Et les hommes?

Une petite nouvelle dans le Droit de ce matin: Fathers-4-Justice veut l’ouverture d’un centre d’hébergement pour hommes, sur le modèle de ceux existant pour les femmes.

Je ne sais pas pour vous, mais moi je trouve qu’il serait temps de les écouter un peu ces hommes. Ils disent que le système judiciaire a été injuste avec eux, que la loi appuient surtout les femmes, que les gouvernements n’ont d’argent que pour la condition féminine et qu’on ne s’occupe pas trop d’eux. Ont-ils tort?

Je ne crois pas.

Si vraiment nous sommes une société aspirant à l’égalité homme-femme, il me semble que l’aide aux hommes en difficulté devrait être autant prioritaire que l’aide aux femmes. Si en tant que société nous décidons qu’il est pertinent d’avoir un ministère de la condition féminine, et bien pourquoi pas un ministère de la condition masculine?

Oh oui, je sens déjà les regards de certains qui me diront « tu parles d’une idée! ». Et bien oui justement, pourquoi pas?

Quand on sait que 70% des étudiants à l’université sont des étudiantes, que la justice matrimoniale (le mot le dit) favorise souvent les femmes, que le taux de suicide chez les hommes est quoi, quatre fois plus élevé que chez les femmes? Il faut agir, et vite.

Mais avant de me lancer la pierre et de m’accuser de minimiser les torts faits aux femmes, j’aimerais poser la question suivante: les femmes ne seraient-elles pas plus en sécurité si des ressources d’aide aux hommes permettraient à ceux-ci de recevoir de l’aide, de pouvoir mieux gérer la détresse suivant une séparation difficile, de pouvoir se faire héberger et aider avec le système judiciaire en cas de besoin?

D’ou l’importance d’ouvrir non seulement un centre d’aide pour les hommes, mais plusieurs, dans chaque ville d’importance au Québec.

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14 Réponses

  1. Je me reprend, Louis tu m’impressionnes! Que c’est bien dit! Oui, nous les hommes, il faut reprendre notre place égal à la femme.

  2. Louis, je suis entièrement d’accord avec vous.À force de vouloir faire de la femme l’égal de l’homme (et loin de moi de tenir un propos machiste) on en a oublié que l’homme lui aussi a des besoins et des problèmes. il y a un réajustement à faire, et il faut le faire vite

  3. je me reprend encore, ton thème devrait être débattuà l’imminente campagne électorale. Sujet très d’actualité!

  4. Le problème, je crois, c’est que nombre de femmes vont voter pour une femme… parce que c’est une femme et pour un parti… parce qu’il propose une politique pour les femmes.Les hommes n’ont pas cette « conscience » (j’hésite à utiliser ce mot) et ça prendra davantage que des bonbons donnés aux hommes pour qu’ils votent pour tel ou tel parti.J’ai l’impression – et ça reste une impression – qu’en général les hommes sont plus politisés et qu’ils se laissent moins séduire par ces tactiques.Qu’en pensez-vous?

  5. Bien humblement, et sans vouloir te vexer, je pense que tu es dans le champ sur celle-là. Il existe des ressources communautaires trippantes destinées aux hommes et à la famille mais ce ne sont celles qui jappent en ce moment. Essaie de te documenter un peu sur les forts en gueules qui occupent l’espace médiatique avec le discours masculiniste. En grattant un peu tu va rapidement te rentre compte que ce sont des hommes en colère et en croisadem une gang d’anti-féministe primaires fru parce que leur blonde les a laissé. Leur discours est incohérent et bourré de trous. Un exemple parmi d’autres, ils prétendent que la violence conjugale affecte autant les hommes que les femmes. Que l’égalité homme/femme est atteinte. Que la société est même dominée par les femmes et les féministes, etc. Watch-out!

  6. c’est vrai que les syndicats n’aident pas cette cause, ils font que promouvoir la pauvre condition féminine…n’est-ce pas nicolas?

