Titanic Boisclair

J’écrivais dans Cannibalisme inc. qu’on doit juger un homme à ses actions et non seulement à ses paroles. Philippe Edwin-Bélanger en a fait une brillante démonstration en claquant la porte de son poste de président régional du PQ de la région de Québec. Il a affirmé que Boisclair avait peur du verdict des militants lors d’un congrès national et que cela expliquait sa volonté de le repousser à 2009. Et il a choisi de partir, estimant qu’il avait mieux à faire que de parler du chef à tous les jours plutôt que de parler des véritables enjeux.

La situation actuelle au PQ ne peut plus durer. On est tellement occupé à débattre du manque de leadership d’André Boisclair qu’on n’a plus d’énergie pour le reste. On n’arrive plus à jouer le rôle de l’opposition, qui est de critiquer le gouvernement tout en proposant des alternatives constructives. Au niveau médiatique, le PQ a l’air d’une bande de fossoyeurs et de charognards s’entre-déchirant autour d’un corps mort.

Et on connaît l’importance de l’impact médiatique pour gagner des élections.

Ainsi, dès 1998, Jean Charest a été de toutes les tribunes comme chef de l’opposition. Il a passé son temps à critiquer tout ce que faisait le PQ, à proposer des alternatives. Il se disait prêt à gouverner; tellement prêt que le « je suis prêt » est devenu son slogan lors des élections de 2003. Et il a gagné.

André Boisclair pourrait-il faire la même chose? Non. Et peu importe la raison. Il a beau être un bon gars, un honnête politicien, un bon vivant, un homme qui connaît ses dossiers; le courant ne passe pas, il n’arrive pas à diriger ses troupes et la mutinerie qui couve est en train d’emporter le bateau.

D’un parti sans chef, le PQ s’est retrouvé avec un capitaine sans crédibilité ni carte nautique, et lentement mais sûrement le bateau dérive. Des milliers de voix s’élèvent et crient: « attention, iceberg droit devant ». Mais qui écoute?

Seul aux commandes, le capitaine Boisclair continue de dire que tout va bien et donne l’ordre de continuer.

S’il ne part pas, s’il ne laisse pas de côté son orgueil pour le bien du parti et de la cause, le navire du PQ sera bientôt une épave et on se rappelera avec nostalgie du départ de Edwin-Bélanger comme ayant eu lieu à un moment où il était encore temps de changer de cap.

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27 Réponses

  1. « Un partie qui mange ses chefs »

    Bah, de toute façon c’est vrai que Boisclair ferait sans doute meilleur ministre qu’autre chose.

    Mais attention, c’est l’irresponsabilité passé des militants qui vous a placé dans cette situation.

    « Oh! Je l’ai vu à tout le monde en parle pi y’était bon! »

    Mais ensuite vous aviez l’occasion de voir durant les débat de quoi avait vraiment l’air Boisclair. Il était poche. La première chose qu’un de mes amis m’a dit après l’avoir entendu parler pour la première fois c’est: « Ouais…À part des phrases y’a pas dit grand chose »

    Mais tous les militants fanatiques de Boisclair et son diplome de Harvard étaient trop occupés à applaudir les paroles creuses du candidats. Ils ont sans doute pas entendu.

    Vous aviez la province sur un plateau d’argent. Ben vlan!

  2. les idées du PQ n’ont pas évoluer depuis sa création c’est pour ca que son message passe de moins en moins. La prochaine election peut importe le chef si le parti se modernise pas ca ne sera que pire.

  3. Partir?
    MAIS PAS MAINTENANT

  4. Boisclair, un autre, une autre, bonnet blanc, blanc bonnet.

    Of course, il doit partir, il a fait sombrer son parti dans l’abîme et doit en subir les conséquences. Mais, à quoi bon? Aucun leader charismatique ne semble exister dans ce parti (et ne me sortez pas Curzi, je l’ai déjà rencontré et en conserve le souvenir du pire niais que j’ai jamais vu, à part sa femme peut-être). De plus, et plus important, l’idée de base du parti est morte. La souveraineté, la séparation, le pays, tout le monde s’en sacre ou presque.

    Pourquoi? Parce que le monde change. Le monde n’est plus cette petite planète Québec qui peut survivre dans un monde de grands.

    Il est temps de se rallier à la nation canadienne et de faire front sur le plan international. Il y a assez de défis, pourquoi démarrer la course avec un handicap?

  5. C’est vrai que Boisclair n’est pas un chef charismatique et que le courant entre lui et l’électorat ne passe pas. Le hic, c’est que Boisclair a mis le doigt sur le bobo du PQ en expliquant qu’il fallait réformer le programme.

