Malade du privé

Une importante recherche comparative sur les systèmes de santé canadiens et étatsuniens, qui vient d’être publiée, démontre à quel point le système étatsunien est coûteux et inefficace.

Les chercheurs ont comparé divers traitements pour arriver à la conclusion que sur 38 cas, 14 traitements étaient meilleurs au Canada, 5 aux États-Unis, et 19 offraient une équivalence. Ils ont aussi étudié la probabilité de guérir de différentes maladies, pour établir que celle-ci était relativement équivalente, quoi qu’un peu meilleure au Canada.

Les dépenses médicales aux États-Unis sont le double de la situation ici au Canada. En dépit de ça, on a des résultats du traitement médical au Canada qui sont au moins équivalents et probablement meilleurs. — Ted Haines, chercheur à l’Université McMaster

En effet, en 2003 les États-Unis ont dépensé en moyenne 6351$ par habitant pour la santé contre 3384$ seulement pour le Canada. Le système de santé étatsunien est non seulement le plus coûteux des pays de l’OCDE, mais en plus il laisse près de 40 millions de personnes sans le moindre accès à des soins décents.

Devant l’évidence de cette nouvelle étude, il convient de regarder d’un autre oeil les nombreux appels à la privatisation de la part de différents groupes, dont le think-tank de l’IEDM et l’ADQ. La privatisation n’améliore pas les soins de santé; au contraire plus on privatise plus ça coûte cher et moins c’est efficace. La mission du privé est d’engranger des profits et c’est son seul et unique but.

Prétendre le contraire est un mensonge camouflant un fort biais idéologique.

Mais ne vous attendez pas à ce que Dumont parle de cette étude pourtant très concrète; le concret et les « vraies affaires », c’est juste un concept vide à ressortir en campagne électorale pour s’assurer le vote des électeurs peu politisés.

Ni l’IEDM, ni l’ADQ, ni même les médias de Power Corporation ou de Quebecor ne vont en faire grand cas. À leurs yeux, les seules études valables sont celles qui confirment leurs préjugés en faveur du privé.

Pendant ce temps, on ouvrira la porte toujours plus grande au privé. Et on augmentera le coût des soins de santé et donc le fardeau des contribuables.

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24 Réponses

  1. Il y a quand même une différence entre un système mixte (public-privé), comme en France ou Angleterre, et un système totalement privé comme aux USA…

  2. « Mais ne vous attendez pas à ce que Dumont parle de cette étude pourtant très concrète; le concret et les « vraies affaires », c’est juste un concept vide à ressortir en campagne électorale pour s’assurer le vote des électeurs peu politisés. »

    Encore le mépris, ta spécialité!

    En plus. l’étude compare le Canada aux États-Unis, pas le Québec et les USA.

    Finalment, comme le dit Hubert, ce que propose Dumont est système public-privé, mais surtout de retirer les quotas qui empêchent les médecins de faire ce qu’ils aiment: des chirurgies.

  3. @Louis

    Un petit bémol à ton billet: si la santé devient l’apanage du secteur privé, est-ce à dire, au contraire, que le fardeau fiscal des contribuables envers l’État aura tendance à diminuer? Les EU ont un système privé dont seul sont couvert les personnes assurées par une compagnie privé, donc, les impôts sont plus bas et ne financent pas le domaine de la santé, à l’exception de quelques hôpitaux publics sous-financés qui n’offrent que des services médiocres.

    @bum intello

    Il est évident que l’ADQ fait de la démagogie mon ami. Promette un monde meilleur à tout le monde avec une plate forme électorale fourre-tout et au contenu plus ou moins précis est de la démagogie.

    De plus, en ouvrant la porte au système mixte, on peut engendrer un processus de migration du personnel infirmier et des techniciens spécialisés, comme je le mentionne dans mon article au Devoir. Voir le lien ci-dessous, qui est aussi présent sur mon blogue:

    http://www.ledevoir.com/2005/06/29/85123.html

    http://pourquedemainsoit.blogspot.com/

  4. @le bum intello

    Je trouve étrange que tu sois à gauche en environnement, et a droite concernant la santé…

  5. T’as ben raison Louis, ça va faire comme avec le livre de Kempf…

    L’omission est la meilleure arme de propagande.