  7. @Nicols: Il y a des frustrés partout, mais au-delà de ça il y a une vérité qui ne ment pas: les ressources sont disponibles pour les hommes et elles ne le sont pas pour les femmes.C’est sûr que certains hommes sont à bout. Mais, à mon avis, ce n’est pas en cherchant à minimiser ce qu’ils vivent qu’on va les aider.Et comment leur en vouloir quand ils disent que la société est dominée par les femmes? L’éducation est un monde de femmes, la santé est un monde de femmes, la justice favorise très souvent les femmes, il y a un ministère de la condition féminine (et pas de la condition masculine).À mon avis, le discours féministe est aussi incohérent et anachronique que le discours masculiniste.Ce qu’il faut, c’est un vrai discours égalitariste afin que les deux sexes soient réellement égaux. Que les hommes puissent retrouver leur place et ne pas se sentir défavorisés, et tout ceci dans le respect des femmes.

  8. Louis, tu m’étonnes toujours. Tes propos sont à point, tu t’exprimes très bien et il m’ai difficile de te critiquer. Pour ceux d’entre vous qui croyez que je lui liche le derrière, vous vous trompez. Ça s’adonne qu’il a une bonne tête et qu’il a raison la plupart du temps. Que voulez-vous comme dirait Chrétien… En passant, nicolas fait de la radio de basse-cour, CKIA FM, qui promulgue le féminisme.

  9. Je suis assez d’accord avec ton texte. Je pense que, malheureusement, Fathers-4-Justice n’aident pas la cause des hommes en bloquant les ponts. C’est un manque de jugement qui risque d’être préjudiciable. Manifester O.K. mais se mettre la population à dos, c’est discutable. Les femmes n’ont pas grimpées sur les ponts pour arriver ou elles sont.Dans mon syndicat, il y a une section qui ne s’occupe que de la condition féminine. Pourtant les hommes payent pour ça et ils n’ont pas l’équivalent. À l’embauche dans la fonction publique, la discrimination positive ( critères : une femme, minorité visible, handicapé, moins de 30 ans ) est encore de rigueur. Au primaire, les petits gars ont besoin d’un modèle masculin, hors les profs sont à très grande majorité des femmes parce qu’on a peur que les profs masculins agressent les enfants c’est dire la considération que les hommes ont dans notre société. La condition des femmes a changée quand des hommes ont pris conscience qu’il y avait une problème. Ce sera peut-être par les femmes que la nôtre changera.

  10. @Le Justicier: Merci! ;-)@Gilles Laplante: Ça me rappelle une « nouvelle » de l’automne 2005… La ville de Montréal se félicitait – oui, oui, se félicitait – de n’avoir engagé aucun homme québécois de souche pendant l’été. Elle se félicitait d’avoir engagé des femmes et des membres de communautés culturelles seulement…

