Le dégel de l’utopie

La décision du nouveau gouvernement de hausser les frais de scolarité n’attendra pas. On est tellement pressé, l’urgence est telle de faire payer les étudiants, qu’on n’attend même pas la livraison de l’étude sur les impacts d’un tel dégel.

C’est désolant cette manière précipitée de faire les choses. La mission de tout gouvernement, c’est de prendre les bonnes décisions. Dans l’idéal, on aimerait les voir réfléchir, consulter des experts, s’appuyer sur une philosophie permettant d’espérer le bien commun, puis d’agir.

Au lieu de quoi, on assiste à la fuite en avant d’un gouvernement de droite qui n’a jamais même pris la peine de réfléchir aux effets négatifs d’une telle hausse. Un gouvernement tellement convaincu de la justesse de ses positions – malgré les cuisants échecs de l’idéologie néolibérale à l’échelle mondiale – qu’il se fout éperdument de ce qui arrivera ensuite.

Pourtant, il n’y a que peu de doutes sur l’évidence qu’une augmentation des frais de scolarité réduit l’accessibilité et donc augmente le décrochage. On parle de 50 $ par session. Mais c’est 50$ par session de plus par année pendant cinq ans, ce qui dans les faits résultera en une augmentation de 33% des coûts. Déjà en ce moment, il y a des jeunes qui ne poursuivent pas leurs études car ils doivent travailler pour assurer leur subsistance. Des jeunes qui gaspillent leur potentiel dans des emplois dévalorisants. Ou d’autres qui s’endettent avec l’incroyable racket qu’est le système de prêts et « bourses » du gouvernement.

On entend déjà tous les chantres du néolibéralisme dire à quel point nous sommes choyés ici par rapport au reste du Canada. Mais pourquoi toujours se comparer à pire? En France, l’aide financière aux études constitue en des bourses (et non des prêts) et le loyer est souvent payé par l’État pour permettre aux étudiants de poursuivre leurs études. J’ai connu une Française qui a pu faire un post-doctorat grâce à ces mesures, et elle était offusquée de voir à quel point les étudiants ici ont la vie difficile, devant souvent cumuler emploi et études à temps plein pour boucler leur budget.

L’éducation, c’est un investissement. Un investissement dans le futur. Une clef pour un meilleur monde; plus une société se constitue d’une population éduquée, meilleure est sa santé, plus ingénieuse elle est, plus démocratique, plus libre. L’éducation, c’est aussi la liberté. Car les gens éduqués n’admettent pas les reculs démocratiques.

On dira que c’est utopiste de penser ainsi. Peut-être. Mais n’est-ce pas utopiste d’avoir une foi aveugle en un système économique qui prouve déjà ses faillites un peu partout et a déjà contribuer à réduire le niveau de vie d’une large partie de la population dans de nombreux pays, y compris les États-Unis? N’est-ce pas utopiste de croire qu’on peut augmenter le fardeau des étudiants sans croire que ceux-ci ne vont pas quitter les bancs d’école pour aller travailler?

Le voilà le grand problème avec l’empressement de ce gouvernement à augmenter les frais de scolarité: son choix n’est pas motivé par le bien commun, mais par une utopie et une idéologie qui ne servent qu’une minorité de la population.

Une minorité qui a étudié dans les écoles publiques et qui aujourd’hui crache sur un système qui l’a engraissée.

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22 Réponses

  1. On veut une médecine à deux vitesses et maintenant l’éducation à deux vitesses pour la gloire d’une vieille doctrine dépassée et usée.

  2. @Louis – « Ou d’autres qui s’endettent avec l’incroyable racket qu’est le système de prêts et « bourses » du gouvernement. »

    Je suis plutôt en accord avec toi sur l’ensemble de ton texte mais, ce petit bout là j’aimerais te voir l’expliquer plus à fond, c’est pas exagéré un peu ?

  3. Jean Charest veux se dépêcher de passer ça parce qu’il sait que plus les partis d’oppositions vont se refaire des forces plus ce genre de petite passe là pourra le faire tomber, voilà tout.