    Si Boisclair part, je crains que le PQ jette son projet aux poubelles et ressorte le même refrain: «c’était à cause du chef». Le PQ ferait alors ce qu’il fait toujours: mettre un diachylon sur le plaie pour ne pas la voir et être obligé de la soigner.

  6. Le PQ au lieu d’écouter la population dit à la population de l’écouter… J’entend encore Landry crier tout fort : « J’ai raison et je le sais. MOI j’ai compris… » Comme si le reste de la population qui pense différement ne sont que des abrutis. Pas étonnant que les gens s’en détournent.

  7. @Gradlon: Je suis d’accord avec toi sur ce point. Mais ne serait-il pas plus facile pour le PQ de réformer son programme avec un nouveau chef plus en mesure de connecter avec la population?

    @François: Mais Landry, il était quand même apprécié; le monde le voyait comme ce bon vieux patriarche sans une once de malice. Landry, on le trouvait bon vivant. Boisclair? Nein!

    @Jacques: Je ne suis pas d’accord pour dire que tout le monde se sacre de la souveraineté, mais je suis d’accord qu’il y a en ce moment des défis plus pressants et importants, notamment la lutte aux inégalités sociales engendrées par le système économique actuel. Si la souveraineté doit absolument continuer d’être la raison d’être du PQ, celui-ci doit s’assurer que celle-ci soit un moyen et non une fin.

    @ridesro: Ok, alors il part quand Boisclair?

    @Honorius: C’est bien là son problème, et c’est ce qui risque de se produire en France avec Ségolène. Quand les militants d’un parti son intellectuellement plus avancés que la population en général, ils ne voient pas les choses du même oeil. Pour eux, le discours de Boisclair est cohérent, sensé, intellectuel, intéressant. Pour Monsieur Tout-le-monde, c’est un charabia incompréhensible.

    Merci pour tous vos commentaires!

  8. @Louis Peut être bien, mais moi je l’ai toujours trouvé hautain. Mon impression a toujous été de le voir nous regarder de haut. Il ne semblait jamais à hauteur d’homme comme sont film s’appalait

  9. Boisclair doit partir, c’est un fait. Le plutôt serait le mieux. Il demeure quand même un bon atout pour le parti.
    Nous sommes présentement encore en majorité au Québec pour bâtir ce Québec. Il nous faut un bon leader qui sait parler au peuple et énumérer tous les avantages de diriger notre propre destinée. Nous sommes différents et il est primordial de protéger notre langue et notre culture. Inquiétez-vous pas, les Canadians et USA feront toujours affaires avec nous. Nous aurons enfin notre place et notre mot à dire sur l’échiquier mondial.
    Soyons fiers d’être Québécois!

  10. « Quand les militants d’un parti son intellectuellement plus avancés que la population en général, ils ne voient pas les choses du même oeil. »

    Ah ben tabar…

    Aussi, défendre la même philosophie et la même façon de faire depuis 50 ans comme le font les racistes « purs et durs » du PQ, ce n’est pas de l’intelligence. Le fanatisme non plus.

    Cependant, évoluer et être de son temps, ah ça oui!

  11. @ Louis

    Quand tu dis que Boisclair est « un honnête politicien », est-ce que tu le penses vraiment? Il ne faut jamais oublier sa participation au scandale de la démutualisation. Pour ceux qui ne sont pas au courant, lire ça :

    http://www.lecouac.org/article.php3?id_article=9

    Et, concernant la souveraineté, certains ont le don de prendre leurs désirs pour des réalités, c’est une stratégie comme une autre…

  12. @Renart: Je ne veux pas dire qu’il est nécessairement honnête, pas plus qu’à mes yeux il est nécessairement un bon vivant. Je crois plutôt que peu importe les qualités qu’on lui trouverait, tant que le courant ne passe pas avec la population, il aurait beau être Jésus ressuscité que le PQ devrait se trouver un autre chef.

    Merci pour le lien sur la démuatualisation des compagnies d’assurance. Je n’étais pas au courant, et j’avoue que c’est un sérieux problème. Mais Boisclair a-t-il seulement déjà été de gauche? Des fois, je me demande ce qu’il pense vraiment le soir en se couchant…

  13. « Le Couac » bordel! Y a-t-il publication plus gaugauche que ça? Et comme par hasard elle fessait sur Boisclair en octobre 2005, à la veille de l’élection à la direction du parti donc. C’est clair qu’elle lui cherchait des poux et qu’il a fallu qu’elle fouille loin!

    Ses auteurs sont le genre d’individus qui ont grandement nui et au renouvellement du PQ et à Boisclair: des gens trop à gauche qui ne voulaient pas accepter le recentrage du parti.

