Subventionner les nantis

Un rapport final d’un comité du ministère de l’éducation et de la Fédération des établissements d’enseignement privés recommande de donner un million $ par an aux écoles privées pour les aider à accueillir davantage d’élèves en difficulté.

Deux questions se posent d’emblée.

Tout d’abord, comment peut-on accepter de voir ainsi travailler main dans la main un ministère public devant servir la population et un organisme privé au service d’entreprises lucratives ayant comme mission de faire un profit? À quoi s’attendait-on d’une telle rencontre? Croyait-on réellement qu’on allait favoriser le réseau public? Les entreprises privées ne devraient pas avoir un lien aussi incestueux au ministère de l’éducation, au risque de voir de terribles dérapages se produire.

Ensuite, comment imaginer continuer de subventionner, de dilapider les fonds publics pour des entreprises/écoles déjà subventionnées à 60% par le gouvernement? Déjà en ce moment, c’est l’État du Québec qui finance les profits de ces institutions, qui participe à l’enrichissement de la minorité des dirigeants de ces écoles. Et on veut encore continuer de s’abreuver aux mamelles de l’État?

Il faut savoir mettre un frein à de pareilles situations. Les parents doivent avoir le choix de l’école où envoyer leur enfant; mais s’ils choisissent une école privée, qu’ils assument l’entièreté du coût de celle-ci. Il est tout à fait inadmissible de favoriser les écoles privées en subventionnant leurs « clients » de cette façon.

Pendant ce temps, les écoles publiques manquent d’argent, ont des problèmes de violence, de décrochage. Il me semble qu’avec ce 60% donné à chaque enfant au privé il serait possible de grandement améliorer la qualité de l’enseignement et de la vie étudiante dans le réseau public. On permettrait aussi une plus grande cohérence sociale en forçant une cohabitation entre différentes classes sociales au lieu de se retrouver avec les cas lourds d’un côté et les privilégiés de l’autre. Et ce n’est pas en subventionnant massivement quelques élèves en difficulté pour aller jouer les cobayes dans le privé qu’on réglera l’asymétrie public/privé de manière durable.

Il n’y a pas de mal à vouloir offrir la meilleure éducation possible à ses enfants, mais cela ne doit pas se faire au détriment des autres et en enrichissant indûment une minorité d’hommes d’affaires qui n’a que peu de comptes à rendre.

16 Réponses

  1. Tout a fait d’accord. Les subventions de l’État ne devraient pas encourager à outrance les écoles privées. Mais il y aussi des parents de la classe moyenne qui envoient leurs enfants au privé simplement pour leur assurer une éducation plus de qualité (quoi que personnellement je ne suis pas certain si privé est synonyme de « qualité ». Quoi qu’il en soit, ne devrait-on pas plutôt accroître les déductions fiscales de ces parents par rapport à leurs revenus au lieu de subventionner intégralement les écoles privées? Et pourquoi pas accorder les mêmes déductions aux parents qui décident d’envoyer leurs enfants au publique?

  2. Je vais y aller gentiment. Toutes les écoles privées des minorités, qu’elles soient musulmanes, juives, arméniennes et autres, ce serait ZÉRO d’argent. Leurs enfants sont pour la plupart nés au Québec et il est temps qu’ils participent et se mêlent à nous. Pouquoi les subventionner? On les encourage à se séparer de nous!
    Fermons ces ghettos!

  3. En absolu désaccord (évidemment!) 😉

    À l’heure où il y a un véritable engorgement dans les écoles publiques, qui est en grande partie relié à l’intégration ratée des enfants en difficultés en classe régulière, il me semble que la contribution du privée en ce domaine serait salavatrice.

    J’ai été très, très impliqué dans les écoles publiques et privées, et laissez-moi vous dire qu’au public, le problème le plus criant est effectivement relié à l’intégration d’élèves en difficulté dans les classe régulières. Pour réussir cette intégration, il faut une armée de techniciens, de psycho-j’sais-pu-quoi, et surtout de professeurs avec des nerfs d’acier. Et ce n’est pas un simple manque de fonds, mais aussi un problème d’espace, de nombre d’étudiants avec ces problèmes par quartier, etc…

    La solution de rediriger les étudiants dont les parents peuvent se le permettre dans d’autres écoles pour l’instant presque réservées aux étudiants présentant un profil plus « facile » me semble, en fait, une idée de génie!