  4. Plusieurs écoles québécoises non-fonctionnelles car pas réparées.
    Frais d’inscriptions universitaire au Québec à la moitié de la moyenne canadienne.
    Départ vers l’étranger de nos diplomés car salaires plus alléchants.
    L’un des taux de taxation et d’imposition les plus élevés en Amérique du Nord.
    Voilà notre situation. « Le modèle Québécois »
    Que l’on saigne à l’hotel de la sociale-démocratie, tous ces contribuables québécois, propriétaires de « Bungalow »!

    Complètement sans réalisme !

    Louis, Il y a bien certains étudiants qui ne l’auront pas faciles. Mais est-ce qu’on gère les exceptions ou la majorité? Les exceptions ont besoin de politiques d’exception.
    Au plaisir !

  5. L’année prochaine, les frais d’université augmenteront de 130$ à l’UQAC. Ce sera 180$ de plus l’année prochaine… Pourquoi autant? Parce que les frais afférents ne sont pas comptés.
    Quant aux écoles qui font pitié, elles sont de niveau scolaire et secondaire, pas universitaire. Les frais que les universitaires paieront, j’espère qu’ils iront aux universités et non pas aux jeunes dont la scolarité doit être gratuite et donc aux frais de tous…
    Ce que je déplore dans cette augmentation annoncée, c’est qu’on annonce pas d’ajustement au niveau des prêts et bourses encore. De toute façon, je ne me fais pas d’illusions, ce sera une augmentation des prêts. Je déplore aussi qu’on ne nous dise pas à quoi ces frais serviront. Prouvez donc que l’enseignement universitaire sera amélioré! Quant à moi, je dois dire que j’ai étudié dans une université de région et que la qualité, bien que décriée par bon nombre de personnes n’y étant jamais allée, est excellente. Les professeurs sont motivés (pour de vrai), chaleureux, ouverts. Franchement, je n’ai que du bien à dire de ceux qui m’ont enseigné. L’infrastructure de mon université est tout aussi bien, d’ailleurs. Pourtant…j’ai étudié là où les frais sont les plus bas. J’ai étudié dans une université sans problème de déficit, même! Et non, ce n’est pas parce qu’elle avait plus d’argent que toutes les universités de région. Elle avait le même budget. Peut-être était-ce parce qu’elle était mieux gérée? Quoiqu’il en soit, pour la première fois depuis des années, les frais augmenteront. Je ne crois pas que l’enseignement sera amélioré. Cependant, je sais que ma chère université a un nouveau terrain de soccer qui attend toujours son équipe.

  6. Oops j’ai fait une petite erreur.
    *Ce sera 180$ de plus la session d’après, donc 310$ de plus l’année prochaine.

    Et je me disais, en bonne capitaliste que je suis, qu’ils pourraient faire augmenter les frais durant la session d’été aussi… Après tout, ceux qui prennent des cours d’été sont normalement ceux qui en ont déjà échoué un. Qu’ils paient! Et puis de cette façon le gouvernement aurait plus d’argent plus vite. *ceci est du sarcasme, bien entendu*

  7. Bah ce n’est pas très compliqué à savoir… Le système de prêts et bourses contient plus de prêts que de bourses.

    Peu d’étudiants émigrent vers d’autres lieux pour salaire alléchant, hormis un rare pourcentage de médecins et de certains autres domaines. Il faut lutter contre ça, mais pas en dégelant les frais de scolarité.

    L’endettement des étudiants sur le système de prêts et bourses est de 10 000$ à la fin des études, j’en ai parlé ailleurs.

    L’augmentation prônée par les libéraux dans les frais de scolarité entraînera une hausse de 40% à 60% de la facture étudiante.

    Les frais de scolarité sont les plus bas au Canada, car nous avons CHOISI d’en faire ainsi. Depuis que les frais ont été gelés, le nombre d’inscriptions n’a cessé de croître (de 1995 à 2005). Depuis, ce chiffre commence à retomber et se stabiliser au-dessus de la barre de 1992. Cela signifie que nous avons eu plus d’intéressés par l’université, que nous aurons une main d’oeuvre mieux qualifiée pour répondre aux besoins des employeurs d’avoir des employés qualifiés. Quand nous avons baissé les frais dans les années ’60, le niveau de scolarité Québécois, de 4% auparavant, a rejoint la moyenne canadienne de 15%.

