Orford: le drame d’un gouvernement minoritaire

SOS Parc Orford se demande ce qu’il adviendra du parc du mont Orford et de la décision du PLQ d’en privatiser une grande partie. Et elle a raison de se poser des questions.

Le nouveau jeu politique à Québec, celui d’un gouvernement minoritaire, nous place dans une situation assez loufoque où la majorité des sièges sont occupés par des partis opposés à toute forme de constructions d’habitations dans le parc national mais où personne ne semble avoir la volonté politique de passer aux actes.

On le sait, Charest ne fera pas marche arrière dans ce dossier. Son parti est corrompu et il a voulu graisser un peu la patte à L’Espérance, ce fidèle contributeur du parti. Ce type de copinage est très fréquent dès qu’on permet au privé de se substituer au public et dans certains pays, dont les États-Unis, cette corruption prend des proportions endémiques.

Si Charest ne recule pas, la décision doit donc venir de l’ADQ et du PQ. Mais ont-ils la volonté de faire tomber le gouvernement pour autant? Bien que ce type de vote n’est pas nécessairement considéré comme un vote de confiance, oseront-ils prendre le risque de repartir en élections?

C’est bien là le drame d’un gouvernement minoritaire: celui-ci n’est fragile et n’est ouvert aux compromis que si l’opposition est forte et structurée. C’est ce qui s’est produit dans le gouvernement fédéral libéral de Martin, qui a dû faire des concessions au NPD pour assurer sa survie. Mais avec Harper et maintenant Charest, c’est différent: l’opposition est désorganisée ou pas encore prête à prendre le pouvoir.

Ainsi donc, dans le realpolitik quotidien, Charest a toute la marge de manoeuvre nécessaire pour violer la volonté de nos ancêtres et donner à un de ses amis un parc national qui fait la fierté de tous.

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7 Réponses

  1. Comme c’est révoltant!..Je ne comprendrai jamais ce qui peu pousser des etres humains a non seulement pas vouloir se reconnaitre mais en plus a s’autodétruire!..Au fond ca me fait de la peine d’etre témoin de tout ca, moi qui a tellement d’admiration pour l’etre humain et ses racines…(silence)…

  2. Vendons cette maudite montagne et qu’on en parle plus!

    Et pis a part de ca, il y a des choses ben plus importantes. Le canadien joue a soir contre les Rangers, mautadit !

  3. Es-tu déjà allé à Orford? Très jolie montagne, belles pistes, terrain de golf à côté, chalets presque abordables (presque), terrain de camping provincial très beau avec beaucoup d’animation, 2 lacs, dont un qui est presque toujours laissé pour compte, et donc où on peut se baigner tranquillos. Avoir des condos sur la montagne serait intéressant pour les gens qui l’achèteraient, mais un peu dégradant.

    La communauté locale n’en veut pas de ces condos, l’opinion provinciale n’en veut pas, les écologistes questionnent les intentions libérales là-dedans (il faut savoir que les terrains qui seront achetés appartiennent en grande partie à des libéraux assez riches qui ne l’utilisent pas, et voudraient se faire un bon magot, car l’état achète toujours plus cher que les particuliers). Même l’ancien ministre de l’environnemet et du (pfffff!) développement durable s’opposait au projet, ce qui lui a coûté son siège au provincial et possiblement sa place en tant que ministre.

    Je crois que les deux partis vont refuser le projet d’Orford pour une seule raison: qu’est-ce que ça en coûterait de ne pas s’opposer à la privatisation d’Orford? L’électorat apprécierait-il? Si Jean Charest met ses sièges en jeu sur cette question, ce serait irresponsable pour lui, il prendrait la population par la gorge.

  4. Selon moi, on a un peu forcé sur la « sauce » dans ce dossier. Je veux dire, que l’attention médiatique semble avoir été exagéré. Je suis en accord pour que l’on protège les parcs. Cet héritage reçu de nos pères sera aussi celui que nous léguerons à nos enfants. Il faut en prendre soi. Mais, y a-t-il possibilité de favoriser les investissements économiques, et de sauver ce qui doit l’être dans ce parc? Je ne peux y répondre. Je n’y suis jamais allé. Je laisse donc les intervenants travailler le dossier. Mais quand je vois la « clic » artistique s’en mêler, je trouve que ça sent le « pas dans ma cour ». Propagande fait par des gens qui ont facilement l’écoute des médias.
    En passant, le DGE vient d’officialiser qu’il y a un nouveau joueur dans la cour. Louis, j’espère que tu en parleras. À lire! J’ai hâte de lire vos commentaires à ce sujet!
    Merci!

  5. Jean Charest pourrait effectivement faire planer le spectre d’une deuxième élection pour forcer l’un des deux partis de l’opposition à appuyer le projet de privatisation du Mont-Orford.

    La privatisation du Mont-Orford serait peut-être une bonne chose si ce n’était pas au profit d’entrepreneurs. Le gouvernement a déjà de la difficulté à limiter sa destruction massive des parcs entièrement étatiques comme Tremblant, Jacques-Cartier et Gaspésie, alors des entrepreneurs affables de profits…

  6. Le problème ne tiendrait-il pas plutôt de l’incohérence d’avoir des parcs nationaux où on permet la coupe de bois? Ne devrait-on pas commencer par établir clairement qu’un parc national est un territoire protégé INDÉFINIMENT?

  7. @ Louis

    Outre le fait que certaines coupes de bois sont nécessaires, notamment pour empêcher la profusion du sapinage, véritable «mauvais arbre», tu mets le doigt sur le bobos.

    Sous prétexte de manquer de fonds pour poursuivre sa mission de conservation et d’études, la SEPAQ cherche à ouvrir ses parcs à M. et Mme tout-le-monde. Ces gens, qui arrivent avec leur motorisé et leur gros BBQ exigent beaucoup d’espace et pollue énormément l’écosystème présent. Quant aux chalets et aux énormes auberges comme celle du Mont-Albert, ça balaffre énormément une forêt.

    Les seules infrastructures que je considère acceptables dans un parc — dans la partie la moins fragile et de façon limitée — sont les emplacements pour camping rustique (fixe, longue randonnée, canot-camping). Ces installations font fuire M. et Mme tout-le-monde et favorisent le retour des adeptes du «leave no trace» qui quittent un parc aussitôt qu’on y accepte roulottes et motorisés.

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