  11. Aux dernières nouvelles, les hommes contrôlent encore les domaines cruciaux des affaires et de la politique. Malgré l’équité salariale, les hommes font encore de meilleur salaires que les femmes (dans 2 cas sur 3). C’est pas demain la vieille qu’ils vont « perdre le pouvoir »!Il y a une crise de l’identité masculine des suites de la révolution féministe. Et c’est très bien comme ça! Les rapports homme-femme ont changé (pour le mieux à mon avis). Il n’y a plus de modèle d’homme et de modèle de père. Tant mieux, ça nous laisse la chance d’en réinventer un. Le problème avec les masculinistes c’est qu’ils pensent qu’il faut marcher sur la tête des femmes pour s’en sortir. Ce qu’ils veulent dans le fond c’est retrouver leur vieux pouvoir patriarcal. Prenons l’exemple des ressources communautaires. Ça a pris 30 ans de militantisme et de bénévolat aux femmes pour construire ce qu’elles ont. Et là il y a trois pelés et quatre tondus qui sont jaloux et qui revendiquent autant de blé pour faire leur truc à eux, pour hommes (quand ils ne veulent pas carrément la moitié du budget des groupes de femmes). Ça n’a pas de bon sens, ça ne marche pas comme ça! Premièrement, les groupes de femmes sont débordés et sous-financé. Ils ne répondent pas à la demande. Il est hors de question de leur enlever du fric pour financer de nouveaux groupes d’hommes qui n’existent souvent même pas encore et dont le besoin n’a pas été clairement démontré (contrairement aux centres d’hébergement pour femmes battues ou au centres d’aide aux victimes d’agression sexuelle dont la nécessité n’est plus à démontrer). La réalité c’est que les budgets communautaires sont gelés pour tout le monde. Même les nouveaux groupes de femmes ont de la difficulté à obtenir du fric! Alors voilà messieurs, si votre cause est si noble et si urgente, ben vous aller fonder vos groupes et les faire fonctionner bénévolement et avec les moyens du bord pendant un petit bout: comme n’importe quel autre groupe communautaire. À force de persistance et de persévérance le financement va venir et le temps va se charger de faire le tri entre les groupes réellement utiles et pertinents et les groupes de pères fru qui n’apportent rien.

  12. « Il est hors de question de leur enlever du fric pour financer de nouveaux groupes d’hommes qui n’existent souvent même pas encore et dont le besoin n’a pas été clairement démontré »Le fait que le taux de suicide chez les hommes soit 4 fois supérieur à celui des femmes et le fait que les hommes soient constamment désvantagés devant la cour en cas de divorce, tout ceci ajouté au fait que les hommes sont sous-représentés dans les universités et dans de nombreux métiers, tout ceci est clairement un signe qu’il y a un problème.Se mettre la tête dans le sable n’est pas une solution.Plusieurs hommes croient – à tort ou à raison – que la société est devenue sexiste envers eux. Au lieu de tout rejeter du revers de la main, je crois qu’il faudrait peut-être prendre le temps de les écouter et de leur donner des ressources pour les aider. Plusieurs personnes croient que le féminisme a été trop loin, et ils ont certainement des arguments.À quand le Conseil du statut de l’homme? Ou quand allons-nous renommer celui de la femme « Conseil pour l’égalité des sexes »? Et n’est-ce pas une mesure sexiste de la part du PLQ de vouloir établir un quota de 50% des deux sexes à la tête des sociétés d’État? La définition même du sexisme c’est de choisir quelqu’un en fonction de son sexe et non de ses compétences, et c’est exactement ce qu’est la discrimination positive.Pour toutes ces raisons – et d’autres encore – je crois qu’il faut écouter le discours de ces hommes et chercher à régler les problèmes qui les affligent.À l’origine le féminisme demandait l’égalité. Aujourd’hui, elle l’a (le fait que les femmes soient moins payés tient en partie du moment de leur entrée sur le marché du travail; elles sont arrivées en même temps que le néolibéralisme et une pression à la baisse sur les salaires) cette égalité, et je dirais même que selon mes propres observations, je trouve que la jeune génération féminine est pas mal plus libre et beaucoup moins coincée que les jeunes hommes.Ah, mais les hommes on s’en fout… Qu’ils se suicident! Et bien non. Mon meilleur ami (qui portait le nom Nicolas, en passant) fait partie de ses statistiques depuis l’an dernier, et je peux te dire que je trouve ça insultant quand j’ai l’impression qu’on essaie de minimiser le problème.Merci de ton commentaire.

