La nomination de Yves Bolduc, un non-élu, au ministère de la santé, est un affront à nos institutions démocratiques. Je suis donc profondément en désaccord avec Patrick Lagacé, qui affirme que parce que « le paquebot de la Santé est gigantesque, il me semble que placer un gestionnaire du milieu de la santé derrière le gouvernail n’est pas un luxe ».
En effet, il est faux de prétendre que les ministres sont seuls quand ils gouvernent et de s’attaquer ainsi à leur compétence. Ils sont appuyés par des sous-ministres et toute une kyrielle de fonctionnaires compétents qui sont chargés de faire tout fonctionner. De faire entrer un non-élu, dont la population n’a même pas voulu à Alma, ne peut qu’augmenter les frictions entre l’administration et le ministre lui-même.
Par ailleurs, en mettant à la tête d’un ministère aussi important que celui de la santé un individu n’ayant pas reçu l’aval de la population, on enlève la possibilité pour les gens de juger et de sanctionner le travail de l’individu. Ayant été défait en mars 2007, on espère maintenant que les gens voteront pour lui plus tard parce qu’il est ministre. Erreur de logique. On vote pour les qualités de la personne et ensuite on le fait ministre, et pas le contraire.
Finalement, quelle est cette logique technocrate et fallacieuse consistant à vouloir mettre un spécialiste dans chaque ministère? Ça sera quoi après? Un Islamiste radical à l’immigration? Un linguiste aux langues officielles? Un joueur de la LNH aux sports? Un recteur à l’éducation? Un milliardaire aux finances? Un chauffeur d’asphalteuse aux travaux publics?
Non, ce n’est pas ainsi que fonctionne la démocratie. Nos élus ne sont certes pas parfaits, mais mieux vaut avoir des gens imparfaits qui nous représentent que des gens soi-disant au-dessus de tout et dont le mur est couvert de diplômes, mais qui ne sont même pas capables de se faire élire.
En ce sens, la nomination de Yves Bolduc est une insulte à la démocratie et il s’agit d’une preuve supplémentaire (si besoin était d’en avoir besoin d’une) que le gouvernement Charest se fout éperdument de la population, trop occupé à soigner sa vieille dré-drette en lui mettant un scanneux de stéthoscope qui vient sermonner les gens sur la soi-disant nécessité de faire une plus grande place aux ti-amis corrompus du privé.

Votre article se tient jusqu’au mo0ment où vous faites intervenir le parti libéral et le Gouvernement Charest. L’approche du ministre non élu a été aussi pratiquée beaucoup par le PQ. Cette approche est aussi démocratique que l’ouverture d’esprit des citoyens qui veulent le meilleur élément disponible pour faire la job et copmprenand que le tout est que temporaire. Allez Bells un peu d’ouverture s.v.p.
Bonne journée je dois travailler aussi.
@Jackau: Merci du commentaire! Je tiens à dire que j’aurais écrit la même chose si le gouvernement avait été péquiste. Je trouve cette pratique honteuse, peu importe le gouvernement qui l’applique!
Si René Levesque avait tenté de se faire élire dans le compté de D’Arcy Mcgee, il aurait été défait = donc selon vous ca aurait fait de lui un homme indigne de ses fonctions que ”personne” veut? Vous dites qu’on vote pour l’homme… certes dans certain comptés oui mais la plupart des comptés, on vote pour le parti peut importe la personne qui se présente. Le PQ à fait la même chose en 2002 avec M. Levine justement en santé, le libéral avait fait la même chose quand Robert Bourassa avait perdu ses élections mais que son parti avait gagné une majorité. Aurait-il dû démissionner de ses fonctions de Premier Ministre?
M. Bolduc va se faire élire dès la rentrée parlementaire en Septembre et si jamais la population en veut pas, il démissionnera.
Ce type est non élu??
Cela est permis par la constitution?
Je savais qu’un sénateur fédéral pouvait être nommé ministre dans le pouvoir exécutif canadien, mais, dans ce cas provincial, une personne n’ayant aucune légitimité politique ne devrait pas être titulaire d’un ministère.
Sommes-nous soumis à la constitution des États-Unis ou quoi?
Tu as raison Belz. C’est un affront à la démocratie.
Drôle comment les médias n’ont pas trop ébruité la nouvelle. Sûrement des amis de ti-Jean… Quebecor et Power Corporation.
Quand on crie trop fort, on ne se fait entendre…
Vos commentaires sont exagérés. Si Jean Charest avait procédé à un simple jeu de chaises musicale à l’intérieur de son conseil des ministres pour nommer un ministre de la Santé, tout le monde, vous le premier, aurait décrié ceci: “voilà, on nomme un politicien à la place d’un docteur.”
Maintenant qu’il nomme un docteur-gestionnaire (en promettant du même coup que celui-ci se portera candidat dans un comté), vous dénoncez le fait qu’il ne soit pas élu avant…
Allons.
Vous savez bien qu’un ministre de la Santé, pour être compétent, doit connaître la santé avant de connaître la partisannerie…
Vous êtes choqué, tout simplement. Avouez que c’est une bonne prise pour le PLQ.
@ValSalRoy: Évidemment qu’on veut un politicien comme ministre, et pas un docteur! Le politicien est élu pour nous représenter, alors que ce médecin n’a de compte à rendre à personne en ce moment, sauf au premier ministre.
Et oui, je dénonce le fait qu’il n’a pas été élu. Il a essayé de se faire élire et la population a dit « non merci on n’en veut pas ». Alors nous l’enfoncer de force sans élection est anti-démocratique et une insulte à tous ceux qui ont refusé de voter pour lui la dernière fois.
Ce n’est pas une « bonne prise » pour le PLQ. C’est tout simplement un opportuniste trop mauvais pour se faire élire et qui obtient un poste qu’il ne mérite pas pour une population qui ne voulait pas de lui.
Et un ministre de la santé, pour être compétent, ne doit pas nécessairement savoir comment on opère une cataracte; il doit être à l’écoute de la population et de ses sous-ministres qui eux connaissent très bien le sujet.
Un technicien non-élu, c’est pour les dictatures, pas pour la démocratie!