationaliste est aussi fort ici, à Montréal, c’est qu’on sent le poids de l’anglais menacer le français. Et si c’est à Montréal qu’on fait quelques accomodements raisonnables, c’est qu’il n’y a pas à en faire ailleurs! Les francophones de Montréal tiennent le fort en espérant que la province les appuie, mais non! Les gens de Québec, la Capitale de notre État francophone, sont non seulement plus nombreux qu’ailleurs à dire qu’il est important de parler anglais, mais ont été les premiers à nourrir ce sentiment anti-montréalais.

    À qui la faute? Je pense que tous le discours sur la pensée unique et la supposée clique de Plateau a été fortement nourri par l’affaire de CHOI-FM. Celle-ci a renforcé la vieille rivalité Québec-Montréal et ce bon vieux sentiment d’infériorité typiquement québécois qui fait qu’on aime bien chier sur les intellos et autres privilégiés. La plupart des critiques de Fillion et Arthur étaient des journalistes de Montréal de qui on disait qu’ils parlaient à travers leur chapeau puisqu’il n’écoutaient pas les émissions concernées. L’émission de Lepage a conforté ces préjugés en donnant souvent raison à ceux qui disaient qu’il faisait aussi pire. Dans la mesure où les médias sont concentrés à Montréal, c’est logique que la critique vienne surtout de Montréal! Mais la critique venait aussi d’ailleurs, c’est ça qu’on oublie trop rapidement avec cette dénonciation anti-montréalaise primaire.

    Les fusions municipales, Garon a raison d’en parler! C’est vrai qu’Harel n’aurait pas dû appliquer à la grandeur du Québec une mesure qui était d’abord conçue pour Montréal. C’est en partie la frustration engendrée par le gâchi des fusions péquistes et les solutions libérales broche-à-foin qui a entraîné la seconde vague adéquiste et a fait sortir le vote de la Beauce et de la région Québec.

    Ce que je trouve fascinant dans ce genre de faux débat c’est de constater comment on fait aux autres ce qu’on leur reproche. Montréal nous méprise? Alors on la méprise. C’est pas avec ces divisions entre francophones qu’on va faire un pays fort.

  30. tu parles d’un commentaire venant de martin!
    On comprend maintenant pourquoi il s’est fait claquer la porte au nez et aussi le sarcasme des médias envers lui!

  31. Bon, bon, bon. Le Poursuivi qui réplique sous une troisième identité.

    Mon enfant, puisque tu sembles avoir une fixation sur cette histoire:

    1) n’importe quel candidat de l’ADQ se serait fait claquer la porte au nez, puisque la porte claquait qu’à peu près trois secondes après avoir annoncé mes couleurs.

    2) n’importe quel candidat de l’ADQ aurait subi les sarcasmes des journalistes de Radio-Canada en se présentant à eux une semaine après le début des élections, démontrant ainsi la totale désorganisation de l’ADQ dans la région.

    Ce point de mon billet servait à exprimer ma compassion pour tous ceux qui se sont sentis méprisés par la gaugauche, comme toi et d’autres ici, en tout cas comme bien des gens qui ont voté ADQ.

    @Louis: désolé pour la disgression, mais c’est ça que ça donne une tache à marde en liberté sur un blogue.

  32. @ Martin Beaudin-Lecours
    Je crois que tu as une bonne lecture de la situation. Et dans tes deux commentaires. C’est un réflexe humain de traiter le mépris par le mépris. Et quand le mépris s’installe, ça prend généralement beaucoup de temps avant que les antagonistes apprennent à se respecter. Ce n’est malheureusement pas sur ce blogue que ça va débuter.

  33. « C’est en partie la frustration engendrée par le gâchi des fusions péquistes et les solutions libérales broche-à-foin qui a entraîné la seconde vague adéquiste et a fait sortir le vote de la Beauce et de la région Québec.  »

    @ Martin

    Pas d’accord. La Beauce et Québec roulent à fond de train et n’ont donc pas de temps à perdre avec ces choses-là.

