Taillon lave plus blanc

On savait que l’ADQ était un parti au prise avec son extrémisme, mais quand celui-ci décide de confier le poste le plus important de son cabinet fantôme à Gilles Taillon, soit la critique des finances, on se demande réellement si la population du Québec savait ce pour quoi elle a voté.

Alors que Monique Jérôme-Forget, la nouvelle ministre responsable de ce porte-feuille, est probablement l’équivalent québécois de Margaret Tatcher et la femme politique la plus à droite de l’histoire récente du Québec, on se serait attendu à une critique plus constructive de la part de l’ADQ. Mais non: à la place on y place un homme tout aussi fanatique du libéralisme économique, un véritable affairiste vendu aux plus grandes corporations.

Cet homme qui affirmait, alors qu’il était président du conseil du patronat, une organisation de « défense » des entreprises, faut-il le rappeler, qu’il « faut aussi aider les plus nantis de la société ». Cet homme qui a toujours tenu un discours anti-syndical primaire, à peine plus évolué que celui que tiennent certains blogueurs adéquistes sur leurs crachoirs. Cet homme pour qui l’annonce de la réingénérie de l’État par Charest, en 2003, était « de la musique » à ses oreilles. Cet homme qui a toujours été le plus grand fan de la sous-traitance et du cheap labor qu’elle entraîne nécessairement.

C’est cet homme qui sera responsable des finances pour l’ADQ.

Quand même extraordinaire quand on y pense: un parti qui se dit celui de la classe moyenne, élu par la classe moyenne, et qui confie le poste le plus important à un anti-syndicaliste notoire, alors même que la majorité des travailleurs de la classe moyenne sont syndiqués et que c’est précisément la syndicalisation qui a créé cette classe moyenne.

Autant demander au renard de veiller sur le poulailler.

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23 Réponses

  1. La syndicalisation n’a pas créé la classe moyenne, un peu de sérieux, allons !..

  2. La démagogie de droite dans son plus bel élan! Rallier la classe moyenne aux idées néolibérales en leur faisant croire que c’est dans leur intérêt! Le contrôle des médias a permis aux entreprises depuis le consensus de Washington de « brainwasher » le citoyen moyen en le convaincant que les syndicats et la social-démocratie nuisent à l’économie, à l’emploi, et tout ça pour assurer les profits des compagnies en coupant un peu partout dans le domaine social et les avantages sociaux(et les salaires) des employés.

    Il s’agit d’un détournement pur et simple de capitaux des poches des citoyens et des services sociaux vers les grandes entreprises. Pourquoi les compagnies affichent-elles des profits records lorsque tous les états croulent sous les dettes croyez-vous?

  3. non mais tout de même faudrait reconnaître que le temps des syndicats est révolu.

    Moi-même je fais à peine parti de la basse classe moyenne au mieux et bien que je comprenne l’utilité des syndicats dans le temps, j’exècre sa présence qui nous empêche d’avancer.

    Les syndicats sont devenus le refuge des faibles et des paresseux en encourageant le strict minimum. On encourage le moindre effort et on récompense également le pogne-cul qui fait le minimum recquis pour garder sa job que le zèlé qui fait sa job parfaitement.

    Même chose pour l’attribution de postes, t’es plus ancien mais moins bon? C’est pas grave, t’es plus ancien.

    Pour ce qui est de la nomination de Gilles Taillon, je suis moi-même adéquiste, et je ne l’approuve pas non plus, pas d’un homme disant que les riches ont besoin d’être aidé, ça c’est de la grosse foutaise.

  4. @Ben
    TU fais sûrement partie de l’ADQ (Association De Quétaines)

    Taillon va collaborer avec Jérôme-Forget, cette pinçée qui n’arrivera à rien sinon de pavoiser envers ses proches. Beau duo!
    Le nouveau cabinet Charest qui se dit paritaire malgré un choix qui n’évalue aucunement les compétences de ces femmes, simplement pour les appaiser. On nomme une noire anglophone pour l’immigration…what a choice! Autre groupe qui va se taire.
    Anyway, souvenez-vous des commandites, personne n’est au courant de ce qui se passe dans son ministère, ils n’ont pas de pouvoir et ne sont pas au courant des tricheries qui s’y déroulent.
    Croyez-vous vraiment notre système politique?

  5. Je suis d’accord avec Frank. J’ai vu enormément de nivellement par le bas dans des environnements syndiqués et nulle part aussi flagrant que dans la fonction publique et les organismes para-gouvernementaux.

