De Hérouxville à l’Angleterre

Depuis le 2 avril dernier, un test de 24 questions sur 45 minutes évalue les connaissances en anglais et de la culture britannique de tout immigrant désirant obtenir le statut de résident permanent en Angleterre. André Drouin, celui par qui tout le débat d’Hérouxville a débuté, est évidemment aux anges et il croit que le gouvernement du Québec doit s’inspirer des mesures adoptées par l’Angleterre.

Peut-on vraiment lui donner tort? Un tel test élimine dans l’oeuf plusieurs formes de mésententes entre l’immigrant et sa société d’accueil. Celui-ci ne peut plus se défendre en disant « je ne savais pas » ou « dans mon pays d’origine c’était différent ». Il subit ce test, il obtient les résultats, et il met sa signature en bas, authentifiant qu’il a bien pris connaissance de ceux-ci.

Et s’il ne parle pas suffisamment bien notre langue, on lui donne des cours de français gratuitement tout en lui inculquant au passage les valeus québécoises et lui expliquant la nécessité de s’adapter à sa nouvelle société.

Il y aura bien sûr toujours des gens pour trouver que c’est exagéré, que c’est une forme de propagande ou de lavage de cerveau. Mais peut-on sérieusement laisser aller les choses comme elles vont actuellement? Peut-on se permettre cette succession de mini-scandales sur les accomodements raisonnables se suivant de semaine en semaines et isolant de plus en plus de nombreux groupes ethniques?

Ce type de mesures adoptées par l’Angleterre constituent une situation où tout le monde gagne: les immigrants ne se sentent plus pointés du doigt, exclus et étrangers à leur société d’accueil quand il est question d’accomodement raisonnable, et les citoyens ont enfin l’impression que la société est égale pour tous et qu’il n’y a pas de passe-droit pour certains groupes culturels.

À quand un projet de loi en ce sens?

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15 Réponses

  1. L’Angleterre ne fait que copier une loi datée de mars 2006 qui oblige pour 350 euros le test de la langue néerlandaise et la culture des Pays-Bas et cette loi vise surtout les musulmans.
    Le Drouin d’Hérouville se colle sur l’Anglettere, mais oublie que beaucoup d’entre-eux se sentent moins égaux que les autres sinon pourquoi les bombes dans une station ferrovière récemment ?

  2. La meilleure façon de faire c’est l’Australie qui l’applique. Ils disent à tout ceux qui veulent immigrer: voici comment ça marche. Ici ça c’est permis et ça ne l’est pas. Si vous ne vous reconnaissez pas dans nos valeurs et bien trouvez-vous une autre terre d’accueil. Il n’y pas de descrimination, c’est de mettre les gens au courant avant leur arrivé. C’est tout.

  3. Monsieur Richard,
    Si j’étais vous, je ne citerai pas l’Australie en exemple. L’Australie est un des seul pays colonisé qui dès l’arrivé des Anglais, fut déclarée « Terra nullius » donc n’appartenant pas à personne et les centaines de milliers d’aborigènes n’avaient pas d’existence.
    Bel exemple de racisme pur et simple.
    C’est seulement sous la pression des Nations-Unis et des Droits de l’homme que ce pays accorda le droit de vote en 1967 et la repossession de certaines terres en 1976. Pas toutes.

  4. Ça démontre bien qu’il y a souvent des solutions simples à des problèmes qui semblent complexes.

  5. n’empêche que l’exemple il l’ont sur le plan de l’immigration… c’est bien de ça qu’il est question de l’immigration?

  6. Monsieur Richard, mon oublie sur le sujet.
    La meilleure solution, si vous tenez à en avoir une absolument est celle de la Suisse.
    À moins d’être millionnaire, jamais vous n’y metterai les pieds en tant qu’immigrant et citoyen recu.

