K.O. technique Boisclair


Alors que son leadership était contesté de toutes parts, ses plus fidèles alliés disaient: « attendez de voir Boisclair en action; c’est tout un battant! » Il l’a prouvé ce soir en enlevant, haut la main, le débat des chefs.

Il a été cinglant, drôle, pertinent, agressif. Il maîtrisait parfaitement ses thèmes; dans une entrevue on aurait dit de lui qu’il donnait l’impression d’être le plus qualifié pour le poste.

Lors de la section sur l’éducation, notamment, il a complètement déstabilisé Dumont en lui demandant comment celui-ci comptait s’y prendre pour assurer, si on éliminait les commissions scolaires, que les villes pauvres n’auraient pas des écoles pauvres. Puis, il lui a asséné le coup de grâce en soulignant les contradictions entre lui et ses candidats en relation à la réforme. Le pauvre Mario semblait tellement désemparé qu’il a dû se réfugier dans ses derniers retranchements, évoquant le traditionnel « c’est la faute aux bureaucrates » d’une voix cassante. Il était secoué.

Par ailleurs, Dumont a été correct, mais prévisible. Fort sur les mots, et fidèle à son habitude, il a parlé « en général » en multipliant les phrases-chocs. Malheureusement pour lui, la formule du débat permettait plus de profondeur et on s’est vite rendu compte qu’il était incapable de justifier l’absence de chiffres dans son programme devant Charest.

Ce dernier a été le grand perdant de la soirée; il était morne, sans vie, suffisant, et absolument pas convaincant. Il s’est laissé embobiné comme une fillette par Boisclair sur la question de la taxe sur le capital et il a été incapable de défendre correctement son bilan.

En 2003, Charest avait gagné par défaut: Landry était encore plus morne que lui et Dumont avait l’air d’un adolescent retardé. Quatre ans plus tard, Dumont a pris de la maturité, Charest a perdu de sa loquacité, et on a découvert un incroyable débatteur en André Boisclair.

Si quelqu’un doutait de sa capacité à être le premier ministre des Québécois, celui-ci vient de confirmer qu’il est l’homme le plus en mesure de le faire.

Seule note négative de la soirée: l’absence de Québec Solidaire, qui aurait dû faire partie du débat. De nouvelles idées auraient été pertinentes et cela aurait permis d’enrichir la discussion en présentant une alternative progressiste aux trois principaux partis.

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