La différence entre Christine Saint-Pierre et Bernard Drainville


Tout d’abord, je vais être honnête avec vous: je ne suis pas un fan de Jean Charest et de ses « réalisations ». Je considère que ce parti a failli à la tâche et qu’il n’a pas jamais réalisé ses promesses.

Ceci dit, je crois que même si je n’avais pas ce biais défavorable contre le PLQ et son chef, je serais tout de même plutôt mal à l’aise avec la nouvelle selon laquelle Christine Saint-Pierre joindrait le PLQ pour les prochaines élections.

Pourquoi suis-je mal à l’aise avec elle mais ne l’étais-je pas pour Bernard Drainville?

Très simple. L’Afghanistan.

Christine Saint-Pierre a enfreint la règle d’objectivité du journaliste de Radio-Canada en publiant, en septembre dernier, une lettre dans La Presse où elle appuyait ouvertement la guerre en Afghanistan. Depuis, elle a été reléguée à l’arrière-plan et on ne la voit plus à la télévision.

Cette femme a le droit d’avoir ses opinions, mais comment le PLQ, qui a déjà de la difficulté à se connecter aux valeurs des Québécois, peut-il aller chercher une journaliste ayant une opinion qui froisse autant la vaste majorité des Québécois qui est opposée à cette mission offensive? Comment le PLQ peut-il se permettre d’aller chercher une femme qui renie toute notre tradition pacifiste et qui embarque joyeusement dans la rhétorique guerrière de Harper et de Bush?

Au fond elle est là mon objection: aller chercher dans candidats dans les médias, ok, mais il faut au moins aller en chercher qui ont l’appui du peuple et qui ont de la crédibilité auprès de celui-ci. Une crédibilité qu’a Bernard Drainville. Et une crédibilité qui fait cruellement défaut à Christine Saint-Pierre.

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10 Réponses

  1. La politique, ce n’est pas l’art de flatter le poil dans le bon sens.L’arène politique, c’est le lieu où il y a un choc des idées. Manifestement, Christine St-Pierre, à l’instar de Bernard Drainville, a des opinions et va pouvoir participer davantage au débat public.Le Québec a-t-il un position pacifiste ? Je ne connais pas beaucoup de nations dans le monde qui aiment profondément la guerre. En ce sens, les Québécois ne sont pas différents. Mais il est si facile de s’opposer à la guerre lorsque les 125 députés de l’Assemblée nationale n’ont pas à prendre de décisions directes sur les dossiers de défense nationale et alors qu’on envoit 64 députés fédéraux dans l’opposition, qui sont payés à s’opposer à tout.On a, au Canada, développé le mythe du soldat livreur de bonbons aux démunis et monter des campes lors d’inondation au pays. Peut-être que les Canadiens, et a fortiori, les Québécois ont un examen de conscience à avoir en ce qui a trait l’armée et ses objectifs.Christine Saint-Pierre peut avoir la position qu’elle désire sur les dossiers fédéraux, je ne m’en soucie guère puisqu’elle va oeuvrer dans une assemblée provinciale qui n’a pas, en théorie, à légiférer sur ces questions.

  2. Théoriquement, je serais bien d’accord avec cette analyse. Car il est vrai qu’objectivement, le Québec est une province, et qu’objectivement les décisions de guerre sont du domaine fédéral…Mais nous ne sommes pas dans la théorie!Le Québec est un peuple (dixit Charest) et une nation (dixit Harper). Ce peuple, cette nation, a une longue tradition pacifiste et il y a un fort consensus contre la guerre en Afghanistan.Oui, Mme. Saint-Pierre a le droit d’avoir ses positions. Mais le problème que je soulignais c’est plutôt que même si elle en a le droit, le PLQ se ramasse avec une candidate qui ne tient pas compte du consensus québécois sur cette question, ce qui est embêtant.Bien sûr, on ne discute pas de cela à l’Assemblée nationale. Mais, au fond, nos élus nous représente, ils représentent notre peuple, et je crois qu’ils doivent dans l’idéal respecter les valeurs communes de notre peuple.

  3. Elle n’a pas interwievé Jean Charest trois jours avant de se présentée et elle appuie une position dans un dossier fédéral et elle ne parle plus des nouvelles dans les médias depuis ce jour. Où est alors le problème à se présenter dans une circonscription pour une élection provinciale ? Et si ces horribles idées ne font pas l’unanmité chez les Québécois, so what ? Tous les politiciens ont, quelque part, caché au fond d’eux, une opinion minoritaire.

  4. Selon vous M.Robidas , Christine a des opinions et Drainville n’en a pas. C’est toute une analyse en profondeur de votre part…!Tant qu’à Tonton, vue qu’elle n’a pas interviewé John trois jours avant et qu’elle n’est plus journaliste en ce moment, vous lui donnez le feu vert…En plus vous mentionnez « elle appuie une position dans un dossier fédéral » Eh bien messieurs,selon vos dire, je crois qu’elle ferait une grosse erreur en se présentant au provincial, qu’elle attende un peu, les élections fédérales sont sous peu….

  5. Ok j’ai relu mon texte. Je pense toujours que le PLQ devrait chercher à se rapprocher de ses électeurs et éviter une candidate pro-guerre, mais je réalise que mon texte était peut-être un peu confus. Et que c’était peut-être pas le meilleur non plus…Merci de vos commentaires!

  6. le justicier :Je vous mets au défi de trouver une seule ligne dans mon message où je dis que Bernard Drainville n’a pas d’idées. C’est justement le contraire que je dis!À moins que vous ne connaissez pas la définition dè la locution prépositionnelle «Ã  l’instar de».Pour revenir à la question de sa prise de position sur l’Afghanistan, je crois qu’elle a choisi d’affirmer une position justement parce qu’elle allait à l’encontre du soi-disant consensus québécois.Moi, je suis un peu tanné de voir les députés votez des motions à l’unanimité. Je salue ceux qui osent affirmer une opinion contraire à celle de la majorité. Ce sont ces gens qui apportent le plus à la vie politique, plutôt que de bâtir davantage des mythes comme celui des Québécois étant pacifistes, solidaires etc etc.Elle sera candidate dans le comté d’Acadie, les électeurs de ce comté seront en mesure de déterminer si sa position au sujet de l’Afghanistan les agacent assez pour ne pas l’élire.

  7. Je m’excuse M. Robidas, on fait des fautes, on apprend. À l’instar est une « locution prépositive »et non comme vous citez « dè la locution prépositionnelle ».

  8. Nous sommes encore ici confronté à la pensée unique québécoise auquel il est méchant de ne pas adhérer.

  9. Il semble que le PLQ a moins de difficulté que le PQ à se connecter aux valeurs québécoises puisqu’il a été élu majoritairement aux dernières élections, et que ça regarde bien à ce qu’il soit réélu.Ne serait-ce pas le PQ qui serait déconnecté de la réalité?

  10. Si le PLQ était connecté sur les valeurs québécoises, pourquoi Jean Charest a-t-il atteint des bas-creux historique d’impopularité? J’imagine que les écoles juives, le Suroît, le Mont Orford, ce sont tous des projets populaires auprès des Québécois?

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