    Ce n’est pas nécessaire d’être de l’extrême droite pour reconnaitre que le gouvernement du Québec vit au-dessus de ses moyens et que la plus grosse dépense de l’état, ce sont les salaires. En réalité, il ne faudrait pas que le gouvernement dépense moins autant qu’il faudrait qu’il dépense mieux.

    Quant à la nomination de Gilles Taillon, admettons que Mario Dumont n’avait pas un énorme choix de candidats au poste…

  6. Encore là… ça dépend du domaine. Regardez par exemple Hydro-Québec, qui s’étrangle à trouver des moyens de faire des profits et respecter son 10% de bénéfices nets, tout en assurant un service de qualité. Ça aussi, c’est syndiqué.

    Comme je l’ai dit, c’est pas le syndicat le problème; c’est plutôt la façon dont on gère le syndicat. Une ligue de défense des droits des travailleurs d’une entreprise, c’est fondamental, extrêmement important. D’un certain côté, même le CPQ est un syndicat. Ce qui est aussi important, c’est que ce syndicat soit responsable et malheureusement, ce n’est pas le cas tout le temps. Ça ne veut pas dire que la solution est l’abolissement.

    Mais pour revenir au sujet, Gilles Taillon… Fallait s’y attendre, c’est son right-hand man (dans plusieurs sens du terme… aile droite et bras-droit). Je ne suis simplement pas d’accord avec ses principes, et le fait qu’il soit critique en matières de finances… J’aimerais voir quelqu’un qui cautionnerait les dépenses inutiles et exigerait un vrai déficit 0. Je n’aime pas Gilles Taillon, mais bon, s’il fait ça, ce serait déjà un minimum.

  7. C’est pire que ce que tu penses Louis… Taillon est la version de droite de tout ce que la droite exècre dans la gauche mainstream. Pour faire court, c’est un lobbéiste professionnel.

    L’ex boss des boss n’a jamais été boss de sa vie. Selon le site de l’ADQ, il a fait ses études universitaires à l’Université de Montréal. De 1967 à 1974, il y a obtenu un baccalauréat ès arts, une licence ès lettres et un diplôme en relations industrielles.

    Au niveau professionnel, il a été bureaucrate et lobbéiste toute sa vie. De 1990 à 1996, il a été DG de la Commission scolaire de Sherbrooke, ensuite, de 1996 à 1998, il a été VP exécutif de la Fédération des commissions scolaires du Québec, puis, de 1998 à 2006, président du Conseil du patronat du Québec.

    C’est l’équivalent de droite d’un Henri Massé. Un gars qui n’a jamais eu de vrai job et a fait toute sa carrière dans le lobbéing. Bref, un idéologue de choc.

  8. @Nicolas,
    Bref, un homme proche du monde normal 😛

  9. Merci de ces précisions Nicolas. Ça rend sa nomination encore plus douteuse. Qu’un homme aussi méprisable aille de telles responsabilités est simplement absurde; un affront à la population et à la classe moyenne en particulier.

  10. Juste une petite précision que j’aimerais apporter. On dit dans cet article que la classe moyenne est composée majoritairement de syndiqués. Ceci est pour moi, une ineptie.

    La rémunération (qui comprend le salaire et les avantages sociaux) des syndiqués dépasse celui de ceux qui travaillent au privé. De plus, certains aspects, non chiffrables, comme la sécurité d’emploi pour plusieurs secteurs d’emploi, rendent ces travailleurs à l’abri du besoin jusqu’à la fin de leurs jours…

    Je classerais donc la catégorie des syndiqués dans la classe des bourgeois baba-cools.

    Et Taillon à ce poste, c’est un excellente nouvelle pour le Québec.

  11. Juste une parenthèse concernant Mme Forget. De la comparer à Margaret Thatcher est une insulte à cette dernière. Mme Forget ne lui arrivera jamais à la cheville.

    De plus, la concentration des Finances et du Trésor dans les mains du même ministre est une erreur stratégique qui paralysera le fonctionnement de l’appareil d’État.

    M. Taillon va donc avoir amplement de matière à critiquer.

  12. « On savait que l’ADQ était un parti au prise avec son extrémisme… »

    Dans ta tête seulement mon Loulou, dans ta tête…

    Nicolas et Louis, voulez-vous qu’on fasse le tour de CV des députés du PQ ? Êtes-vous sûrs?