    Les études en Angleterre ont montré que suite au dégel, le nombre d’inscriptions aux programmes universitaire a baissé, au profit des études de « techniques ». Chez les mieux nantis, cela n’a pas fait de différence, c’est plutôt chez la classe moyenne et la plus pauvre. Plusieurs autres ont pris une année sabatique pour se ramasser de l’argent.

    D’autres études montrent que depuis 10 ans, au Québec, le pourcentage d’implication du gouvernement a diminué de 80 à 60%. Par contre, l’investissement des étudiants est resté stable (frais afférents contrant inflation au global) à 9%. Ce sont les investissements privés qui ont augmenté: Coke et Pepsi, par exemple, ont investi pour obtenir des contrats de vente d’exclusivité. Chartwell’s a obtenu plusieurs monopoles dans des cantines de cégeps.

    Mais on voit une chose: hausser les frais de scolarité a toujours remis une portion très faible dans l’appareil des universités. En les augmentant de 500$ par session, comme prône le PLQ, cette augmentation représenterait une hausse de 4% du financement post-secondaire… Douteux… Déjà que les étudiants sont très fortement endettés.

    Cela serait peut-être louable à la limite si on ne savait pas qu’à chaque hausse de frais qu’il y a eu, l’état a investi moins dans les universités. C’est ça qui a causé les problèmes que l’on a, et non la croyance populaire selon laquelle les étudiants ne paient pas assez.

    D’ailleurs, si ici les bourgeois se plaignent que les frais sont trop élevés et que leurs enfants étudient avec des roturiers qui n’ont des notes que 10% plus élevés que leur enfant-prodige (et donc qui n’ont pas accès aux bourses), ailleurs au Canada, de plus en plus de gens se plaignent des frais trop élevés en montrant les frais Québécois en exemple de moyen fonctionnel et de façon responsable d’investir dans l’avenir de leur province. Certains n’ont pas remarqué les oppositions au budget Harper lors de notre campagne électorale au Québec, mais le PLC et le NPD se sont plaint du manque de réinvestissement en réseau d’études post-secondaires.

  8. @ Manx
    Les frais de scolarité augmenter, car nous avons CHOISI d’en faire ainsi.

  9. Moi j’ai une amie et meme deux amie qui paye encore leur pret étudiant ca fait 8 ans qu’ils remboursent ces prêts et une d’elle me disait justement combien le total lui reviens avec es intérets , c’est allucinant!.. Pas très encourageant déja imagine avec une hausse encore!… Décisions prise trop rapidement comme tu dis ou non reconnaissance de l’importance!.. Il y a matiere à réflection ici Messsieurs les ministres!…..

  10. Au contraire Gilles, 60% des Québécois sont contre la hausse. Refais tes devoirs.

  11. @Gilles
    Pas pour rerentrer dans ce débat là mais il semble plutôt que le PLQ a été élu par manque de choix, on a donc choisit la moins pire des options.

    Puis, en considérant qu’au moins 60% des québécois n’ont pas votés pour les libéraux je vois difficilement comment on peut avoir CHOISI en tant que société de hausser ces frais…

    De toute façon cette hausse de frais là ne règlera pas le manque à combler dans les universités si il n’y a pas un investissement massif du gouverment là-dedans.

    Au bout du compte, le PLQ préfère baisser les impôts que d’investir dans le future.

  12. Je ferais remarquer à tous que seul le PQ à dit qu’il ne toucherait pas au gel des frais de scolarité.
    Le PQ a eu 28% des votes !
    Le choix est clair !

  13. Ouep, mais on n’a pas voté pour le gel ou le dégel des frais, on a voté pour un parti. Par contre, des sondages fiables montrent 60% en faveur du gel.