    @ tous

    Pour Filion, il devait être puni pour ce qu’il a dit, mais la station n’avait pas à être fermé. Ce qui m’énerve cependant, c’est que c’est Montréal qui a fait le procès sur la place publique d’une station de Québec, le même Montréal qui a décidé que ce qu’a fait le pédophile Robert Gillet n’était pas si grave que ça et que dans le fond, les victimes n’étaient que des « petites putes » (terme utilisé par un éditorialiste du Journal Voir) …

    Pour les fusions municipales, avez-vous déja pensé que le vrai but du PQ était de noyer les villes anglophones de l’ouest de l’ile dans une super ville francophone?

    Est-ce que c’est ça? Je me pose la question. Est-ce pour enlever tout soupçon que finalement, Mme Harel a décidé de pousser le « Une île d’insulaire Une ville » ailleurs au Québec?

    Je pose la question comme ça..

  34. là le bum, en grande partie d’accord avec toi…

  35. @bum intello: Tu m’as mal lu, ou je me suis mal exprimé. Je voulais dire: « … qui a entraîné la seconde vague adéquiste et l’a fait déborder de la Beauce et de la région Québec. »

    Oui, ça fait longtemps que la Beauce nourri un sentiment anti-séparatiste, bien avant Québec, et que ces deux régions ont un penchant conservateur.

  36. Je ne dirais pas anti-séparatiste Martin.

    Je dirais que la Beauce était « autonomiste » bien avant que le mot devienne une « option » politique.

    Elle n’a eu besoin de l’aide de personne pour faire sa place au Québec.

    Ça fait qu’étant Beauceron, je me permettrai de parler au nom de ses habitants en disant:

    « Fédéraliste-souverainiste: on s’en câl… »

  37. @bum intello: sur Gillet

    Le cas particulier de Gillet, je n’ai presque rien lu là-dessus depuis que je suis à Montréal. Faut croire qu’ici, on ne voulait pas le condamner avant les tribunaux. L’affaire Scorpion a été couverte un peu plus. Mais c’est évident qu’il n’y a pas eu l’hystérie collective qui a eu lieu à Québec à ce sujet, ni la chasse aux sorcières qui s’est ensuivie. J’avais complètement oublié d’ailleurs et je ne pensais pas que ça aussi aurait pu nourrir le sentiment anti-montréalais. Et franchement, je trouve que c’est n’importe quoi! Mais que ça aie nourri un sentiment anti-élites, ça j’ai pas de la misère à le croire.

    @bum intello: sur les fusions

    OUI! Enfin quelqu’un avance la même théorie que moi à propos de la visée politique des fusions à Montréal: affaiblir le réseau de pouvoir anglophone. Et re-OUI! Dans cette optique là, je pense qu’effectivement on aurait étendu les fusions à tout le Québec pour faire plus juste aux yeux de tout le monde, y compris les anglophones de Montréal. Et si ça avait marché, ça aurait été une stratégie géniale. Mais…

  38. @bum intello: sur la Beauce

    Oui, la Beauce, remplie de gens fiers et entrepreneurs. Les souverainistes, dont je suis, devraient leur faire la démonstration qu’un Québec indépendant ne freinerait pas les commerce avec les USA et ne nuirait pas à leurs affaires, au contraire. L’axe Est/Ouest qui uni le Québec au Canada a de moins en moins de raison d’être. L’Axe Nord-Sud, passant par la Beauce, tel est notre avenir à moyen terme.

    Mais c’est un autre sujet… Il y a trop de choses à discuter sur ce blogue!!!

  39. @Renart
    « Coincés de la fesse gauche » est une pure invention que j’aurais mieux rendue par « coincés des fesses, du postérieur, du ou par derrière » ou un truc du genre. Autrement dit, ceux et celles qui ont les deux fesses serrées et qui sont tellement constipés qu’il faut leur administrer purges et lavements à échéances régulières. Mdr !

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