Deux poids, deux mesures?

Julie DorvalUne femme de 32 ans agresse sexuellement un jeune adolescent de 12 ans, et elle écope de 15 mois de prison. Imaginez le contraire; si un homme de 32 ans avait agressé une jeune adolescente de 12 ans, qu’aurait-on dit? On aurait évidemment vu tous les Gilles Proulx du monde se déchirer la chemise, crier au meurtre, parler de « sentences bonbons », alléluia.

Mais quand l’agresseur est une femme, c’est moins pire.

Dans un reportage à Enjeux il y a quelques mois, je me souviens des commentaires de victimes de tels sévices, qui expliquaient qu’en plus des séquelles de l’agression ils devaient subir les préjugés d’un entourage disant parfois des trucs comme « chanceux, tu as été initié au sexe très tôt ».

Comme si parce que la victime est un garçon c’était moins pire.

Quel est ce deux poids, deux mesures, où une femme agresseure obtient une sentence plus légère que si c’était un homme? Et serait-il possible d’imaginer un scénario inverse (homme agresseur, fille victime) où l’avocat se défendrait en disant que l’accusé ne pensait rien faire de mal?

La solution n’est évidemment pas des sentences plus sévères, mais plutôt une application plus juste de la justice, indépendamment du sexe de l’accusé ou de la victime.

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15 Réponses

  1. Louis,
    J’ai été surpris d’entendre une madame dire à la tivi suite au prononcé de la sentence que la vicieuse du ti-gars chanceux avait recue une sentence plus longue que si c’était un homme.

  2. 15 mois… Je me fous du sexe de l’agresseur, 15 mois pour avoir agrssé un enfant c’est absolutment ridicule. Et elle sera sortie au bout de combien de temps?

    Personellement je pense que des sentences plus longues seraient grandement de mise – que l’agresseur soit une femme ou un homme.

  3. Nah mais il faut comprendre. La femme n’a fait qu’une victime et non plusieurs, contrairement à la majorité des crimes de pédophilie faite par des hommes que l’on voit à la télévision. La sentence est-elle égale à celle d’un homme? Je crois que oui, et le crime est tout aussi grave. Mais peut-être que c’est simplement qu’on ne donne pas une sentence suffisante à ce genre de criminels.

  4. Je ne suis pas d’accord avec ce verdict. Je trouve la sentence extrêmement exagérée. 15 mois de détention pour une déficience sociale. L’avocate a dit ce matin que la femme en question manquait de maturité et qu’elle vivait dans un monde merveilleux et on l’envoie en prison pour ça.

    Il n’y a pas eu de violence physique ou psychologique. Ce c’est pas en enfant, c’est un adolescent. Cette femme a cru que l’amour était plus fort que tout, qu’elle ne pouvait pas nier cet amour et qu’elle ne pouvais rien faire pour l’empêcher. C’est très naïf, inconscient, immature, mais surement pas criminel. Je crois que l’homme peut contrôler ses sentiments, ses pulsions surtout lorsque celles-ci violent les normes sociales. Nous n’avons pas affaire à une dangereuse psychopathe qui souhaite violer des enfants. Seulement à un individu qui à une déficience sociale.

    Moi, je me souviens très bien d’être tombé sous le charme de la mère de mon ami à l’âge de 13 ans. Il aurait peu arrivé n’importe quoi, cela aurait aucunement affecté ma vie. Au contraire. Je crois qu’une prise en charge sociale de la femme aurait été la mesure à prendre. Et c’est la même chose pour tous les individus de notre société, homme ou femme. C’est du cas par cas. Je crois que certains individus cherchent délibérément à faire du mal, eux il faut utiliser la prison comme moyen dissuasif. Il faut également faire une différence entre enfant et adolescent.

