Le PLQ s’attaque aux étudiants

J’avais écrit un texte contre le dégel des frais de scolarité il y a un peu plus d’une semaine. J’y dénonçais le fait que l’aile-jeunesse du PLQ entendait promouvoir ce moyen, supposément pour mieux financer les universités, et donc qu’ainsi on s’attaquait à la base même de progrès d’une société en réduisant l’accès aux études.

Maintenant c’est confirmé: la plate-forme électorale du PLQ comporte cette « promesse ». C’est donc dire que d’ici cinq ans, il en coûterait près de 1/3 plus cher aux étudiants universitaires. Pas beaucoup diront certains, mais il reste que ce 1/3 peut être la différence entre lâcher l’école pour davantage travailler ou continuer à étudier à temps plein. Beaucoup d’étudiants devront laisser carrément tomber leurs études à cause de cette mesure régressive. Et quelle genre de société formerons-nous par la suite, sinon une société sous-éduquée, ignorante?

Cette mesure est irresponsable, je suis d’accord là-dessus avec Tonton Coquillage:

« […] Lorsqu’on prend en compte le fait que le revenu moyen des étudiants a diminué depuis 1994, tant en dollars courants qu’en dollars constants, lorsqu’on sait que l’impôt est un moyen de redistribution de la richesse beaucoup plus efficace et juste que les frais de scolarités, lorsqu’on sait qu’un ajustement des prêts et bourses (on ne parle même pas de réforme !) n’aura que comme conséquence d’endetter davantage les étudiants, bref, tout ça pris en compte, le dégel est irresponsable. »

Ce qui est encore plus choquant, c’est le mépris des Libéraux à ce sujet. Quand Pierre Paradis dit quelque chose d’aussi stupide que de dire que les frais au Québec sont les plus bas du monde occidental, ça dépasse les bornes.

Il y a quelques années, une de mes amies avait une coloc française qui venait passer un an au Québec. Celle-ci n’en revenait pas à quel point on décourageait les études ici. En France, elle avait droit à des bourses (pas des prêts, ce racket de l’État) non seulement pour étudier, mais également pour se loger à bas prix près de son université! Ça ne lui coûtait presque rien étudier. Résultat? Elle était en train de compléter son doctorat. La France, elle, a compris l’intérêt de favoriser les études supérieures.

Le mérite de cette position du PLQ est de clarifier les enjeux pour la prochaine campagne électorale. Le PLQ se place maintenant clairement à droite, à peine plus au centre que l’ADQ. Désormais, les étudiants et les citoyens préoccupés par l’éducation – fédéralistes comme souverainistes – devront se tourner vers d’autres partis.

Maintenant, on va voir si Boisclair a appris des derniers événements. S’il a appris et s’il est résolu à rassembler son parti, il va sortir très fort et annoncer que le PQ s’engage à geler les frais pour les prochaines années. Et pourquoi pas aussi réintroduire des bourses plus généreuses, elles qui avaient été coupées il y a quelques années?

M. Boisclair, la parole est à vous! (Va-t-il parler cette fois-ci?)

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20 Réponses

  1. C’est ici que les frais scolaires sont les plus bas en Amérique civilisé. L’augmentation que propose Johnny n’est pas si mal. Depuis combien de temps ils n’ont pas été augmenté? De toute façon, les jeunes ne vont pas voter. 1-0 pour John!

  2. On prétend agir, chez les tenants du gel, en faveur d’une justice sociale. Avec le gel qui est en place depuis 15 ans ( à peu près), j’y vois surtout une injustice intergénérationnelle, en raison de l’inflation. Ceux qui étudiaient en 1994 payaient plus à l’époque que ceux de 2007, si on prend en compte la hausse du niveau de vie.Un autre problème, si on maintient le gel, c’est que le coût pour faire fonctionner les universités, contrairement aux frais scolaires, augmentent . Les dépenses des universités au Québec aujourd’hui ne sont pas au même niveau que les dépenses des années 90. Qui paient pour ça, évidemment, ce sont les Québécois (en fait, le 40 % qui paient de l’impôt!).La position du PLQ, je la trouve tiède. Elle ne va pas assez loin. Quand même, c’est un début!Perso, je souhaiterais voir mis en application un système où les frais d’admission seraient indexés à l’indice du coût de la vie. Et que le système de prêts et bourse s’ajuste en fonction. Une éducation gratuite engendre l’apathie et un sentiment de « tout m’est dû » alors qu’une éducation que l’on doit payer crée un sentiment de fierté personnelle et de solidarité sociale.