  7. Je suis d’accord avec cette mesure. L’ennui c’est que, au Québec, on a pas fait l’exercice de les établir formellement ces fameuses valeurs collectives. Les élites souverainistes ont adoptées le chartisme à la Trudeau pendant que Mario Dumont titille la fibre nationaliste par un discours trop facile et peut articulé. Mais son idée de constitution est un début.
    Quand les souverainistes se feront-ils les promoteurs d’un nouveau contrat social québécois, appuyé notamment sur la loi 101 et une charte de la laïcité ? Peut-être que la solution du PQ à sa récente déconvenue se trouve sur ce terrain-là…

  8. Les soverainistes sont tellement occupé à fermer la porte d’en avant aux anglais qu’il oublient la porte d’en arrière là ou le danger pour la culture québécoise entre à pleine porte. Et quand on dénonce ce fait on se fait traiter de fermer sur le monde et de raciste… Y a tu quelqu’un qui comprend de quoi? Coudon c’est qui qui a à coeur la culture québécoise???

  9. Bah en fait, la politique d’immigration au Canada est celle du multiculturalisme: on ne met aucune règle à l’immigration, car l’on ne craint pas que la culture des immigrants n’influence la culture canadienne (lire canadienne-anglaise), celle-ci étant trop puissante.

    Ce fut le Canada qui instigua ce type d’approche. Le résultat: plusieurs personnes ayant une affiliation canadienne pratiquent leur ancienne culture, se réunissent souvent avec des gens de leur ancien pays dans des formes de « ghettos », etc. L’Angleterre a suivi ce modèle pendant quelque temps, la culture anglaise étant trop solide pour être assimilée. C’est à cause de cette politique que l’Ontario a failli accepter la Charia pour les musulmans (code de lois musulmans qui rabaisse le femme, et que certains voulaient pouvoir accepter) et que la Cour Suprême a permis le kirpan à l’école (mais pas au tribunal)

    Le Québec, quant à lui, adopte la politique de l’accomodement raisonnable. Cette politique vise à accomoder les populations immigrantes, s’il est jugé que cela n’a pas de graves conséquences.

    Le problème, c’est le sens du mot « grave » et du mot « raisonnable ». C’est très flou, en ce moment, ces deux termes. Les responsables de ce genre d’accomodements et les dirigeants de certains édifices publics (voire même privés) ne savent pas exactement quoi permettre, quoi ne pas permettre, et dès qu’ils vont un peu trop loin les médias leur sautent deçu comme des bêtes enragées et tentent de trouver tout ce qui serait source à scandale dans ce cas-là (exemple: la cabane à sucre et la prière musulmane).

    Je pense que le gros problème de cette histoire-là est qu’on n’a pas pris les mesures nécessaires pour définir c’est quoi, ce mot « raisonnable » dans les accomodements, et quelle est la barrière qu’il ne faut pas sauter. Les immigrants ont le droit de garder une partie de leur culture s’ils le veulent, mais en arrivant, il faudrait qu’ils sachent quelles sont les valeurs adoptées ici (particulièrement la laïcité des établissements publics et de l’appareil étatique) et qu’est-ce qu’on est prêt à admettre ou pas.

  10. Ma position là-dessus est la suivante : la langue commune devrait être la base, et ça ne semble pas vraiment transparaitre dans la discussion (peut-être par pudeur, étant donné les diverses opinions sur l’importance de la langue?).

    Si on considère que les cas d’accommodements déraisonnables sont négligeables, par contre on voit bien (en tout cas moi je le vois bien) que certaines personnes (souvent des immigrants) qui travaillent dans le public ont de la difficulté ou sont incapables de répondre à un client en français. (Et là, je ne parle même pas des immigrants qui pensent que l’anglais est la langue commune…)

    Je reviens à peine de faire du magasinage à l’instant à la Place Alexis-Nihon, et ça m’est arrivé quelques fois. Je suis peut-être susceptible, mais après avoir parlé deux fois en français à la caissière d’un comptoir de bouffe, après que la petite dame m’ait répondu en anglais (même si j’ai très bien compris…), j’ai commencé à lever le ton, car je savais très bien que c’était de la paresse de sa part. Effectivement, elle a fini par me parler dans ma langue…

    Non, mais, je me demande, est-ce que, au quotidien, vous trouvez important de garder le français bien vivant partout où vous soyez en choisissant de le parler le plus possible? Ou bien vous vous en foutez, on pourrait bien tous changer pour l’anglais, il n’y aurait pas de problème, ça ne ferait pas grande différence?