    Boisclair qui ne finit pas son bacc, Pierre « Curffffzi » un acteur … Et Duceppe, un passeux de moppe marxiste-léniniste au Bloc…

    Je vais arrêter tout de suite je pense!

  13. Très d’accord avec Frank sur une réévaluation des syndicats. Qu’il continue d’y en avoir, mais dans une optique plus réaliste. Effectivement, l’incompétence et la paresse ne sont pas les bienvenues dans les entreprises, quelles qu’elles soient, dans le privé comme dans le public.

  14. @Rénart

    Les syndicats ne sont pas remplis de paresseux! Cela motive aussi les employés avec des emplois sécuritaires et un sentiment d’appartanence.

    Un emploi temporaire ou atypique et sans protection sociale peut s’avérer non rentable pour une entreprise publique ou privé. Les maladies sont plus fréquentes(plus de stress et de charge de travail), et l’employé non syndiqué peut s’appliquer moins dans son travail car il s’est qu’on ne le reconnait pas dans ses fonctions.

    On peut blamer les syndicats pour générer l’incompétence, mais qui engage les personnes syndiqués? Ce sont les employeurs, qui choisisent sûrement les personnes les plus compétentes.

    Je ne croyais pas que tu pensais comme ca Renart. C’est en plein le discours des groupes de lobbyng du néolibéralisme…

  15. @Jimmy St-Gelais

    Bon, je me suis peut-être mal exprimé… Mais je me relis et je ne vois pas comment tu peux arriver à ce constat.

    (Et, un petit aparté : désolé, mais je ne pense pas avoir à penser exactement comme toi, que ce soit le cas ou non; et si, effectivement, nos avis divergents, et ça se pourrais bien, s’il te plait, n’essaye pas de me faire sentir coupable en démontrant de la déception comme tu l’exprimes à la fin de ton message… Merci, je tenais à le préciser — et je passe sous silence le fait que tu m’as insulté en comparant mon discours à celui des groupes de lobbying du néolibéralisme… 😉 )

    Alors donc, je parlais simplement des travailleurs syndiqués incompétents et paresseux qui ne garderaient pas leur travail sans un syndicat derrière eux. Pour les autres, je ne vois pas de problème à ce qu’ils soient bien protégés. Même que je pense que les normes du travail sont insuffisantes alors…

    Ce n’est pas parce que je dis qu’il y a des pommes pourries qu’il faut penser que je pense qu’on devrait jeter le panier au complet.

    Pendant tes études, est-ce que ça t’est déjà arrivé d’avoir un prof vraiment nul (genre que toute la classe est d’accord pour le dire), qui ne s’implique pas et qui n’a pas l’air d’aimer son travail? En tout cas moi souvent!

    Alors quand tu te dis que parce que ce prof est trop syndiqué et a trop d’ancienneté pour que son supérieur puisse avoir le pouvoir de remettre son travail en question, de le changer de place et de mettre quelqu’un de plus dynamique à sa place pour le bien-être et l’intérêt des élèves, tu te dis comme moi qu’il y a un problème. Et je ne dis pas non plus que la solution est l’élimination systématique des syndicats.

    Tu penses vraiment que le fonctionnement des syndicats est parfait?

  16. Désolé pour mon allusion à ton adhérence aux concepts du néolibéralisme. Mais ta réponse à Frank peut laisser place à interprétation.

    Je suis de centre-gauche, capable d’accepter le privé dans la vie sociale, mais je suis un fervent syndicaliste. Malgré ses déboires, ses ratées, le syndicalisme a permis d’augmenter le niveau de vie des travailleurs. Sans ce contre poids, les compagnies n’auraient donné que des miettes à leurs employés. Tu me rejoins sûrement là dessus.

    Mais toute tentative de réforme du syndicalisme en général (je ne parle pas ici du syndicat des cols bleus de montreal qui est sûrement le pire exemple de syndicalisme radical), risque d’affaiblir le mouvement en entier.

    De plus, la force du patronat est à un niveau sans précédent dans l’histoire du capitalisme. Cédez le moindre mètre aux entreprises dans ce contexte est risqué.

    Enfin, je crois qu’il y a autant d’incompétence dans le domaine syndiqué que non syndiqué. La syndicalisation n’est pas la question. On entend moins parler d’incompétence dans les secteurs non syndiqué car sa diffusion dans les médias est moindre.