  3. Je ne suis pas d’accord avec toi Vincent.Premièrement, les frais réels (ou les frais champignons) ont augmenté depuis 1994; le gel est surtout illusoire.Deuxièmement, ce n’est pas aux étudiants, qui la plupart son pauvres et qui débutent dans la vie, d’assumer le coût de l’université. L’éducation supérieure est un investissement, et c’est à l’État de les financer correctement.Quand tu dis « une éducation gratuite engendre l’apathie et un sentiment de « tout m’est dû » alors qu’une éducation que l’on doit payer crée un sentiment de fierté personnelle et de solidarité sociale », je me demande quels arguments tu peux avoir pour défendre cette logique de droite. Je connais des gens qui ont profité d’une éducation à bas coût et qui en sont très fiers. Toujours tout ramener à une question du « ça coûte ce que ça vaut » est non seulement erroné, mais injuste.Et l’exemple de la coloc française de mon amie en est un bon: elle a profité d’études quasi-gratuites et elle s’est rendue jusqu’au doctorat, en plus d’être hyper-motivée (elle est venue ici pour faire une étude sur les peuples amérindiens et leurs descendants).La vraie solution, à mon avis, c’est de réduire les coûts pour que l’université soit encore plus abordable. Il faudrait également augmenter les bourses (pas les prêts) afin non seulement qu’ils couvrent les frais d’inscription, mais aussi permettent de mieux se loger.Tout ceci, c’est un investissement, pour la génération future. La logique néolibérale de désengagement de l’État est un échec total, et il faut donc travailler ensemble à se construire différemment.Voilà pourquoi il faut appuyer la gratuité TOTALE de l’éducation, ou au moins une réduction des coûts de celle-ci. Pas seulement parce que c’est la seule action progressiste et humaine, mais aussi parce que c’est un investissement dans le savoir et celui-ci est la plus grande richesse dont peut disposer une nation.

  4. Avec quel argent ? tu trouves pas qu’on est assez endetté et taxé comme ca ? ouvre toi les yeux avant qu’on frappe le mur

  5. Les plus riches pourraient être plus taxés. Les entreprises aussi.Louis (au travail)

  6. avec deja 50 % de leur impot alors qu’autour c’est plus bas.. t’inquiete si on les taxes plus ils ne vont que partir… de toute facon les riches au quebec sont autour de 2 % de la population a les taxer plus, en plus d’en faire quitter plusieurs ca changera pas grand chose à notre situation financiere

  7. Ce n’est qu’une solution parmi d’autres; il en existe beaucoup d’autres! On peut notamment s’attaquer à l’explosion cdu coût des médicaments en favorisant les génériques, ou encore arrêter de subventionner les industries… Les mesures existent, mais ça prend la volonté politique…

  8. Le dernier message anonyme était de moi (je ne peux pas écrire vraiment davantage au travail en-dehors des pauses).En clair, l’éducation est une richesse. Une population éduquée attire les meilleures entreprises et une population éduquée est capable de faire des choix politiques, de se réinventer, d’être imaginatifs.On doit cesser de voir l’éducation comme un coût, mais s’il faut vraiment le faire, si vraiment les finances publiques sont à ce point mal, il faudrait commencer par couper dans le gras, c’est-à-dire cesser de subventionner les pharmaceutiques en leur payant des médicaments trop chers (pourquoi pas la création de Pharma-Québec, comme le suggérait Québec Solidaire?). Il faudrait aussi reprendre le contrôle de nos richesses naturelles, quoi que ce point concerne le gouvernement fédéral. Le Canada est le deuxième producteur mondial de pétrole et il n’obtient que des redevances minables pour cette richesse. À mon avis, il faudrait renationaliser Pétro-Canada et ainsi assurer des prix d’essence plus stables (ce qui est un plus pour les entreprises), moins chers, et augmenter les redevances au gouvernement, qui pourra ensuite davantage financer les programmes sociaux.La productivité globale a beaucoup augmenté depuis 30 ans, mais au même moment le pouvoir d’achat d’une grande partie de la population stagne. Il importe de mettre fin à cette situation grotesque où les plus riches s’enrichissent à tous les ans et où les plus pauvres s’apprauvrissent constamment.Et une de ces recettes, outre de respecter notre héritage social-démocrate, c’est de miser sur une éducation à bas prix, accessible, de qualité, qui formera non seulement des gestionnaires et des travailleurs, mais aussi des citoyens. Des citoyens conscients de leurs droits, mais aussi de leurs responsabilités vis à vis d’eux-mêmes et des générations futures.