  6. Louis n’a pas encore participé Renart.. a qui t’adresses-tu?

  7. Jimmy, Louis a signé le texte principal, non?

    😉

  8. Ouais, mais tu parles du texte de Kempf, qui est mon texte. J’étais confus un peu là… désolé 🙂

  9. Bien content d’apprendre cette étude, je croyais les citoyens des USA mieux traités que nous. Encore une fois ce sont les extrêmements riches qui peuvent se payer les meilleurs spécialistes. Ils peuvent même se payer le docteur!
    On est donc bien au Québec!

  10. « Je trouve étrange que tu sois à gauche en environnement, et a droite concernant la santé… »

    Ce qu’il y a d’étrange Jimmy, c’est les gens qui sont extrémistes et fanatiques i.e. de gauche dans tout ou de droite dans tout.

    En passant, permettre aux chirurgiens de pratiquer plus de chirurgie par semaine au public, ce n’est ni de droite ni de gauche: c’est du gros bon sens!

    Ce qui est toujours ce que je prônerai…

  11. @Jimmy: Le fardeau des contribuables n’est pas automatiquement envers l’État. Si on doit payer de sa poche deux fois plus cher pour la santé que ce qu’on enverrait en impôt, alors le fardeau est deux fois plus élevé, même si ce n’est pas envers l’État.

    Notons au passage que le pire des scénarios est celui d’un système mixte où les médecins travaillent dans le public en remplissant des quotas puis travaillent au privé.

    Un système pareil a été tenté au Manitoba en 1999 pour les soins ophtalmologiques et a été laissé tombé, car les médecins gonflaient artificiellement leurs listes d’attente au public pour référer les « clients » à leurs cabinets privés et se faire ainsi beaucoup d’argent.

    La seule solution, à mon avis, c’est un vrai système de santé public et gratuit, offert à tout le monde, et accessible. Le système actuel fonctionne très bien quand les gens y ont accès. Ils font donc améliorer l’accès et cesser d’investir dans les structures ou les brevets de médicaments pour réellement investir dans le personnel, les lits, et l’accessibilité!

  12. @Jimmy

    Ah! y’a pas de problème! 🙂

    Le livre de Kempf n’a pas eu beaucoup de presse, mais, comme toi, j’en ai parlé dans mon blogue voilà quelque temps.

  13. @ Bum: Parfaitement d’accord pour que les chirurgiens aient une marge de manoeuvre plus élevée dans leurs opérations chirurgicales, et non un certain quota. Mais la solution n’est pas de leur permettre de partir une clinique privée pour abollir les quotas, c’est simplement de cosulter les chirurgiens à ce niveau et voir avec eux leurs revendications.

    Je ne crois pas que la solution de la santé ici soit dans le privé, mais dans un public efficace. Le premier problème de la santé est le nombre de médecins et de personnel infirmier, on a vu que les gens sont dans un manque criant de personnel de la santé. La solution n’est pas d’envoyer ceux que l’on a dans une clinique privée, c’est d’en former plus, et c’est ce qui se fait actuellement. On n’en verra les conséquences que dans 3,4 ou 5 ans, par contre, alors il faut attendre.

  14. @ Louis, faudrait s’empêcher d’Essailler une solution parce qu’au Manitoba y sont crosseurs.

    Des crosseurs y’en aurra toujours, juste à penser à la gamme de médecin payés des 300 000, 400 000 qui braillaient y’a pas longtemps parce que leur maison datait déjà de l’an dernier.

    Sérieusement un système mixte serait très bon.
    J’ai même un exemple, que certains diront peut-être ridicule.

    Mais bon, j’ai des ongles incarnés aux 2 gros orteils, j’ai 2 solutions, une gratuite au public, ils arrachent les deux ongles, je soufre pendant 4-6 semaines et peut-être que ça revient pas. L’autre, payante, me coûterait 600$ ( j’ai les 2 cotés de chaque gros orteils, donc plus cher ), je souffre 1 jour et je malaise une semaine au plus et ça revient jamais parce qu’ils vont aussi brûler la racine.

    Je dis pas que c’est de même partout, mais ici je vois un exemple d’un traitement plus efficace juste disponible au privé.

    J’aimerais cependant rajouter un point, bien que je sois pour la santé mixte, publique et privée. Il faudrait règler le problème du nombre de médecin AVANT. N’importe qui qui dit qu’on règle le problème juste en permettant le privé se met le doigt dans l’oeil solide. Ça prenddes médecins bien avant.

  15. l’ADQ a jamais dit de copier le systeme américain….
    mais vous avez dont ben peur de moderniser le systeme pourquoi vous tombez toujours dans la demagogie en disant des affaires pas vrai !