    En passant, ne m’en veut pas pour ma dernière réplique 🙂

  17. Jimmy, je ne t’en veux pas du tout. C’est simplement que je ne veux pas m’interdire de critiquer quoi que ce soit, d’un côté comme de l’autre. Malgré tout, je continue de penser la même chose sur le sujet, même si je ne m’y connais pas beaucoup en syndicalisme. Alors là-dessus j’ai peut-être une vision qui rejoint celle des gens en général et je te remercie d’avoir mis le point sur le risque d’affaiblissement du mouvement. Mais, comme toute structure, je trouve ça dommage quand un mouvement semble immuable et monolithique. J’avoue que le patronat l’est souvent alors… il joue donc de contrepoids. Il reste que je comprends certaines gens de tomber dans le discours inverse, en fait celui que tu pensais que j’avais! Hé hé!

  18. C’est sur que les syndicats ne sont pas peuplés que de paresseux, dutout même, sauf qu’on est d’accord qu’un employé peut se forcer 3 mois le temps de passer au travers de sa probation et après se pogner le cul?

    Ça se sent pas à l’entrevue ça, et des mauvais profs, pour reprendre l’exemple de Renart, j’en ai eu ma dose, même un en informatique de gestion au cégep. On a tout fait pour qu’ils le foutent dehors sans succès, pétitions, rencontres avec la direction et les ressources humaines, y’avait tien à faire, c’est d’ailleurs pour ça que tout les élèves de cette année la sont pourris en réseautique!

    Le seul bon point c’est la sécurité d’emploi, mais encore la on protège l’incompétence.

    Et dans le privé si on entend moins parler, c’est parce qu’au lieu de défendre les incompétents, on les renvois chez eux 😉

    Je me souviens de la porte parole d’hydro suite au reportage comme quoi les les employés passaient de longues heures en break « Ben la, on est quand même pas pour aller les surveiller tout le temps » voilà, ils s’en foutent. Si moi j’ai le même comportement au privé, j’vais me faire mettre dehors!

  19. @ Jimmy St-Gelais:

    Ma conjointe travaille comme technologiste médical dans un hôpital de Montréal et je peux de dire que les incompétents fourmillent dans ce milieu. Par exemple, il y a ce type qui travaille avec elle auquel il faut a-b-s-o-l-u-m-e-n-t tout dire. Il ne fait absolument rien par lui-même. Il a eu la même formation et tout, mais il ne sait rien faire apparemment. Croiriez-vous si je vous disait que le type en question est en poste depuis 20 ans? Seulement dans un environnement syndical pourrait-on avoir un incompétent en poste pendant 20 ans. Dans une compagnie privée non-syndiquée, il n’aurait pas été là 3 mois.

    C’est certain que les syndicats ont leurs bons côtés, mais il y en a des mauvais aussi.

  20. @Francois David

    Il y a des exceptions qui ne confirme pas la règle. je travaille aussi dans un milieu syndiqué, et la plupart des employés font bien leur travail. Et je peux te dire que les cadres (non syndiqués) font souvent preuve d’incompétence. Je l’ai vécu moi-même!

  21. Oups! Je voulais dire @Philippe David! Désolé!

  22. La syndicalisation n’a pas créé la classe moyenne, un peu de sérieux, allons !.. -Ben

    Avant la syndicalisation massive il y avait bien une petite bourgeoisie composée de notables exerçant des professions libérales mais pas de classe moyenne en tant que telle.

    Le syndicalisme n’est certe pas le seul facteur dans l’apparition d’une classe moyenne au Québec (il y a aussi la diffusion du fordisme et le keynésianisme) mais c’est le principal.

    Sans les luttes syndicales des trente à quarante dernières années, la majorité des salariés de classe moyenne n’en seraient pas là.

    * * *

    La rémunération (qui comprend le salaire et les avantages sociaux) des syndiqués dépasse celui de ceux qui travaillent au privé. – Jacques Saint-Pierre

    C’est beau l’ignorance et les préjugés! Imagine-toi donc que la majorité des syndiqués travaillent dans le privé. 27% du secteur privé est syndiqué (et ça monte à 40% dans les secteurs primaires et secondaires).

    * * *

    Bum: vas-y, sort le C.V. des députés du P.Q.. Je m’en sacre, je ne suis pas péquiste!

    * * *

  23. « TU fais sûrement partie de l’ADQ (Association De Quétaines) »

    Inutile …

    « Bum: vas-y, sort le C.V. des députés du P.Q.. Je m’en sacre, je ne suis pas péquiste! »

    Hein! T’es quoi alors? Pas un communiste oups…un solidaire toujours?

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