  5. Heum… Tu sais, si tu es un homme de 40 ans et qu’une fille de 12 ans tombe amoureuse de toi, et que vous faites quelque chose, c’est quand même un acte criminel. C’est même très grave, parce que la personne est trop jeune pour donner un consentement « recevable ». Elle vivait dans son monde? Je crois que c’est bien aussi d’apprendre aux autres qui « vivent dans leur monde » qu’à 12 ans, enfant ou adolescent, on est trop jeune pour donner son consentement à des actes secuels intimes.

  6. Wow! C’est effectivement deux poids deux mesures. Si un homme adulte a des relations avec une fille de 12 ans, c’est de la déviance, du viol, de l’indécence. Mais si une femme le fait c’est « une déficience sociale »

    Elle est bien bonne celle-là

  7. Je crois sincèrement que la dame en question a un problème, et quel qu’il soit, elle a besoin d’un sérieux suivi psychologique. Qu’elle ait été à ce point troublée par la sentence ne fait que confirmer qu’elle ne réalise pas l’ampleur de ses actes. Comment un adulte, homme ou femme, peut-il croire qu’il est normal d’avoir des relations sexuelles avec un jeune de 12 ans???

  8. Dans des cas comme celui-ci, je crois que le jugement du cas par cas serait bien plus approprié. Dans chaque cas reconnu d’acte criminel sexuel, ne devrait-il pas y avoir eu une enquête psychologique des individu en cause? Je crois que seul une personne apte à savoir les vraies étendues du « mal » fait peu suggérer une sentence adéquate, même si il ne s’agit pas de prison.

    Il est vrai que le sexe de l’aggresseur joue un rôle dans le compte rendu de la peine. Il y a les féministes pour défendre le droits des femmes, à quand un parti masculin pour égualiser le droit des hommes?

  9. On ne peut pas juste tenir compte de la gravité du crime pour déterminer la peine. Plusieurs gouvernements de droite flirtent avec l’idée d’imposer une peine minimale « proportionnelle au crime ». Mais l’acte criminel n’est qu’une partie du puzzle juridique. Dans un système idéal, il n’y aurait pas de peine minimale. On pourrait faire confiance aux juges pour qu’ils exercent un jugement éclairé.

    Dit vite comme ça, ça a l’air faible comme peine. Mais :

    1- si madame n’avait pas de casier judiciaire
    2- si la victime n’a pas subi de conséquences physiques négatives
    3- si le psychologue évalue que l’impact sur la victime est minime (i.e. s’il était consentant…) et si le diagnostic du psychologue est corroboré par un ou deux autres professionnels
    4- si le risque de récidive est moindre
    5- si madame coopère (se déclare coupable tout de suite, évitant ainsi des mois de procédures inutiles et coûteuses, et admettant, par le fait-même sa culpabilité, ce qui est un cas vers le « rétablissement »)
    6- si c’est une femme blanche dans la classe moyenne (oui, le système est sexiste et raciste… mais je crois que c’est à cause des statistiques. C’est un peu comme les compagnies d’assurances…)

    Y’a pas vraiment de raison pour qu’elle écope d’un peine de ressort fédéral. Même que si elle n’avait pas de casier, si ça avait été une fraude, une intrusion par effraction ou quelque chose de moins « grave » qui pourrait donner 15 mois à un récidiviste, elle aurait probablement purgé sa peine dans la collectivité (en probation).

  10. Au fait, quand on parle d’agression sexuelle, si la victime est un enfant (ou une personne mineure), on parle plutôt « d’exploitation sexuelle » ou « d’abus sexuel ». Pourquoi? Simple : il n’y a pas toujours agression physique. L’enfant est trop jeune pour comprendre ce qui se passe, et en général, il est manipulé. C’est une nuance importante : pas besoin de violence pour souffrir de la honte, de la culpabilité et du viol…

    Ce n’est pas une critique, c’est simplement que je suis traductrice dans ce domaine (la criminologie, plus particulièrement le système carcéral fédéral), et les traducteurs ont tendance à insister sur des nuances dont tout le monde (sauf eux) se fout… mais tout de même, je trouvais qu’il s’agit d’une nuance intéressante…

  11. @ Charles.

