L’autochtone


Aujourd’hui au travail, une situation classique. Je suis près de la porte lorsqu’entre une petite bourgeoise pédante du genre entre deux âges. Je lui dis un « bonjour » bien sympathique, et elle me répond « hi ». Par la suite elle me demande un truc en anglais, et je lui réponds en français.

Le sens de la conversation est établi: elle sait que je comprends l’anglais et je sais qu’elle comprend le français. Mais je refuse de la servir dans une langue étrangère et elle refuse de me parler dans ma langue, moi, l’autochtone, le « local », pourtant entouré d’affiches en français, dans une ville qu’on veut française et dans une province, bientôt un pays, français.

Elle revient à la caisse, et je lui dis combien ça coûte, en français évidemment. Elle me répond « why don’t you speak english » et moi de lui répondre « on est à Montréal madame ». Après je l’entends bougonner, et elle semblait totalement perdue, s’en allant dans la mauvaise direction pour la sortie, tellement choquée qu’un pauvre colonisé d’autochtone ose défier son langage impérial. Et moi, toujours aussi souriant, je lui dis « madame, la sortie est par là » et elle me répond sèchement « I know where it is » et elle s’en est allée.

Le combat pour se faire respecter en tant que Québécois en est un de tous les jours, et chaque fois qu’un Québécois accepte de s’aliéner en utilisant systématiquement la langue de l’autre, c’est une bataille de perdue.

Combien de batailles peut-on perdre avant de perdre la guerre?

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11 Réponses

  1. Si tu aurais été le client j’aurai dit BRAVO puisque c’était ta cliente… je crois que le client et tjrs roi et je trouve ridicule ces petite gueguerre de langue

  2. Ceci dit, tu n’es pas un autochtone. Ça me rappelle les Irlandais qui se faisaient appeler les « natives » aux États-Unis. Ils n’étaient pas plus « natives » que toi. Les autochtones, tout le monde sait qui ils sont. Ils sont dans des réserves. Et on a détruit leur histoire…

  3. Pauvre anonyme qui ne veut défendre la langue du peuple. Ce n’est pas une gueguerre mais un vrai combat pour le respect. Penses-tu qu’il t’aurais servi en français au Lichetenstein? À Rome, fait comme un Romain.

  4. Combien de fois ai-je répondu à des Canadiens-Francais ( canayens )ceci : « à force de chier sur ta langue, un jour tu va l’avaler »Envoie de l’AntiPollution du Blog JESOPINIONS.blogspot.com

  5. Louis,Qu’est-ce que ton patron a dit quand tu lui as conté cela?

  6. En effet, Gilles a une bonne question!

  7. Je suis chanceux; je n’ai pas constamment mon patron sur le dos… Mais c’est sûr qu’il existe un contexte économique rendant le respect de soi-même très difficile au travail.Ceci dit, devrais-je apprendre le chinois parce que « le client est roi ».Non, mais vraiment…Le Québec est une province française, et c’est à chacun de le réaffirmer à tous les jours!

  8. Je trouve cette attitude un peu pathétique pour être bien honnête. Si j’étais ton patron, tu aurais droit à une réprimande à bonne et due forme! Perdre des clients pour une guéguerre linguistique dans un endroit où elle n’a pas lieu d’avoir lieu.Si la langue au travail était l’anglais ou que si tu étais un client dans un commerce où on était capable de te servir en français, je comprendrais tes doléances, mais dans ton cas, c’est plutôt un manque de respect envers un client, c’est très ordinaire!L’anglais, qu’on l’aime ou pas, est une langue parlée par plus d’un demi-million de Québécois. La communauté anglophone a également une présence historique au Québec. En plus, l’anglais est LA langue internationale? Vas-tu refuser de parler anglais à un client allemand ou russe parce qu’ici, on parle français? Voyons donc…Si les francophones d’Ottawa avaient autant de fierté de leur langue que les anglos de Montréal, les commerçants d’Ottawa s’ajusteraient en conséquence et s’arrangeraient pour avoir des employés qui peuvent parler français. Pour avoir vécu 4 ans à Ottawa, je parle de connaissance de cause.

  9. Je suis désolé Vincent, mais se tenir debout ça se fait au quotidien. Je n’ai jamais manqué de respect à cette dame; j’ai été poli du début à la fin. Mais ce n’est pas à moi de parler chinois au Chinois, Russe au Russe, Espagnol à l’Espagnol ou anglais à l’Anglais.Ce sont à ces gens de s’adapter à nous, et à mes yeux ce que est pathétique c’est ceux qui tentent de justifier le fait de parler une langue étrangère dans son propre pays sous prétexte qu’il existe déjà une « communauté » de gens qui n’ont aucun respect pour celle-ci.Avec une attitude comme la tienne, aussi bien laisser tomber notre langue, notre culture et tout ce qui nous tient à coeur, puisque de toute façon il existe une « communauté » de ceci ou de cela…Ce qui est pathétique, c’est de constamment se mettre à plat-ventre devant l’autre et ensuite de se demander pourquoi il ne nous respecte pas.

  10. Louis, t’as bien répondu à Vincent, je t’appuie.

  11. En plus, l’anglais est LA langue internationale? par VincentL’AntiPollution te donne raison car l’Anglais est aussi la langue des putes et des escrocs.

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