  13. @Nicolas: Je tiens à ajouter que je respecte ton point de vue… Je réalise que le ton de mon message est un peu agressif, mais c’est surtout parce que ce sujet me rend émotif. C’est rien de personnel! 😉

  14. Moi ce qui me fascine c’est la contradiction du discours masculiniste sur le sexisme. Le féminisme serait sexiste parce qu’il propose une analyse différenciée selon le sexe. Ce serait sexiste, par exemple, d’avoir un ministère de la condition féminine. En même temps, les masculinistes n’arrête pas de proposer des analyses différenciées selon le sexe (ex.: au lieu de nous parler du taux de suicide, on nous parle du taux de suicide des hommes). Un moment donné faudrait se brancher! Vous voulez l’égalité, ben arrêtez de parler des problèmes sous l’angle des hommes et attaquez vous à la racine.Quelques commentaires en vrac…Sur les comités de la condition féminine dans les syndicats. Pourquoi il n’y a pas de comité de la condition masculine dans le syndicat? Peut-être parce que le syndicat dans son ensemble en est un??? Sauf dans les gettho d’emploi féminin, le mouvement syndical est historiquement un mouvement masculin. Toutes les pratiques, toutes les revendications ont été construites autour des besoins et des réalités des travailleurs. Quand, il y a commencé à avoir des travailleuses, il a bien fallu se pencher sur leurs besoins spéciaux! Toutes les minorités ont leurs comités, c’est normal, autrement on ne tient pas compte de leurs réalités… La même chose vaut pour le gouvernement. C’est une patente d’hommes. La majorité des députés, des ministres, des sous-ministres et des hauts fonctionnaires sont des hommes. Toutes les politiques, sauf les politiques spécifiquement féminines, sont conçue en fonction de la norme (les hommes). Ça prend une instance pour voir quel impact ça va avoir sur les femmes. C’est aussi simple que ça.À propos de la discrimination positive. Je suis d’accord sur le principe. On constate dans de nombreux milieux que les femmes (et les minorités) sont désavantagées et sous-représentées. Il existe un certain nombre de discriminations inconscientes qui font qu’on a tendance à choisir des hommes pour combler les postes. La discrimination positive ce que ça dit c’est qu’à compétence égale, on va choisir une femme. Ça avantage la femme mais ça ne discrimine pas l’homme. S’il est plus compétent, il va avoir la job. Tant que l’égalité ne sera pas atteinte (et on en est loin), on aura pas le choix de fonctionner de même.Sur les différences de salaire. C’est plus compliqué que ça. Premièrement, les femmes sont sur le marché du travail depuis la première guerre mondiale et de façon permanente depuis la deuxième. C’est sûr qu’il y a des discriminations dues à leur condition féminine (elles font en général moins d’heures –à cause d’une mauvaise répartition des tâches dans la sphère privée– et sont désavantagées sur le plan de l’ancienneté et de la carrière à cause des pauses prolongés dues à la maternité maternité), mais il y a plus. Il y a des discriminations systémiques. Il est prouvé que les types d’emplois majoritairement occupés par des femmes ont en général des salaires moins élevé que ceux occupés par des hommes parce que l’évaluation ne se fait pas de la même façon. C’est cette injustice que la loi sur l’équité salariale veut corriger.Le milieu de l’éducation et de la santé est majoritairement féminin. C’est vrai. Et ça ne date pas d’hier. Ça a toujours été comme ça. Comment changer les choses? Augmentez les salaires et améliorez les conditions de travail pour que ça intéresse les hommes!!!Sur la justice matrimoniale. C’est largement un mythe. Dans les faits, si on inclus les ententes hors-cours et les médiations, la garde partagée est en forte croissance. Sauf que… Traditionnellement, ce sont les femmes qui s’occupe des enfants. Je me questionne quant à savoir si les hommes veulent vraiment avoir la garde ou s’ils ne veulent pas plutôt tout simplement faire chier leur ex… Aux dernières nouvelles, il n’y a toujours pas de partage équitable des tâches par rapport aux enfants. C’est normal que ça se réflète dans les gardes d’enfants!!! Par ailleurs, il y a aussi la question du bien de l’enfant. J’ai de la difficulté à me défaire de mon préjugé (fondé, il me semble) que dans bien des cas, il est effectivement dans l’intérêt de l’enfant de confier la garde à la mère…

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