    Je suis désolée Charles, mais un enfant de 12 ans n’a pas l’age de consentement. Des relations sexuelles avec un enfant c’est ILLÉGAL. On ne parle pas ici d’un ado de 15-17 ans!

  12. Je suis d’accord avec ceux qui parlent de l’importance d’aider les gens qui ont des déviances semblables. Mais je crois qu’il faut les aider sans distinction à leur sexe, et de même les punir sans distinction aussi.

    Peu importe la sentence, un homme qui a une relation sexuelle avec une adolescente de moins de 14 ans ou une femme qui a une relation sexuelle avec un adolescent de moins de 14 ans devraient à mon avis subir le même traitement.

    C’est aussi ça, l’égalité des sexes!

  13. Salut Louis! Merci d’avoir soumis ton commentaire sur mon blogue! Je t’envoi mon dernier billet. Ton blogue est super intéressant, j’en ai même entendu parler à Radio-Canada. Continue ton bon travail!!

    Jimmy St-Gelais

  14. L’égalité des sexes est une vrai utopie au Québec. Les deux sexes ont des avantages que l’autre n’a pas. Une femme n’est jamais violente car il y a toujours une raison logique à un acte violent, les hommes eux dans certain cas gagnent plus cher et c’est toujours de la violence gratuite. Mes questions que j’aurais à poser à Payette et ses amis seraient: en cas de conscription est-ce que les femmes seraient obligées tout comme les hommes à s’enrôler? Égalité oblige… L’autre: comment ce fait-il qu’il n’y ait eu que des hommes qui soit venus à la défenses des jeunes filles de Québec prisent aux mains de gangs de rue dans l’affaire scorpion? Comment se fait-il que la présidente de la DPG ait traité ces filles de petites putes et qu’elle n’ait pas deigner lever le petit doigt pour les aider et de les protéger et qu’aucun mouvement féministe ne l’ait dénoncé? Il faut croire que l’égalité et la défense des femmes n’est valable que pour une classe et un génération en particulier. Je crois que les femmes, comme bien des gens, doivent se battre pour leurs droits mais qu’en se moment elles ne tirent pas sur la bonne cible. Je crois que les jeunes femmes (ado ect..) n’ont jamais été aussi prisonnières des stériotypes de beautée et sexuelle qu’elles ne le sont en ce moment. Le taux de maladie relié à la sous alimentation est en hausse dangereuse. Le nombre de jeunes filles qui fument pour rester maigre et fréquent. Voir des enfants de 8 ans habillé à la Britney Spears le témoigne. D’autant plus que les mère font de même. Belle exemple! Et pour avoir dit ça je me suis fait blaster par des féministes… C’est à n’y rien comprendre…C’est le monde à l’envers sti…

  15. D’un autre côté, je me rappelle avoir vu un homme écoper de 2 ans moins un jour de prison pour avoir abusé de sa propre fille pendant une certaine période.

    Il n’avait pas de casier avant ça. Et puis, compte tenu de la gravité de l’acte (ou des actes), le juge avait imposé une mesure exceptionnelle : pas de possibilité de libération conditionnelle avant la moitié de la peine. C’est 1 an de prison ferme, ce qui équivaut (pour une personne qui a une bonne conduite en prison et qui n’est pas toxicomane) à 6 ans de prison…

    Je suis persuadée que le fait qu’elle ait été une femme a influencé le juge, mais pas simplement parce que c’était une femme. Les femmes sont beaucoup moins nombreuses en prison (elles forment de 4 à 6% de la population carcérale fédérale) parce qu’elles ne réagissent pas de la même façon aux mêmes situations. L’agressivité se manifeste d’une façon différente chez la plupart des femmes que chez la plupart des hommes.

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