  14. Martin Beaudin-Lecours, t’es en train de dire que cette information est fausse parce qu’elle apparait dans Le Couac?

    Les médias de masse n’ont juste pas jugé bon d’en parler plus qu’il n’en faut…

    Est-ce que le fait que l’émission La Facture en a parlé va te convaincre de la véracité de l’article?

    http://www1.radio-canada.ca/actualite/v2/lafacture/niveau2_2429.shtml

  15. S’il existe un candidat à la chefferie qui, à la fois, est capable de communiquer avec l’électorat et a la ferme volonté d’amener le PQ à réviser son programme — quitte à serrer un peu la vis — alors oui, le PQ aurait avantage à changer de chef.

  16. Ce n’est qu’une histoire d’émotion sa nomination. Il n’est qu’une balloune d’air qui a le pouvoir de parler des heures et des heures pour finalement n’avoir rien dit.

  17. J’ai de la difficulté avec le discours du type ‘Boisclair voulait recentrer le PQ’. Au contraire, le parti était de plus en plus à droite et la gauche a voulu le recentrer, mais Boisclair n’a pas voulu suivre.

    Le problème du PQ, à mon avis, ce sont les gens comme Facal, qui devraient se joindre à des partis de droite au lieu d’essayer de corrompre le PQ.

    Le parti essait de se remettre de la période sombre de Bouchard… Les militants ont raison de vouloir recentrer le parti, c’est-à-dire le remettre plus à gauche, comme il aurait toujours dû l’être!

  18. @Renart: Je ne mettais pas en doute l’information au point de dire qu’elle était entièrement fausse. Je soulignais qu’elle est sortie à un moment stratégique par un organe gaugauche. Ton article de La Facture ne parle aucunement de Boisclair alors que celui du Couac lui fait un procès d’intention.

    Tout le monde sait que Boisclair est plus à droite que ne le souhaitent les purs et durs du PQ. Pour moi, que le PQ aille au centre et que Boisclair pousse en ce sens, c’était bien!

  19. @Louis: Tu as posté ta réponse pendant que j’écrivais la mienne à Renart. Il semble que nous ayons deux points de vue diamétralement opposés sur le « recentrage » du PQ.

    En effet, je suis d’avis que le PQ était freiné par son aile gauche incapable, par exemple, d’envisager la dette comme un sérieux problème. En tant qu’ancien adéquiste, j’avoue être moi-même beaucoup plus près des lucides de Facal et Bouchard. En fait, j’étais heureux que Bouchard tente de mettre fin au déficit, même si après coup il est facile de lui lancer des pierres. Si aux dernières élections j’ai voté pour la première fois PQ en 15 ans, c’est que Boisclair incarnait mon espoir de réunir enfin ceux de ma génération et les plus vieux péquistes sociaux-démocrates. Selon mon analyse, cette vieille garde a non seulement refusé d’aider leur jeune chef, mais lui a même carrément nuit. Je prends comme exemples: Pauline Marois qui quitte le bateau alors qu’elle aurait pu faire le pont entre les groupes du PQ, Charbonneau représentant le PQ au « Club des Ex » de RDI sans cacher ses doutes quant à Boisclair et Landry qui venait régulièrement foutre la merde, aidé par son pote Michaud. Avec des partisans comme ceux-là, le PQ n’avait pas besoin d’ennemis.

    Le PQ deviendra de plus en plus moribond tant qu’il traitera comme des abrutis ceux qui osent critiquer l’État-Providence. Me semble que la percée de l’ADQ est non équivoque à cet effet. Beaucoup de gens, comme moi, ont peur de se retrouver avec la dette des générations précédentes sans pour autant pouvoir bénéficier des avantages que celles-ci auront eu. Si je suis représentatif d’une bonne portion de la population, le PQ est dans la merde parce que s’il revient trop à gauche, il perd mon vote, mais s’il va trop à droite, non seulement il perd son aile fondatrice, mais l’espace est déjà occupé par l’ADQ et le PLQ.

  20. Martin B-L., ce n’est pas parce que La Facture ne nomme pas Boisclair qu’il n’était pas le ministre responsable… Le fait qu’il soit à drouate me dérange beaucoup moins que le fait qu’il ait laissé faire cette magouille, qu’il en ait été l’instigateur ou non. C’est immoral et je ne voudrai jamais qu’un homme comme lui mène le Québec.

    Et il y a l’autre rumeur sur son cas que je ne relaterai pas ici qui ne l’aide pas, en tout cas pour moi et pour ceux qui sont au courant. Et il faut surtout dire que ça ne colle pas avec la population…

  21. En 2004 et 2005, le PQ a revisité son programme, avec un chef contesté à sa tête. Le congrès est arrivé, le nouveau programme a passé, mais le chef est parti. Le résultat? On change de chef, mais pas d’idées.

    Je ne recommencerai pas ce processus ridicule. On change le chef, on le choisit sur ses idées, et ensuite en rénove le programme en conséquence.