    Et comme je l’ai dit, dans le passé, chaque dégel des frais dans le monde a mené à un désinvestissement de la part des gouvernements, et c’est là que le bas blesse, car c’est eux qui investissent réellement en éducation post-secondaire.

  14. Manx,
    Que fais-tu des nombreux étudiants qui sont d’accord avec le dégel? Ton 60% me semble tiré par les cheveux. Tu ne me feras pas acroire que 50$ investi dans son avenir va mettre un étudiant dans la rue, ça fait environ 10$/mois.

  15. Tu poses savamment la question: « Pourquoi toujours se comparer à pire? ». Eh bien, par exemple, parce que nos chers professeurs syndiqués se comparent également, constamment, à nos voisins pour leurs salaires. Parce que nos fournisseurs de papier, de béton, de produits ménagers doivent augmenter leurs coûts à une vitesse comparable à celle nos voisins.

    En fait, pour répondre en bloc à cette question idiote, on pourrait dire que le monde change autour de nous, que les coûts augmentent partout et qu’il est normal qu’il y ait une inflation raisonnable et contrôlée. De plus, les socialistes veulent toujours plus: plus d’argent pour les sans-emplois, plus de subventions pour les artistes, plus d’argent pour les écoles, plus d’argent pour les transports en commun, etc… Il faut bien que les fond proviennent de quelque part.

    Mais voilà, l’économie n’est pas basée sur un principe de vase communiquant où l’un est toujours plein et l’autre toujours vide.

    En terminant, moi, je n’y crois pas au décrochage provoqué par ce 50$ par année. Ben voyons. Celui qui a investi des mois ou des années à l’université ne va pas quitter pour 50$, ou même 500$. De toute façon, l’universitaire typique ne provient même pas de milieux en difficulté, c’est prouvé. Les frais seraient nuls qu’ils n’y viendrait même pas.

  16. Merci Juan Carlos pour le lien, c’est très intéressant ce texte. Présenté comme ça, c’est tout à fait raisonnable de hausser les frais. Mais est-ce qu’on peut croire que Patapouf s’enligne vers ça? J’en doute fort.

    Pour aller dans le sens du propos de Diane, moi, ça fait douze ans que je paye mes prêts étudiants, je termine cette année… En même temps, ça ne me dérange pas trop, car, sans des prêts et bourses, je n’aurais jamais pu faire des études. Le seul hic que je peux voir, c’est que tout cet argent que j’ai remboursé, j’aurais pu le mettre ailleurs que dans les poches des banques, qui ne sont en fait que des shylocks institutionnalisés.

    Leurs seuls intérêts (en nous en retournant de très faibles) sont de faire toujours plus d’argent sans regarder qui elles saignent (pour ça, ça prendrait un peu d’humanité de leur part… et, à la base, ça ne serait pas logique qu’elles retournent une partie des profits qu’elles font, directement dans l’éducation?), et elles ne se justifient même pas en étant un tout petit peu philanthropes (en tout cas, si elles le sont, ils ne le montrent pas beaucoup, avec les moyens qu’elles ont…).

    Et le pire, c’est que des gens qui font sûrement 1/100 000 des salaires des hauts placés de ces banques se cassent la tête à les défendre gratuitement (quelques fois, j’ai quand même des doutes…).

    Il faut se le dire, les hyper riches ne veulent pas d’aucun de nous parmi eux. Ils ne veulent pas nous connaître. Nous ne sommes pas dans le même monde. Et c’est normal. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas espérer se faire entendre et surtout se faire comprendre.

    Malgré que les critiques étaient mitigées pour le film « Marie-Antoinette », j’ai trouvé que cette oeuvre était au moins réussie philosophiquement, mise à part la quasi-perfection de son esthétique, pour sa métaphore de l’aveuglement orgiaque de la classe supérieure face au peuple.

  17. L’université de Moncton au Nouveau-Brunswick (pas à Tombouctou là, ici chez nos voisins) va augmenter les frais de scolarité de plus de $1000 pour la prochaine année et ils seront ainsi d’environ $4000 et pourtant, l’association étudiante a reconnu le bien-fondé de cette augmentation sans maugréer, sans faire de révolution, de manifestations, en discutant avec la direction de l’université et en voyant pourquoi il fallait augmenter les frais.