    Comme quoi il faut regarder tous les côtés de la médaille.

  4. @Jacques Saint-Pierre

    Pourquoi appliquer une éducation à deux vitesses à l’instar d’une santé à deux vitesses? Dans les deux cas, ce problème n’est que la résultante du manque de fonds du secteur publique. Depuis 40 ans, on a fait passer le fardeau fiscal des entreprises sur le dos des contribuables dans le seul but de favoriser l’emploi et la richesse. Mais si cette richesse serait présente, pourquoi les institutions publiques manquent-elles aussi cruellement de budgets? Il faudrait revoir l’assiette fiscale et équilibrer un peu plus la participation des différents acteurs de la société civile, entreprises inclues.

    De plus, pourquoi rechercher un modèle à l’américaine. Deux classes, deux sociétés, deux mondes en opposition?

  5. @Jimmy St-Gelais

    L’assiette fiscale, mon cher, n’a que 360 degrés. Alors, où couperais-tu donc pour donner à l’éducation? dans la santé? dans les programmes sociaux? Tu en donnerais moins aux entreprises? Et tu crois que les subventions aux entreprises, c’est significatif dans le budget provincial?

    La santé, entre autre, c’est 41% du budget. L’éducation, c’est 25%. Développement économique, Innovation et
    Exportation (les méchantes compagnies): 0,01% du budget.

    Et avant que Renart me saute à la gorge pour délit de non publication de source, la voici: http://www.tresor.gouv.qc.ca/fr/publications/budget/05-06/05-06_vol3.pdf

    Où est-ce que tu vas chercher l’argent? Je viens de faire mes impôts, alors dis-moi pas qu’on peut encore les augmenter.

    Arrêtez de parler à travers votre chapeau. L’économie, c’est trop sérieux pour laisser ça aux gauchistes.

  6. @Jacques St-Pierre

    Je crois avoir une certain expertise en économie mon ami. Je ne suis pas économiste, mais mes études et mes lectures personnelles m’ont permis d’approfondir ce domaine. Et me faire traiter de gauchiste est un peu insultant. Si être humaniste, placer l’être humain avant l’argent, c’est d’être gauchiste, alors, soit, je le suis! Les grandes entreprises font des profits records et les États du monde entier croulent sous les dettes, et on leur demande de couper encore plus dans le social afin de remonter leurs cotes de crédits. Tu ne vois pas une dichotomie dans cette situation?

  7. @Jimmy St-Gelais.

    Non, aucune « dichotomie », comme tu dis.

    Que ce soit mal réparti, là n’est pas la question. On ne peut pas régir le marché libre. Si les entreprises engrangent les profits, ben, elles engrangent les profits. Et c’est grâce à toi, à moi, à nous tous qui consommons allègrement. Heureusement, elles créent aussi des emplois, font beaucoup d’action sociale (autrement plus efficace que les ptites fêtes de quartier syndicalo-verdo-péquistes). En passant, à ce sujet, petit fait intéressant, les 50 plus généreux donateurs américains ont donné autant aux oeuvres charitables l’an dernier que la France, l’Angleterre et l’Allemagne réunis ont donné aux oeuvres humanitaires!!! (Ben oui Renart, v’la ma source: http://www.antagoniste.net/?p=785). Ah, méchants capitalistes, va!

    Mais le gouvernement, lui, a la responsabilité de gérer notre argent de façon responsable. Et ce n’est pas en injectant, encore et encore, de l’argent dans les mêmes deux maudits domaines qu’il va régler quelque chose. Il faut que ce soit géré, pas renfloué constamment.

    Mais, que dis-je, tu sais tout ça, tu as « une certain expertise en économie mon ami » comme tu dis.

  8. @Jacques St-Pierre

    Bon, je vois que ton opinion est très arrêtée. C’est dommage. Promouvoir une contribution fiscale des entreprises dans les sociétés dans lesquelles elles ont des affaires semble juste et équitable à mon avis. Elles profitent de l’infrastructure, du bon climat social, d’une main-d’oeuvre qualifiée, et je ne verrais pas pourquoi elles ne retourneraient pas une juste part de leurs bénéfices aux sociétés qui leurs ont permis de prospérer. Enfin, bref, je ne suis qu’un pauvre gauchiste! Vive la pensée unique du néolibéralisme!!