  9. le meme anonyme que tjrs tu savais que le taux de scolarisation dans les provinces anglaises étaient aussi élevé sinon plus que le notre ? tu savais que la majorité de la population étudiante etait de la classe moyenne-superieur donc en metant l’éducation à un prix aussi bas on subventionne les plus aisés ? D’ailleurs la ou l’éducation est gratuite ca la donné a une serie d’abus ex: les gens s’inscrivent à l’université pour avoir la carte etudiant, lache l’uni mais continu de profiter de leur carte. Ne me dis pas non plus que nos valeurs sont différente la desus puisque nous sommes un peuple différent ce n’est pas vrai, j’arrive du canada anglais et les gens la-bas avait aussi comme valeur l’éducationl’idée de pharma quebec et des compagnies pharmaceutique…. montreal est présentement un centre assez important des entreprises pharmaceutiques qui créent bcp d’emploi à notre grand benefice… par contre faudra pas abuser de la situation… ces compagnies auront aucun problème à aller fabriquer leur medicament ailleurs…Pour ce qui est de petro-canada je voudrais ben voir ta réaction si le fédéral prenait controle de hydro-quebec… le pétrole est en alberta, c’est leur ressource qu’ils en profitent comme ils veulent… nous nous avons les rivieres et c’est a nous de developper ce potentielle. En plus le pétrole n’est pas renouvelable, pollu et finira bien par etre remplacer contrairement a notre energie propre et renouvelable Pour terminer, je suis d’accord avec toi qu’il faut encourager l’éducation par contre avec 25 % de decrochache au quebec je déduis qu’il faudrait prévilegier nos ressources envers ces jeunes qui souvent de famille defavorisé ne voit pas l’utilité d’aller à l’école… pas envers ceux qui sont deja de famille aisé et que meme s’ils sortent avec quelques dettes (comme moi) vont pouvoir les repayer avec le salaire qu’ils feront plus tard.Le débat gauche-droite est tellement rendu stupide… servez-vous dont du bon sens à la place

  10. M. Anonyme,Je suis d’accord qu’il peut y avoir des abus, et je ne nie pas que certains étudiants puissent profiter de l’éducation à bas prix pour obtenir certains avantages. Maintenant, doit-on pénaliser l’ensemble de la population pour quelques abuseurs?De la même façon, doit-on interdire le prêt de livres dans les bibliothèques municipales parce que quelques personnes en vole?Doit-on fermer l’accès à tous les chalets pour les patinoires extérieures parce que quelques jeunes y font du vandalisme?Doit-on fermer tous les aéroports parce que quelques terroristes peuvent y transiter?Tu vois l’idée…Pour ce ui est de pharmaceutiques, elles se font des milliards $ sur le dos des contribuables. Le coût de médicaments augmente de près de 15% par année depuis plus de 20 ans. Calcule ça dans un budget, et tu comprendras pourquoi la santé coûte de plus en plus cher. Voilà pourquoi il faut miser sur les génériques (comme au Brésil) et peut-être aussi créer une compagnie nationale de production de médicaments.Concernant Pétro-Canada, je n’ai pas de problème si le fédéral s’en occupe. Idéalement, j’aimerais que ce soit un Québec indépendant qui le fasse, mais en attendant pas de problème… L’important c’est qu’au lieu que les pétrolières se fassent des milliards et des milliards, une plus grande redevance resterait au Canada pour se payer des services sociaux.Finalement, j’aimerais humblement te faire remarquer que systématiquement ceux qui remettent en question la gauche et la droite au nom du « gros bon sens » sont pratiquement toujours de droite. Que ce soir Mike Harris, l’IEDM ou son grand frère le Fraser Institute, l’ex président de l’ADQ… Tous ceux qui considèrent que les politiques néolibérales vont de soi veulent éliminer jusqu’à la possibilité d’autre chose. Pourtant, les concepts de la gauche et de la droite sont très vivants, à preuve notre discussion!Bonne journée!

