Consultation populaire ou référendum?

On dit qu’en campagne électorale tous les coups sont permis et tout ce qui peut être exploité l’est. Pendant que Mario Dumont visite des fermes et promet à peu près tout et rien à la fois sans rien chiffrer à grand coup de phrases creuses et de clips, Jean Charest, lui, joue sur les mots pour essayer de prendre en défaut le PQ, qui a choisi le terme « consultation populaire » plutôt que « référendum » dans sa plate-forme électorale.

Sérieusement… Y a-t-il encore quelqu’un au Québec qui doute de la volonté du PQ de tenir un référendum sur la souveraineté du Québec? La plate-forme parle de consultation populaire, mais un référendum, ou oublie que ça s’appuie sur la loi sur les consultations populaires… De toute façon, il est clairement question de pays, d’indépendance, de souveraineté.

Finalement, le changement de nom dans le programme est peut-être un bon coup, planifié par le PQ. On tend un piège à Charest, et on le force à discuter du programme du PQ. Et comme on dit: « parlez de moi en bien, parlez de moi en mal, mais parlez de moi! »

On a tendance à l’oublier, mais si le PQ allait chercher tous les votes souverainistes, il récolterait 50% des suffrages. D’où l’urgence de parler d’indépendance, de souveraineté, de consultation populaire ou de n’importe quel autre synonyme signifiant la création du pays du Québec.

En centrant toutes ses attaques sur le mot choisi par le PQ, Charest est en train d’unifier les souverainistes et de contribuer à ramener dans le giron péquiste les indépendantistes déçus.

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7 Réponses

  1. Vous sous-estimez beaucoup trop le pouvoir de la sémantique et de la rhétorique.

  2. Que voulez-vous dire exactement, Marc? Que le message parlant de confusion et de peur d’afficher son option indépendantiste passerait davantage que la répétition de l’affirmation selon laquelle le PQ veut faire l’indépendance?

  3. Ce que je veux dire est que le choix des mots est sélectionné avec justesse. Ce n’est pas pour rien que le mouvement québécois est souverainiste et non séparatiste ou indépendantiste et que dans la présente plateforme on parle de consultation populaire au lieu de référendum (ce qui coïncide avec le plus récent sondage à cet effet) . Petit exemple : un sondage l’an dernier démontrait que l’appui au projet péquiste chutait de 10 % lorsqu’on parlait d’indépendance au lieu de souveraineté dans la question. Les stratèges souverainistes le savent et le choix des mots, la formulation de la question ainsi que l’étiquette du mouvement ne sont pas choisis aléatoirement. Pour analyser un discours, il faut faire l’examen à partir de l’optique d’un citoyen moyen qui n’est pas nécessairement sensibilisé à la politique et aux affaires publiques. Le PQ sait très bien ce qu’il fait ; le vote décisif sera auprès des indécis et non des gens de conviction d’où l’importance de l’art de manipuler la sémantique, les euphémismes. Salutations,

  4. C’est vrai que le pouvoir de la sémantique est important, mais les gens accolent volontier des définitions personnelles et biaisées aux termes, ce qui rend cette importance malsaine.Je pense que seuls les fédéralistes voient réellement une différence entre référendum et consultation populaire. Les souverainistes, indépendantistes et séparatistes, eux, n’y voit que très peu, voire aucune, différence.

  5. ca va tu finir cte maudit debat la je suis pour le moment pu capable !! pourtant je me considere nationaliste… svp parler en pas pendant 10 ans remettons leconomie sur roue pis on verra apres

  6. Les séparatistes voterons toujours pour le PQ et les fédéralistes ne voterons jamais pour le PQ. Donc utiliser consultation populaire ou référendum ne changera rien pour eux. C’est pour les indécis que ça peux faire une différence. C’est pour ça que le PQ préfère utiliser le terme consultation populaire alors qu’il avait toujours utilisé le terme référendum et c’est pour ça que le PLQ veut faire prendre conscience aux indécis que le PQ cherche à leur en passer une petite vite.

  7. Bonjour Louis,Tu as frappé dans le mille, les fédérastes veulent parler d’indépendance et de référendum tout en déclarant nerveusement que les québécois n’en veulent pas.C’est aussi vrai que le piège tendu à Jean de la Charest fonctionne, comme celui tendu aux fédés d’Ottawa sur la notion de nation. Les souris n’ont qu’à se tenir tranquille sinon….

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