  16. Non, je ne crois pas que cela ait été une baffe à l’ADQ, mais une simple baffe au système privé, qui coûte plus cher que le système public aux États-Unis per capita, exclut 13% de la population du pays et se trouve à être équivalent au nôtre pour la classe moyenne, à deux fois le prix.

    J’ai vu une émission « 30 jours » où une famille passait 30 jours au salaire minimum. Ce qui les a tués, c’est les frais de santé. Une facture de 500$ pour un médecin qui a posé un plaster (avec 40$ en frais de matériaux – soit le plaster). Ce n’est pas du ADQ-bashing, c’est simplement dire que le système américain est déficient.

    @ Frank: Pour les petites interventions dans ce genre, c’est clair que la différence est grande. Les cliniques privées se dotent du moyen de régler ce problème, catégorisé comme « mineur » dans les cliniques publiques. Mais une clinique sans rendez-vous, ça ne remplacera jamais un médecin de famille.

  17. On a un excellent système de santé. Je connais quelqu’un qui vient de se faire opérer pour une masse aux poumons. Ça fait 5 mois que ce fait est connu des médecins. Comme il n’y avait pas de place pour l’opérer, en plus il a été remis deux fois, ils ont du lui refaire 4 cotes parce que la masse les avaient attaquées. Trés efficace le publique. S’il avait été en moins bonne condition physique, il serait mort. Vive le publique. Il n’y a aucun intérêt dans le publique à être efficace. Vous pouvez vous pogner le beigne et l’employeur ne peut rien faire.

  18. Une chose est certaine, c’est que je corrigerais la situation assez courante qui consite que certains diplômés du monde médical, éduqué chez nous à peu de frais, décident de pratiquer leurs professions hors Québec. Wow les moteurs!
    Il devrait exister une clause qui les force à pratiquer un certain nombres d’années chez nous, sinon c’est la poursuite!

  19. Manx, effectivement, tu as bien raison.

    Ceci dit, un médecin de famille a beau être irremplaçable, j’en ai pas et ils ne veulent pas de moi non plus.

    100% d’accord avec le Poursuivi, au prix que ça coute à l’état de former un médecin, la moindre des choses, la moindre preuve de civisme serait de rester pratiquer au Québec.

    On devrait envoyer la facture totale aux professionnels qui quittent vers des endroits où les études leur aurrait coûté beaucoup plus cher qu’ici.

  20. @Louis

    C’est que le mot « contribuable » réfère à quelqu’un qui paie de l’impôt à l’État. Mais j’avais compris ce que tu voulais dire tout de même 🙂

    Intéressant ton exemple du Manitoba. L’ouest a été beaucoup plus loin que le Québec dans la privatisation, pas juste en santé. La situation est aussi alarmante en Colombie Brittanique.

  21. Les USA et le Canada ce sont les 2 pire modèles de système de santé.

    Les meilleurs se trouve en Europe et tous incorpore le privé dans leur système.

  22. Dans le monde réel (c’est-à-dire en dehors des fantasmes d’une certaine droite), le système de santé canadien coûte moins cher per capita que celui de la plupart des systèmes européens tout en offrant des soins comparables.

    Quant à la France, son système est davantage public que notre système canadien.

    Il n’y a pas de doute à mes yeux que la solution réside dans un meilleur financement d’un système public, car dès qu’on implante le privé, la notion de profit fait augmenter inutilement le coût du système et/ou réduit l’accessibilité des soins.

    Lire à ce sujet ce texte: http://www.ledevoir.com/2005/11/21/95680.html

    Extrait: « Soyons clair, le système français est un des meilleurs du monde non pas parce qu’il fait une place de choix au privé, mais bien parce qu’il est public et fondé sur la solidarité. »

    Ceux qui veulent introduire le privé dans la santé le font par idéologie, car les faits démontrent qu’il serait irresponsable et coûteux de le faire.
    Plus un système de santé fait de place au privé, plus il est coûteux et moins il est accessible.

  23. « Il devrait exister une clause qui les force à pratiquer un certain nombres d’années chez nous, sinon c’est la poursuite! »

    C’est de là que vient ton nickname, le Poursuivi hihi!

    « Dans le monde réel (c’est-à-dire en dehors des fantasmes d’une certaine droite), le système … »

    Incapable de te retenir hein mon Loulou!

  24. […] plus cher que le public en santé à cause de la marge bénéficiaire des exploitants. Dans le texte Malade du privé je soulignais que les États-Unis, qui ont un système beaucoup plus privé que le Canada, ont dépensé […]

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