  9. Mmmh… 0,01% du budget? Le gauchiste en moi doute, voire s’insurge devant le chiffre erroné. L’industrie aéronautique aura 900 millions d’investissement de la part du gouvernement du Québec. À lui seul, cela représente 1,5% du budget du gouvernement. N’accuse pas les « gauchistes » de mauvaise foi, ou de gens d’intelligence ou de capacité inférieure. C’est toujours la logique idiote selon laquelle une personne est moins apte qu’une autre, car elle ne pense pas comme soi. Honnêtement, la gauche place le développement économique comme un outil au progrès humain et désire mettre l’emphase sur ce niveau de l’économie. C’est tout!

    Honnêtement, je suis d’une relative gauche (relatif étant par rapport au reste du Québec), mais me considère de centre absolu, car je fais partie des idéalistes qui croient que le développement doit savoir jumeler développement économique, social et environnemental.

    Mais bon, pour revenir au sujet, j’ai fait école privée au secondaire et c’est vrai que j’aimerais que l’on repense son financement. 60% payé par l’état, c’est trop. Loin de prôner d’enlever le financement au privé en totalité, je serais en faveur de demander des règles d’intégration pour garder le même financement. L’éducation secondaire, c’est devenu un bien. L’Actualité en fait un bilan à chaque année, de la même manière que Protégez-Vous peut suggérer telle marque de télévision plutôt qu’une autre.

    Certaines écoles sont de meilleures qualité que les autres et elles sont privées? Oui! Elles sont surfinancées, offrent des programmes spécialisés et un meilleur suivi. C’est la faute de l’argent? En partie seulement. Les sélections aident pour beaucoup, et l’encadrement que l’on demande des professeurs est plus personnel. Vu que les élèves côtoient de meilleurs élèves, ils sont portés à se dépasser.

    Un dernier point pour Louis: peu d’écoles secondaires ont un but lucratif. Le collège Jean-Eudes, auquel j’allais, était une OSBL. Les dirigeants avaient un salaire outrageusement élevé, mais la majorité de l’argent qu’on payait revenait dans l’école. Ce n’est donc pas une entreprise qui a pour but de faire de l’argent, mais a la vocation d’offrir une éducation de qualité. Le seul point: « offrir une éducation de qualité… aux élèves qu’elle juge digne ». Il faudrait, au moins partiellement, abolir cette barrière de discrimination.

  10. Le problème que je vois encore ici c’est que vous voulez favoriser les plus démunis en leur enlevant toutes chances à une meilleures éducation. Subventionner l’école privé permet à plus de gens avec des salaires faibles d’offrir à leurs enfants une instruction de qualité. Plusieurs y arrivent en faisant des sacrifices parce qu’ils veulent les meilleures chances de succès pour leurs enfants. Sans les subventions, seuls les plus riches, les PKP et autres pourront se le permettre et ils ne s’en priveront pas. C’est peut-être une éducation à deux vitesses mais n’oubliez pas qu’il y a aussi des cervaux à deux vitesses et c’est dans le publique qu’on les trouve.
    Vouloir mélanger tout le monde à l’école pour assurer une plus grande cohérence sociale en forçant une cohabitation entre différentes classes sociales c’est une utopie. Comme dans la vie, des groupes se forment à l’école en fonction de la classe sociale, de la race, de la religion.
    Investir plus dans le publique n’est pas la solution. Le problème c’est l’organisation, comme en santé. N’oublions pas que la masse salariale du gouvernement avoisine 40% de son budget. Aucune entreprise privée ne peut survivre à une si piètre efficacité, c’est pourquoi dans l’école privé, même en générant 10% de profit, elle générera encore 10% à 15% de services en plus.

  11. @Manx,

    Wow, belle démonstration de pouvoir mathématique et de capacité de documentation. Tu l’as divisé sur combien ton 900 millions pour arriver à 1,5%? (le budget disponible du Québec, si on exclut le service de la dette, c’est 48 milliards) Et ce 900 millions, il vient d’où? Du Canada peut-être? (http://www.radio-canada.ca/nouvelles/National/2007/03/30/002-aeronautique-aide.shtml)

    Donc, je réitère: l’économie, c’est trop sérieux pour que des gauchistes s’en occupent…

  12. Haaaaalàlà… quel préjugiste ce Saint-Pierre.

    Je vais être gentil: ça ne me dérange pas de débattre avec des gens cohérents. Ça me dérange de discuter avec des gens fermés d’esprit comme toi, Jacques, et qui croient que leur opinion n’est pas maléable, modifiable, qu’elle est coulée dans le béton et qu’elle mène sur un chemin illuminé, en ne comprenant justement pas que c’est parce que ce sont eux, les illuminés.