    Chapeau à cette association qui semble démontrer un niveau de responsabilité sociale respectable! Il serait intéresant de voir les associations étudiantes d’ici de lâcher leurs « pancartes » et de s’engager dans des dialogues constructifs avec les directions universitaires.

    Par exemple, pourquoi ne pas réviser l’offre des programmes? Est-il normal d’avoir 185 programmes à l’U de M avec tout ce que cela comporte comme coûts? Est-ce qu’une mineure en philologie romane est vraiment essentielle? Est-ce qu’un cours en Épigraphie latine et droit romain est essentiel à la compréhension du monde d’aujourd’hui? Est-ce que comme société, nous avons encore le luxe de conserver des acquis sans se questionner sur leur pertinence?

    Sans vouloir faire de comparaison, pourquoi les fondations des universités anglophones comme McGill ou Concordia sont-elles si actives et que leurs campagnes de financement sont-elles si réussies? C’est fort probablement une question d’attitude; on voit rarement les « pancartes » dans ces institutions.

    Et finalement, 50$ par session, c’est toujours bien une bière de moins par semaine de session…

  18. DJ Lordee, je ne suis pas certain de te suivre quand tu dis « Est-ce qu’une mineure en philologie romane est vraiment essentielle? Est-ce qu’un cours en Épigraphie latine et droit romain est essentiel à la compréhension du monde d’aujourd’hui? ». Je serais d’accord pour contingenter au maximum ce genre de cours, et même de regrouper pleins de cours aux contenus connexes, d’offrir des mineures moins spécialisées sur des questions du genre, mais pas l’élimination pure et simple. L’université n’est pas un regroupement de cours pour un D.E.P. de troisième niveau. Et la recherche universitaire ne devrait pas se diriger seulement vers les domaines où il y a de l’argent facile à faire. Il faudrait bien qu’il en reste un peu pour la philosophie et l’art, même si ça ne concerne plus notre société terre-à-terre. (J’avoue que je prêche pour ma paroisse : B.A.C. ès Arts Plastiques! Un B.A.C. qui a disparu l’année suivante de ma graduation à cause de l’arrivée en force des arts médiatiques, j’ai un B.A.C. dinosaure! Hé hé!)

    Et, concernant nos amis du Nouveau-Brunswick, je me demande simplement si ces étudiants ne sont pas juste plus mous que les étudiants d’ici et s’il n’y avait pas moyen d’aller chercher l’argent ailleurs que dans leurs poches avant d’en arriver là? Je n’ai pas d’argument étant donné que je ne connais pas trop le Nouveau-Brunswick, mais ça doit être comme ici : la majorité de la richesse ne se retrouve pas dans la poche des étudiants et les autres qui ont cette richesse ont aussi plein de moyens (dont la complaisance des gouvernements) pour ne pas s’en départir équitablement, comparativement aux profits qu’ils ramassent…

  19. @ Gilles: arrête de publiquement prouver ton ignorance dans ce domaine. Si tu ne connais pas les chiffres, bats-toi sur les idées, mais ne viens pas dire des faussetés.

    Les frais de scolarité n’augmenteront pas de 50$ par an, mais par session. Il y a deux sessions par année (sauf celle d’été). En 5 ans, il y a 10 sessions. Cela fait une augmentation de 500$ par session d’ici 2012, donc de 1000$ par année, puisqu’il y a deux sessions par année. Et cela, même la presse ne l’a pas encore calculé, alors que quelqu’un qui a une sixième année l’aurait compris.

    Des étudiants sont pour le dégel? Oui, mais pas des étudiants de la classe moyenne-pauvre, si tu remarques. Ce ne sont pas les étudiants qui ont 10 000$ d’endettement qui sont pour, mais bien ceux qui ont leurs frais payés par papa et moman, et qui vivent chez eux pendant leurs études. Dans tous les centres universitaires, au moins la moitié des gens viennent de la classe aisée (et ce n’est pas à cause des notes, mais parce que la classe plus pauvre a tendance à aller vers des techniques ou travailler après le DES).