  11. hey buddy t’a pas repondu à aucun point comme le fait que cela soit la classe moyenne-superieur sur les banc d’ecole et qu’en rendant l,école gratuite on subventionne ces gens (dont moi haha) suffirait de donner des bourses pour les plus pauvres que se rende à lecoleTu ne repond pas non plus aux ressources qui devrait etre affecter à la base directpour petro-quebec ben le quebec a pas de petrole sur son territoire ca va mal hein…. pour la redistribution tu imagines ca toi les pompistes entier de la province qui grevent et demande 15 $ de lhrs ensuite… wow Pour les pharmaceutique je n’oserai pas trop m’avancer n’ayant pas tres lu la desus… chose que je promets faire dans les prochaines semaines.En terminant ben lache moi les exemple de bibliotheque et aeroport c’est vraiment pas la je voulais en venir…pour terminer je suis de droite je vais voter ADQ mais je suis capable de reconnaitre que la gauche a aussi des bonnes idées… c’est pourquoi je parle du bon sens…

  12. Il n’y a pas de problème à mes yeux que la classe moyenne supérieure puisse profiter d’une éducation gratuite, car l’éducation doit être universelle et ne doit pas être un bien monnayable; tout comme pour la santé, elle est tellement essentielle qu’il ne peut même pas y être question de limitation. Que tu sois riche, pauvre, je m’en fous: tu DOIS avoir accès à une bonne éducation.Concernant les pompistes 15$/heure, je ne suis pas contre. Ça permettrait à ces gens de mieux vivre, d’avoir un salaire de classe moyenne inférieure plutôt que de crève-faim, et puisque les profits iraient à l’État, nous aurions les moyens de le faire. Et ça stimulerait aussi l’économie locale, car c’est un fait connu que pour chaque dollar attribué à un plus pauvre il en dépense une plus grande partie au niveau local qu’un plus riche (qui lui souvent achète des biens de luxe).La gauche et la droite ne sont pas un forfait télé; on ne peut pas choisir ce qui nous plaît ici et là. Ce sont des schèmes de pensée qui impliquent une vision totalement différente de l’humain et des rapports humains. En résumant beaucoup (mais vraiment beaucoup!) disons que d’un côté il y a ceux qui croient que l’Humain est fondamentalement bon mais que les situations difficiles le corrompent, et de l’autre ceux qui pensent qu’il est fondamentalement un loup pour l’autre. C’est hyper-simplifié, mais ça explique en quoi ces deux notions sont difficilement réconciliables. On ne peut pas à la fois considérer que l’homme naît bon et qu’il naît mauvais.Finalement, je ne vois pas ce que tu ne comprends pas à mon exemple d’aéroports et de bibliothèques. Si tu es prêt à foutre l’éducation à terre à cause de quelques abuseurs, tu devrais être cohérent et le faire aussi dans tous les autres domaines où il peut y en avoir… (*Breaking News*, il y en a partout!)Le bon sens, c’est toujours subjectif. Quelqu’un qui fait 75 000$ par an trouve que le bon sens c’est d’aller à droite, et personne ne peut le lui reprocher. Le problème, c’est quand des gens plus pauvres en viennent à voter pour des partis qui les appauvriront encore davantage. C’est là le problème.