    Le 900 millions, je l’ai lu ici il y a 1 mois, et il parlait d’un investissement fait du gouvernement Québécois. S’il y a eu erreur, je consens, mais comprends aussi que 0,01% du budget, c’est 6 millions de dollars. Je doute, honnêtement. Et cela n’ajoute pas les déductions d’impôts à des entreprises comme Alcan, des crédits d’impôts qui les repoussent plus loin, à un moment où l’inflation réduira le coût (je sais déjà ce que tu vas dire, mais sois au moins d’accord pour dire qu’une entreprise comme Alcan n’est pas si proche que ça de faire des mises à pied…), aux 500 millions d’investissement promis UNIQUEMENT pour les banques et caisses populaires, tel que soulevé dans le débat des chefs.

    Mais j’en ai marre de continuer un débat stérile. Je suis prêt à discuter avec des gens qui ont une flexibilité, qui sont capables de voir dans un désaccord une possibilité non pas de se tromper, mais que les choses soient vues différement par une personne qui nous est égale, de modifier sa vision. Mais il existe aussi certaines mulles qui sont nées aveugles. Car pour ma part, le progrès économique, je m’en branle royalement. C’est le progrès humain qui m’intéresse, et il passe par le progrès économique en bonne partie.

  13. @Manx

    Je ne débats pas. Je note tes chiffres erronés et ta désinformation.

    Non, je ne débats pas avec toi. Car, si je débattais, je t’expliquerais avec une certaine impatience que les entreprises, ces entités que tu tentes de décrire comme étant le diable incarné, ne sont que ça: des entreprises, remplies de gens comme toi et moi.

    Si je débattais avec toi, je m’égosillerais à te dire que si ton point de vue est basé sur des faussetés, il faut peut-être le revisiter.

    Si je débattais avec toi, tu avouerais simplement que tu t’es trompé, sans me donner du « mais-tu-ne-veux-pas-changer-d’idée-alors-tu-es-méchant ».

    Mais, non, je ne débats pas avec toi, je ne fais qu’informer les gens des couleuvres que tu tentes de faire avaler.

  14. @Manx

    Tu as bien raison quand tu parles d’être au centre (quoique l’absolu est un dur à atteindre). C’est le gros bon sens à mon avis. Mais bon, essayer de convaincre cette tête dure est presque une perte de temps même si ça nous permet d’élaborer encore plus nos positions. Il n’y a pas de discussion possible avec lui : il est seulement énervant comme un moustique que l’on ne peut faire taire parce qu’il est furtif. Il faut savoir en rire, car on sait qu’ici il n’y a pas de censure, et en fin de compte c’est un fichu bon spectacle : merci Louis! Il n’y a pas d’ironie, c’est très inspirant quand tu finis par comprendre, comme moi, qu’il ne faut pas le prendre personnel!

    @Tous (enfin presque…)

    En parlant d’éducation, quelqu’un a vu « Freedom writers », avec Hilary Swank? Je viens de le voir à l’instant. Ça fait un peu film pour la télé mais c’est intéressant, car c’est basé sur une histoire vraie. C’est aussi un peu larmoyant, mais ça démontre bien l’ambiance des milieux défavorisés aux États-Unis dans le début des années 90 (toutes les cliques se haïssent et se canardent à qui mieux mieux; enfin, je me demande vraiment si ça va mieux aujourd’hui).

    Ce film montre les efforts d’un professeur pour rapprocher les étudiants de différentes origines et leur donner le goût d’étudier. Pour se faire, et déclencher un rapprochement, elle leur explique l’Holocauste en faisant le lien avec les gangs de rue : si les Autres n’étaient pas là ça irait mieux, si on les élimine c’est pas bien grave, ils sont inférieurs, etc. (C’est drôle, mais ce raisonnement peu, en plus de s’appliquer aux races et aux religions, s’appliquer aussi aux classes sociales… et j’inscris ici un MESSAGE en néon sur fond noir qui clignote.) Et ça se termine bien, et cette manière de faire continue à se propager là-bas à quelques endroits. Malgré la linéarité de la réalisation, c’est un beau message et c’est touchant : ça fait presque office de documentaire.