    Je pense l’avoir assez martelé, des études le prouvent et des exemples antérieurs aussi: une hausse des frais de scolarité a, à long terme, TOUJOURS (pas seulement des fois, toujours) mené à un désinvestissement dans le système post-secondaire de la part du gouvernement.

    Comme le prouve d’ailleurs l’étude d’IRIS, un cas semblable au nôtre a été fait en Angleterre. Les frais de scolarité ont progressivement augmenté, et on a remarqué que la classe moyenne et la classe pauvre allaient de plus en plus vers des domaines techniques. On a aussi remarqué que depuis le gel de 1992 au Québec, 3 ans après (donc à partir du moment où les effets sont mesurables), les inscriptions aux programmes universitaires ont augmenté. La hausse des frais de scolarité ne change rien?

    Le problème avec cette hausse de frais au Québec? C’est que les gens voient l’éducation comme une dépense, et non un investissement. Je l’ai dit: moi, rendu avec mon BAC dans 3 ans et demie, je vais continuer de croire en la gratuité scolaire. C’est un investissement à long terme et non une dépense que de souhaiter permettre d’abolir la barrière économique dans la sélection des étudiants. Je veux payer pour la formation de médecins, d’infirmiers, d’ingénieurs, d’admnistrateurs et de comptables, pour que les gens qui étudient là-dedans soient choisi pour des raisons d’intelligence, d’intérêt et de compétences, plutôt que pour les sous de popa et moman. C’est possible de travailler 15h/semaine et d’aller à ses cours 15h et d’étudier 30h, comme le prônent les universités? Oui, sans aucun doute. Mais ces contraintes nous privent de brillants éléments, au profit de ceux qui glandent et pullulent dans nos universités sur le bras de leurs parents. C’est cette catégorie d’étudiants qui est favorisée par le dégel, ces gens qui prennent « une bière de trop par semaine », et non les étudiants plus pauvres qui luttent déjà très forts pour réduire leur dette de prêts et bourses.

    Je sais que le dégel changerait grandement l’accessibilité aux études en 2012, les frais augmentant de 1000$ par rapport à maintenant. Mais ce que je sais aussi, c’est que MÊME si on avait autant d’inscrits, vous remarqueriez que les étudiants bourgeois seraient plus nombreux et que la sélection serait indirectement basée beaucoup plus sur le fond monétaire des parents que sur le talent, l’intérêt et la force des étudiants. Ça, ça donnerait non pas une éducation de moins bonne qualité, mais des étudiants de moins bonne qualité.

  20. @ Manx
    Si tu as bien lu, je n’ai jamais parlé de 50$ par an. J’ai parlé de 50$ par session. Le 50$ étant l’augmentation par rapport à la session précédente, ça fait 50$ divisé par environ 5 mois que dure une session 10$ par mois.
    Je suis d’accord que dans 5 ans la session va coûter 500$ de plus mais dans 5 ans tout va coûter plus cher.
    Arrête d’être condescendant avec ton popa et moman, c’est étudiants n’ont pas le salaire de leurs parents écrit dans le front, alors ce ne sont que des présomptions de ta part. J’ai travaillé dernièrement avec deux collègues qui sont sortis de leurs études avec près de 20 000$ de prêt à rembourser. Un l’a fait en 5 ans et l’autre en 6 ans. j’ai fait mes études à une époque ou l’accès aux universités n’était pas gratuit et je n’y ai pas cotoyé beaucoup de petits fils à papa. C’était pour la pluspart des fils d’agriculteurs, de menuisiers, d’électriciens, de pêcheurs. Il y avait des fils d’avocats, de médecins, de commercants mais ce n’étaient même pas la majorité. Cependant tous comprenaient qu’ils investissaient dans leur avenir.
    Si tu veux continuer à échanger des points de vue, je n’ai aucune objection mais reste poli. Traiter les gens d’ignorant n’apporte rien au débat.

  21. […] pas besoin d’attendre le rapport sur les conséquences d’une telle hausse; pas besoin non plus de s’interroger sur la […]

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