  13. 1- en quoi les frais de scolarité limite l’acces à l’université à ceux qui ont les moyens de payer ? faire payer les pauvres pour accomoder les plus riches ? belle exemple justice sociale ?2- J’ai mon bacc, je complete prochainement un d.e.s.s et je ne pense pas faire 15 $ en commencant…. eventuellement oui mais pour commencer je vais etre au bas de l’échelle et j’ai pas le gout de financer des emplois à 15 $ alors que moi même je n’aurais pas cela. En plus, des metiers que tout le monde peut faire… ca me fait penser aux employés de la SAQ en greve… je payerais pour avoir leur formation sur le vin(eux l’ont gratis) et je le ferais moi scanner les bouteille a ce salaire la…. aucune compétence demander encore une fois. Des mesures comme ca ne font qu’augmenter et surpayé une main d’oeuvre non qualifié et nuit à notre economie au complet encourageant des emplois comme cela. En passant tu as dont ben de misere avec la notion de riche…Pour terminer, je ne crois pas qu,on peut etre totalement à droite ou a gauche voyons ! Je suis de droite, mais parfaitement d’accord avec un distribution de la richesse envers les moins chanceux comme ceux qui sont sur le bien être social et ne peuvent travailler(j’augmenterai meme leur cheque). Pour les autres, ben ca me fait chier et perso sans couper leur cheque j’hésiterai pas à les faire travailler pour qu’ils le méritent (exemple nettoyer montreal) Tu peux être sur qu’il en aurait une gang qui se trouverait un emploi

  14. Il faut envisager l’éducation gratuite dans un cadre constitutionnel tout-à-fait différent.Le jour où le Québec sera une entité indépendante,il pourra choisir ses propres priorités sans être obligé de toujours ratiboiser les fonds de tiroir de sa caisse provinciale.Par exemple,le gouvernement fédéral de Harper vient de voter un budget de 25 milliards pour se doter de nouveaux avions de chasse et équipement militaire pour les prochaines années.Ceci signifie pour le Québec environ le quart de cet investissement,soit plus de six milliards qu’il pourrait consacrer à L’ÉDUCATION ou AUTRE PRIORITÉ.Il pourrait même utiliser un certain pourcentage minime à des fins militaires(police,petite armée,etc.)Tant que nous québécois n’aurons pas saisi les immenses possibilités de la souveraineté,nous serons à la merci de décisions que nous ne contrôlons pas parce qu’éternellement minoritaires.Bien sûr le Parti Québecois préconise le gel des frais de scolarité,mais comment pourra-t-il y arriver avec une moitié de gouvernement.Je suis d’accord avec Monsieur Louis qui préconise une série de mesures pour y arriver.Toutefois ce sera très difficile dans un cadre aussi restreint que celui que l’on connait depuis toujours,i.e le fédéralisme.

  15. Quand est-ce que les étudiants cesseront de revendiquer le droit à l’égalité et commenceront à revendiquer le droit à la qualité? Les études sont un investissement.

  16. La grande question est la suivante : Le Québec est-il plus compétitif sur la scène nationale et internationale avec des frais de scolarité aussi bas? L’éducation peut être un investissement incroyable ouvrant les portes à de multiples opportunités d’emploi, et c’est pourquoi les jeunes, et moins jeunes, désirant recevoir une formation universitaire doit être prêts à en assumer les coûts. En termes économiques, l’avantage marginal obtenu par l’obtention d’un diplôme universitaire est tellement substantiel qu’il vaut la peine pour un étudiant d’investir un montant important, voire même de s’endetter, pour recevoir une telle éducationPour ma part, j’ai été étudiante pendant 6 ans à l’université. Je suis arrivée à Montréal avec 75$ dans mes poches. Aujourd’hui j’ai largement remboursé mes dettes, car ma formation a été un investissement payant et mûrement réfléchi. Je n’ai pas envie de financer les caprices des gros bébés gâtés de notre société qui s’inscrivent en Art et lettre, pendant que la demande sur le marché pour ce genre de discipline est quasi nulle. Après l’éducation gratuite, ce sera quoi? Les repas gratuits? Le voyage de finissant gratuit? La femme de ménage gratuit pour l’appartement subventionné? Quand tout est gratuit, on n’a pas besoin de faire des efforts. On n’a surtout pas besoin de faire des choix et surtout on se fou des conséquences.