  22. @Renart: Je me trompe ou tu ne l’as jamais aimé Boisclair? Tu me sembles être de ceux qui ne l’ont pas aidé pantoute et qui lui cherchent systématiquement des bibittes.

    Le cas en question, j’m’en fout un peu. Je veux dire, bien sûr c’est triste et déplorable pour les quelques personnes à qui ça a vraiment nuit. Mais on parle de combien de personnes au juste? C’est bien beau pointer deux ou trois cas, ça n’en fait pas un enjeux de société majeur et ça fait encore moins la preuve que Boisclair est immoral!

  23. Martin B-L, c’est certain que je ne lui ai pas nui directement, car je n’ai de carte d’aucun parti. C’est juste que je ne fais pas confiance à quelqu’un qui peut laisser faire des choses comme ça : et le fait que toi tu t’en fous est une autre question…

    Même s’il n’avait nui qu’à une seule personne ça reviendrait au même pour moi (on parle de gens qui auraient pu s’en sortir, mais qui sont resté au crochet de l’état grâce à cette magouille stupide : alors avec cet exemple, j’ai encore plus de misère à croire que les gens de drouate sont capables d’empathie envers les pauvres — le BS bashing sous toutes ses formes me tape à la longue…).

    Tiens, pour faire une comparaison de premier degré : est-ce que tu trouvais ça très moral de la part de l’ancien Prime Minister Paul Martin de cacher son argent dans les paradis fiscaux?

    Encore un autre exemple, pour t’expliquer comment je pense : je ne trouvais pas très morale la venue en politique d’un homme d’affaires comme Pierre Arcand, car c’est évident, comme n’importe quel autre homme d’affaires, qu’il le fait avec la ferme intention de grossir son pactole en influençant la direction des politiques. Penses-tu vraiment qu’il est là pour faire le bien autour de lui en se sacrifiant pour le peuple? Non, il n’est là que pour consolider son pouvoir!

  24. Moi aussi, comme toi, j’ai plein mon casque du BS-bashing.

    L’idée c’est que des « choses comme ça » il s’en passe dans tous les ministères et sous tous les Ministres et je suis loin d’être sûr que ce soit une « magouille ». L’inertie de la bureaucratie n’a rien à voir la morale d’un Ministre. Mais en l’occurence on parle ici de la morale d’un Ministre que tous ses ennemis politiques aiment dépeindre comme ammoral depuis qu’on sait qu’il a sniffé (et problablement aussi parce qu’on sait qu’il est gai).

    Paul Martin a déjà caché son argent dans des paradis fiscaux puisque Canadian Steamship Line était incorporé aux Caraïbes, si je ne m’abuse. Et oui, c’est immoral… pour quelqu’un aspirant au poste de Premier Ministre. Pierre Arcand, c’est un businessman qui a intérêt à être ami des Libéraux, c’est vrai. Est-il seulement là pour ses propres intérêts? Ça c’est encore une fois un procès d’intention.

  25. À mon humble avis, le Titanic PQ était déjà en train de couler avant que Boisclair en prenne le commandement. La seule chose qu’on peut lui reprocher, c’est de n’avoit pas pu le maintenir à flot.

    Ceci dit, le PQ est reconnu pour tuer limoger ses chefs. Lorsqu’un chef du PQ est choisi, on lui dessine une cible entre les omoplates et une ligne pointillée autour du cou. Un chef du PQ a l’espérance de vie d’une dinde de l’action de grâce (l’apparence aussi quelques fois).

    C’est drôle, l’expression « Politicien honnête » m’est toujours apparue comme un paradoxe…

  26. Le Titanic vient de couler en basse mer.
    Quand on frappe un glacier, on sombre et vite.
    Quand l’étau nous serre la tête, on craque et on claque la porte.
    Les membres du P.Q. sont cruels envers leurs chefs et ne souffrent aucune déviation par rapport leurs idées personnelles et respectives de ce que le parti doit être.
    André Boisclair est désormais du Boismort et les instances de parti préparent le couronnement de l’homme aux yeux bleus venu … d’Ottawa.

  27. Je célèbre aujourd’hui!

    Même si je ressens de l’empathie pour Boisclair. Mais, à la guerre comme à la guerre!

    Ça me fait rire comment les fédéralistes se pitchent sur le problème des chefs au PQ comme des mouettes sur une frite (j’ai piqué cette superbe image à un auteur du Dimanche, tel qu’entendu à une de leur soirée, jadis).

    On le voit bien comment c’est difficile de s’entendre ici alors imaginez si on avait à se choisir un chef qui ferait l’unanimité, ou au moins serait stratégiquement fort pour la cause : ce n’était pas le cas de Boisclair, dans les deux cas…

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