Les mots de trop

Au Grand Journal de TQS, hier:

Vers le milieu de l’extrait, on entend Bernard Drainville dire: « Six diffusions cette entrevue-là, c’est payant ça, faut que tu sois bon, faut que tu sois bon pour une heure de radio » (rires).

C’est maladroit, vraiment. Quelques jours avant de se présenter comme candidat du Parti Québécois, il se fait prendre à donner des conseils à André Boisclair sur son entrevue. C’est maladroit, mais est-ce malhonnête, comme certains le prétendent?

Je ne crois pas.

Drainville a une sympathie pour Boisclair, c’est clair, puisqu’il se joint à son équipe. Il ne le déteste pas; ils ont manifestement des atomes crochus. Même s’il n’avait pas pris sa décision finale quant à se joindre au parti, il pouvait tout de même souhaiter que Boisclair soit bon. Et puis, l’entrevue en question a été très incisive, loin de la complaisance ou du copinage qui aurait pu être la continuité de cet extrait.

Bref, Drainville a commis une erreur, une maladresse, et cette situation crée un malaise. Mais merde, c’est un homme, après tout. Pourquoi lui demanderait-on d’être parfait? N’a-t-il pas le droit d’hésiter, de tergiverser, de se tromper? Il a eu l’honnêteté d’expliquer son incertitude et le fait qu’il avait refusé une première offre avant d’accepter la seconde. Et à mes yeux, voilà une qualité plus qu’essentielle chez nos politiciens: l’honnêteté.

Chers politiciens, faites des erreurs, soyez maladroits, mais si vous êtes honnêtes, intègres, si vous expliquez vos erreurs, je vous pardonnerai.

Car plus que tout, ce que les électeurs ne peuvent pardonner, c’est l’obstination et le refus de reconnaître ses erreurs. Demandez justement au PQ, qui a perdu de nombreux comtés en 2003 à cause de son refus de reconnaître l’erreur des fusions municipales forcées…

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3 Réponses

  1. Monsieur Drainville aurait peut-être du dire aussi qu’il a attendu pour dire oui d’avoir un compté sur. Il n’avait pas le courage de risquer ses fesses dans un compté douteux.

  2. Faut se mettre à sa place aussi… Pas sûr que moi, dans une position avec un emploi prestigieux à Radio-Canada, j’aurais tout risqué pour un comté oû je me serais fait battre à plates coutures…Il veut réussir sa rentrée en politique. Peut-on vraiment le lui reprocher?

  3. Probablement pas. Mais ce que mon commentaire sous tendait c’est que monsieur Drainville attendait ce compté sur même pendant l’interview…

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