  17. Kelly Prescott, J’aimerais te répondre du fond de mon coeur car je suis en Art et Lettres. Je n’ai jamais demander à personne de payer pour moi. J’ai choisi cette fillière, et même l’extrême de la filière car je suis en théâtre et à Québec en plus. Je suis tout à fait conscient de mon choix et je sais que le début sur le marché du travail va être très difficile et que je ne ferai pas tout de suite ce que je veux.Je pense que les chances il faut se les créer et je pense que en sortant d’une filière où les débouchés sont peu nombreux il faut être d’autant plus inventif pour s’en sortir. Création d’entreprises, de projets divers. Les gens aiment et ont besoin d' »entertainment » et il y a largement la place pour faire des choses.D’autre part, je pense que ton discours et un peu extrémiste en ce sens que je ne vois pas pourquoi je devrais être obligé de faire des études de médecines ou d’administration si ce n’est pas ce que j’aime.De plus des prof, pour ne citer que cette profession, il en manquent partout(cégep, universités, secondaire…)alors des places il y en a..J’aimerais également dire un mot sur les coûts des études. Je suis français et j’ai décidé de venir m’installer ici, car j’ai passé ma vie à l’étranger et je n’ai aucun sentiment d’appartenance à la France. Par contre j’ai fait trois ans d’université là-bas avant de venir faire bacc et maîtrise ici.Effectivement la gratuité scolaire (bien que tout soit relatif car le système de bourse est très séléctif et très peu d’étudiant arrive à être financer par l’État de façon suffisante à ne pas avoir à travailler)permet à un plus grand nombre de personnes de s’inscrire, les motivations ne sont pas du tout les mêmes. La taux de chômage est tel qu’il faut maintenant avoir une maîtrise (et encore) pour espérer être assez qualifié pour trouver du travail et souvent, ceux qui ont un doctorat sont « trop qualifié » et coûterait trop cher à l’entreprise.D’autre part les conditions d’études ne sont pas les mêmes. Les bibliothèques ne contiennent que très très peu d’ouvrages, les accès internet sont très vétuste, les installations technologiques très en retard.Ici je paye, mais j’ai tout ce qu’il faut en retour. Mon investissement se retrouve largement dans ce que l’université peut m’offir.D’autre part, les gens qui viennent à l’université ici y sont pour travailler et étudier car c’est un choix qu’on ne peut pas prendre à la légère vu l’investissement.Alors je ne dis pas qu’il faut des universités payantes à tout prix, mais je veux mettre en relief que la gratuité n’est peut-être pas la meilleure solution non plus car des conséquences en découlent….Voilà

  18. Alors bravo! Je suis originaire d’un milieu pauvre. J’ai jamais eu besoin de l’aide des mes parentspour étudier. J’ai fait des choix différents et j’ai accepté de faire des sacrifices.Pendant que mes amis étaient à la plage, j’ai investi dans ma formation. Aujourd’huimes dettes ont été entièrement remboursées et même que je contribue a la sociétéa l’aide des mes impôts.À l’époque où j’étais étudiante, les jeunes utilisaient Bourse et prêts pour se payer des voyages, le cellulaire, les partys entre amis, etc. Rien de surprenant! Quand il s’agit de l’argent du gouvernement, qui tombe directement du ciel, on ne regarde pas à la dépense.La gratuité va introduire encore davantage de dérives et d’abus de tout genre..Entamer des études est un investissement qui oblige à se responsabiliser face à ces choix. Tu es obligé de faire un budget et de bien gérer ton temps. Il s’agit d’un outil qui va te servir tout au long de ta vie, car rien n’est gratuit. Tu prends davantage conscience de la valeur de ta formation et surtout des ressources qui sont utilisées derrière. Non je suis absolument contre la gratuité.

  19. Kelly, je suis entièrement d’accord avec vous lorsque tu dis que l’argent que donne le gouvernement semble tomber du ciel et qu’on ne prend pas conscience de ce que s’est que de gagner sa vie.Je pense d’ailleurs que c’est un problème qui dépasse largement le monde de l’éducation…Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi certains chômeurs (je parle surtout de la France, bien que j’ai l’impression qu’ici c’est la même chose) ne souhaitent pas retrouver du travail car ils gagneraient moins d’argent ?Je ne vais pas partir sur ce débat.Je pense, pour revenir à l’éducation, que le système de bourse reste quand même une bonne solution SAUF QUE il faut absolument revoir la façon de les attribuer.Et je pense que les prêts restent une solution couteuse certes, mais qui oblige à une prise de conscience et de responsabilité essentielle.

  20. Une autre avenue importante serait de mieux préparer les jeunes à choisir je crois. C’est vraiment pas facile de s’enligner, et ça éviterait des erreurs… coûteuses.Peut-être une matinée par semaine dans une entreprise locale, par exemple? C’est pas sorcier ça…

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