    On est quand même chanceux d’être ici où le phénomène des gangs de rue est encore très marginal. Il ne faut pas suivre les États-Unis vers le gouffre d’inégalité dans lequel ils se trouvent. Par contre, il ne faut pas baisser les bras ici parce qu’il est moins profond.

  15. @ Jacques:
    À date, ai-je craché mon venin sur les entreprises en général, ou sur certaines en particulier. Ici, j’ai craché sur Quebecor, les crédits d’impôts à Alcan, les entreprises éoliennes du Québec et les pharmaceutiques. Et c’est tout.

    Je suis contre Quebecor car je m’oppose à l’uniformisation des médias.
    Je crache sur Alcan qui, bien qu’elle soit une compagnie socialement responsable, obtient des crédits d’impôts que je juge trop élevés.
    Je proteste contre le développement éolien actuel, car il nuit à la santé de la population environnante et ne profite qu’à trop faible échelle aux gens qui sont proches de celles-ci, et que l’on ne peut faire confiance à certains élus qui ont vendu leur impartialité à ces entreprises en travaillant pour celles-ci ou en louant leur terrain à des éoliennes (ce qui crée un certain conflit d’intérêt).
    Je m’oppose à la gestion des pharmaceutiques, car je juge que de placer un but lucratif dans la santé des gens en augmentant le prix des médicaments de 150% en 10 ans, c’est presque un acte criminel.

    Mais jamais, ô grand jamais, je ne prônerai une généralisation sur les entreprises, hormis une seule: leur but est de faire de l’argent. Cela ne signifie pas qu’en étant socialement responsable, ils n’en feront pas. L’exemple le plus simple est que les entreprises les plus impliquées environnementalement aux États-Unis sont Wal-Mart et General Electric (bien qu’elles possèdent tous les défauts du monde dans d’autres domaines). Un gauchiste n’est pas quelqu’un qui veut nationaliser à gauche et à droite et demande à ce que tout travailleur paie 20$ à son syndicat.

    Un gauchiste n’est pas non plus quelqu’un de mauvaise foi. Chaque fois que j’ai avancé un chiffre ici, je l’ai fait selon un principe que je juge vrai et vérifiable. Si je me suis trompé, ce n’est pas de ma faute, car je cite d’autres sources, et non des choses invérifiables. Jamais je ne sortirai un chiffre dans le vide à moins d’en être sur, et je souhaite ardemment que le venin que je crache fasse fondre une partie de la croûte dans les yeux de certains, comme je suis ouvert aux arguments des autres pour qu’ils m’éclairent eux aussi. Qu’on soit de gauche ou de droite, l’important, c’est de discuter pour mieux comprendre et faire de meilleurs choix, sinon au moins abattre des préjugés qui nuisent à un débat sérieux.

    Je sais que l’on n’a pas parlé beaucoup d’entreprises socialement responsables qui ont fait de bonnes choses, et que l’on met souvent l’accent sur les mauvais coups. Mais on est sur le blogue d’un Homme en colère. Louis, Jimmy et Renart soulèvent des points qui leur lèvent le poil, bien plus souvent que des choses avec lesquelles ils sont en accord.

    Mais regarde par exemple en environnement, mon domaine d’études. Puis-je cracher devant une compagnie tel Siemens, qui voulait investir 4,5 milliards au Québec en développement éolien? Peut-on nuire à Alcan qui a choisi d’installer ses alumineries au Québec non seulement pour le coût de l’électricité, mais aussi pour le fait qu’elle puisse utiliser une source d’énergie renouvelable et moins polluante pour des transformations extrêmement énergivores?

    Mes deux grands-pères ont été propriétaires d’entreprises, mon grand-père paternel en possède une encore (Les distributions Payeur, très connues en Estrie, pour la vente de tracteurs et de machinerie lourde) et continue de travailler à 73 ans après une leucémie et s’être fait encorner par une de ses vaches il y a 5 ans, ce qui a failli le tuer. Des entreprises socialement responsables, qui s’investissent et investissent dans la communauté, ça existe et il faut valoriser ces actions. Mais il faut aussi reconnaître parfois que plusieurs ont des blâmes à assumer qu’ils auraient pu éviter.

  16. @Manx

    Tu es un homme patient, ça t’honore!

    J’espère que ce sera plus payant pour toi!

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