  11. @Manx : Permets moi de te corriger sur un point. L’accommodement raisonnable est une authentique création jurisprudentielle canadienne. Un vrai cas d’activisme judiciaire. C’est la Cour Suprême qui a établie cette nécessité d’accommoder le membre d’une minorité si une interdiction ou une action de la puissance publique nuit à l’exercice de ses droits fondamentaux. À l’origine, c’était sur des questions concernant les personnes hadicapées ! La raison pour laquelle on en parle davantage au Québec, c’est que les Canadiens ont entièrement intégré dans leur ADN socio-politique cette idée que les Canadiens n’ont pas besoin d’avoir de valeurs communes pour avoir une cohésion sociale.
    La belle affaire !

  12. Daprès une étude, d’ici quelques années, on parle d’environ 10 ans si ma mémoire est bonne, l’anglais va perdre sa place de la deuxième langue la plus parlée à Montréal. Elle la laissera à l’arabe. Je crois qu’il va faloir que quelqu’un allume et qu’on se pose les vrais questions. Que ce soit l’anglais ou une autre langue qui menace,quand le français est en danger il est en danger.

  13. Je crois de plus en plus que la situation actulle expose l’échec du multiculturalisme à la Trudeau. La France me semble avoir une politique d’intégration beaucoup plus prometteuse. Oui, les banlieues sont un territoire hostile, mais c’est beaucoup la pauvreté qui en est la cause. Par ailleurs, en France tout le monde est égal devant la loi et on intègre les immigrants au lieu d’accumuler le problème dans des coins en les incitant à s’auto-ghettoïser.

    Peut-être qu’un entre-deux s’impose?

  14. Message effacé par l’auteur.

  15. Une tempête dans un verre d’eau.

    Le Canada et le Québec ont toujours été des terres d’immigration. Dois-je vous rappeler que même le plus pur des pure-laine n’a pas de racines datant de plus que 12 ou 13 générations? Et si on avait suivi votre logique, il y aurait fallu que nos ancêtres adoptent les moeurs des amérindiens.

    Depuis l’arrivé des français dans ce pays, il y a eu plusieures vagues d’immigration. Ils sont venus de divers pays et de diverses cultures. Quelques uns avaient des valeurs très proches des nôtres et se sont intégrés facilement à la masse. d’autres venant de cultures avec des valeurs plus différentes, s’intègrent plus difficilement, mais ils s’intègrent néanmoins. Mais peu importe leur origine, ils sont venus ici pour les mêmes raisons que nos ancêtres: pour échapper à la pauvreté ou à l’oppression. Peut-on leur en vouloir?

    Ce que j’ai constaté, après avoir passé la plus grande partie de ma vie à vivre dans des secteurs de Montréal à forte concentration ethnique (comme Saint-Laurent et NDG), c’est que la grande majorité d’entre eux ont la volonté de s’intégrer à la masse et que, règle générale, les deuxièmes ou troisièmes générations de ces immigrants sont tout aussi québécois que vous et moi, mis à part les différences de couleur. J’ai connu des Nguyen, des Zaidi, des Carlesimo, des De Sousa, des Adjemian, des Singh qui étaient tout aussi québécois que des Tremblay. Et chacun d’eux enrichi notre société d’une façon ou d’une autre.

    Peut-être que c’est mon élitisme montréalais, mais je trouve qu’on attache trop d’importance aux soi-disant accommodements déraisonnables qui ne sont qu’une petite minorité. C’est vrai que nous avons besoin de règles plus claires pour composer avec ça, mais il ne vaut pas la peine d’en faire tout un plat.

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